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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 01:53

Sommes-nous condamnées à une incurie populaire.

L’histoire nous apprend que ce n'est pas la masse des populations qui fondent les projets d'avenir. Elles se contentent de suivre leur ventre, quitte à se soumettre aux "dominants systémiques" du moment. Il n’y a rien irrévérencieux, ni d’outrageant, ni d’offensant, ni de froissant, ni d’arrogant quand je dis cela. La Béotie avait fait le même constat, fait précédemment par les tyrans Cyrus ou Darius. quand à Platon il tire une désolante conclusion de sa tentative du philosophe roi. « Le genre humain ne mettra pas fin à ses maux avant que la race de ceux qui, dans la rectitude et la vérité, s’adonnent à la philosophie n’ait accédé à l’autorité politique, ou que ceux qui sont au pouvoir dans les cités ne s’adonnent véritablement à la philosophie, en vertu de quelque dispensation -divine. » Le parie politique de Platon a échoué  : on ne peut pas soumettre la force du pouvoir à l’autorité du -savoir. Le philosophe-roi est une figure impossible de l’histoire.

Il nous suffit donc de réécrire l’on ne peut soumettre la force du pouvoir populaire à l’autorité du savoir. Ainsi, un peuple philosophe est une figure impossible de l’histoire. Je nous invite à regarder nos débats politiques sous cet angle. Alors, sa médiocrité apparaît, bien plus grave quand elle se propage par des élites, qui ont l’intelligence nécessaire pour élever le débat, et se garde de le faire par flatterie imposée par la tyrannie populaire qui dispose du pouvoir électif et à laquelle il manque l’autorité du savoir aujourd’hui indispensable.

J’ai expliqué dans (http://ddacoudre.over-blog.com/d-une-grenouille-a-l-autre.html) la stratégie de l’émotion qui tient à notre organisation biologique, dont nos sens ne sont réceptifs qu’à l’environnement local. C’est le mode instinctif (http://ddacoudre.over-blog.com/2016/05/la-morale-en-pillule.html), efficace pour résoudre les problèmes de la vie quotidienne, mais n'est pas adapté pour résoudre des problématiques éthiques planétaires. En démocratie l'émotion pose le redoutable problème que le citoyen s'en remet à son ressenti (comme pour la température météo) plus qu'à sa raison, sauf que pour la météo il y a un thermomètre pour dire l'exactitude de la réalité, tandis qu'en démocratie seul le débat formule une mesure incertaine. La tyrannie du ressenti nous la vivons actuellement avec la fronde de la police, j’ai suffisamment écrit d’articles à ce sujet et démontré, comment elle nous pousse même à dénier la factualité observable et mesurable.

Un pouvoir de papier.

La conduite de nos affaires est mondiale et nous n’instruisons pas nos cerveaux à prendre cette mesure intellectuelle et non pas instinctive. Pire nous leur avons substitué des machines au service de l’ego de ceux qui les ont programmés. Le vote du CETA en est l’exemple type. Les citoyens sont préoccupés par les couillandres du président et laissent s’installer une gouvernance arbitrale qui les dépossèdera de leur pouvoir législatif, comme ils se sont laissés dépouiller de leur pouvoir monétaire et par un libéralisme frelaté de leur droit d’ingérence dans les affaires économiques qui sont vitales à leur existence.

Prétexter du « complotisme » et des méfaits des puissants de ce monde pour refuser de regarder avec l’intelligence de notre cerveau les affaires du monde et leurs évolutions, nous conduira à ne disposer que d’un pouvoir de papier et à n’être que de la graine d’esclave. (http://ddacoudre.over-blog.com/article-la-fracture-intellectuelle-fait-germer-la-graine-d-esclave-64686694.html).

l'incurie.

C’est donc l’intérêt que je porte à l’émancipation des populations qui me pousse à souhaiter que le philosophe roi soit une réalité qui fasse démentir Platon, car il n’y a aucune raison ni lui, ni moi, que nous ne disposions de la vérité. Mais assuré que du seul fait de l’observer suivant l’évolution de l’environnement elles trouvent leur place. En ce moment c’est celle énoncé par Platon qui trouve sa place. C’est dire combien notre évolution psychique est lente, tiré toujours par notre ventre, alors que le futur est dans les étoiles. Vivant notre mort il nous est biologiquement difficile de nous en détaché, sauf que l’intellect est aussi une donnée biologique. Naturellement il est plus facile de suivre le déterminisme de la construction d’une voiture qui requiert d’assembler quelques milliers de pièces que d’harmoniser des milliards de relations humaines. De celles-ci nous ne recevons que les perceptions de ceux que nous croisons, alors que pour imaginer la vie du chinois ou simplement des migrants de Calais, nous faisons appel à des représentations fournies par l'enseignement ou « les faiseurs d’opinions ». Cela, faute d’acquérir tous les savoirs disponibles qui nous permettraient d’en faire une représentation sous l’autorité des connaissances disponibles. De sorte que dans un monde ou les savoirs sont devenus exponentiels la plus grande masse de la population vit dans l’incurie. Dans l’indifférence et le manque total de soin ou d'application dans l'exercice, l'exécution ou l’analyse sociétale. La plus grande partie des citoyens vivent dans l’abandon, l’insouciance, le laisser-aller, la mollesse, la négligence des affaires publiques, y compris ceux que nous avons instruit jusqu’au BAC.

