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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 01:00

 

Le coude et la tête.

L'homme est un étrange animal, il n'est pas attiré par ce qui est abondant, car cela ne le distingue pas des autres qui ont accès à la même chose. Alors, il fait montre d'innovations et de créativités pour séduire. L'homme est d'un naturel paresseux. Quand il peut tendre la main pour se nourrir il n'ira pas chercher celle qui est la plus éloignée de lui, sauf quand celle à portée de main deviendra rare. Donc, si votre enfant est paresseux et fainéant c'est qu'il est normal. C'est par la raréfaction de la nourriture que nous nous sommes contraint à l'effort du travail pour la produire. D'abord, en y mettant les autres, quand l'un était le plus fort. La souffrance que le travail requiert n'était pas faite pour les chefs. Eux ils la consentaient dans l'art de la guerre pour s'auréoler de gloire et de conquêtes. Puis vint les animaux au travail comme à la guerre, puis les machines et aujourd'hui les robots. Mais tout cela à un coût, oh pas en monnaie, je n'ai jamais vu un billet ou une pièce de monnaie travailler. Le coût c'est une dépense d'énergie en huile de coude et matière grise, mais toujours avec derrière la tête cet atavisme naturel, si je pouvais l'avoir à portée de main. Aujourd'hui cela devient possible par la robotique, en ce qui concerne l'huile de coude, pour produire des biens et services. Nous sommes perpétuellement dans cette démarche inconsciente.Pour la réorganisation de la matière grise, il en est tout autrement. Il faut quelle soit stimulée pour se focaliser sur des observations ou des apprentissages dont elle tirera un usage pour se mettre à portée de main les choses qu'elle désire. La démarche est donc individuelle et nous avons dû apprendre à la réaliser en tenant compte de tout ce que nous pouvons mettre en commun, nous répartir des tâches afin d'avoir les choses à portée de main de chacun. Que peut-on retirer de cela, un paradoxe. Quand un bien est abondant l'on s'en détourne, c'est la gratuité. Quand il est rare l'on voudrait l'avoir gratuit, parce qu'il donne de la peine pour S'obtenir. Face à cela nous disons que nous ne savons pas ce que nous voulons. Si, nous voulons avoir les choses gratuitement pourvu que ce ne soit pas tout le monde, car alors elles ne nous singularisent pas. Voilà, c'est aussi simple et nous vivons comme cela. Nous pourrions en douter.

Une évidente banalité.

Côté politique : les citoyens veulent que les hommes politiques les écoutent, ils ne disent pas je vais leur dire ce que je pense. Pour cela il faut adhérer à un parti ou aller voir ces hommes politiques l'un et l'autre demande une dépense d'énergie. Le parti par la cotisation qui représente un temps de travail et se déplacer pour voir l'homme politique c'est consacré de l'énergie autre qu'à son intérêt immédiat. Conséquence de tout cela, ex, les primaires. Les primaires sont donc faites pour tous les paresseux et les fainéants qui désirent que leurs opinions soient connues sans l'effort soit d'une adhésion soit d'une explication politique. C'est plus simple l'on verse un ou deux € et l'on choisit après avoir écouté les uns les autres, détendu en position repos face à son écran. C'est quoi, le progrès ou le moyen de pouvoir obtenir ce que l'on désire par le moindre effort. C'est l'illusion que votre opinion est prise en compte. Le prix de la fainéantise dans une société culturalisée où tout ce que nous faisons coûte une dépense d'énergie et elle une consommation. L'effort consomme de l'énergie et l'énergie se fabrique en se nourrissant. C'est d'une évidente banalité quand l'on est dans une société occidentale de gens repus, qui jettent leur surproduction pour maintenir le revenu de la rareté. Nous le disons sous une autre forme : je veux pouvoir vivre de mon travail, particulièrement en agriculture.

Vous avez dit gratuit.

