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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 00:45

Des paroles et des actes

L’émission des paroles et des actes proposait un débat autour du pessimisme des citoyens et du déclin présumé de la France en Europe et dans le monde.

C’est le genre de débat que nous affectionnons, car chacun peut cerner la France qui l’intéresse, mais généralement pour les hommes politiques au pouvoir les l’indicateurs sont celui de la croissance et le PIB. Pourtant nous en avons beaucoup d’autres, le pouvoir d’achat, l’échelle des salaires, les conditions sociales, l’emploi, le temps de travail, les créations d’entreprises, les innovations, les productions alimentaires, les productions industrielles, culturellement n’autre rayonnement artistique, et je dois certainement en oublier en dehors de la balance du commerce extérieur, la crise identitaire qu’engendre le développement de la pauvreté et l’indicateur de bonheur.

Alors, chacun choisit parmi tous ces indicateurs celui qui correspond à ce qu’il attend en fonction de sa place dans la société. S’il est chômeur il ne va certainement pas être optimiste et trouver que la situation s’améliore avec un chômage structurel que chacun s’accorde à vouloir économique parce que cela donne l’espérance qu’il va disparaitre si l’on prend les bonnes décisions économiques. Voilà trente ans qu’ont les cherches et certains employeurs ou hommes politiques sont affirmatifs, la bonne solution est la suppression des charges et l’augmentation du temps de travail. Trente ans de réflexion pour cela. C’est ainsi que dans cette émission nous avons eu l’ex patron ASSILOR Xavier Fontanet versant dans la caricature pour expliquer que dans la compétition économique l’état était un poids pour les entreprises, heureusement que Bolony et Joffrin ont sorti le débat du tiercé où l’avait placé Mr Fontanet en comparant l’entreprise à un cheval de course et l’état à un joker plus ou moins pesant. Enfin l’absence de représentant du monde salarié donné un arrière goût propagandiste dans la ligne des déclarations du gouvernement, qui par son premier ministre et son président prêchent pour l’optimisme dans leurs discours pour combattre la morosité ambiante. La note la plus amusante que j’ai trouvé fut l’intervention de l’agriculteur Pierre Priolet qui, fustigeant les grandes surfaces et le marché financiarisé, posait que les charges et l’impôt n’est pas un problème quand l’on est payé au juste prix.

Globalement se posait la problématique du coût de l’hédonisme occidental dans la compétition internationale. Je ne suis pas allé au bout de cette émission. C’est inadmissible que notre société et les autres pays occidentaux refusent de considérer que l’amélioration du niveau de vie des citoyens et le seul coût réel d’un produit. Quand nous achetons un produit ou un service nous achetons seulement le niveau de vie de ceux qui y ont concouru, même de manière inégale. De la sorte quand des chefs d’entreprises ou des hommes politiques réclament de devenir compétitif avec des pays du monde qui n’ont pas notre développement social, c’est renoncer à notre bien être qu’il nous est demandé, que celui-ci soit financé par le marché privé ou réglé par l’impôt sur le marché public. Il ne faut pas oublier que l’impôt et les taxes sont seulement le mode de règlement indirect des services que nous acceptons de mettre dans un pot commun, puisque l’état c’est chacun de nous. La différence vient du fait que pour ceux qui n’ont pas un revenu suffisant les citoyens s’accordent à les faire bénéficier des services gratuitement et répartissent leurs coûts sur les plus aisés. Présenté sous cette forme nous comprenons mieux l’indécence qu’il y a à réclamer pour les « riches » des allégements d’impôts et taxes, alors qu’ils bénéficient des services de la communauté.

Historiquement depuis la guerre de 14/18, l’Europe a perdu son leadership mondial au bénéfice des états Unis, et ceux-ci l’on perdu cette année au profit de la Chine. Les économies de tous les pays sont interdépendantes et il est particulièrement surprenant de parler d’indépendance économique en assurant nos productions, quand plus de 70% de notre activité est du à l’utilisation du pétrole que nous achetons à l’étranger.

