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La liberté positive 

 

En fait, la plupart du temps, nous utilisons le mot liberté pour définir seulement des niveaux d’autonomie et d’indépendance ou des seuils de contrainte et de dépendance dans le cadre de la solidarité « mécanique ».

Ainsi la « liberté » innée ou la liberté naturelle de la condition humaine n’a de sens que par l’analyse des moyens qui limitent son exercice et par les mots qui désignent son état. La liberté de se nourrir, de s’unir, de s’abriter, de penser ne sont pas des libertés, mais un état initial que l’on qualifie de « liberté arbitraire » (c’est le rapport d’un sujet libre avec son propre corps et l’arbitraire dont il est capable dans l’appréciation globale qui l’entoure en fonction de son seul intérêt), laquelle, dès lors qu’elle s’analyse individuellement, désigne l’égocentrisme indispensable à la formulation d’un jugement, instinctif ou réfléchi, pour que l’individu puisse exister dans son environnement. Il n’y a donc pas de liberté dans l’exercice de ce pour quoi l’on est conçu.

Pourtant cela peut apparaître comme une liberté dés lors qu’on en est privé par la contrainte immanente de la condition humaine qui pousse à la vie en commun : la sociabilité organique.

Celle-ci s’apparenterait à une espèce d’exercice d’une « liberté naturelle » qui inclurait toutes les libertés arbitraires obligées de composer entre elles (à moins qu’il puisse être démontré un jour que l’homme dans son biotope était un animal solitaire), non pas seulement dans le cadre d’une sélection naturelle, mais en plus avec le cadre d’une « sélection culturelle » contenue de fait dans le vivant par l’apprentissage.

 

Ceci peut apparaître à notre observation comme contradictoire. Alors il faut oser se dire que si l’ordre immanent nous conduit au constat d’une contradiction, cela tient peut-être au fait que nous ne faisons pas le meilleur usage de la condition humaine, sentiment que nous exprimons au travers de ce désir permanent de liberté. Dans la situation actuelle, je pourrais dire que nous faisons un mauvais usage de l’individuation propre à la solidarité « mécanique ». Ce qui revient à dire que nous ne nous sentons pas parfaitement intégrés dans cette individuation évolutive de la solidarité « mécanique » qui associe dans une grande complexité ce que je fais ressortir comme une contradiction.

Cette vie en communauté a imposé à l’homme de composer avec l’autre dans un environnement géologique extérieur qu’il subit.

En fonction de l’abondance ou de la rareté des moyens de subsistances, la gestion de cet environnement a exigé des systèmes d’autorités privatifs d’une certaine idée de la liberté individuelle innée que chacun s’imagine (ou liberté naturelle). Cette liberté individuelle est suggérée par l’aptitude que possède chacun d’être le dominant (principe de la fameuse « survivance du plus apte », selon le slogan de Spencer), de diriger sa vie ; de disposer d’une influence suffisante pour dispenser un apprentissage ; de pouvoir se répartir les produits de la nature, en accédant à ce que nous appelons la civilisation qui se traduit souvent par « faire ce qu’on veut ». Et l’homme, habile dialecticien, a trouvé la liberté dans un monde qui n’est que contraintes, un monde où personne ne peut circuler s’il n’a pas un papier qui indique à quel groupe il appartient, le tout contrôlé par ses semblables.

Cette communauté de vie est au cœur du problème de la liberté. C’est plus précisément dans son exercice que se définissent toutes les expressions ou restrictions de la « liberté arbitraire » individuelle dues à son évolution sociétale de type « mécanique », dans laquelle certains disposeront de l’exercice du « libre choix ou du libre arbitre » et où d’autres leur seront soumis au travers des formes de souveraineté politique, d’organisation économique et de pensée. Tout ceci sans que la plupart trouvent leur destin anormal ? (Lire le Discours sur la servitude volontaire de la Boétie).

Cette « liberté arbitraire » individuelle, dans le cadre de l’individuation, nécessite d’être restreinte au bénéfice d’une intégration dans une « solidarité mécanique ». Nous pourrions la nommer la «  liberté positive » pour la distinguer de la « liberté naturelle » qui populairement renvoie à une organisation animalière suggestive ou organique (instinct).

