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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 09:58

Bûcher pour pédoclastre.

 

Notre espèce culturelle a coupé les ponts primitifs avec ses comportements instinctifs depuis longtemps, aujourd’hui leurs représentations sont tellement diversifiés au gré des espaces « géohistoriques » que nous prenons leurs représentations éphémères pour  naturelle au sens d’inamovible parce que nous les croyons pour beaucoup inscrite dans le substrat consubstantiel. Or il n’en est rien

Les humains ont tant de fois confondue la représentation normative avec la vérité de leur être que nous nous en sommes assassinés et que nous nous en assassinons toujours.

Il y a des millénaires que cela est su ou fut compris par certains, mais la lenteur avec laquelle circulait l’information de l’initié vers le profane revêtît tant de paraboles, que d’informative elles en devinrent des ritualisations sacralisés, de véritable verrou vers la connaissance de l’être humain.

 

Si dans leur biotope nos instincts primitifs n’ont pas tué grand monde, il ne peut en être dit de même de notre ascension culturelle dont l’ancien testament en est entre autre un rapporteur  parmi tant d’autres. Je ne cite que lui car c’est dans ses lettres que nous trouvons la source de nos frustrations sexuelles, qui avaient pour volonté de résoudre les problèmes de ces temps là.

Il semblerait que l’histoire ait rattrapé ceux qui ont tant aimé ces lettres au point de se livrer au célibat et défrayer aujourd’hui la chronique, et de s’interroger sur cette vague d’épuration à destination des ignorants qui ne se sont jamais interrogés sur la fonction de leurs fantasmes.

 

Le pédophile ou le « pédoclastre » est devenu en quelques 15 ans le criminel le plus honni.

 

J’ai quelques souvenirs de lutte de camarades dans les instances internationales autour des années 80, pour deux choses, faire cesser le travail des enfants dans les pays émergeant, et même dans des pays d’Amérique du sud et faire cesser le commerce sexuel des enfants auquel se livraient des familles, plus tous les proxénètes.

Aucun d’entre eux n’aurait imaginé l’impact que cela aurait chez nous, sans solutionner ou si peu le problème chez eux.

 

Le drame de l’affaire Dutroux fut l’électrochoc salutaire mais également la voie royale à l’explosion de bon nombre de silences que l’intimité familiale recouvrait. Cette intrusion dans l’intimité de la vie privée, si elle trouvait ses justifications développa son lot d’irrationalité, dont l’affaire Outrau fut l’exemple.

 

Si j’ai pris le temps de placer le cadre, et rappeler le poids, des pulsions humaines, celui de notre démarche culturelle évolutive en fonction des espaces géographiques qui développent notre histoire que nous formalisons par des normes rigides où même le poids de la science a du mal à entrer, c’est pour souligner la trace que chacun laisse dans nos corps, et dans les événements qui surviennent et que nous ne pouvons feindre d’ignorer.

 

Nous sommes face à cette situation avec cette chasse ouverte au pédoclastre, le mot n’est pas trop fort.

Le dernier drame qui en témoigne est celui de trois habitants de Béziers qui ont livré un homme au bûcher et ainsi en voulant se faire les justiciers de l’immonde crime social, se retrouvent encourir le risque de réclusion criminelle à perpétuité.

 

Un bref rappel de l’événement.

Trois habitants de Béziers, dont deux mères de famille, ont été mis en examen jeudi pour assassinat après avoir été interpellés mardi dans l'enquête sur le meurtre d'un voisin qu'ils soupçonnaient de pédophilie, a-t-on appris auprès du procureur de Béziers. Ils encourent la réclusion à perpétuité.

Ils l’on étranglé, puis mis le feu à son appartement et brûler le cadavre du même coup.

 

Voila où l’irrationalité conduit, nous savions par l’affaire Outreau où déjà elle nous avait mené, mais d’aucun de rechercher, pourquoi ?

 

Pourquoi des frustrations sexuelles qui ont jalonné notre histoire depuis que nous avons honte de notre sexualité, en plein 21 siècle, au moment où nous disposons des connaissances psychiatriques, psychologiques, neuroscientifiques, nous traitons ce problème comme des hommes du moyen âge, avec nos peurs et nos fantasmes, prêt à dresser des buchers et nous lancer dans l’épuration inquisitrice

Sauf qu’au moyen âge ils ne disposaient pas d’une presse écrite et audiovisuelle, pour amplifier au-delà de la réalité des événements à en faire des spectacles émotionnels.

 

Dans l’affaire Outreau, c’est la presse qui aurait du se trouver au banc des accusés à la place du juge, demain c’est elle qui devrait craindre la perpétuité à la place de ces trois habitants de Béziers pour incitation à la haine.

 

Sans le rabattage médiatique sur ce sujet, autre que celui de la mise en garde et de l’éveil nécessaire à cette réalité, sans rappel des autorités politiques qui ont fait de ce sujet un enjeu électoral, une démonstration de leur efficience, (en allant jusque dans l’absurdité la plus totale, prête à ouvrir les cerveaux pour y trouver les fantasmes pédoclastres qui font l’objet d’un commerce lucratif, car il vise une préférence sexuelle primitive, toujours présente malgré les cataplasmes culturels, garante de la survie de l’espèce), nous n’en serions pas là.

Alors il y a du discernement à avoir, tout autant avec notre histoire humaine, qu’avec l’interdit normatif d’aujourd’hui, il y a du discernement à avoir entre de véritables agressions et leur ersatz culturel, il y a du discernement à avoir entre une réelle souffrance et sa construction.

 

Il n’est donc pas normal qu’aujourd’hui avec les moyens de cette distinction nous en soyons encore à diffuser des spectacles aussi lamentables que celui donné par antenne 2 dans son émission les infiltrés.

C’est une émission tout juste bonne à construire des cas comme ces trois personnes qui devaient se penser bien fondé de dans leurs actes, puisqu’elles supprimaient un potentiel pédoclastre.

De la même manière que le journaliste se sentait bien fonder de dénoncer les sources de son reportage, car les millions de « biterrois » que ces spectacles ont façonné l’auraient désapprouvé du contraire.

 

J’essaie de faire comprendre qu’il y a des peurs privées et des angoisses publiques. Or nous avons pris la mauvaise habitude de transformer des peurs privées en angoisses publiques.

Et au bout du compte nous nous rendons compte que l’instrumentalisation de ces angoisses publiques fabrique des crimes.

Je pense que ce n’est qu’un début (trop long d’expliquer pourquoi), la gestion du pays par la peur est la marque de ce gouvernement. J’ai eu l’occasion de dire qu’il pratique la pulsion de mort, presque tous les jours nous le vérifions là ou il y a un cadavre nous y trouvons un membre du gouvernement.

Je dis cela de manière peu courtoise parce qu’ils n’ont pas honte d’en faire une exploitation politicienne.

Je n’en ferais tout de même pas les responsables de quoi que ce soit, ils ne sont que des acteurs de l’existence comme nous tous, mais ils ont transformé profondément la perception du risque et tellement laminé le seuil de tolérance pour répondre à deux exigences électorales suicidaires   : le risque de précaution et la tolérance zéro, et nous sommes entrain de transformer nos lieux de vie en camp de concentration.

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