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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 10:00


 

Souvent j’écris que nous vivons les conséquences d’un débat idéologique. Cela ne signifie pas qu’il n’a pas des répercussions efficientes sur la vie des populations, mais cette volonté à discréditer l’état et ses prélèvements pour faire face à ses obligations ou remplir ses services sont purement démagogique et relève de la dogmatisation.

Récemment le plan de reprise de Seafrance c’est heurté à la décision européenne. « Le gouvernement français a proposé un plan pour aider SeaFrance à se redresser. Ce projet comporte notamment un prêt de 100 millions d'euros accordé par la SNCF, maison mère de SeaFrance. Mais lundi, la commission européenne a rejeté ce projet, considérant qu'il n'était pas conforme aux règles communautaires de la concurrence. La SNCF étant une entreprise 100% publique, le prêt peut être assimilé à une aide d'Etat. »

Dans cet entrefilet (extrait de l’Usine Nouvelle) tout le débat idéologique est posé.

 

C’est quoi un Etat : dans une superficie délimité par périmètre à l’intérieur duquel  vivent des hommes qui un temps considéré comme des sujets sont devenus citoyens par tous les drames sanguinaires qui ont accompagné cet « accouchement », ils ont « impersonnalisé » leur représentation en élaborant des textes constituants, tel que la déclaration des droits de l’homme, qui s’impose à tout autre genre. Si l’homme en est son centre, il devient dans sa totalité Nation et Société, et l’Etat n’est qu’une représentation administrative, gestionnaire et porte parole de la Nation, de la société.

Article II

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.

Article III

Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.


Ainsi l’Etat n’est pas la nation, il serait plus clair de comprendre que lorsqu’il est reproché à l’Etat son interventionnisme, l’on reproche en fait à la totalité de ses citoyens, la nation, d’avoir le droit d’intervenir dans ses propres affaires, au bénéfice de qui ?

Dans l’exemple cité, la SNCF est la propriété de 65 millions de français, de la Nation et non la propriété d’une organisation administrative, l’Etat. Comment avons-nous pu accepter par l’intermédiaire de la reconnaissance de la loi du marché d’en arriver à dénier un droit inviolable et sacré de sa puissance sociétale (publique), à nationaliser ou acquérir dans le respect de l’article 17 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et faire ainsi de chaque citoyen un propriétaire.

Article XVII

La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.


En fait, si tout citoyen disposait d’un titre de propriétaire indivisible des biens de la nation ce serait plus clair. L’on cesserait de fait l’opposition public/privé qui n'est autre que l’opposition de puissants particuliers contre la nation, qui n’est que l’opposition de l’homme à la puissance de la loi positive qui découle de la nation ou la société, et se réalise par l’organisation administrative de celle-ci, l’état, et le pouvoir de cette organisation ne peut mettre en échec la déclaration universelle des droits de l’homme.


Rien n’interdit à un individu de devenir puissant, mais il n’a pas à se substituer à la nation ou à lui imposer sa puissance. Or cela fait très longtemps qu’en abusant du droit de commercer librement, ces commerçants ou puissants ne voient plus la nation que comme un marché, et leur dénie le droit d’avoir une existence économique publique collective, de fait de se protéger des monopoles dont découle la servitude.

Or c’est à l’Etat qu’il à été reproché d’exercer ce monopole dans certain secteur (les entreprises nationales), et de fait l’on a dépouillé les citoyens de ceux dont ils étaient propriétaires via l’organisation administrative de la nation.

Casser un monopole comme les ex PTT par exemple pour permettre à des individus d’entreprendre dans ce domaine en proposant des services concurrents, n’est pas la même chose que ce qui à été fait en ouvrant l’organisme aux capitaux privés, ce qui revient à vendre une fraction du bien commun à des particuliers qui en sont par ailleurs via l’Etat propriétaire. C’est l’inversion de l’article 17.


Nous en sommes même arrivés à considérer que participer à la vie sociale de la nation ou de la société était une charge insupportable, n’avons de cesse d’amenuiser les recettes de la nation tout en lui confiant des activités supplémentaires conséquentes de la compétition, que se livrent les individus, érigé en règle salvatrice.

Nous avons même retiré à la Nation en 1973, le droit d’émettre de la monnaie, et fait de la Nation de la Société un client du marché financier.


En fait nous nous retrouvons devant un jeu imbécile. Les citoyens financent par les impôts et les taxes les besoins de l’organisation administrative et les services qu’ils confient à celle-ci. Dans la situation présente quand cette administration à besoin de liquidité pour assurer ses missions, ses services, elle émet des obligations pour récupérer une partie de l’épargne que les citoyens ont déposé dans des banques ou de tout groupement et états qui veulent faire un placement financier.

Mais au bout c’est chaque citoyen par sa contribution aux recettes nécessaire à la Nation qui devra rembourser les intérêts, et donc se charger d’un cout supplémentaire qui ne figure dans aucune de ses constituantes. En clair faire distribuer des intérêts par la nation est anti constitutionnel car cela revient à faire exercer une discrimination inégalitaire par l’administration étatique contraire à l’esprit de la déclaration des droits de l’homme, et permettre à des individus ou groupements de retirer une ressource de la Nation, d’exploiter la nation.