Quand nous assurons notre indépendance alimentaire en cultivant ce dont nous avons besoin avec des salariés et des agriculteurs à l’aide de chevaux du cru, nous pouvons dire que nous avons notre Independence alimentaire. Mais quand celle-ci dépend de tracteurs, qui certes peuvent être fabriqués sur notre territoire par des entreprises et des salariés français, nous restons toujours dépendant de ceux qui nous vendent leur pétrole pour les faire fonctionner. Nous pourrions multiplier les exemples de ce type et cela est vrai pour tous les états. Il convient donc de s’interroger sur ce qui fait les différences. Ce que je ne vais pas faire là, car pour chacun d’eux leur développement est lié a leur histoire socio politique, sur un territoire donné. Notre développement est lié a celui du libéralisme qui a généré l’émergence du socialisme qui fut une forme plus abouti et pérenne de la solidarité caritative préconisé par notre culture judéo chrétienne à partir du moment où grâce à l’imprimerie les savoirs se sont démocratisés. Cette solidarité socialisante a donné notre modèle social et c’est celui-ci qui aujourd’hui est remis en cause. Et curieusement ce ne sont pas les autres états qui le remettent en cause, mais ceux qui créant des entreprises en France et ne peuvent pas en vendre le coût à leur clientèle dans un marché ouvert où n’existe pas la concurrence loyale, mais l’organisation de la loi du profit en recherchant ce qui coute le moins cher. Or ce qui coute le moins cher, c’est quand l’on se passe du travail de l’homme ou qu’il travaille gratuitement. C’est donc cette recherche là qui dans nos sociétés conduit à constituer un chômage structurel. Face à l’augmentation du bien être qui se caractérise par le temps libre et un service de soins performants les organismes de productions de biens et services se restructurent pour, quoi qu’il advienne ne pas dépasser un ratio de charges salariales suivant leur nature. Souvent je donne comme référence le pourcentage de l’industrie en 1850. Celle-ci représentait entre 25 et 27% de l’activité d’alors et aujourd’hui nous oscillions entre 25 et 22%. Sur une aussi longue période ceci est indicatif d’une constante malgré toutes les modifications intervenues.

Mais nous pouvons comprendre d’où provient cette constante, quand nous savons que toutes les entreprises s’en tiennent à des ratios de gestion, suivant la nature de leurs productions. Ainsi, quand la vie des salariés s’améliorent en utilisant les productions et services et qu’ils coutent plus afin de s’acheter leur niveau de vie, c’est le ratio qui dicte la politique de l’emploi des dites sociétés pour maintenir leur rentabilité et réaliser ses investissements productifs qui, se sont tournés vers la robotique. Si les robots sont créateurs d’emplois, leur finalité vise à remplacer l’homme au travail, leurs défauts c’est qu’ils ne cotisent ni ne paient d’impôt, tout comme le cheval ou l’âne d’antan. Nous avons donc là une capacité de travail qui n’est pas socialement solidaire, hormis d’avoir augmenté les capacités de production et réduit la pénibilité des tâches. Or demain, c’est ce que disait Marc Simoncini, fondateur du site de rencontres Meetic, la robotique et l’informatique va envahir notre existence et l’humain sera intellectuellement dépassé par leurs performances, et j’ajoute au point que nous aurons de moins en moins besoin de son travail, mais plus de son intelligence.

Dans ce schéma qui se déroule actuellement et va croissant, nous pouvons comprendre que tous ceux qui sont écartés de ces enjeux par une information médiocre et des débats ancestraux comme celui de l’opposition public privé, ou celui autour du libéralisme ont de juste raisons d’être inquiet et d’imaginer que notre pays s’étiole puisque il ne peut fournir un revenu à tous ceux qui en demandent dans l’actuelle situation.

En fait nous pouvons établir une comparaison avec les canuts qui se sont révoltés contre l’arrivé des innovations technologiques (le métier Jaquard). Celui-ci réduisait de fait leur revenu et devant cette situation ils ont détruit ce qu’ils pensaient nuire à leur situation de l’emploi. Et bien aujourd’hui nous faisons également la même chose devant la remise en cause de notre modèle social et l’avènement de « l’intelligence » artificielle. A la différence prêt c’est que ne saisissant pas et ne maitrisant pas la situation, les citoyens s’en prennent aux immigrés, comme si le refoulement des immigrés allait arrêter le déferlement des innovations technologiques qui vont envahir le 21 siècle.

S’il y a un but à se donner c’est bien celui de facilité l’émancipation des salariés des autres états en créant un indicateur social. S’il y a quelque chose à exporter c’est notre modèle social, et non d’importer la pauvreté, et si le travail ne suffit plus, alors rémunérons notre intelligence pour ne pas être les esclaves des machines que nous créons pour nous remplacer. Notre pays est plein de ressource car les ressources se trouvent dans « l’intelligence humaine » et c’est vrai pour l’humanité entière, mais encore faut-il apprendre pour qu’elle ait quelque chose à moudre.

Difficile de croire que la France décline quand elle n’a jamais eu autant de richesse, et ce n’est pas parce que nous perdrons des places au PIB que forcément nous nous appauvririons. C’est seulement notre organisation capitaliste du travail qui n’a plus d’opposition socialisante et creuse les inégalités, parce que les citoyens ont abandonné les syndicats et les partis, dans l’espérance et l’attente d’une apparition miraculeuse qui viendrait changer le monde sans qu’ils quittent leurs lits et leurs télévisions. Et bien non, ça ne fonctionne pas comme cela, et nous le savons puisque nous avons tour à tour épuisé trois présidents salvateurs.

S’il y a problème cela ne vient pas de nos présidents, mais bien de nous qui les élisons.

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Published by ddacoudre - dans critique
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