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L’empire libéral mourra comme est mort l’empire Romain.

Du moins si l’on ne s’intoxique pas avant, mais différemment car deux événements ne se reproduisent jamais à l’identique puisqu’ils ne se produisent pas dans le même temps

 

Qu’il y ait des hommes riches, à ne plus savoir que faire de leur richesse, n’est pas gênant.

Ce qui l’est, c’est que nous pensions qu’ils doivent se défaire de leur richesse pour que d’autres puissent l’être, et ce faisant nous contribuons au maintien de leur richesse, car nous avons créé un processus où ils récupèrent ce qui leur a été pris, et parfois plus.

Ce qui l’est, c’est qu’étant riche ils se croient investi du droit «divin » qu’offre la monnaie, d’un pouvoir de décision sur la vie des autres.

Ce qui l’est, c’est qu’il y en ait qui soient démunis par le simple fait qu’à un moment ou à un autre de leur existence, ils se trouvent écartés de cette richesse. Ceci, parce qu’un système normatif et régulateur (le plan comptable), conduit à se passer du prix de la force du travail humain. Cela, parce qu’à un moment de cette comptabilisation nous interprétons notre force de travail comme un coût, alors qu’elle en est la richesse, et ce, pour deux raisons.

L’une, parce qu’elle s’ajoute au capital et qu’il conviendrait donc de déterminer un facteur comptable qui la définisse, afin que cette force de travail figure en apport de capital.

Alors que dans notre logique, ou dans ce qui est admis comme tel, nous croyons que nous payons par le revenu notre force de travail, mais en fait nous ne rémunérons que notre capacité de consommer, (c’est à dire, seulement le désir de posséder un bien en échange d’un autre et réciproquement).

Ainsi, toutes les discussions autour de la rémunération de la force de travail ne sont que «du vent », sauf si nous nous décidons à la comptabiliser en Énergie, puisque cela nous est techniquement possible, contrairement au siècle dernier.

L’autre raison tenant à ce que notre force de travail consomme et utilise ce que produit le capital, y compris le capital lui-même, qui concourt au développement et à l’accroissement des capacités de cette force de travail (machines-outils, études) ou à son remplacement (robotique). Ainsi, sans remettre en question le capital, celui-ci se verrait accru de l’apport de celui de chaque individu, et nous sortirions de cette forme de mendicité que sont les participations en tous genres, car en plus de trente ans d’expériences, il n’y a bien que les employeurs qui y croient.

 

A ceux qui opposent la certitude de la pleine et entière responsabilité personnelle comme auteur des choix que nous effectuons, il est bon de rappeler qu’il n’existe aujourd’hui aucun espace disponible, pour qu’un être puisse se développer en dehors du groupe. Et dire d’une décision qu’elle a été prise librement signifierait qu’elle n’est pas strictement déterminée par ce qui l’a précédée, or vivant dans le groupe cela est impossible, ce qui réduit d’autant cette responsabilité personnelle qui nous plaît tant, parce qu’elle nous dispense de nous interroger sur la nôtre, que nous reportons sur l’autre, l’Homme ne s’est jamais bâti une aussi belle excuse collective.

En conséquence, si quand nous naissons nous héritons malgré nous, de la responsabilité d’assurer l’évolution de notre espèce, il n’en est pas de même du phénomène d’exclusion que nous construisons, et auquel il nous appartient d’apporter une solution.

Solution sans laquelle, les exclus, étant en parfaite harmonie avec les «lois naturelles » si chères au libéralisme, peuvent aller se servir pour survivre, même par la violence, là où se trouvent les richesses, parce que leur innée génétique a été faite pour cela, pour qu’ils survivent. Sauf à pratiquer l’eugénisme, à leur retirer les gènes qui les motivent à survivre, il n’y a pas de solution en dehors de la coopération.

Je ne dis pas cela pour inciter à la violence, mais seulement pour indiquer, et faire comprendre que nous ne pouvons tout à la fois nous approprier, et les territoires, et les richesses qu’ils fournissent au bénéfice de quelques particuliers et collectivités, afin d’en interdire l’accès à ceux qui ne possèdent pas un moyen d’échange, et se plaindre que les exclus ont tort d’avoir faim, sous prétexte que «les assister » représente une charge qui réduit les profits.

Ainsi les critères «méritocratiques » ne peuvent suffire à contenir l’inné poussé dans ses retranchements.