L'on rêve de cailles toutes rôties.

Si ce phénomène est normal, puisque c’est de cette situation que les puissant tirent partie pour conserver leur pouvoir, cela jusqu'à ce qu’une « révolution » d’une minorité agissante les en chassent. elle même rendu possible par le même phénomène qui maintenaient les puissants au pouvoir. L’incurie populaire n’est pas une tare, c’est un état qui caractérise les masses qui ne vivent que sur le mode instinctif, auquel il faut des repères biens cernés et préhensibles émotionnellement. Les frontières, le chez soi, l’identité, l’emploi etc. tous ces repères dont l’autre est exclus, car chacun vit dans la peur que l'étranger vienne l'en déposséder. Quand je dis chacun je parle aussi des étrangers. Il y a bien naturellement une réciprocité des comportements, car tous les humains vivent sous le mode instinctif et à ce titre nous nous faisons en permanence la guerre.

Or, cet échec momentané du philosophe roi a engagé un certain nombre de comportements destructeurs dans la vie politique. La lenteur de l’évolution intellectuelle des populations est quasiment inversement proportionnelle à celle de l’évolution des savoirs développés par certains d’entre eux, que j’appelle les « découvreurs ». Plus les savoirs et technologies mettent à notre portée le monde, plus nous sommes apeurés par les comportements de ceux à qui nous avons inconsidérément confié notre pouvoir démocratique par incurie, flatté par de belles promesses d’avenirs radieux dans des cieux où les cailles tombent rôties.

Résultats nous nous livrons à la chasse aux chefs d’états, assuré que d’avoir viré l’un sera salvateur, jusqu’à ce que nous fassions une place de rêve à un dictateur.

Si Louis XIV vivait.

Quand un président décrié comme Sarkozy qui a permis par défaut d’élire Hollande revient en politique en disant j’ai changé et qu’il reçoit un écho, c’est inquiétant, sur notre capacité d’analyse. Que l’on appelle au pouvoir quelqu’un qui a réussi me semble louable, éventuellement est acceptable le fait de reconnaître ses erreurs. Mais quand cette personne dit, vous m’avez viré parce que vous détestiez ma façons de faire et la politique que je menais, j’ai changé je vais donc faire pire ; que c’est également le langage programmatique des candidats LR qui ont exercé le pouvoir, Fillon, Jupée, Copé, Sarkozy, avec de réelles chances de l’emporter, l’on peut s’interroger. Dire les citoyens sont des abrutis et tous ce que nous voudrions, c’est écarter cette incurie populaire qui maintient les tenant du pouvoir en place. Chacun a compris qu’il ne s’agit pas de ne pas tenir compte de l’intelligence des citoyens, quand 96% des citoyens s’informent politiquement dans les JT et que 48% d’entre eux disent ne pas y croire, c’est une démonstration de clairvoyance, mais aussi d’incurie puisque ceux qui détiennent le pouvoir restent en place. C’est comme si après avoir viré Hollande pour sa politique nous élisions Valls.

Chacun à pu noter l’intérêt de la « peoplelisation » des hommes politiques pour les citoyens. Ceci n’est pas anodin, les citoyens montrent de l’intérêt pour ce qui est accessible à leur mode instinctif. Dans le même temps les puissants, que ce soit en personnalité morale ou physique vaquent, à leurs affaires mondiales qui nécessitent l’usage de leur intelligence et celle des machines à leur service pour saisir l’existence aléatoire du monde qu’ils modélisent, puis propose à l’incurie populaire.

Du temps de Louis XIV sa cour pouvait assister à sa toilette et le voir déféquer. La propension humaine pour la merde et normale, seule la culture et l’hygiène empêchent nos bébés d’y prendre goût. Mais alors quand elle s’étale dans des livres et dans les médias, pas questions de cultures et d’hygiène (déontologies), l’on s’y vautre et l’on en redemande, manière de s’indigner que toutes ces élites chient comme tout le monde, et que là au moins, l’on sait de quoi l’on parle, car l’on connait, l’on n’a pas besoin ni d’intellectualiser ni de faire des modélisations.

Oser.

