Publié le 30 Septembre 2025

La dette finance des vies, pas des trous


 

Ce que ne vous disent pas les informations ni les gouvernements.

1. La dette, un faux épouvantail

Depuis Maastricht, les discours politiques nous répètent qu’il faut réduire la dette comme si c’était un monstre menaçant notre survie collective. Or, cette dette n’est rien d’autre que le cumul depuis 1974/76 des déficits annuels de l’État. Elle finance des salaires, des services publics, des investissements collectifs. Depuis des décennies, la dette publique est présentée comme un gouffre, un fardeau insupportable, une anomalie qu’il faudrait absolument résorber. Pourtant, il faut avoir le courage de le dire : la dette ne finance pas des trous, elle finance des vies.

Chaque euro emprunté depuis les années 1970 a permis de maintenir des services publics, des hôpitaux, des écoles, des routes, mais surtout des salaires. Ce sont ces salaires qui font tourner la société, car les salariés, en consommant, financent tout : impôts, cotisations sociales, investissements, bénéfices et dividendes.

Réduire la dette en coupant dans les dépenses publiques, c’est donc supprimer des emplois réels.

Personne ne sait qui, parmi ceux privés de revenus, basculera vers la précarité, la délinquance ou la révolte. Mais l’histoire nous l’a appris : réduire la dette brutalement, c’est créer du chômage et de la misère, donc nourrir les crises politiques.

La dette est ainsi le révélateur d’une hypocrisie collective. Les citoyens réclament toujours plus de services publics, mais refusent l’impôt. Les gouvernements veulent la croissance, mais organisent la rareté monétaire en laissant la création de monnaie aux seuls marchés financiers. Les dominants capitalistes en profitent, car ils perçoivent les intérêts et renforcent leur pouvoir sur les États.
Autrement dit : réduire la dette, c’est réduire directement des emplois et des services.

2. Un calcul simple mais éclairant

Les 3 200 milliards d’euros de dette cumulée en 2024 représentent environ 190 millions de mois de salaires, soit l’équivalent de plus de 15 millions d’emplois annuels sur cinquante ans. Quand un gouvernement annonce vouloir économiser 40 milliards d’euros, cela revient à détruire l’équivalent de 2,4 millions de mois de travail, donc 200 000 emplois annuels.

Si l’on divise cette somme par le coût d’un emploi au SMIC chargé (~2 100 €/mois), on obtient :

    • 1,52 milliard de mois d’emplois financés depuis 1974.

    • Soit 126 millions d’années d’emplois.

Bien sûr, ces emplois ne sont pas simultanés : la dette s’est accumulée en cinquante ans. Mais cela montre qu’elle représente avant tout des vies humaines, du travail, du service rendu à la collectivité.

 

La dette n’est pas une abstraction : ce sont des enseignants, des soignants, des agents publics, des services de proximité. Supprimer des milliards, c’est supprimer des vies professionnelles et précariser la société.

3. Ce que veut dire « faire des économies »

Le gouvernement annonce vouloir réduire les dépenses publiques de 40 milliards €.

  • 40 milliards ÷ 2 100 €/mois = 19 millions de mois d’emplois.

  • ÷ 12 = 1,6 million d’emplois annuels au SMIC.

Cela signifie que, mécaniquement, 1,6 million de personnes perdraient leur activité si l’on coupait cette dépense, sauf à créer immédiatement une activité équivalente dans le privé. Or, cela n’arrive jamais.

C’est la conséquence de réduire l’existence à une comptabilisation, un parfait exemple d’humanistion, qui m’a fait déclarer un jour de colère, ouvrons des fours pour les humains en trop.

Réduire la dette revient donc soit à fabriquer du chômage, soit à rogner sur des services collectifs indispensables (hôpitaux, écoles, transports, justice…). Depuis 1974, l’endettement a servi à compenser l’insuffisance chronique des salaires et des prélèvements. Sans lui, la France aurait connu des crises sociales autrement plus violentes. En vérité, la dette est une respiration collective, un outil de survie dans un système capitaliste qui bride l’émission monétaire.

Le vrai débat n’est donc pas « faut-il réduire la dette ? », mais : qui contrôle la monnaie, et pour financer quoi ? Tant que nous restons prisonniers de la rareté imposée par le capital et par les institutions financières, nous continuerons à nous endetter. À l’inverse, si nous adoptions une création monétaire indexée sur la productivité, sur l’énergie (le joule), ou sur les besoins sociaux et écologiques, nous financerions directement la société sans passer par l’endettement ni par les marchés. Ce n’est pas la dette qui est un danger : c’est l’obsession de la réduire au prix de l’humain.

C’est ce que ne comprennent pas les citoyens que ce soit dans les jaqueries des gilets jaunes ou de Bloquons la société, la batille à prendre n’est pas le gouvernement mais la BCE


 

4. L’angle mort du débat

Quand les politiques parlent de dette, ils oublient toujours cette réalité comptable :

  • La dette, c’est du travail déjà effectué par des salariés.

  • Elle finance des enseignants, des infirmières, des policiers, des chercheurs… qui ont touché un salaire et produit un service.

  • Dire « réduisons la dette », c’est donc implicitement dire : « supprimons des salaires et des services ».

Tableau comparatif (Italie / autres pays)

Pays

Réduction de déficit / ajustement

Coût social / pertes d’emplois / effets sur salaires & services

Commentaire critique

Italie

Réformes du travail, compression budgétaire

Chômage élevé, salaires réels stagnants, services publics comprimés

Le “modèle exemplaire” masque la précarité

Grèce

Austerité radicale

Fuite des talents, explosion de la pauvreté

La dette “réduite” au prix de la survie

Espagne

Réformes, coupes sociales

Perte de millions d’emplois après 2008

Apparence de redressement mais déficit structurel


 

5. Coût social caché de la “réussite” italienne

Les discours politiques citent souvent l’Italie comme « exemple de redressement » ou de “bonne gestion”. Mais derrière ces chiffres se cache un lourd tribut social qu’on préfère occulter. Voici quelques éléments concrets :

Données récentes marquantes
  • En janvier 2025, l’Italie affiche un taux de chômage de 6,3 %, selon l’ISTAT, avec 145 000 emplois créés ce mois-là — un regain ponctuel, mais dans un contexte où le taux d’emploi reste l’un des plus faibles d’Europe. Reuters

  • Le secteur automobile, via l’entreprise Stellantis, a annoncé avoir supprimé près de 10 000 emplois en Italie entre 2020 et 2024. Reuters

  • Le rapport Oxfam Italie (2013) montrait déjà que lors de périodes d’ajustement budgétaire, le plein-emploi recule, les emplois à temps partiel augmentent, et les ménages les plus modestes sont les plus touchés. www-cdn.oxfam.org

  • Depuis les crises de la zone euro, l’Italie a perdu une part importante de sa production industrielle (≈ 25 %), freinant sa capacité à retrouver des emplois industriels de qualité. SpringerLink+1

Limites et analyses critiques
  • Les “emplois créés” ne sont pas tous équivalents : beaucoup sont précaires, temporaires ou à temps partiel. Le renversement de la précarité durable reste peu visible.

  • Le “succès” italien est souvent mesuré en termes de croissance ou de réduction du déficit, mais peu en termes de reconstruction de services publics ou de rehaussement des salaires réels.

