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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 23:13

Nous sommes dans une démocratie, même si elle est imparfaite et s’exerce par délégation. Sauf qu’au nom de cette délégation les élites finissent par considérer que les populations ne sont bonnes qu’à les élire.

Si ce drame du 13 novembre peut apporter une morale, c’est que nous demeurons responsables des décisions politiques qui sont prises, en tant que peuple souverain. Elles engagent le peuple français et non pas seulement ceux qui ont élu le gouvernement ou la majorité en fonction, cela que nous ayons été des opposants aux choix de nos gouvernants successifs, que nous y ayons été favorables, que nous ayons voté pour ou contre eux ou abstenus. Même nos enfants qui eux ni sont pour rien de fait, ne sont pas d'innocentes victimes puisque c'est en conscience que nous engageons leur avenir.

Depuis la chute du mur de Berlin et la mort de l’idéologie communiste, il n’y a plus de pensé politique qui ait mobilisé les citoyens après la déconvenue de la vision européenne. Dans ce cadre c’est la sécurité qui est devenue la motivation centrale de toute politique. Pas une campagne ne se fait sans que la sécurité des citoyens soit mise en avant, comme si cela n’était pas un fait acquis. Nous avons donc assisté à un chassé croisé permanent entres les deux partis au pouvoir, talonné par un FN qui en avait fait ses choux gras. Cela a donc été une surenchère permanente de lois toujours plus liberticides à chaque événement dramatique, au point que notre manière de pensée s’inclut toujours dans une vue toute répressive.

Malheur au politicien qui ne l’inclut pas dans son programme. À la suite du drame de l’autobus qui fit plus de 40 morts, un journaliste de ligne ouverte posait la question doit-on interdire les camions sur les voies secondaires.

Ainsi, mécaniquement face à une situation dramatique c’est l’appel à la répression qui surgit naturellement en premier. Dans le conteste actuel il n’est pas venu à l’esprit du journaliste de demander s’il ne fallait pas élargir les voies secondaires pour faciliter la circulation des camions.

Il n’est donc pas anormal de retrouver cet état d’esprit là face à cet attentat terroriste. Notre réponse n’est que répressive, et les citoyens ne comprendraient pas qu’il en soit autrement, même si les responsables savent que ce n’est pas cela qui reste efficace dans la lutte contre le terrorisme.

L’on se fout éperdument que la réflexion nous conduise à constater que nous risquons plus notre existence en prenant notre voiture tous les jours que de mourir des suites d’un attentat. Rien à foutre, nous n’avons pas envie de réfléchir mais de nous laisser emporter par l’hystérie générale qu’entretiennent les médias en passant en boucle des événements qui leurs rapportent de l’audimat.

Rien à foutre, nourri dans la peur de l’autre ce que nous voulons entendre est que tous les hommes politiques veulent nous venger. Nous en avons rien à foutre de savoir que ce sont eux qui ont foutu cette merde en notre nom pour servir des intérêts qui ne sont pas ceux des populations laborieuses.

La conséquence en est une surenchère de proposition, telle celle de l’état d’urgence. Si ce drame justifie l’état d’urgence alors que la législation permet dans la lutte antiterroriste les mêmes interventions, que ferions-nous en état de guerre, se suiciderait-on pour ne pas mourir. Telle celle de mobiliser des retraités, comme si le fait de les mobiliser empêcherait les terroristes de poursuivre leur fin. Ils tiendraient compte seulement des nouveaux paramètres, comme nous le démontre cet attentat aboutit malgré toutes les lois anti terroristes que nous avons votées. Et je ne développe pas la honte qu’il y a à faire appel à des citoyens qui ont déjà donné de leur existence à la nation et qui peuvent prétendre profiter de l’existence. Pire certains envisages les détentions provisoires des suspects, faisant fie des principes démocratique, l’on se croirait aux plus belles heures du Maccartisme. Plus fort des centres de rééducations, comme au temps de l’union soviétique, quand nous dénoncions leurs goulags où ils incarcéraient ce qui ne pensaient pas communiste. Toujours plus, le port des armes par les policiers hors services, et pour quoi pas à la population comme aux USA. Hors de leur service ils sont des citoyens comme les autres, pourtant ils peuvent verbaliser pourvu qu’ils fassent connaitre par un signe extérieur qu’ils appartiennent à la gendarmerie ou la police, donc je ne vois pas l’intérêt de la mesure si elle avait pour finalité de surprendre les terroristes, ce qui fait bien rigoler.