Nous ne sommes pas là dans la redistribution des impôts et taxes via les activités de l’état aux bénéfices sélectifs de citoyens, mais dans l’exploitation de l’affaiblissement de la nation dont nous mesurons seulement aujourd’hui les conséquences particulièrement au travers de la dette de la Grèce.

Dette qui démontre si besoin été qu’une Nation à laquelle l’on ne confit que des services sans assurer leur financement par la contribution  de chaque citoyen ou par la capacité d’émettre de la monnaie, n’est pas viable sur le long terme et prive la nation d’une capacité d’interventionnisme régulateur.


Nous voyons bien qu’en changeant seulement de terme, en remettant la nation au centre du discourt le paradigme de la société change. Ce qui nous paraissez découler de source être une évidence, la privatisation, la loi du marché, l’étatisme n’est qu’un discourt sémantique dogmatique qui dépouille la nation de sa puissance pour la confier à des constituantes financières et économiques (les dominants systémiques), comme si ce domaine devait échapper aux droits de l’homme.

Domaine pourvoyeur essentiels d’une régression grégaire contraire au développement « civilisationnel » qui repose sur la capacité de socialisation, de vivre ensemble.

En renvoyant l’homme vers ses comportements instinctifs naturels, la xénophobie, la soumission à un dominant, son seul intérêt immédiat, tout ce qui est un frein à une société « intelligente » quand elle ne sait pas contrôler et assumer ces comportements innés.

 

C’est donc en retrouvant la nation et la société, la république, en retrouvant l’esprit des droits de l’homme, en retrouvant l’homme que nous aurons le plus de chance de sortir de cette crise, plutôt que de croire que faire de l’état une entreprise soumise à des ratios comptables nous préparera l’avenir.

Ainsi cette décision concernant Seafrance et la démonstration de l’absurdité de nos vues dogmatiques, dans le texte remplacer seulement publique par Nation, République ou société, et vous verrez qu’il en émane une autre expression.

 

 

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Published by ddacoudre - dans critique
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commentaires

fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 03/11/2011 16:54


Blog(fermaton.over-blog.com).No.7- THÉORÈME NATION. -LES MATHS DE LA SOCIÉTÉ ??


ddacoudre 05/11/2011 15:33



merci pour ce lien, en 1999 j'écrivais que l'on pouvait mathématiser toute notre activité.


mais cela ne nous permettra pas plus d'accéder à "Dieu"


"Non bien sûr, j’ai défendu l’idée que le social crée l’économie, et indiqué que
pour moi l’économie n’était que la «qualification mesurable » de notre activité sociale.


C’est ainsi, qu’en ayant «philosophé » autour de tous les sujets que j’ai pu
développer dans ce chapitre, tous ces sujets peuvent être traduit en temps de travail sous tous leurs aspects, de là, en monnaie, et en énergie dont le futur la verra peut-être comme monnaie de
référence universelle. Cela, parce qu’il n’y a pas une once de ce que j’ai dit qui ne demande l’usage d’une production énergétique.


J’ai écrit en homo-sociabilis, et par l’utilisation des mathématiques[1] je peux tout traduire en homo oeconomicus.


Cependant, traduire dans un langage mathématique commercial ne signifie pas se
laisser diriger par lui, et si je dis que un et un font deux, c’est aussi bien pour pouvoir mesurer quand un et un font plus ou moins de deux, suivant que nous additionnons de la matière tel l’or (l’univers physique) ou des valeurs (l’univers interprétable) le tout issu de notre univers
sensible.


Définir par les mathématiques tout notre univers, nous y compris, permet d’avoir
trouvé un langage universel qui peut nous permettre de comprendre les interactions des forces, de la matière, de la vie organique, et de définir des théories. 


C’est autre chose que de s’en servir pour dire : «Que les hommes ne peuvent pas produire plus que
ce que les masses monétaires en circulation le leur permettent ».






[1] Note de l’auteur. Ici je ne fais pas allusion au fait que notre activité neuronale puisse
être le produit d’un calcul traduisible mathématiquement, et révéler leurs programmes dont les différents niveaux sont, l’influx nerveux comme source énergétique, le lambda-calcul (inventé en
1932 par Alonzo Chuch), l’inconscient, les langages naturels, convertible en mathématique, et la pensée. Je fais directement allusion aux théories découvertes par les scientifiques, telle la
théorie sur le chaos déterministe et les fractales de Mandelbrot qui sont couramment utilisé en bourse et dans l’économie prédictive ; et qui favorisent la spéculation sur des options de
risques potentiels, et retire d’énormes masses d’argent du circuit de production. Quelquefois à ce titre les mathématiques, et les théories qui sont élaborées avec, sont prises à
partie ; car les hommes ont l’impression qu’ils se font exploiter ou bien sont conditionner par elles. Pourtant jusqu’à ce jour, je n’ai jamais lu dans l’une d’entre elles qu’elles
conseillent aux hommes de s’auto exploiter, ce sont seulement les hommes qui anticipent et spéculent sur les quasi-certitudes qu’elles nous apportent.




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