  • L’amélioration du ratio dette/PIB peut masquer le fait que ce sont les citoyens ordinaires, et non les marchés, qui ont payé le prix : via des impôts, des coupes dans les services, des compressions salariales.

  • Comparer l’Italie à d’autres pays (Espagne, Grèce…) révèle que les politiques d’ajustement sont toujours assorties d’une précarisation massive, d’une montée du chômage de longue durée et d’une exclusion sociale invisibilisée dans les statistiques officielles.

  • On peut désormais dire : « Oui, l’Italie “s’améliore” sur les indicateurs macroéconomiques — mais à quel coût humain ? »

  • Les “emplois créés” sont souvent des emplois faibles ; les suppressions dans les secteurs industriels ou stables frappent les classes moyennes et populaires.

  • On présente les réductions de dette comme des réussites abstraites, mais elles sont obtenues sur le dos de vies précarisées.

L’obsession comptable, une impasse historique

Les dirigeants répètent : « Il faut réduire la dette ! ». Mais aucun pays ne s’en sort uniquement par la rigueur. Historiquement, les dettes publiques se stabilisent ou se réduisent par :

  • La croissance économique.

  • L’inflation modérée (qui allège le poids réel de la dette).

  • La création monétaire (non admise dans l’Union européenne actuelle).

Couper dans les dépenses publiques n’a jamais produit de miracle. Cela ne fait qu’alimenter le chômage et la défiance politique.

L’enjeu véritable

Le vrai débat n’est pas : « Faut-il réduire la dette ? »
Le vrai débat est : qui contrôle la monnaie, et pour financer quoi ?

Tant que la création monétaire est laissée aux marchés financiers et aux banques, la dette restera une chaîne qui nous étrangle, et les coupes budgétaires continueront de fabriquer du chômage.

Mais si nous assumons que la dette est en réalité une avance sur productivité collective, alors nous pouvons imaginer une autre voie : une création monétaire publique, indexée sur les besoins sociaux, écologiques, ou même sur une mesure énergétique universelle comme le joule.

Alors, au lieu de compter les milliards « à économiser », nous compterions les vies améliorées, les services garantis, et l’avenir construit.

Parce qu’au fond, la dette finance des vies, pas des trous.

Une autre logique : investir dans la vie

Si la dette finance des vies, alors l’enjeu n’est pas de couper, mais de mieux orienter.
Investir dans :

  • La transition écologique,

  • La santé et l’éducation,

  • Les technologies utiles,

c’est garantir des emplois et un avenir. Le problème n’est pas la dette en soi, mais la soumission aux marchés financiers qui exigent leur part d’intérêts.

Une hypocrisie entretenue

Les citoyens ne veulent pas payer plus d’impôts, mais ils exigent des services publics.
Les gouvernements ne veulent pas assumer cette contradiction, alors ils s’endettent.
Les libéraux dénoncent ensuite la dette pour imposer leurs solutions : privatiser, réduire les droits sociaux, transférer la richesse vers le capital.

En vérité, la dette est le reflet d’un choix politique : maintenir un niveau de vie collectif malgré une répartition des richesses toujours plus inégalitaire.

6. résumé

La dette publique n’est pas un gouffre, mais un miroir : celui d’une société qui préfère préserver les profits privés plutôt que de financer équitablement ses besoins collectifs.
Réduire la dette sans alternative, c’est fabriquer des chômeurs.

Réduire la dette pour « rassurer les marchés » est un mythe destructeur. Derrière chaque milliard coupé, ce sont des vies humaines qui basculent dans la précarité.

La vraie question n’est pas : « Comment réduire la dette ? »
Mais : « Comment faire en sorte que la monnaie serve à financer la vie, et non à enrichir une minorité ? »
Alors oui, il vaut mieux « laisser couler la dette » que couler des millions de vies.

La dette n’est pas un trou : c’est une respiration. Coupez-la, et vous étouffez la société.

« Entre dette et austérité, le choix est clair : la dette nourrit, l’austérité affame. »
La comparaison France–Italie montre que l’obsession comptable détruit plus de vies qu’elle n’en sauve. Nous pouvons dire la dette nourrit, l’austérité précarise, la dette c’est la vie, couper la dette c’est couper des vies car elles sont derrières les chiffres


 

7. Retraites – « plancher SMIC » : combien ça coûte ?
Hypothèses (modifiables facilement)
  • Retraités (France) : 17,0 millions

  • SMIC net mensuel de référence : 1 400 €

  • PIB (repère) : 3 000 Md€

  • Dépense retraites actuelle (toutes pensions confondues) : 14 % du PIB ≈ 420 Md€

  • Part de retraités sous le SMIC net : 40 %

  • Écart moyen à combler (mensuel) : 250 €

Résultat – Complément ciblé (« top-up » jusqu’au SMIC net)
  • Bénéficiaires : 40 % × 17,0 M = 6,8 millions

  • Complément annuel par personne : 250 € × 12 = 3 000 €

  • Coût annuel total : 6,8 M × 3 000 € = 20,4 Md€

  • En % du PIB : ~0,68 % du PIB

Lecture : avec ces paramètres réalistes, éradiquer les pensions sous le SMIC net par un complément coûterait de l’ordre de 0,6–0,8 % du PIB.
Variante pédagogique – « SMIC net universel pour tous les retraités » (exercice théorique)
  • Montant annuel par retraité : 1 400 × 12 = 16 800 €

  • Coût total : 17,0 M × 16 800 = 285,6 Md€ ≈ 9,5 % du PIB

Remarque importante : ce scénario remplacerait toutes les pensions actuelles par un seul montant au SMIC net (il réduirait donc mécaniquement les pensions supérieures au SMIC). Il sert juste de borne pour raisonner.
8. 1975–2024 : combien « valent » nos machines — et quelle monnaie pure cela suggère ?

Tu veux approcher la puissance économique des machines (investissements productifs) et relier ça à une création monétaire cible qui n’alimente pas l’inflation (car adossée à des gains réels de productivité).

9. Méthode simple, transparente (ordre de grandeur)

Étape A — Cumul des investissements « machines & équipements »
  • Idée : additionner, sur 50 ans, la FBCF en machines/équipements (part de l’investissement total) rapportée au PIB.

  • Hypothèse prudente (stylisée, solide pour la France) :

    • Part machines/équipements ≈ 6 % du PIB en moyenne long terme.

    • Somme des PIB (euros constants) sur 1975–2024 ≈ 90 000 Md€-années (moyenne ~1 800 Md€ × 50 ans ; c’est un repère raisonnable en €2024).

  • Cumul machines ≈ 6 % × 90 000 = 5 400 Md€ (soit 5,4 T€ en euros 2024).

    • Fourchette réaliste (5–8 % du PIB) : 4,5 à 7,2 T€.

Ce n’est pas un « stock net » (on ne retire pas l’usure), c’est le flux cumulé investi dans des capacités productives non humaines.
Étape B — Quels gains de productivité attribuables au capital (les machines) ?
  • Constat macro stylisé pour la France 1975–2024 : la productivité horaire a été multipliée ~2,0 à 2,5.

  • Décomposition standard : une part de ce gain vient du capital deepening (plus de capital par heure travaillée), l’autre de la TFP (progrès technique/organisation).

  • Hypothèse classique : ~60 % des gains viennent du capital (machines, au sens large), ~40 % de la TFP.