Nous subissons une propagande gouvernementale qui depuis bien des années déstructures toute les représentations par l’usage d’un vocabulaire de communicant « endoctrinal » que relaient les médias quand ce ne sont pas eux qui y contribuent. Ainsi, l’insurrection de la population tunisienne est devenue une révolution, l’EI qui mène une révolution en Irak se voit qualifié d’armée terroriste. Je ne les porte pas dans mon cœur, mais cela ne doit pas m’empêcher de faire des analyses appropriées. Ce sont des Irakiens qui ont levé une armée pour conquérir le pouvoir politique en Irak et en Syrie, et même ailleurs, afin d’y renverser les régimes existants et instaurer un califat. Quand des terroristes disposent d’une armée de 30 à 20 000 hommes suivant la CIA ou 200 000 suivant une source kurde nous ne sommes plus face à une armée de terroristes.

Qui donc a expliqué pourquoi les décapités par l’EI avaient des teeshirts oranges, couleur des détenus de Guantanamo.

Mais je peux comprendre car pour nous le mot révolution résonne comme l’accession à la liberté républicaine, alors qu’eux inverse le processus, tout comme les USA ne considéraient pas que les armées cubaines fussent des armées révolutionnaires. Mais souvenons- nous Arafat dont la tête fut mise à prix, qui mena tant et tant de ce qu’il appelait des raids et que les israéliens appelaient attentats. En 1974 l’ONU a finit par reconnaitre l’état palestinien.

Enfin, peut-on être sérieux quand l’on nous revend le schéma Irakien d’un EI qui menacerait le monde. L’on nous prend vraiment pour des cons. Admettons 200 000 hommes face à la puissance militaire des USA de la Russie et de la France dotés des armes les plus performantes et des moyens d’investigations qui leur permettent d’écouter le monde et nous réclamons plus d'armée et de police. Certes ils sont soutenus par quelques états arabes soit disant, mais ce ne sont pas comme au Vietnam où l’union soviétique et la chine soutenaient les Viêt-Cong.

Si je développe tout cela, ce n’est pas parce que j’ai une quelconque sympathie pour ce groupements qui se cherche une reconnaissance, mais parce qu’à ne pas vouloir faire les bons diagnostics nous appliqueront de mauvaises solutions. Le mode entier est croyant à l’exception de quelques populations athées, ce sont les athées qui sont une exception pas les religieux. Sur 7 milliards d’individus plus de six milliards sont croyants. Alors, nous allons faire quoi, tuer tous les religieux, ne plus commercer avec eux, allons nous continuer à nous considérer comme la communauté internationale. En fait une communauté de quelques états, sur plus de 190, engagée dans un conflit essentiellement orchestré par les USA dont nous sommes devenus le bras intermédiaires, après que les députés aient voté l’adhésion à l’Otan le 17 mars 2009 sans l’avis des populations, comme l’on adhérera au traité TAFTA qui contractualisera définitivement l’Europe comme vassal des USA.

Affronter ce terrorisme comme s’il s’agissait d’un manquement de droit commun est une erreur, comme s’il s’agissait d’un drame qui touchait un état innocent en est une autre. Souvenons- nous de Besancenot lorsqu’il tenta d’émanciper les cités en mettant sur ses listes des femmes en foulards. Tous les biens pensants ont crié à la récupération et bien ceux qui ont récupéré ces jeunes des cités ce sont les fondamentalistes. Il aurait mieux valu voir des défilés de jeunes réclamants des salaires que des poseurs de bombes.

Tous, nous sommes tous responsables, il ne peut en être autrement dans une démocratie, même les abstentionnistes.

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Published by ddacoudre - dans critique
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