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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 22:58

 

 

 

Au lendemain des régionales la classe politique s’émouvait et s’engageait à prendre en considération cette abstention, le verdict est tombé avec les cantonales, même s’il faut relativiser.

 

Pourtant l’important me parait comprendre que nous n’allons pas rester dans cette situation sans qu’il se produise un événement.

Je ne crois pas que les français  s’américanisent en restant dans une abstention d’indifférence comme au State, même si feu Frêche à eu souhaité une bipolarisation politique comme chez eux avec deux parti de pouvoir, notre histoire politique est trop différente.

 

En fait il faut regarder cette abstention comme un réservoir de voix, un potentiel électoral susceptible d’assurer la victoire de celui qui saura les conquérir.

 

Un potentiel de voix méfiants renvoyant dos à dos tous les partis, et dont les exigences à ce jour sont inaccessibles, tant leurs méfiances touchent des organisations que l’on ne peut réformer avec des promesses électorales, que ce soit le G20, l’OMC, l’UE pour ne citer que ceux là, ou sans se mettre à dos la communauté internationale « libérale capitalistique », sans entrer dans un conflit demandant de disposer de la capacité de lutter durablement.

 

Les abstentionnistes disent ce qu’ils ne veulent plus ou ce dont ils se méfient, et c’est de ce refus qu’il faut que les politiques extraient un futur dont eux mêmes n’ont pas la vision.

Mais parfois c’est déjà important de savoir ce que l’on ne veut pas.

 

Il y a donc pour les partis une nécessaire remise en cause de leurs propres idéaux ou valeurs à faire pour capter ce potentiel.

 

Il semble que l’on se dirige pour les présidentielles sur des choix de refus plus que d’acceptation, et il est fort à parier qu’après cette élection il y ait des scissions dans au moins deux partis PS et UMP suivit de recompositions avec la participation des partis centristes.

 

Nous ne pourrons pas rester avec cette abstention, qui même si elle se mobilise au présidentielle, elle ne changera pas d’opinions, car elles ne sont pas de circonstances comme l’indique ces deux élections.

Il me semble que les partis qui en sont à l’origine n’aient pas les moyens de faire une offre novatrice, l’UMP va s’enfermer dans sa lepénisation, à moins que les « Gaullistes » s’éveillent, le PS devrait dévoiler tantôt son programme, mais je doute qu’ils remettent en cause les organisations dont se méfient des français, les centristes vont jouer le clientélisme, le FN le populisme, et les gauches vont rester chacune chez elle.

 

D’évidence nos politiques gestionnaires du réel sont irréversiblement bloqués, bloqués par le système de pensé unique, qui loin d’avoir démontré son efficacité à généré un abstentionnisme de rejet face auquel ils n’ont que des solutions éculées issus d’un passé qui se meurt et dont l’on sait depuis 30 ans qu’elles n’apportent pas d’amélioration, et mal heureusement ceux qui prônent des solutions qui bouleverserait la donne, les abstentionnistes les boudent.

 

La redistribution de la richesse sera un pis allé momentané, car sans toucher aux modèles elle accélèrera même la capitalisation financière qu’elle se veut combattre (un autre débat).

 

L’abstention peut être un mal bénéfique.

 

Son essor commence avec les européennes suivant un vieil adage loin des yeux loin du cœur. Il est bien naturel que plus les informations et les perceptions s’éloignent de sa sphère sensorielle et émotionnelle c’est le cerveau, la raison, l’intelligence qui captent, enregistrent ce que l’on ne peut percevoir du regard, toucher du bout des doigts, entendre de ses oreilles.

Le rôle des acteurs politiques est alors essentiel pour donner à comprendre ce que l’on vit par procuration, ce qui nous affecte sans disposer des moyens d’en exercer un contrôle personnel.

 

Alors ce sont les relaies médiatiques qui  délivrent leurs messages, les font circuler pour atteindre tous les citoyens. Aucun d’entre nous ne c’est assis à la table d’un G20, ni de la sphère de discussion de l’OMC, et encore moins du rassemblement de Davos, et pourtant ces organisations rythme notre vie.

Il en va ainsi depuis des lustres, depuis que nous sommes sortis du clan et du groupe pour former d’immenses sociétés que notre être ne peut embrasser. Force est donc de faire appel au cerveau pour tenir par lui une représentation de ce que nous ne connaitrons jamais.