Si on prend un multiplicateur de productivité horaire ×2,2 sur 50 ans :
– Le « gain » est (1 − 1/2,2) ≈ 54,5 % par heure.
– La part machines ≈ 60 % × 54,5 % = ~33 % du PIB courant.

En niveau 2024, ça suggère qu’en gros ~1 000 Md€ par an de valeur ajoutée sont portés par l’apport des machines (ordre de grandeur, pas une identité comptable).

Étape C — Quelle création monétaire “pure” soutenable ?

Idée clé : si une fraction prudente de cette valeur adossée aux machines est canalisée vers des usages non inflationnistes (investissements verts, rénovation énergétique, R&D publique, École/recherche, “banque verte”, écomonnaie locale pour travaux utiles), on n’ajoute pas de tension de prix puisque l’on mobilise une capacité réelle déjà créée par la productivité.

  • Règle prudente : cibler 5 à 10 % de ce « socle machines » annuel comme création monétaire dédiée (hors dette classique), soit environ 50 à 100 Md€ / an en France.

  • Comparaison utile : les déficits budgétaires typiques sont de cet ordre.
    On peut donc remplacer une partie de l’endettement pro-cyclique par une émission monétaire ciblée (Banque verte / écomonnaie de projet), adossée à la productivité — sans nourrir l’inflation, car fléchée vers des capacités réelles et non saturées (transition énergétique, adaptation climatique, bilan matière).

10. Pourquoi ça tient debout (et pourquoi c’est politique, pas magique)

  • L’inflation surgit quand on crée de la demande sans offre disponible. Ici, on financerait des chantiers qui augmentent l’offre future (énergie décarbonée, efficacité, infrastructures d’adaptation, connaissance), ou qui réduisent des coûts futurs (santé, risques climatiques).

  • Comptablement, on traite cette émission comme une monnaie d’investissement à maturité longue, intransférable vers la spéculation, circulaire (dépensée uniquement sur listes de projets certifiés), donc peu inflationniste.

  • Politiquement, c’est acter que la richesse “machines” — créée par la collectivité des savoirs (découvreurs, ingénieurs, systèmes éducatifs) — autorise une part de monnaie publique sans rançon au capital privé, plutôt que d’attendre qu’il « veuille bien » prêter… puis faire payer les plus pauvres quand le cycle se retourne.

Ce que ces chiffres te donnent, tout de suite

  • Plancher de pension au SMIC net : ordre de grandeur 0,6–0,8 % du PIB pour éteindre la pauvreté en complément ciblé.

  • Cumul machines 1975–2024 : ~5,4 T€ (fourchette 4,5–7,2 T€).Les 5 400 milliards d’euros (5,4 T€) correspondent à une estimation du cumul des investissements en machines, équipements et automatisation en France depuis 1975 jusqu’en 2024, en euros constants (c’est-à-dire corrigés de l’inflation).

Ça veut dire qu’en moyenne :

  • ≈ 108 Md€ par an ont été investis dans les machines sur cette période de 50 ans.

  • Ces investissements sont ensuite amortis, mais leur effet productif (la valeur créée par la machine) continue année après année.

Donc :

  • Stock cumulé ≈ 5 400 Md€.

  • Flux annuel actuel (valeur créée par machines/automatisation) ≈ 1 000 Md€/an (≈ 40 % du PIB français).

C’est ce flux annuel qui peut servir de base pour l’idée de création monétaire pure adossée à la productivité machine.

En résumé : 5 400 Md€ = stock cumulé 1975–2024.

≈ 1 000 Md€/an = flux machine actuel.

“Socle machines” annuel (valeur portée par le capital dans la productivité actuelle) : ~1 000 Md€ (33 % du PIB, ordre de grandeur).

Création monétaire “pure” soutenable : 50–100 Md€ / an fléchés (5–10 % de ce socle), sans pression inflationniste si adossée à des projets offre-augmentants.

Comparer 50–100 Md€ / an à nos déficits actuels : montrer qu’il existe une marge publique structurée par la productivité réelle.

Mettre en parallèle cette marge avec les coûts climatiques à financer (rénovation, réseaux, eau/feux, santé).

Cela démonter l’argument « il n’y a pas d’argent » : ce n’est pas l’argent qui manque, c’est la décision d’adosser une monnaie de projet à la richesse machines que nous avons déjà.

11. Retraites aujourd’hui

  • Dépense totale retraites (2023) ≈ 340–350 Md€ (≈ 14 % du PIB).

  • Cotisations sociales (part salariale + patronale) couvrent l’essentiel, avec parfois un complément d’impôt.

12. Complément pour assurer un plancher SMIC net

(d’après le calcul précédent)

  • Besoin ≈ 20 Md€ par an (≈ 0,7 % du PIB).

  • À comparer aux 350 Md€ actuels de dépenses retraite.

En pourcentage de cotisations retraites

20350≈5,7%\frac{20}{350} \approx 5,7 \%35020​≈5,7%

Donc : un effort supplémentaire d’environ +6 % sur les cotisations retraite actuelles permettrait d’assurer à chaque retraité un revenu au moins égal au SMIC net.

13. Si on financait ce besoin avec la « richesse machines »

  • Rappel : les machines contribuent à environ 1 000 Md€ par an de valeur ajoutée dans l’économie (notre estimation prudente).

  • En prélevant 20 Md€ (plafond SMIC net pour tous) sur ce socle :

    201 000=2%\frac{20}{1\,000} = 2 \%100020​=2%

Cela veut dire qu’on pourrait sécuriser toutes les petites retraites en fléchant 2 % de la valeur annuelle créée par les machines, au lieu de surtaxer le travail humain.

14. Lecture politique

Vu du système actuel : il faudrait +6 % de cotisations retraite (partagée entre salariés et employeurs).

Vu sous l’angle de la monnaie “machines” (monnaie pure adossée à la productivité non humaine) : il suffirait d’allouer 2 % de ce socle annuel pour garantir qu’aucun retraité ne tombe sous le SMIC net.

15. Par prudence

Estimer la création pure “jusqu’à 30 %” du flux machine (≈ 1 000 Md€) comme plafond de création de “monnaie pure” est défendable… à condition de cadrer ça proprement.

Politiquement l’on peut aller plus loin en fonction de la réalité des besoins sociaux et économiques de la population.

16. L’idée en 2 lignes
  • Flux annuel de valeur imputable aux machines/automatisation aujourd’hui : ≈ 1 000 Md€.

  • Plafond de création adossé à ce flux à la manière d’un “taux d’effort” de crédit à 30 % : ≈ 300 Md€/an (≈ 10–11 % du PIB).

17. Pourquoi c’est raisonnable (avec garde-fous)
  1. Ancrage réel : on n’émet pas “dans le vide”, on l’adosse à une capacité productive déjà existante (capital machine mesurable).

  2. Proportionnable : 30 % joue le rôle d’un plafond macro-prudentiel (comme le 30 % d’endettement des ménages).

  3. Impact social : 300 Md€ couvrent ~75–85 % de la dépense annuelle de retraites (ordre de grandeur 350–400 Md€), ou financent à la fois retraites minimales pleines + éducation adulte (ECPA) + banque verte. ( Enseignement Complémentaire Pour Adulte, rémunéré).

