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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 00:33

 

 

 

En 1999, j'écrivais : « Victime de nos jugements et malade de nos souffrances ». Je n'imaginais pas qu'il serait encore d'actualité en 2013 et que ses conséquences pousseraient les citoyens vers le FN.

 

La cours des miracles symbolise comme image d'Épinal toute la misère humaine montée des campagnes à Paris pour y faire fortune, en plus des autochtones.

Phénomène récurant dans toutes les grandes villes du monde pour les mêmes raisons comme ce sont les mêmes raisons qui nourrissent l'immigration.

Tous ces miséreux étaient voleurs, tricheurs, escrocs etc. par nécessité et avaient structuré un territoire de non droit dans des quartiers de Paris.

Chez nous il y a 25 ans environs que l’intégration n’est plus acquise et la crise économique a transformé de nombreux salariés en exclus potentiels.

Robert Castel définit 3 zones :

  • La zone d’intégration qui caractérise les individus ayant une situation de travail stable et de relations sociales nombreuses ;
  • La zone de vulnérabilité combinant précarité et faiblesse des rapports sociaux ;
  • La zone de désaffiliation, caractérisé par l’absence de travail et de liens sociaux.

 

Les trois zones ne sont pas totalement séparées, on peut ainsi compenser une situation de chômage par une forte activité sociale. Castel montre que l’exclusion n’est pas seulement d’ordre économique.

L’efficacité des «Trente Glorieuses » a permis d’endiguer toutes ces cours des miracles, même si ce fut après une catastrophe mondiale. Elle a permis de maintenir les individus pauvres autour d’une zone de vulnérabilité (chacun à en mémoire ces barres d’immeubles construites dans les couronnes qui de zones de vulnérabilité sont devenus des zones de désaffiliation), alors que celle de désaffiliation ne concernait qu’une partie de la population marginale. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Le système économique ne parvient plus à donner du travail pour tous et d’un autre côté les individus sont touchés par le vide social. Le chômage est devenu une réalité quotidienne pour beaucoup ; les individus deviennent parfois des « normaux inutiles » car nous n’avons toujours pas prie en compte que le 21 siècle n’aura pas besoin du travail de tous..

Au bout du processus, l’individu a le sentiment d’être sur la touche. C’est le phénomène de désaffiliation sociale de Serge Paugan. Le repli sur soi et donc l’isolement total qui aboutissent à une perte d’identification collective. L’individu a le sentiment de ne plus appartenir à une famille, à une nation, à un métier… Tout ceci menant à terme au phénomène de pauvreté, et développant la recherche de soutien ailleurs.

 

Si Jean Cottraux dans « demain sera une autre histoire » a mentionné que l’économie capitaliste suscite le passage à l’acte et l’impulsivité, il relève aussi qu’elle se caractérise par une tendance à susciter les comportements limite et antisocial. Cela réduit d’autant l’aura de la société « économico logique » qui désire servir d’exemple au monde. Cela réduit également les chances qu’une telle société se remette en cause puisqu’elle a un comportement pathologique face à un environnement qui est traumatique. Qu’en conséquence pour y vivre il faut se conformer aux pathologies normatives.

Celle qui c'est dessiné est la tendance à l’isolement grâce aux moyens techniques de communication et de diffusion qui accroissent et facilitent l’individualisme et l’égoïsme, en réduisant l’échange, la discussion, la solidarité.

Tout ce qui permet aux liens affectifs sociaux de se construire (ce que nous qualifions de socialisation) et l’on peut à juste titre s’interroger sur les nouvelles pathologies que vont développer des individus qui évitent le contact humain et vivent sur la défensive de probable agression.

Une tendance évidente semble être celle de la « victimisation » où chacun perçoit ce dont il est victime et demande réparation quand ce n’est pas vengeance, mais évacue de fait sa responsabilité passive. C’est à dire des individus qui nient leur intrication, leur participation, ne serait-ce que par leur consommation, dans la construction des événements de ce monde.

 

Dans l’exemple de Jhon B Calhoun sur les effets de la surpopulation (http://ddacoudre.over-blog.com/pages/du-rat-a-moi-7607770.html) l’on peut comprendre que les rats bêtas ne se sentent pas responsable de leur situation qui est due à l’action des scientifiques. Il n’en est pas de même pour les hommes qui ont développé une concentration urbanistique consécutive à l’industrialisation et au post industrialisme, dont les zones 2 et 3 de Castel en sont les lieux de rejet du surplus et de l’inadapté.

 

Cela fait comprendre aussi pourquoi construire des prisons n’apporte pas de solutions, puisque notre économie fabrique les exclus en tout genre et les maux dont elle se plaint. La prison et l’asile ne sont donc pas des «solutions » dans le sens de « traitement curatif », mais ne constituent qu’un traitement de confort d’une société malade qui, par ses comportements, ne peut pas guérir. Qui plus est lorsqu’une société dispose d’un capital intellectuel et scientifique dans la connaissance de l’être Humain semblable au notre, il semble curieux qu’au lieu d’apaiser ses souffrances elle accentue les comportements « déviant ». Comportements dont elle n’entrevoit d’y apporter une solution que par la répression.

 

Aussi, il paraît paradoxal qu’une société aussi riche et « éduquée » que la notre ne voit pas dans l’accroissement de la prolifération de la répression un symptôme de disfonctionnement de son organisation socio-économique. Comme s’il était sain que l’avenir d’un emploi passe par la publicité d’augmentation des personnels pénitentiaires, policiers et la professionnalisation de l’armée. Il y a là de quoi s’interroger plutôt que de montrer les autres du doigt.

C’est pourquoi une économie organisée offrant une assurance est loin d’être une société d’assisté. Si par les garanties qu’elle offre elle permet aux individus de sortir du «cloaque » dans lequel ils s’enfoncent, en vivant de plus en plus dans des zones concentrationnaires en surpopulation. Tout en s’isolant (individualisme, égologisme) avec pour conséquence une frustration affective qui pousse à la boulimie et à l’agression. Situation qui augmente le stress des individus et les comportements pathologiques qui en découlent, dont la caractéristique de ces trente dernières années et de conduire la population à une tendance marquée à la paranoïa devant des réalités d’insécurité dues aux comportements pathologiques qui trouvent une source de passage à l’acte dans la course à la consommation, à la croissance.

 

Ainsi, l’économique est la source même de tous les comportements pathologiques individuels ou collectifs consécutifs à la production de nos biens et services. Pathologies qui s’accroissent en fonction des moyens d’échanges et de productions envisagés et mis en œuvres. Elles n’en demeurent pas moins d’avoir comme socle notre tempérament inné sur la base de structures génétiques dont la fonction est de permettre à l’espèce humaine de survivre, comme c’est le cas pour tout le Vivant.

Nous pouvons donc facilement comprendre que ce n’est pas en remodelant nos bases innées que nous allons améliorer nos comportements conditionnés par l’hostilité de l’environnement, mais en faisant en sorte que chacun y trouve de quoi vivre.

Alors l’homme dirigera son intérêt pour l’existence vers d’autres buts, sous réserve qu’il ne s’agglutine pas dans des espaces restreints et qu’il ne poursuive pas sa régression intellectuelle en suivant les médias et certains hommes politiques dans la déliquescence volontaire. Régression sous deux formes, une en se réfugiant à nouveau dans le dogmatisme religieux ou idéologique, l’autre qui paraît paradoxale, est que l’homme tout en disposant de plus de connaissances, est devenu incapable de les partager et d’en faire une source de débat utile à l’éveil de la réflexion et de l’intelligence.

 

 

 

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Published by ddacoudre - dans critique
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