Un autre exemple. L'impôt et les taxes sont des attributs féodaux. C'est l'état de servilité infantile maintenu au XXI siècle. La modernité et la responsabilité d'adultes citoyens consisterait à régler à l'état ou aux collectivités les services dont nous les avons mandatés. Quand est-il : à toutes les élections nous avons des promesses de services et dans le même temps d'autres de réduction des impôts et taxes. Nous savons tous qu'il s'agit d'un moyen de gestions des gouvernants universellement utilisé. Si nous avons des cultures différentes, la paresse humaine est universelle, elle dépend de l'espèce et de la structure planétaire qui privilégie les évolutions les moins énergivores. Nous pouvons dire que les citoyens désirent recevoir gratuitement les services de l'état qu'ils ont "diligentés". Cela ne nous gène pas. Pire nous sommes d'accord pour ne plus payer d'impôts et de taxes, d'accord pour faire exécuter les mêmes services par des citoyens particuliers (ce que nous appelons la privatisation au nom du libéralisme du temps monarchique) pour lesquels nous trouvons normal de régler la facture qu'ils présenteront et finir par régler en sus les dividendes de ceux qui viendront prêter leurs argents dans l'espoir de faire fructifier leurs placements financiers. Clairement nous sommes prêts à payer plus cher pour ne pas avoir d'impôts et de taxe à payer. Curieusement nous sommes prêts à financer les mêmes services à un particulier et nous rechignons de les financer sous forme de taxes ou d'impôts quand la décision est collective. Alors, il faut supprimer tous les impôts et les taxes et présenter la facture à chaque citoyen au prorata de ses ressources. Soyons précis cela, ne changera rien sur le fond, mais ce sera plus clair et plus simple. Cela mettra chacun en face de ses responsabilités de citoyens et non de quémandeurs de gratuité pour être servi sans payer. La panoplie de taxes brouille le paysage, par exemple les citoyens pensent que l'impôt sur les bénéfices ce ne sont pas eux qui les paient. Ce n'est certainement pas l'entreprise qui les refacture aux clients, c'est comme tous les accès gratuits financés par la pub, qui d'autres que le client les payent. Mais voilà, gratuit est le sésame, notre atavisme génétique est là, à ce mot notre cerveau ne fonctionne plus, la main prend ce qui est à sa portée sans effort. Ne demandons pas au cerveau de trouver un synonyme à gratuit il ne trouvera pas, eu, roulé, baisé, abusé, enflé, il ne trouvera que l'illusion d'une bonne affaire, comme l'illusion de donner son avis politique.

Penser.

Je ne prends que ces deux exemples, mais si nous examinions nos actions sous l'aspect de la paresse qui nous habite, nous nous rendions compte combien cette tendance inconsciente, partie intégrante de notre inné, à rechercher la moindre consommation d'énergie est bien plus créatrice que tous les capitalismes que nous voudrions alléguer. Pourquoi donc désirons nous être riche si ce n'est pas pour glander. Si c'est l'effort que nous recherchons dans notre société, alors il faut devenir pauvre. Notre société culturelle c'est construite sur l'effort permanent pour obtenir les moyens de glander, de faire tout avec le moins d'efforts et vite. Ceux qui n'ont jamais bossé dans leur vie expliquent les vertus du travail, les vertus de l'huile de coude, un mythe comme un autre. Il en a certainement fallu au premier homme qui a taillé un silex, mais d'abord il a fallu qu'il pense cette utilisation. Il y a donc d'abord la pensée utilitaire et la pensée philosophique qui réorganise cette pensée utilitaire. Penser est donc primordial, c'est ce qui demande le plus d'efforts et de consommation d'énergie pour accumuler les savoirs, parce que c'est lent, ce n'est pas à portée de main. Le savoir s'extrait de l'observation quand l'on est animé d'une désidérabilité, même si c'est le plaisir d'observer sans utilitarisme immédiatement percevable. Il semble donc que dans notre société la vitesse d'avoir tout à portée de main au moindre coût (avec l'illusion du gratuit si possible) soit un frein au développement de la pensée critique et favorise l'intolérance.

A part vivre.

Nous retrouvons cela en politique avec ce qui est à portée de main, son quotidien loin du monde qui demande un lent apprentissage des savoirs et cultures du monde. Cela fait des hommes incapables de comprendre de part et d'autre que la diversité n'est pas un handicap si on ne la fossilise pas. Car la paresse est là, la vérité est économique, il n'y a pas tous les jours à consommer de l'énergie pour s'interroger, même si l'on en dépense beaucoup pour l'imposer aux autres par les guerres que l'on se livre.

C'est ainsi que dans notre monde, ce qui était abondant et s'obtenait sans effort, la création monétaire par la banque de France, nous l'avons raréfié en la confiant aux banques. Dorénavant et il faut verser des intérêts, c'est-à-dire payer pour en recevoir, afin que ceux qui vont s'enrichir avec puissent prendre tout ce qui est à portée de main (de leur sous). Pourquoi : en fait pour une chose simple, disposer de la création monétaire demande de la distribuer à bon escient, de faire des choix économiques et politiques. C'est ce qui effraie le plus les citoyens, imaginer que certains en recevraient sans travailler (que l'on payera des fainéants). Etrangement les citoyens acceptent cela des riches (rentiers), car ils espèrent un jour le devenir, mais il leur est insupportable d'envisager qu'un pauvre en reçoive pour ne rien faire, à part vivre.

 

 

 

 

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Published by ddacoudre - dans critique
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  • : le monde dépend du regard que l'on porte. Cela emporte de comprendre que si un flux d'énergie qui circule sans but dans le cosmos donne la vie, tout ce que nous concevons atteint un seuil où tout s'écroule. C'est ainsi que si Un dispose d'une vérité absolue il peut se suicider, car c'est un mort vivant qui ne peut développer que la mort qu'il porte.......
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