18. Risques & conditions pour éviter l’inflation
  • Pas de goulots : flécher vers capacités supplémentaires (énergie, transports, rénovation, agro, numérique public), pas seulement vers la demande finale.

  • Ciblage : émettre via une éco-monnaie/banque verte (crédits conditionnels, bons datés, usages éligibles) plutôt que du cash généralisé.

  • Phasage : démarrer à 100 Md€ la 1ʳᵉ année, puis +50 Md€/an jusqu’à 300 Md€, avec déclencheurs (on ralentit si inflation cœur > cible et que l’output gap se ferme).

  • Stérilisation : prévoir des reprises (taxes correctrices, éco-contributions, mise en réserve) si surchauffe locale.

  • Cadre euro : en zone euro, passer par des instruments dédiés (obligations vertes achetées par l’Eurosystème, éco-monnaie non-conversible, fonds d’investissement publics).

19. Règle simple (proposée)
Émission annuelle maximale = min (30 % × “valeur-service du capital machine”, 10–11 % du PIB), avec
(a) ciblage 70 % investissement productif/écologique, 30 % dividende social (retraites plancher, ECPA) ;
(b) review trimestrielle (inflation cœur, capacités, emploi).
20. Ce que ça change concrètement
300 Md€ de “monnaie pure” permettent de réduire le besoin de dette sans couper des services (donc sans fabriquer du chômage).
On socialise le dividende de l’automatisation : la machine ne remplace plus l’humain et le revenu ; elle finance une partie du revenu social et des investissements de transition.
21.Scénarios chiffrés « monnaie pure » adossée au flux machine

(hypothèses simples et transparentes)

Hypothèses de base (France, ordre de grandeur 2024)

  • PIB ≈ 3 000 Md€

  • « Valeur-service » annuelle du capital machine/automatisation1 000 Md€ (repère macro)

  • Dépenses de retraites375 Md€/an (milieu de fourchette 350–400)

  • Coût complet d’un emploi-an (salaire + charges) ≈ 40 k€

  • Coût d’un année d’apprentissage rémunérée (ECPA : allocation + pédagogie) ≈ 15 k€

  • Population ≈ 68,5 M d’habitants

22. Trois paliers d’émission prudente (10 / 20 / 30 % du flux machine)

Palier

“Monnaie pure” émise

% du PIB

% du flux machine

A

100 Md€

3,3 %

10 %

B

200 Md€

6,7 %

20 %

C

300 Md€

10,0 %

30 %

Lecture : 300 Md€ = 30 % du flux machine estimé à 1 000 Md€, soit ~10 % du PIB.

23. Couverture potentielle des retraites

Palier

Couverture des retraites (≈ 375 Md€)

A – 100 Md€

27 %

B – 200 Md€

53 %

C – 300 Md€

80 %

24. Effets « capacité » (emplois-an, années d’étude financées)

Palier

Équivalent emplois-an (40 k€)

Apprenants-an ECPA (15 k€)

A – 100 Md€

2,5 M

6,7 M

B – 200 Md€

5,0 M

13,3 M

C – 300 Md€

7,5 M

20,0 M

Règle simple : 1 Md€ = 25 000 emplois-an (à 40 k€) ou ~66 700 apprenants-an (à 15 k€).

25. Fléchage prudentiel proposé (anti-inflation)

  • 70 % vers investissements productifs/écologiques (banque/éco-monnaie verte ; projets éligibles)

  • 30 % vers dividende social (plancher retraite, ECPA, minimas)

Exemple palier C (300 Md€) :

  • 210 Md€ investissement (énergie, rénovation, mobilité, agro, numérique public)

  • 90 Md€ dividende social
    1 315 €/hab/an si universel ou ~240 €/mois ciblés (retraites plancher, apprenants)


26. Ancrage « Joule » : conversion énergie ↔ monnaie (pour une norme universelle)

Idée : calibrer la « monnaie-travail » sur une référence énergétique observable.

  • Prix repère d’électricité de gros 75–100 €/MWh (moyenne pluriannuelle, hors pics)

  • 1 TWh = 3,6 PJ ; 1 MWh = 3,6 GJ

Palier C (300 Md€) équivaut à 3 000–4 000 TWh achetables
10,8–14,4 EJ (exajoules) d’équivalent énergétique.

Proposition de convention : 1 “Joule-monnaie” = pouvoir d’achat de 1 kJ de travail/énergie standardisée.
Avec 75 €/MWh, 1 kJ ≈ 2,08×10⁻⁵ €1 € ≈ 48 kJ.
On obtient ainsi une échelle physique réplicable, utile pour comparer secteurs/pays.

27. Cadre macro (pour rester non-inflationniste)

  1. Phasage : +100 Md€ la 1ʳᵉ année, puis +50 Md€/an jusqu’à 300 Md€, avec revue trimestrielle (inflation sous-jacente, goulots, output gap).

  2. Ciblage : 70 % capacité réelle (offre), 30 % revenu social (demande) → équilibre.

  3. Mécanismes de reprise : éco-contributions temporaires si surchauffe sectorielle.

  4. Zone euro : passer par banque verte / éco-monnaie non-convertible, ou obligations vertes publiques rachetées par l’Eurosystème (cadre UE déjà existant sur les green bonds).

28. Résumé exécutif
  • La machine (automatisation, logiciels, robots, capital productif) génère un flux économique d’ordre 1 000 Md€/an en France.

  • Adosser une création de “monnaie pure” à ce flux, plafonnée à 30 % (≈ 300 Md€, ~10 % du PIB), est macro-prudent et non-inflationniste si :

    • 70 % vont à des investissements qui augmentent l’offre (énergie, rénovation, mobilité, agro durable, numérique public),

    • 30 % vont à un dividende social (retraite plancher, éducation adulte ECPA).

  • Effets directs (palier 300 Md€) :

    • 80 % des retraites annuelles peuvent être couverte sans taxer davantage le travail.

    • Jusqu’à 7,5 millions d’emplois-an ou 20 millions d’apprenants-an ECPA (selon fléchage).

    • Équivalent énergie : 10–15 EJ (standardisation possible via un étalon Joule).

  • Pourquoi ça marche : on socialise le dividende de l’automatisation. La machine ne remplace pas seulement le travail humain ; elle finance une part du revenu social et de la transition.

  • Objectif : rémunérer les humains pour apprendre (ECPA), sécuriser un plancher de retraite décent, et accélérer la transition productive—sans “faire payer” les plus pauvres ni couper des services publics.

29. Encadré « retraite plancher » (ordre de grandeur)

  • Besoin pour garantir 1 300 €/mois nets aux pensions < seuil (hypothèse : 5,5 M de bénéficiaires moyens, complément moyen 400 €/mois)
    ≈ 26 Md€/an (inclure effets de bord = 30–35 Md€).

  • Pris sur la part sociale (30 %) du palier C (90 Md€), il reste 55–60 Md€ pour ECPA/solidarités.

30. Encadré « ECPA » (éducation rémunérée adulte)

  • 15 k€/an par apprenant (allocation + pédagogie + infra).

  • Palier C (reste social 55–60 Md€ après retraite plancher) → 3,7–4,0 M d’apprenants-an sans impacter l’investissement (210 Md€).

31. Encadré « comparaison au déficit budgétaire »

  • Déficit public typique récent : ~140–150 Md€/an.