 

C’est ainsi que l’éducation et l’instruction sont une pierre indispensable de cet édifice sociétal.

Et plus la société se complexifie, plus cette éducation et cette instruction doit croitre pour offrir aux citoyens une bonne représentation du monde qu’ils ne verront, toucheront, entendront jamais pour la majorité d’entre eux.

L’histoire et la conscience politique est donc primordiale pour qu’une société évolue dans la démocratie, pour qu’une société trouve des solutions aux dictats qu’elle se construit invariablement en recomposant sans cesse ses relations instinctives (dominant dominé).

 

C’est quelques rappel pour dire une chose simple, les 23 422 367 millions d’abstention du 1° tour des régionales et les 11 856 841 du 1° tour des cantonales partielles, ne sont pas le fruit du hasard.

 Les interpréter et délicat car elle est hétérogène, mais si l’on s’intéresse à ce que pensent les français de leur société alors des pistes s’ouvrent.

J’ai déjà écrit plusieurs articles sur ce sujet je rappelle quelques données.

 

La politique à abandonné l’idéologie pour le pragmatisme financier, et très vite le dogme de la loi du marché a démontré sa dictature en annihilant la liberté de penser autrement, mais surtout en entretenant une fracture intellectuelle, dans un monde où le savoir se multiplie à la vitesse des découvertes et des technologies alors que l’enseignement pour la plupart des français s’arrêtent avec leur scolarité qui ne leur donne plus les moyens de lire le monde.

Tenu de s’informer politiquement (88% par la télé) sur des médias médiocres qui ne véhiculent que des polémiques et des ragots, ils s’éloignent de ce qui devrait les rapprocher comme en témoigne cette enquête d’opinion (CEVIPOF).

69% des français se méfient des autres.

29% des français ont confiance en leur président,

31% en leur député européen

38% en leur député (parlement)

43% en leur conseil général

52% en leur maire.

Cela s’appelle un replie sur soi, car il faut attendre le niveau le plus étroit pour dépasser les 50%, car le maire est accessible à notre sphère sensorielle et émotionnelle.

83% des français pensent que les hommes politiques ne se préoccupent pas des gens comme eux.

57% pensent que la démocratie ne fonctionne pas bien

56% n’ont confiance ni dans la gauche ni dans la droite

C’est pire pour les organisations sociales économiques

13% ont confiance dans les partis politiques 81% s’en méfient

20% ont confiance dans les banques 74% s’en méfient

22% ont confiance dans le G20 72% s’en méfient

27% ont confiance dans les médias 67% s’en méfient

29% ont confiance dans l’OMC 65% s’en méfient

33% ont confiance dans les syndicats 61% s’en méfient

37% ont confiance dans les grandes entreprises privés 57% s’en méfient

40% ont confiance dans l’Union Européenne 54% s’en méfient

43% ont confiance dans les grandes entreprises publiques 51% s’en méfient

64% ont confiance en leur police 30% s’en méfient

78% ont confiance dans les hôpitaux 16% s’en méfient.

Nous voyons dans ce champ d’opinions que c’est la peur et la méfiance qui prédominent.

27% des français sont pour l’ouverture au monde, 40% estime qu’aujourd’hui l’on doit s’en protéger, 32% ni l’un ni l’autre.

Comme on le lit la sphère qui ne s’acquiert que par le savoir et la représentation cérébrale du monde  ne rassure pas, au mieux laisse indifférent

96% sont pour la réforme du capitalisme

69% estiment que leurs enfants auront moins de chance de s’en sortir

29% estime qu’il y a plus de corruption, 64% autant mais l’on n’en parle plus, 6% moins.

74% ont de la méfiance envers la politique au sens générique.

59% estime qu’il y a trop d’immigré en France.

Ainsi quand nous lisons ces résultats, ce n’est pas de l’abstention qu’il faut être surpris, mais que des citoyens aient encore le courage de voter pour leurs candidats dont ils espèrent être entendus, (mais il semble que ce soit en vain, au moins les débats des présidentielles le préciserons).

Ces résultats sont loin d’être un mal, certes ils créaient une situation à risque en permettant l’élection d’élus qui ne sont pas représentatifs, et à qui l’on pourra contester la légitimité.

