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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 22:07

 

 « Toi, père de l’information, tu lui attribues une efficacité contraire à celle dont elle est capable ; car elle produira l’oubli dans les âmes en leur faisant négliger la mémoire ; confiants dans l’information, c’est du dehors, par des caractères étrangers, et non plus du dedans, du fond d’eux-mêmes, que ceux qui écoutent ou lisent chercherons à susciter leurs souvenirs ; tu as trouvé le moyen, non pas de retenir, mais de renouveler le souvenir ; et ce que tu vas procurer à tes disciples, c’est la présomption qu’ils ont la science, non la science elle-même ; car, quand ils auront beaucoup écouté et lu sans apprendre, ils se croiront très savants, et ils ne seront le plus souvent que des ignorants de commerce incommode, parce qu’ils se croiront savant sans l’être ».

 

 

Si j’ai rappelé ce discours de Socrate à Phèdre que j’ai actualisé en caractère gras, c’est pour souligner, que l’ensemble comportements humains forme un système adaptatif complexe. C’est à dire une organisation en mouvement difficile à cerner, dont la compréhension nécessite une accumulation de connaissances, qui croissent, au fur et à mesure que l’Homme répond à ses besoins et interrogations.

L’Homme n’est qu’un «animal » en stage d’apprentissage, et qu’il n’y a que notre suffisance qui nous empêche de le comprendre. C’est à dire que notre apprentissage consiste à prendre la mesure de notre capacité intellectuelle et psychique. Pour cela l’Homme doit se regarder comme il regarde les autres espèces, locataire passager de notre planète. Il ne doit pas avoir honte de n’être qu’un mammifère parmi tant d’autres.

Certes un mammifère intelligent, mais un mammifère intelligent qui s’est fabriqué pour l’instant l’arme la plus meurtrière «La Vérité», la vérité absolue, pour ne pas sombrer dans la folie, l’angoisse, la peur de l’incertitude en découvrant la conscience de «Soi ».

Une Vérité plus meurtrière que nos instincts primitifs, mais il est plus facile de le comprendre aujourd’hui.

 

Même si nous retenons l’idée que l’homme a été créé par le divin ou qu’il est venu d’ailleurs, la communication avec le divin ou «l’ailleurs » doit être difficile ou incompréhensible, pour que ses prophètes inspirés du divin ou ses théoriciens de «l’ailleurs » aient traduit et dicté tant de «Vérité » qui assassinent ?

 

Ainsi, l’Homme devra se débarrasser de la vérité absolue, comme Newton nous a délivrés de l’idée de position absolue dans l’espace et Einstein du temps absolu, cela pour mieux comprendre ce que ces absolus nous empêchaient de voir.

C’est à dire que les vérités absolues sont comme des verrous qui ferment des portes et empêchent d’aller au-delà. La vérité absolue, c’est aussi celle que détiennent les psychiques clos attachés, aux modèles théoriques comptables, aux « dominants systémiques », aux dogmes, au-delà de leurs constructions nécessaires, incapables de se corréler, de se réformer. De sorte qu’ayant refoulé l’animal dans son cerveau primitif, il développe ce qui fait sa fragilité pour survivre et sa force pour évoluer, son intelligence.

Ceci en gardant à l’esprit, que les mathématiques qui ont fait sauter tant de verrous, ne pouvant calculer de nombres infinis, il y a forcément un point où tout cela s’effondre ; et également tout raisonnement a un point où tout s’effondre, un point ou il y a une place aussi pour ceux qui ont besoin d’une « Vérité », une place où l’on peut mettre un Dieu, un abri où l’homme peut reposer sa vigilance et poser ses secrets.

 

De telle manière que l’animal que nous sommes qui a besoin de vérité, et qui se croit, civilisé parce qu’il se dit « bonjour », ne s’ouvre aux autres que de manière hégémonique, et il laisse le travail de corrélation, d’acculturation au « temps », parce qu’il n’a pas de contrôle sur lui.

 

 

Dans ce système adaptatif complexe qu’est notre monde, ce qui est le plus intéressant à mes yeux et de savoir comment y intégrer le développement de l’intelligence comme source de revenu direct, en clair rémunérer les hommes pour apprendre.

 

Certaines formes de financements existent actuellement suivant les États : les prestations versées par les allocations familiales, le versement de bourses, la rémunération de stages professionnels etc. Dans l’organisation codifiée par la comptabilité nationale, les sommes dépensées à cet effet, suivant leurs provenances, sont qualifiées de charges, d’investissements ou de dépenses ; et cette codification n’est pas plus absolue, que ne l’est notre place dans l’espace.

Enfin nous pouvons observer que l’enseignement est d’autant mieux perçu que ceux qui le reçoivent y trouvent une utilité immédiate ; mais nous pouvons aussi observer qu’il n’a pas suffit à éradiquer la violence et la pauvreté ; certainement peut être parce que les personnes de ces milieux difficiles font le lien direct et immédiat, entre ce que leur apporte l’enseignement et son inutilité pour les sortir de leurs situations présentes. S’ils percevaient une rémunération pour apprendre, il en irait peut-être autrement du moins pour une partie d’entre eux.

 

Il y a donc une place pour l’imagination pour s’interroger du dedans. Je peux même dire qu’il n’y a que cela, mais à une condition, que nous libérions du temps pour cela, avec un espace de réflexion dans ce champ clos qu’est notre cerveau.

Tout ceci commande d’être convaincu qu’il y a un absolu où tout ce que nous concevons s’écroule, Il est donc nécessaire de comprendre que quelqu’un qui dispose d’une certitude absolue peut se suicider car il est déjà mort. En fait c’est un mort vivant qui ne pourra plus rien apporter au monde, hormis sa destruction, car pour vivre il ne peut développer que la mort qu’il porte.

Nous comprenons alors le danger de la pensé unique et l’utilisation de « caractères étrangers » que sont les médias dont leur fonction se borne à rappeler des souvenirs et empêcher de s’interroger, car ils font plus de l’information qu’un commerce incommode.

Ils n’aident plus à s’informer, mais vendent de l’émotion et du spectacle pour obtenir de l’audimat, comme un parfumeur vend de l’érotisme pour placer son parfum. Ce ne sont plus des médias d’information mais des Buzzeurs.

 

Note, chaque fois qu’un Etre se trouve en situation de réflexe de survie, c’est le cerveau primitif qui intervient sans contrôle du cerveau cognitif. Ensuite des scientifiques estiment que l’évolution de notre boîte crânienne a entraîné, une naissance prématurée qui expliquerait qu’un enfant, contrairement à l’exemple des autres mammifères, ne survivrait pas sans aide prolongé, et que sa construction se prolonge en dehors de la protection utérine.

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Published by ddacoudre - dans critique
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  • : le monde dépend du regard que l'on porte. Cela emporte de comprendre que si un flux d'énergie qui circule sans but dans le cosmos donne la vie, tout ce que nous concevons atteint un seuil où tout s'écroule. C'est ainsi que si Un dispose d'une vérité absolue il peut se suicider, car c'est un mort vivant qui ne peut développer que la mort qu'il porte.......
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