  • Palier B (200) couvre ~130 % de ce besoin si fléché vers dépenses substitutives.

  • Palier C (300) permet à la fois transition + socle social sans compression de dépenses utiles → on évite de “faire payer” l’ajustement aux plus fragiles.

32. Formule de pilotage (proposition)

Émission annuelle max = min( 30 % × flux machine, 10–11 % du PIB )
avec (a) 70/30 investissement/dividende social, (b) revue trimestrielle des paramètres (inflation cœur, tensions, emploi), (c) filets anti-surchauffe sectoriels.
33. Deux solides « messages »

1) « La dette finance des vies, pas des trous. »

Réduire la dette, c’est couper dans des salaires, des services publics, des emplois. En Italie, comme en France, ce sont toujours les citoyens qui paient la facture sociale.
2) « Socialiser le dividende de la machine : 10 % du PIB pour des retraites décentes, des cerveaux en apprentissage, et une transition qui crée de l’offre. »

3) On nous dit : maîtriser la dette. Mais à quel prix ? »
Chaque milliard “économisé” équivaut à des milliers d’emplois supprimés. Derrière les chiffres, il y a des vies précarisées.


 

34. Les Canuts et la monnaie pure : de la révolte à l’émancipation


 

Au XIXe siècle, les Canuts, tisserands lyonnais, se révoltèrent contre les machines à tisser qui

menaçaient leur survie. Leur cri « vivre en travaillant ou mourir en combattant » résonne encore

comme une revendication fondamentale de dignité. Face à la misère et aux 18 heures de travail

quotidien, ils inventèrent pourtant des solutions sociales novatrices : mutualisme, coopératives,

conseils de prud’hommes, presse ouvrière, caricatures militantes. Autant de jalons d’émancipation

que nous avons aujourd’hui tendance à oublier.


 

1. Le parallèle avec notre temps est frappant.


 

Hier, les métiers à tisser ; aujourd’hui, la robotisation, l’intelligence artificielle et les caisses automatiques. La technologie détruit des emplois mais améliore le confort et la productivité. Elle est mue par le même ressort : la recherche du moindre effort pour satisfaire les besoins humains.


 

2. Les syndicats, à juste titre, craignent ces destructions.


 

Mais refuser la technologie est vain : l’histoire montre que son avancée est inéluctable.

La différence fondamentale, c’est que nous savons aujourd’hui ce que les Canuts ne pouvaient pas

savoir : la productivité des machines peut être mesurée et traduite en création monétaire pure. Là

où les révoltes d’hier cassaient les outils, notre tâche est d’inventer un système où la valeur créée

par les machines alimente directement la société plutôt que de se concentrer entre les mains d’une

minorité. C’est le sens d’une « monnaie pure » indexée sur la productivité machine et du savoir

accumulé.

3. Une telle approche ouvrirait la voie à de nouveaux instruments :


 

une Banque Verte ou une Écomonnaie, capables de financer les défis écologiques et climatiques, sans faire peser le coût sur les seuls salariés. Car il ne manque pas de travail — il manque de monnaie disponible pour l’accomplir.

La leçon des Canuts est claire : face à une technologie inarrêtable, seule l’émancipation

intellectuelle et collective permet d’éviter la misère. Hier, elle prit la forme du mutualisme et des

coopératives. Aujourd’hui, elle doit prendre la forme d’une réinvention monétaire et d’une vision à

long terme, capable de libérer l’humanité de la peur du progrès technique.

Ne craignons donc pas les machines : organisons-nous pour que leurs gains deviennent une

richesse partagée. C’est la condition pour que l’évolution technologique, loin de nous déposséder,

nous rapproche de ce que nous cherchons depuis toujours : vivre dignement, libres, et capables de

choisir notre avenir


 

4. Le fascisme de Weimar à la France contemporaine : identité de rapport


 

L’histoire ne se répète jamais terme à terme, mais elle offre des résonances troublantes. Entre

l’Allemagne de Weimar au début des années 1930 et la France contemporaine, certains parallèles

s’imposent. Il ne s’agit pas de confondre Hitler et nos acteurs actuels, mais d’identifier des «

identités de rapport » : mêmes mécanismes, mêmes dynamiques, mêmes aveuglements.

Comprendre ce glissement est essentiel pour éviter que l’histoire ne bascule à nouveau.


 

5. La République de Weimar : un laboratoire du glissement autoritaire


 

L’Allemagne des années 1930 ne fut pas emportée par une marée brune irrésistible. Les nazis

n’ont jamais « pris » le pouvoir : on le leur a donné. Les élites conservatrices, industrielles et

médiatiques, préférèrent pactiser avec Hitler plutôt que de perdre leurs privilèges. En utilisant les

failles de la Constitution (article 48), en gouvernant par ordonnances, en criminalisant les «

extrêmes » de gauche, le centre autoritaire ouvrit la voie à l’extrême droite. La presse de masse,

dominée par les magnats comme Hugenberg, entretint la peur du « bolchévisme culturel » et

alimenta les haines identitaires. Ainsi, ce n’est pas la force du nazisme qui l’a porté, mais la

faiblesse des démocrates et la compromission des élites.


 

6. La France (1984-2025) : un terrain de compromissions


 

Depuis 1984, la scène politique française connaît un glissement comparable. La gauche a

abandonné la lutte anticapitaliste, se contentant d’accompagner la gestion libérale. Le PS, en

assumant la « social-démocratie » sans rupture avec le marché, a désarmé idéologiquement ses

militants. La droite, elle, s’est « décomplexée », reprenant des thèmes du Front national pour ne

pas perdre son électorat. Aujourd’hui, une partie de LR n’hésite plus à envisager des alliances avec

le RN.

Macron incarne ce « centre autoritaire » :

austérité budgétaire, verticalité du pouvoir, criminalisation d’une supposée « extrême gauche », instrumentalisation sécuritaire et dissolution du Parlement pour contourner le débat démocratique. Quant aux médias dominants, largement contrôlés par de grands groupes financiers, ils alimentent quotidiennement les thèmes de l’extrême droite : insécurité, immigration, déclin national. La réalité est pourtant contrastée : depuis 1995, le taux de criminalité baisse en proportion, mais le discours médiatique fabrique une insécurité permanente.


 

7. Identité de rapport : similitudes et enseignements


 

Comme à Weimar, nous observons aujourd’hui : – un centre autoritaire qui préfère s’allier à droite

qu’à gauche ; – une gauche social-démocrate en retrait, incapable de porter une alternative claire ;

– des élites économiques et médiatiques qui instrumentalisent la peur pour préserver leurs intérêts

; – une extrême droite qui gagne en crédibilité grâce à ces compromissions. L’histoire ne se répète

pas : Hugenberg n’est pas Bolloré, Papen n’est pas Macron. Mais le rapport entre les forces

politiques est analogue. Les élites, par calcul, nourrissent ce qu’elles prétendent combattre. La «

banalisation » de l’extrême droite est le fruit de cette complicité, et non d’une fatalité.

La République de Weimar est morte moins de la force des nazis que de la lâcheté et de la cupidité

de ses élites. La France contemporaine n’en est pas au même point, mais les signaux sont là. La

judiciarisation, la policiarisation de la société, la criminalisation des contestations sociales, sont les

symptômes d’un glissement. Si l’on veut éviter qu’un jour le RN gouverne comme Hitler fut nommé chancelier, il faut briser cette mécanique. Non par la peur, mais par la lucidité, le courage et la reconstruction d’un horizon commun.