Alors, quand Mélenchon, en tout bien tout honneur, veut donner la parole au peuple, veut que ce soit lui qui définisse le projet politique qu’il désire, il vaut mieux s’en inquiéter. C’est d’ailleurs vous l’avez compris exact pour les autres. Sauf que ceux qui sont au pouvoir ont l’incurie qui leur est favorable, et l’inverser n’est pas lui demander son avis, mais faire ce que Mélenchon a osé. Entreprendre de refonder la vie politique sur la base de l’organisation d’un creuset la (France insoumise) dans lequel la parole est donné à ceux qui veulent s’engager sur des idées existantes ou novatrices pour élaborer un projet, modéliser un avenir susceptible d’inverser en sa faveur l’avantage du bénéfice de l’incurie populaire.

Ce qu’il en adviendra nul ne le sait et cela peut rebuter cette incurie qui ne veut à ce jour pas devenir un roi philosophe. Non, vous l’avez compris, parce qu’elle n’en a pas les moyens et l’intelligence, mais parce que son existence est modélisé de cette manière par les « dominants systémiques » (nécessaires par ailleurs), et que tous les jours il lui est dit que c’est ainsi. Donnez moi donc une bonne raison pour que les puissants disent qu’il peut en être autrement.

Le parie fou de Mélenchon n’est pas seulement répondre aux aspirations de l’heure de la population, répondre à cette incurie populaire qui veut du pain et des jeux, mais d’offrir du meilleur pain et de meilleurs jeux en inversant le bénéfice des savoirs et technologies pour permettre à l’ego de s’harmoniser au service de la communauté humaine.

Faire cela aujourd’hui est une « révolution » dans un monde ou l’ego se rétracte sur des « dominants systémiques » d’un autre temps qu'il met à son service, que ce soit celui des religions, des communautarismes, du capitalisme, autant de structures d’exclusions dont il découle inévitablement des confrontations meurtrières appelant inévitablement une dictature.

Le roi fou.

L’humain dispose de quoi anéantir son espèce, particulièrement avec les armes atomiques. Le maintient de structures d’exclusions justifie leurs existences, et aucun état n’envisage sa suppression, c’est même l’inverse. Nos productions d’énergies utilisent aussi cette fission nucléaire. La probabilité qu’une centrale explose n’est plus à démontrer et ses dégâts, aussi importants soient-ils, sont limités par rapport à ceux d’une guerre nucléaire.

Or, toutes les créations humaines sont toujours utilisés, la question n’étant pas s’il y a une probabilité que nous utilisions l’armes nucléaire, mais quand.

Donc développer ou maintenir des « dominants systémiques » d’exclusions y conduira. Pour cela il faudra non un roi philosophe mais un roi fou, celui que lentement nous fabriquons en nous livrant à la chasse aux élites têtes de turc sans distinction et nous installeront un jour chez nous où ailleurs un roi fou qui appuiera sur le bouton.

Un roi philosophe.

Mélenchon ouvre une alternance pour que prenne place un roi philosophe. Ce n’est pas l’apothéose et ce n'est pas gagné. C’est juste une greffe sur une démocratie des partis, sclérosés par l’ego technocratique et ploutocratique desséchant. Leurs ego ont desséchés le débat démocratique pour n’en conserver que la merde envahissante dont l’incurie se délecte. Imaginer l’écart qui existe entre ceux qui se complaisent à la colporter comme seul débat politique, et que nous trouvons chez bon nombres de frontistes, et ceux qui déjà modélisent un monde où le savoir sera l’économie de la connaissance. Mélenchon a jeté une passerelle avec "l'écosocialisme"  par nécessité politique, car c'est ce qui fait défaut chez nos hommes politiques, prendre des décisions politiques. Ce constat ne date pas d'aujourd'hui, le prix Nobel d'économie de 1998 Amartya SEN l'avait constaté. Même Jospin en son temps avait dit que notre avenir consisterait à vendre notre savoir.

Dans l’histoire il y a eu des hommes politiques qui ont pris de grandes décisions, au plus prêt, Blum les congés payés, De Gaulle le vote des femmes, Valérie Giscard Estain l’IVG, Mitterrand l’abolition de la peine de mort, aucune de ces décisions n’ont fragilisé notre pays, elles n’ont pas été prise par l’incurie populaire, mais par des citoyens convaincus d’avancer vers un avenir meilleur. Si d’aucun veulent me convaincre que les propositions des LR ou du PS offrent un avenir meilleur je suis toujours ouvert au débat, pour le FN la question ne se pose pas. Ce n'est donc pas le peuple qui créé les "révolution" mais les minorités agissantes, Le peuple, je vais faire grincer des dents, il est sans dents, il est moutonnier et c'est nécessaire.

C'est pour cela qu'il ne faut pas le tromper, l'abuser, le manipuler, mais l'émanciper même contre son gré, pour qu'il est des chances de devenir un roi philosophe et non un roi fou.

 

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