Pour que mes propos ne soient pas mal interprétés, je vais rappeler la notion de loi naturelle de Locke, reformulée par Thomas Paine dans son ouvrage «les droits de l’homme » (1791/Belin, 1987), axiome[1] du libéralisme lockéen qui a inspiré la déclaration américaine des droits.

«Les droits naturels sont ceux qui appartiennent à l’homme en raison de son existence : de cette nature sont tous les droits intellectuels ou droit de l’esprit, comme aussi tous les droit d’agir comme individu, pour sa propre satisfaction et pour son bonheur, en tant qu’il ne blesse pas les droits naturels d’autrui ». Cette notion de loi naturelle est un axiome, une évidence, facilement compréhensible jusqu’à «son bonheur », car ensuite, à partir de «en tant qu’il ne blesse les droits naturels d’autrui », c’est notre «nature culturelle » (le fait social) qui va fixer les règles, particulièrement celles qui vont consister à apprécier à partir de quand les droits des uns blessent les droits des autres. Plus simplement cet axiome peut se résumer ainsi : «Chaque animal humain par ce qu’il EST, tient les moyens de vivre devant un autre ». Chacun peut comprendre que ce n’est pas parce que nous avons défini qu’est naturel ce qui est naturel, que cela suffit aujourd’hui à expliquer les choses, car, du moins dans les démocraties, nous ne sommes plus dans le contexte du 17 et 18 ième siècle sous l’absolutisme, où les hommes étaient considérés comme des sujets, et où leurs émancipations du droit divin avaient un sens.

C’est pour cela qu’aujourd’hui la science nous a apporté quelques notions de ce que nous sommes, la physique : que nous sommes des particules identiques condamnées à s’associer, n’ayant aucune existence individuelle en dehors des autres dans un monde sensible relatif au désordre stable, et la biologie que nos gènes sont conçus pour assurer notre survie, et que nous sommes un être émotionnel réactif impulsif (sensible) avant d’être un lent raisonnable.

Ceci permet de comprendre que cet axiome peut être lui-même porteur d’absolutisme individuel, à partir d’une part : de toutes les règles qui s’en sont inspirées, particulièrement celles qui organisent la soumission, même contractuelle, car elles sous-entendent un rapport de force inégal entre les possédants et les autres, à moins de s’associer d’égal à égal,

Et d’autre part, des règles méritocratiques qui ne parviendront pas à convaincre celui qui n’a rien qu’il doit disparaître, au motif qu’il n’a pas mérité ce qu’il convoite chez les autres.

Ceci d’autant plus qu’aujourd’hui les moyens de communication en supprimant les cloisonnements, en étalant la richesse, ne peuvent que susciter les désirs, et qu’y a-t-il de plus naturel en cela, étant donné que c’est ce qui commande notre existence.

C’est pour cela que je dis qu’il fallait définir une valeur capitalisable de la force de travail, justifié par, ce que l’on EST, et dont nous tenons de vivre, qui, quand elle ne se capitalise pas sous forme de force de travail, se capitalise sous forme de violence.

D’autre part, n’oublions pas que sur six milliards d’êtres humains, tout juste plus d’un milliard mange parfaitement à sa faim (rassasié), et que nous ne pourrons pas éternellement contenir à nos frontières la poussée des milliards d’autres. 

 

A l’instar de l’empire romain aux frontières duquel les barbares,[2] qui l’ont envahi, se pressaient.

 

Nous encourons le même risque, même si notre puissance militaire ne laisse passer que les clandestins, car les «étrangers » s’arment également, idéologiquement, militairement, économiquement, et croissent.

 

Note. Barbare signifié autrefois «qui n’était pas du pays » notre notion actuelle d’étranger, et nullement la connotation de cruauté qui s’attache au terme barbare aujourd’hui. La dislocation de l’empire romain chrétien fut lente, et malgré les épisodes tragiques comme le sac de Rome, les «barbares s’établissaient comme chefs de leurs peuples dans l’empire romain à titre de «fédérés », et généraux romains, chargés de défendre l’empire contre d’autres barbares, tel les Huns. En bref, l’effondrement de l’empire romain ne procède donc pas d’une brutale invasion comme nous en gardons l’image, ou de d’un empire vermoulu, mais d’une succession de crises de l’époque par l’intégration de nouvelles populations qui ont reconstruit son histoire et son église jusqu’au morcellement identitaire qui a refaçonné historiquement celle qui est la nôtre aujourd’hui.

 

La liberté positive.