« Le fascisme ne s’impose pas, il s’infiltre. Il prospère quand la démocratie

s’endort.


 

8. Le glissement fascisant : du Juif au Musulman, d’Hitler à nous


 

Héritages et avertissements


 

L’histoire des Canuts ou de l’Allemagne des années 1930 nous rappelle que les sociétés, en crise,

cherchent toujours un ennemi intérieur. Hier, les ouvriers lyonnais détruisaient les métiers à tisser ;

hier encore, Hitler désignait les Juifs comme responsables de tous les maux. Aujourd’hui, nos

sociétés fragilisées par la mondialisation et le capitalisme financier rejouent ce scénario. Non pas

de façon brutale comme en 1933, mais sous une forme insidieuse : un glissement fascisant.


 

35. En 1999 je prédisais cette dérive et en 2011j’écrivais : Le musulman remplacera-t-il le Juif ?


 

À la faveur de la peur et de l’insécurité, le débat sur « l’identité nationale » et « la place de l’islam »

s’est installé. L’amalgame s’est construit : l’immigré = le musulman = l’ennemi potentiel. Les

médias, en relayant sans cesse faits divers et amalgames, ont fixé cette perception dans les

esprits. Comme jadis les caricatures antisémites, les discours péjorant l’altérité ont nourri une

mémoire collective qui habitue les citoyens au rejet. Le processus décrit par l’histoire se répétait :

recherche d’un chef charismatique, construction d’un groupe homogène, désignation d’un « autre »

menaçant, appel à des mesures d’exception. Le fascisme ne se choisit pas : il s’installe lentement,

à travers nos peurs et nos discours quotidiens.


 

1. 2023 — La banalisation du rejet


 

Douze ans plus tard, nous n’en sommes plus à l’étape du glissement : nous sommes dans la

banalisation. Le Parlement vote des lois restrictives sur l’immigration. Le RN s’impose comme parti de gouvernement. La confiance démocratique s’effondre (2 à 6 % de confiance dans les

institutions). La société accepte qu’une partie de la population soit traitée comme une

sous-humanité, privée de droits égaux. Les statistiques montrent pourtant une réalité très différente

: la criminalité baisse depuis 1995, l’immigration irrégulière représente moins de 1 % de la

population, et plus d’un immigré sur dix travaille déjà dans nos entreprises. Mais la peur l’emporte

sur la raison. Comme hier, la stigmatisation remplace l’analyse.


 

2. Un processus en miroir


 

En 2011, nous pouvions dire « attention, le fascisme se glisse en nous ». En 2023, nous devons

dire « attention, le fascisme s’institutionnalise ». Le parallèle est clair : hier, les Juifs étaient

accusés d’être responsables de la misère et des crises sociales. Aujourd’hui, les musulmans sont

désignés comme la cause de l’insécurité et du chômage. Les mêmes mécanismes se déploient,

avec l’appui des médias, la lâcheté du « centre » politique, et la peur instrumentalisée des citoyens.


 

36. Quelle issue ?


 

Peut-on arrêter cette spirale ? Pas en cherchant un nouvel Hitler à abattre, ni en se réfugiant dans

la nostalgie des Canuts. Il nous faut changer le terrain même sur lequel prospère le fascisme :

briser le lien entre rareté économique et désignation d’un ennemi, créer une nouvelle richesse par

la productivité des machines et la monnaie pure, bâtir une banque verte ou une écomonnaie, pour

répondre au défi écologique et donner des revenus indépendants du travail salarié. Car si nous

restons prisonniers du capitalisme de rareté, nous continuerons à chercher des boucs émissaires.

Si nous inventons une richesse nouvelle, nous pourrons enfin sortir du piège qui alimente le

fascisme.

Le fascisme n’entre pas par effraction : il s’installe dans nos habitudes. Pour l’arrêter, il

ne suffit pas de dénoncer ses discours, il faut créer une société qui n’ait plus besoin de boucs

émissaires


 


 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 29 Septembre 2025

La dette finance des vies, pas des trous


Ce que ne vous disent pas les informations ni les gouvernements.

1. La dette, un faux épouvantail

Depuis Maastricht, les discours politiques nous répètent qu’il faut réduire la dette comme si c’était un monstre menaçant notre survie collective. Or, cette dette n’est rien d’autre que le cumul depuis 1974/76 des déficits annuels de l’État. Elle finance des salaires, des services publics, des investissements collectifs. Depuis des décennies, la dette publique est présentée comme un gouffre, un fardeau insupportable, une anomalie qu’il faudrait absolument résorber. Pourtant, il faut avoir le courage de le dire : la dette ne finance pas des trous, elle finance des vies.

Chaque euro emprunté depuis les années 1970 a permis de maintenir des services publics, des hôpitaux, des écoles, des routes, mais surtout des salaires. Ce sont ces salaires qui font tourner la société, car les salariés, en consommant, financent tout : impôts, cotisations sociales, investissements, bénéfices et dividendes.

Réduire la dette en coupant dans les dépenses publiques, c’est donc supprimer des emplois réels.

Personne ne sait qui, parmi ceux privés de revenus, basculera vers la précarité, la délinquance ou la révolte. Mais l’histoire nous l’a appris : réduire la dette brutalement, c’est créer du chômage et de la misère, donc nourrir les crises politiques.

La dette est ainsi le révélateur d’une hypocrisie collective. Les citoyens réclament toujours plus de services publics, mais refusent l’impôt. Les gouvernements veulent la croissance, mais organisent la rareté monétaire en laissant la création de monnaie aux seuls marchés financiers. Les dominants capitalistes en profitent, car ils perçoivent les intérêts et renforcent leur pouvoir sur les États.
Autrement dit : réduire la dette, c’est réduire directement des emplois et des services.

2. Un calcul simple mais éclairant

Les 3 200 milliards d’euros de dette cumulée en 2024 représentent environ 190 millions de mois de salaires, soit l’équivalent de plus de 15 millions d’emplois annuels sur cinquante ans. Quand un gouvernement annonce vouloir économiser 40 milliards d’euros, cela revient à détruire l’équivalent de 2,4 millions de mois de travail, donc 200 000 emplois annuels.

Si l’on divise cette somme par le coût d’un emploi au SMIC chargé (~2 100 €/mois), on obtient :

    • 1,52 milliard de mois d’emplois financés depuis 1974.

    • Soit 126 millions d’années d’emplois.

Bien sûr, ces emplois ne sont pas simultanés : la dette s’est accumulée en cinquante ans. Mais cela montre qu’elle représente avant tout des vies humaines, du travail, du service rendu à la collectivité.

 

La dette n’est pas une abstraction : ce sont des enseignants, des soignants, des agents publics, des services de proximité. Supprimer des milliards, c’est supprimer des vies professionnelles et précariser la société.

3. Ce que veut dire « faire des économies »

Le gouvernement annonce vouloir réduire les dépenses publiques de 40 milliards €.

  • 40 milliards ÷ 2 100 €/mois = 19 millions de mois d’emplois.

  • ÷ 12 = 1,6 million d’emplois annuels au SMIC.