 

Liberté, un processus d’attraction 

 

 

Nous retrouvons cette « normalisation » dans ce que nous appelons les libertés publiques subordonnées aux droits naturels, coutumiers et positifs. Il est donc nécessaire de comprendre que « la liberté arbitraire » individuelle n’est qu’un processus d’attraction qui ne peut se suffire à lui-même, sous peine de conduire à ce que Durkheim appelle l’anomie si cette « liberté arbitraire » est exercée par tous.

Cette anomie pourrait s’illustrer dans la liberté issue de la nature (la condition humaine capable d’agir avec une intention) qui, associée à la liberté arbitraire (le faire ce qu’on veut) exprimée dans le rapport à l’autre, donnent ce qui est la caractéristique de ce que l’on nomme sommairement « la sélection naturelle », sans toutefois en saisir toute la complexité.

Or ce rapport là, nous l’avons qualifié de « liberté naturelle », donc l’anomie ne peut pas être le retour à «  l’ordre » naturel, avec pour principe reconnu la préservation de l’espèce, mais une dérégulation de la sociabilité par une élévation trop importante du niveau de stress des individus qui développent des pathologies isolationnistes et passionnelles incapables de structurer une communauté ou une société différenciée, que Caloum a appelé le cloaque.

Ainsi, après avoir retiré en partie des civilisations qui se prétendent civilisées les « comportements humains estimés animaliers » (car issus de ce que nous avons seulement compris de la sélection naturelle avant Darwin), il est aisé d’admettre que ses effets ne s’en sont pas moins opérés. Ils ont donné ce que nous identifions le plus facilement : des dominants disposant d’un pouvoir absolutiste ; nos guerres ; mais également des types de démocraties privatives de la « liberté naturelle », telles les démocraties dogmatiques ou celles de la Grèce antique.

 

 

La liberté dogmatique 

 

C’est dans ces conditions que l’esclavage a existé sous toutes ses formes de servitude jusqu’au XIXe siècle. Il a été la forme de travail la plus répandue, imposée et parfois acceptée par l’ignorance de la connaissance actuelle de la « réalité » de la condition humaine. Son observation laissait supposer que tel ou tel naissait de fait pour exercer sa condition sociale inégale (hommes et sous-hommes) ou/et devait accepter cette « sélection naturelle » en vigueur produit des connaissances de la culture d’alors.

De la même manière aujourd’hui nous trouvons normal qu’au nom de la liberté individuelle, tous les individus aient droit à la propriété privée. Propriété privée qui sous-entend aussi bien la propriété économique de moyens de production que la propriété d’un logement individuel, dont la condition sociale de naissance fixe la répartition et l’accession.

 

Pourtant quand l’on observe de plus près ce droit à la propriété économique, ce qui pose une difficulté, ce n’est pas qu’un particulier ou qu’un groupe en soient propriétaires, mais que l’exercice du pouvoir arbitraire en son sein délimite la liberté de tous, qu’elle soit privée, publique ou économique, au travers des moyens d’actions qui s’en dégagent et des systèmes d’autorités. Ceci place l’élite dirigeante dans une position d’autarchie (pouvoir absolu) qu’elle revendique en permanence au nom d’une rationalité comptable, qui se voit ainsi imposée comme loi de l’espèce humaine et qui définit son activité.

Cela conduit la liberté de l’homme d’agir avec intention, vers une liberté dogmatique de l’action, dès lors qu’il présente celle-ci comme une vérité, l’intention à laquelle il convient de souscrire, ou se la voir imposée par le rapport de force. Cette conception de la liberté trouve sa pleine dimension aujourd’hui dans le sentiment de liberté qu’inspire à l’homme une consommation sans mesure. Il fait fi de la notion d’interdépendance en réclamant comme un dû les services d’autrui, simplement parce qu’il peut se les offrir. Disparaît alors le sentiment de procéder à l’échange d’une activité sociale ou économique spécialisée, au profit d’un sentiment de pouvoir conféré par la possession de l’argent qui lui permet d’obtenir ce que l’on veut.

En observant l’histoire humaine, nous ne connaissons que des types de « liberté positive », et nous supputons ce qu’a pu être notre « liberté naturelle » en essayant toujours d’en préciser son « organicité. » Pourtant tous les débats des hommes autour de la liberté ont fait émerger une subjectivité, au sein de laquelle apparaît tout l’intérêt de ce mot. Je préciserai ma pensé dans un autre article.





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