 

En fait la plupart du temps nous utilisons le mot liberté pour définir seulement des niveaux d’autonomie et d’indépendance ou des seuils de contrainte et de dépendance dans le cadre de la solidarité «mécanique». 

Ainsi la «liberté » innée ou la liberté naturelle de la condition humaine n’a de sens que par l’analyse des moyens qui limitent son exercice et par les mots qui désignent son état. La liberté de se nourrir, de s’unir, de s’abriter, de penser, ne sont pas des libertés mais un état initial que l’on qualifie de «liberté arbitraire», ( c’est le rapport d’un sujet libre avec son propre corps et l’arbitraire dont il est capable dans l’appréciation globale qui l’entoure en fonction de son seul intérêt), laquelle dés lors qu’elle s’analyse individuellement, désigne l’égocentrisme indispensable à la formulation d’un jugement, instinctif ou réfléchi, pour que l’individu puisse exister dans son environnement. Il n’y a donc pas de liberté dans l’exercice de ce pour quoi l’on est conçu.

Pourtant cela peut apparaître comme une liberté dés lors qu’on en est privé par la contrainte immanente de la condition humaine qui pousse à la vie en commun : la sociabilité organique. Celle-ci s’apparenterait à une espèce d’exercice d’une «liberté naturelle » qui inclurait toutes les libertés arbitraires obligées de composer entre elles (à moins qu’il puisse être démontré un jour que l’homme dans son biotope était un animal solitaire), non pas seulement dans le cadre d’une sélection naturelle, mais en plus avec le cadre d’une «sélection artificielle culturelle » contenue de fait dans le vivant. Ceci peut apparaître à notre observation comme contradictoire. Alors il faut oser se dire que si l’ordre immanent nous conduit au constat d’une contradiction, cela tient peut-être au fait que nous ne faisons pas le meilleur usage de la condition humaine, sentiment que nous exprimons au travers de ce désir permanent de liberté. Dans la situation actuelle je pourrais dire que nous faisons un mauvais usage de l’individuation propre à la solidarité «mécanique. » Ce qui revient à dire que nous ne nous sentons pas parfaitement intégrés dans cette individuation évolutive de la solidarité «mécanique » qui associe dans une grande complexité ce que je fais ressortir comme une contradiction.

Cette vie en communauté a imposé à l’Homme de composer avec l’Autre dans un environnement géologique extérieur qu’il subit.

En fonction de l’abondance ou de la rareté des moyens de subsistances, la gestion de cet environnement a exigé des systèmes d’autorités privatifs d’une certaine idée de la liberté individuelle innée que chacun s’imagine (ou liberté naturelle.) Cette liberté individuelle est suggérée par l’aptitude que possède chacun d’être le dominant (principe de la fameuse «survivance du plus apte», selon le slogan de Spencer), de diriger sa vie ; de disposer d’une influence suffisante pour dispenser un apprentissage ; de pouvoir se répartir les produits de la nature, en accédant à ce que nous appelons la civilisation qui se traduit souvent par « faire ce qu’on veut ». Et l’Homme, habile dialecticien, a trouvé la liberté dans un monde qui n’est que contraintes, un monde où personne ne peut circuler s’il n’a pas un papier qui indique à quel groupe il appartient, le tout contrôlé par ses semblables.

Cette communauté de vie est au cœur du problème de la liberté. C’est plus précisément dans son exercice que se définissent toutes les expressions ou restrictions de la «liberté arbitraire » individuelle dues à son évolution sociétale de type «mécanique », dans laquelle certains disposeront de l’exercice du «libre choix ou du libre arbitre » et où d’autres leur seront soumis au travers des formes de souveraineté politique, d’organisation économique et de pensée. Tout ceci sans que la plupart trouvent leur destin anormal ? (Lire le «Discours sur la servitude volontaire » de la Boétie.)

Cette «liberté arbitraire » individuelle, dans le cadre de l’individuation, nécessite d’être restreinte au bénéfice d’une intégration dans une «solidarité mécanique. » Nous pourrions la nommer «la liberté positive » pour la distinguer de la «liberté naturelle » qui populairement renvoie à une organisation animalière suggestive ou organique (instinct).

 

Liberté un processus d’attraction.

 

Nous retrouvons cette «normalisation » dans ce que nous appelons les libertés publiques subordonnées aux droits, naturel, coutumier et positif. Il est donc nécessaire de comprendre que «la liberté arbitraire » individuelle n’est qu’un processus d’attraction qui ne peut se suffire à lui-même, sous peine de conduire à ce que Durkheim appelle l’anomie si cette «liberté arbitraire » est exercée par tous.