Cela signifie que, mécaniquement, 1,6 million de personnes perdraient leur activité si l’on coupait cette dépense, sauf à créer immédiatement une activité équivalente dans le privé. Or, cela n’arrive jamais.

C’est la conséquence de réduire l’existence à une comptabilisation, un parfait exemple d’humanisation, qui m’a fait déclarer un jour de colère, ouvrons des fours pour les humains en trop.

Réduire la dette revient donc soit à fabriquer du chômage, soit à rogner sur des services collectifs indispensables (hôpitaux, écoles, transports, justice…). Depuis 1974, l’endettement a servi à compenser l’insuffisance chronique des salaires et des prélèvements. Sans lui, la France aurait connu des crises sociales autrement plus violentes. En vérité, la dette est une respiration collective, un outil de survie dans un système capitaliste qui bride l’émission monétaire.

Le vrai débat n’est donc pas « faut-il réduire la dette ? », mais : qui contrôle la monnaie, et pour financer quoi ? Tant que nous restons prisonniers de la rareté imposée par le capital et par les institutions financières, nous continuerons à nous endetter. À l’inverse, si nous adoptions une création monétaire indexée sur la productivité, sur l’énergie (le joule), ou sur les besoins sociaux et écologiques, nous financerions directement la société sans passer par l’endettement ni par les marchés. Ce n’est pas la dette qui est un danger : c’est l’obsession de la réduire au prix de l’humain.

C’est ce que ne comprennent pas les citoyens que ce soit dans les jacqueries des gilets jaunes ou de Bloquons la société, la bastille à prendre n’est pas le gouvernement mais la BCE


 

4. L’angle mort du débat

Quand les politiques parlent de dette, ils oublient toujours cette réalité comptable :

  • La dette, c’est du travail déjà effectué par des salariés.

  • Elle finance des enseignants, des infirmières, des policiers, des chercheurs… qui ont touché un salaire et produit un service.

  • Dire « réduisons la dette », c’est donc implicitement dire : « supprimons des salaires et des services ».

Tableau comparatif (Italie / autres pays)

Pays

Réduction de déficit / ajustement

Coût social / pertes d’emplois / effets sur salaires & services

Commentaire critique

Italie

Réformes du travail, compression budgétaire

Chômage élevé, salaires réels stagnants, services publics comprimés

Le “modèle exemplaire” masque la précarité

Grèce

Austerité radicale

Fuite des talents, explosion de la pauvreté

La dette “réduite” au prix de la survie

Espagne

Réformes, coupes sociales

Perte de millions d’emplois après 2008

Apparence de redressement mais déficit structure

 

Coût social caché de la “réussite” italienne

Les discours politiques citent souvent l’Italie comme « exemple de redressement » ou de “bonne gestion”. Mais derrière ces chiffres se cache un lourd tribut social qu’on préfère occulter. Voici quelques éléments concrets :

Données récentes marquantes
  • En janvier 2025, l’Italie affiche un taux de chômage de 6,3 %, selon l’ISTAT, avec 145 000 emplois créés ce mois-là — un regain ponctuel, mais dans un contexte où le taux d’emploi reste l’un des plus faibles d’Europe. Reuters

  • Le secteur automobile, via l’entreprise Stellantis, a annoncé avoir supprimé près de 10 000 emplois en Italie entre 2020 et 2024. Reuters

  • Le rapport Oxfam Italie (2013) montrait déjà que lors de périodes d’ajustement budgétaire, le plein-emploi recule, les emplois à temps partiel augmentent, et les ménages les plus modestes sont les plus touchés. www-cdn.oxfam.org

  • Depuis les crises de la zone euro, l’Italie a perdu une part importante de sa production industrielle (≈ 25 %), freinant sa capacité à retrouver des emplois industriels de qualité. SpringerLink+1

Limites et analyses critiques
  • Les “emplois créés” ne sont pas tous équivalents : beaucoup sont précaires, temporaires ou à temps partiel. Le renversement de la précarité durable reste peu visible.

  • Le “succès” italien est souvent mesuré en termes de croissance ou de réduction du déficit, mais peu en termes de reconstruction de services publics ou de rehaussement des salaires réels.

  • L’amélioration du ratio dette/PIB peut masquer le fait que ce sont les citoyens ordinaires, et non les marchés, qui ont payé le prix : via des impôts, des coupes dans les services, des compressions salariales.

  • Comparer l’Italie à d’autres pays (Espagne, Grèce…) révèle que les politiques d’ajustement sont toujours assorties d’une précarisation massive, d’une montée du chômage de longue durée et d’une exclusion sociale invisibilisée dans les statistiques officielles.

  • On peut désormais dire : « Oui, l’Italie “s’améliore” sur les indicateurs macroéconomiques — mais à quel coût humain ? »

  • Les “emplois créés” sont souvent des emplois faibles ; les suppressions dans les secteurs industriels ou stables frappent les classes moyennes et populaires.

  • On présente les réductions de dette comme des réussites abstraites, mais elles sont obtenues sur le dos de vies précarisées.

L’obsession comptable, une impasse historique

Les dirigeants répètent : « Il faut réduire la dette ! ». Mais aucun pays ne s’en sort uniquement par la rigueur. Historiquement, les dettes publiques se stabilisent ou se réduisent par :

  • La croissance économique.

  • L’inflation modérée (qui allège le poids réel de la dette).

  • La création monétaire (non admise dans l’Union européenne actuelle).

Couper dans les dépenses publiques n’a jamais produit de miracle. Cela ne fait qu’alimenter le chômage et la défiance politique.

L’enjeu véritable

Le vrai débat n’est pas : « Faut-il réduire la dette ? »
Le vrai débat est : qui contrôle la monnaie, et pour financer quoi ?

Tant que la création monétaire est laissée aux marchés financiers et aux banques, la dette restera une chaîne qui nous étrangle, et les coupes budgétaires continueront de fabriquer du chômage.

Mais si nous assumons que la dette est en réalité une avance sur productivité collective, alors nous pouvons imaginer une autre voie : une création monétaire publique, indexée sur les besoins sociaux, écologiques, ou même sur une mesure énergétique universelle comme le joule.

Alors, au lieu de compter les milliards « à économiser », nous compterions les vies améliorées, les services garantis, et l’avenir construit.

Parce qu’au fond, la dette finance des vies, pas des trous.

Une autre logique : investir dans la vie

Si la dette finance des vies, alors l’enjeu n’est pas de couper, mais de mieux orienter.
Investir dans :

  • La transition écologique,

  • La santé et l’éducation,

  • Les technologies utiles,

c’est garantir des emplois et un avenir. Le problème n’est pas la dette en soi, mais la soumission aux marchés financiers qui exigent leur part d’intérêts.

5. Une hypocrisie entretenue

Les citoyens ne veulent pas payer plus d’impôts, mais ils exigent des services publics.
Les gouvernements ne veulent pas assumer cette contradiction, alors ils s’endettent.
Les libéraux dénoncent ensuite la dette pour imposer leurs solutions : privatiser, réduire les droits sociaux, transférer la richesse vers le capital.

En vérité, la dette est le reflet d’un choix politique : maintenir un niveau de vie collectif malgré une répartition des richesses toujours plus inégalitaire.

6. Conclusion

La dette publique n’est pas un gouffre, mais un miroir : celui d’une société qui préfère préserver les profits privés plutôt que de financer équitablement ses besoins collectifs.
Réduire la dette sans alternative, c’est fabriquer des chômeurs.