Mais ils disent bien plus que cela, ils donnent à la fois la mesure de l’impasse dans laquelle nous sommes, et offre un potentiel de voie disponible.

L’impasse.

L’impasse est que ces millions de français en ruptures avec notre société occidentale politico-économie  ne peuvent espérer obtenir satisfaction.

D’une part la représentation qu’ils se font de la classe politique et de leurs élites est amplement distordue par l’effet loupe de l’information médiatique qui dévoie le relaie nécessaire, en substituant aux informations politiques soit les intérêts de classe qu’ils défendent, soit en commentant l’insignifiant, l’émotionnel, le polémique, le théâtral, et si une majorité de français se méfient des médias, ils restent tout de même affectés par ce qu’ils en écoutent à leur corps défendant.

Cette méfiance semble se faire sans discernement, même contre leur propre désir.

Si 96% espère voir le capitalisme se réformer, ils ne font pas confiance aux les partis qui le proposent, et d’autres l’espèrent des partis qui le soutiennent.

De cela nous avons entendu d’étranges discours réformateurs par notre président sans aucune suite bien évidement comme nous l’avons vécu. Quand à ceux qui attendent une telle réforme du PS, il faut attendre leur programme, mais sans trop d’illusion à mon sens.

De plus ce désir de réforme du capitalisme me parait reposer sur une confusion, car bon nombre de ceux qui la formulent  veulent en définitive que le capitalisme les serve.

En fait ce dont ils se plaignent c’est d’en être exclus au bénéfice d’une classe, au bénéfice d’une oligarchie financière, à laquelle ils participent, par leurs placements financiers que d’autres utilisent à leurs propres fins, par l’enrichissement qu’ils en retirent pour disposer du pouvoir économique et celui d’intimer les états (la dette).

De manière identique pour les institutions internationales, G20 OMC UE, ce qu’ils en perçoivent et moins leur utilité de concertation internationale, que la certitude que les maitres du monde, les oligarchies y font entendre leurs voies qui concours toujours à y  réclamer le renforcement de leur pouvoir afin de disposer d’un marché et non de prendre en compte les désirs des populations si elles n’entrent pas dans leurs fins.

Peut-on raisonnablement leur échapper, et si c’est possible les remplacer par quelle forme de coopération internationale. La question est posée et les réponses données par les partis  ne conviennent pas à une majorité de français.

Les français estiment qu’il y a trop d’immigré, et ont confiance à la police. Ces deux opinions font comprendre les positions du gouvernement entre les deux élections, le soutien aux policiers contre la justice, le vidage des Roms et autres chasses à l’immigration.

Au lendemain des régionales c’est en ne tenant comptes que de ces deux aspects que le gouvernement à construit son action visible. Mal lui en pris comme le démontre les cantonales.

Les voix captées au FN en 2007 lui sont retournées et les abstentionnistes le sont restés.

Difficile alors d’interpréter en quoi les français ont confiance en leur police, et quel est le contenu de « trop d’immigration », quand nous savons que dans les « ethnies » qui la compose ne se différencient pas les réels immigrés de ceux qui sont français. L’on peut comprendre que l’amalgame régnant entre immigration et musulman ne permet pas de clarifier ce point ci et que les médias entretiennent un sentiment d’insécurité.

A cela  nous devons ajouter que de l’accroissement de la population mondiale s’en suivra un appauvrissement par la raréfaction des ressources qui ne fera que rendre le problème plus cuisant.

D’une certaine manière nous pouvons penser que l’abstention est un phénomène qui va durer, quel que soit les postulants aux présidentielles, et nous courons le risque d’une américanisation de la vie politique, devant l’incapacité de la majorité de la population de participer à une révolte, car une majorité pensent que le vote peut changer la société. (C’est jolie la naïveté, surtout quand c’est le capitalisme, OMC et EU qu’ils veulent réformer, comme si le référendum sur le traité ne leur suffisait pas)

C'est-à-dire un faible taux de votant et une bipolarisation bonnet blanc et blanc bonnet entre les deux gestionnaires de la réalité économique, le PS et l’UMP, avec chez chacun d’eux un risque de scission sur les orientations qui doivent les différencier, pour le PS, une aile vers le socialisme historique de gauche, pour l’UMP une aile qui se lepénise, avec deux partages semblable une régulation sociale abandonné au bénéfice de la financiarisation de la vie, et chez chacun de ces partis des voix pour prôner ce retour.