Cette anomie pourrait s’illustrer dans la liberté issue de la nature (la condition humaine capable d’agir avec une intention) qui, associée à la liberté arbitraire (le faire ce qu’on veut) exprimée dans le rapport à l’autre, donnent ce qui est la caractéristique de ce que l’on nomme sommairement «la sélection naturelle », sans toutefois en saisir toute la complexité.

Or ce rapport là, nous l’avons qualifié de «liberté naturelle », donc l’anomie ne peut pas être le retour à «l’ordre » naturel, avec pour principe reconnu la préservation de l’espèce, mais une dérégulation de la sociabilité par une élévation trop importante du niveau de stress des individus qui développent des pathologies isolationnistes et passionnelles incapables de structurer une communauté ou une société différenciée.

Ainsi, après avoir retiré en partie des civilisations qui se prétendent civilisées les «comportements humains estimés animaliers » (car issus de ce que nous avons seulement compris de la sélection naturelle avant Darwin), il est aisé d’admettre que ses effets ne s’en sont pas moins opérés. Ils ont donné ce que nous identifions le plus facilement : des dominants disposant d’un pouvoir absolutiste ; nos guerres ; mais également des types de démocraties privatives de la «liberté naturelle », telles les démocraties dogmatiques ou celles de la Grèce antique.

 

 

La liberté dogmatique.

 

C’est dans ces conditions que l’esclavage a existé sous toutes ses formes de servitude jusqu’au 19ième siècle. Il a été la forme de travail la plus répandue, imposée et parfois acceptée par l’ignorance de la connaissance actuelle de la «réalité » de la condition humaine. Son observation laissait supposer que tel ou tel naissait de fait pour exercer sa condition sociale inégale (hommes et sous-hommes) ou/et devait accepter cette «sélection naturelle » en vigueur produit des connaissances de la culture d’alors.

De la même manière aujourd’hui nous trouvons normal qu’au nom de la liberté individuelle, tous les individus aient droits à la propriété privée. Propriété privée qui sous-entend aussi bien la propriété économique de moyens de production que la propriété d’un logement individuel, dont la condition sociale de naissance fixe la répartition et l’accession. Pourtant quand l’on observe de plus prés ce droit à la propriété économique, ce qui pose une difficulté, ce n’est pas qu’un particulier ou qu’un groupe en soient propriétaires, mais que l’exercice du pouvoir arbitraire en son sein délimite la liberté de tous, qu’elle soit privée, publique ou économique, au travers des moyens d’actions qui s’en dégagent et des systèmes d’autorités. Ceci place l’élite dirigeante dans une position d’autarchie (pouvoir absolu) qu’elle revendique en permanence au nom d’une rationalité comptable, qui se voit ainsi imposée comme loi de l’espèce humaine et qui définit son activité.

Cela conduit la liberté de l’Homme d’agir avec intention, vers une liberté dogmatique de l’action, dés lors qu’il présente celle-ci comme une vérité, l’intention à laquelle il convient de souscrire, ou se la voir imposée par le rapport de force. Cette conception de la liberté, trouve sa pleine dimension aujourd’hui dans le sentiment de liberté qu’inspire à l’homme une consommation sans mesure. Il fait fi de la notion d’interdépendance en réclamant comme un dû les services d’autrui, simplement parce qu’il peut se les offrir. Disparaît alors le sentiment de procéder à l’échange d’une activité sociale ou économique spécialisée, au profit d’un sentiment de pouvoir conféré par la possession de l’argent qui lui permet d’obtenir ce que l’on veut.

En observant l’histoire humaine nous ne connaissons que des types de «liberté positive », et nous supputons ce qu’a pu être notre «liberté naturelle » en essayant toujours d’en préciser son «organicité. » Pourtant tous les débats des Hommes autour de la liberté ont fait émerger une subjectivité, au sein de laquelle apparaît tout l’intérêt de ce mot. Je préciserais ma pensé dans un autre article.

 



 

 

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  • : le monde dépend du regard que l'on porte. Cela emporte de comprendre que si un flux d'énergie qui circule sans but dans le cosmos donne la vie, tout ce que nous concevons atteint un seuil où tout s'écroule. C'est ainsi que si Un dispose d'une vérité absolue il peut se suicider, car c'est un mort vivant qui ne peut développer que la mort qu'il porte.......
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