Si ce retour s’opère, de fait, N.Sarkozy et D.Strauss kahn seront hors jeu.

Le paradoxe étrange est, que cette étude du CEVIPOF démontre toute la méfiance des français pour les représentations du « libéralisme capitalistique » et quand on leur propose de choisir un candidat potentiel pour les présidentielles ils se prononcent pour ceux qui leurs imposent ce qu’ils veulent réformer ou de quoi ils se méfient.

Le moins que l’on puisse dire c’est que les questions induisent les réponses quand l’on sélectionne d’avance les candidats.

Mais l’on peut considérer que cette abstention qui s’affirme n’est pas une lubie ni comme le commente trop de faiseurs d’opinions des erreurs ou un désintérêt des votes en question, même si nous savons que ce ne sont pas toujours les grandes idées qui font prendre les décisions, mais les tracas du quotidien, G. Frêche avait bien compris cela, même s’il l’expliqua de manière peu courtoise.

Alors face à des français abstentionnistes qui ne seront pas entendus par ceux qui gèrent le capitalisme, face à ces mêmes français qui ne pensent pas que les minorités politiques qui partagent leurs opinions soient capables de les représenter, les abstentionnistes sont dans l’impasse.

Un mal bénéfique.

Nous nous trouvons donc avec un potentiel de prés de 24 millions de voix disponibles, et chaque parti a compris, je l’espère, que ce n’est pas en restant sur leurs positions qu’ils pourront les séduire.

Les français qui espèrent une réforme de leurs partis votent déjà pour eux.

L’UMP ne semble pas vouloir décrocher de l’immigration et de la sécurité. De Villepin sera-t-il leur souffler, que l’existence n’est pas que comptable ?

Le PS semble avoir fait ce grand écart, mais si c’est D. Strauss Kahn ou F Holland qui sortent des primaires il sera de courte durée.

Restent les autres, ceux qui sont éparpillés et que tous parait diviser, exception faite du FN  dont les valeurs fascisantes sont un danger à long terme.

Ceux-ci resterons minoritaires, au mieux ils joueront les charnières, pour faire évoluer dans leur sens, dans leurs idéaux quelques projets qui seront inévitablement réabsorbés par les « dominants systémiques » que nous entretenons, puisque ils ne seront pas modifié par les partis qui accèdent aux commandes de l’état, et ces minoritaires ne disposeront pas de contre poids efficaces, hormis faire des défilés carnavalesques (comme pour la défense des retraites).

Alors y a-t-il d’autres possibilités, certainement, puisque la situation évoluera que l’on en soit l’ordonnateur ou pas. Si nous voulons que cela viennent des partis de « pouvoir », il faudra attendre un conflit majeur par une potentialité guerrière.

Sinon il est plus facile aux petits partis de se pencher sur l’avenir pour répondre à  ce potentiel de voix qui n’attend qu’une espérance, car en l’état de ceux qui nous dirigent, ils pensent à 69% que leurs enfants auront moins de chance de s’en sortir.

C’est une chance inespéré que de ce trouver avec un potentiel de 24 million s’électeurs à prendre car ils veulent réformer le capitalisme et non pas confiance dans les institutions mondiale en place.
Cela ne durera pas éternellement, alors il faut savoir faire les pas qui coutent, et j’ai bien peur que le NPA, le PS, le FG, des individualités comme Dupont Aignan, Cheminade, et d’autres restés dans l’ombre, regardent passer le train, pour rester sur leurs valeurs rassurantes, car connues, plutôt que de se lancer dans une aventure incertaine, mais innovatrice essayer de fonder un parti pour répondre à l’espérance 24 millions de français, et extirper d’aujourd’hui, demain.

Mais demain se construit avec les acteurs sociaux économiques de notre pays. Pour réaliser cet objectif les hommes existent aujourd’hui, et si j’en ai critiqué certains d’entre eux c’est parce qu’ils peuvent mieux faire. Il suffit peut-être de leur donner seulement un autre but qui soit autre qu’un but comptable.

 

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Published by ddacoudre - dans critique
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