Réduire la dette pour « rassurer les marchés » est un mythe destructeur. Derrière chaque milliard coupé, ce sont des vies humaines qui basculent dans la précarité.

La vraie question n’est pas : « Comment réduire la dette ? »
Mais : « Comment faire en sorte que la monnaie serve à financer la vie, et non à enrichir une minorité ? »
Alors oui, il vaut mieux « laisser couler la dette » que couler des millions de vies.

La dette n’est pas un trou : c’est une respiration. Coupez-la, et vous étouffez la société.

« Entre dette et austérité, le choix est clair : la dette nourrit, l’austérité affame. »
La comparaison France–Italie montre que l’obsession comptable détruit plus de vies qu’elle n’en sauve. Nous pouvons dire la dette nourrit, l’austérité précarise, la dette c’est la vie, couper la dette c’est couper des vies car elles sont derrières les chiffres

 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

 


 

 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 28 Septembre 2025

Capitalisme, Fascisation et Référence universelle du Joule pour une voie de sortie.

 

Depuis la fin des années 1980, notre société s’est engagée dans une trajectoire où la judiciarisation

et la policiarisation sont devenues des réponses structurelles à la perte de contrôle social

engendrée par le capitalisme dérégulé.

En 1999, j’ai formulé l’idée que ce glissement ouvrait mécaniquement la porte à la fascisation, comprise comme une mutation culturelle et politique plus large que le seul nazisme, dont elle n’est qu’une déclinaison historique.

Ce glissement structurel n’est pas neutre : il a ouvert une voie vers la fascisation, entendue non comme un régime immédiatement dictatorial, mais comme un processus diffus qui s’installe par petites touches. À chaque fait divers, à chaque crise, les citoyens en appellent davantage à la justice et à la police, renforçant la logique de contrôle, plutôt que celle de l’émancipation qui renforce le contrôle interne.

C’est le symptôme le plus évident d’une société fragilisée par l’emprise du capitalisme financier et par l’absence d’une vision politique alternative.

 

L’histoire nous montre que ce processus n’est pas nouveau.

 

L’eugénisme pratiqué en Europe et aux États-Unis avant la Seconde Guerre mondiale, ou les sélections sociales et territoriales opérées par les empires coloniaux, rappellent que les dérives fascisantes peuvent précéder et préparer les totalitarismes. Hitler n’a pas inventé la logique d’élimination : il l’a seulement industrialisée, dans un contexte où l’Europe pratiquait déjà l’exclusion, la stérilisation forcée et les déplacements de populations.

La Shoah apparaît alors comme l’aboutissement monstrueux d’une logique ancienne : la gestion des "indésirables" par l’élimination. Mais réduire cette dérive au seul nazisme serait se voiler la face. Comme l’a montré Calhoun dans ses expériences sur la surconcentration urbaine, toute société humaine qui accumule des tensions, des inégalités et des frustrations développe de nouveaux paradigmes sociaux où le dominant s’impose par la contrainte.

Même en démocratie, cette dynamique se retrouve : l’instinct de domination, hérité de nos origines animales, se recompose dans des systèmes culturels et politiques.

Le fascisme n’est donc pas une anomalie : il est une récurrence, une réponse dévoyée à la peur de l’étranger, à la rareté perçue, et à la compétition pour le territoire ou la ressource.

Nous ne pouvons plus espérer revenir à un modèle tribal ou endémique, où les conflits pouvaient se résoudre par la médiation des sages.

Le développement démographique, l’interdépendance des économies et l’accélération des communications nous placent dans un monde où l’isolement n’est plus possible.

Le nationalisme fermé, qui rejette la mondialisation, ne peut pas constituer une solution durable sans engendrer d’autres conflits.

Les nations modernes sont les héritières de contextes historiques où la circulation humaine était limitée ; aujourd’hui, les échanges massifs, physiques et numériques, imposent une mondialisation de fait.

Reste à savoir quelle forme politique et économique elle prendra. Or, l’organisation capitaliste actuelle du marché mondial entretient ce paradoxe : elle impose une mondialisation des flux financiers et commerciaux, mais nourrit un rejet de la mondialisation politique et culturelle.

 

 

L’histoire, l’anthropologie et l’économie convergent pour montrer que cette dynamique n’est pas exceptionnelle mais récurrente.

 

Le fascisme, au sens large, apparaît chaque fois qu’une société saturée par ses contradictions ne parvient plus à maintenir un équilibre entre besoins primaires, organisation économique et cohésion culturelle. La peur de l’étranger, la désignation de boucs émissaires, la recherche d’un chef charismatique et la mise en place d’appareils policiers disproportionnés constituent les symptômes visibles de cette dynamique.

Or, cette dynamique n’est pas propre à l’Europe du XXe siècle. Elle traverse toute l’histoire

humaine. Dans les cités grecques, à Sparte, l’eugénisme était institutionnalisé. Dans les sociétés

coloniales, l’exclusion raciale et la hiérarchisation des populations étaient systématiques. L’histoire

des Amériques est marquée par des déplacements forcés et des exterminations.

Le nazisme n’a fait que pousser à l’extrême une logique déjà présente dans la culture européenne, en l’industrialisant.

 

L’anthropologie nous éclaire

 

Dans des sociétés tribales à faible densité humaine, les conflits étaient régulés par des mécanismes symboliques et sociaux. Ainsi, chez les Massaï, lorsqu’un meurtre survient, les anciens ne se contentent pas de punir : ils recherchent ce qui a « armé le bras » de l’assassin. La régulation est collective, et la peur de l’autre ne se transforme pas en système politique. Mais dès que la densité humaine augmente, comme l’ont montré les expériences de John Calhoun sur la « surpopulation », les instincts primitifs se déforment, les hiérarchies se rigidifient et apparaissent des structures de domination qui tendent vers des formes proto-fascistes.

Aujourd’hui, l’impossibilité de revenir à un modèle tribal est une évidence. L’interdépendance des

économies et la mondialisation des échanges imposent un cadre où le nationalisme fermé ne peut

plus constituer une solution globale.

Les nations se sont construites à une époque où la circulation des hommes était faible, où seuls quelques marchands ou colonisateurs franchissaient les frontières. Désormais, la communication instantanée et les flux humains massifs exigent une mondialisation assumée, mais respectueuse des histoires et des identités locales.

 

C’est ici qu’intervient la question de la monnaie et du capital.

 

L’organisation capitaliste actuelle repose sur une rareté artificielle de la monnaie, présentée comme une valeur autonome. Ce choix enferme nos sociétés dans des cycles de crise, chaque fois résolus non par la satisfaction des besoins mais par l’exclusion, la répression et la désignation de responsables imaginaires. Nous en voyons les effets : montée de l’extrême droite en Europe, radicalisation de l’opinion publique sur les thèmes sécuritaires et migratoires, et incapacité des élites politiques à penser en dehors du paradigme du marché.

Les élites économiques, regroupées autour du patronat organisé (comme le MEDEF en France), promeuvent un "ordre de vie" centré sur l’entreprise, où les marchés dominent les États et où la société se définit par sa capacité à produire et à consommer. En réalité, il s’agit d’un nouveau paradigme systémique, où l’entreprise remplace l’ancien chef tribal ou le roi, en tant que structure de domination. C’est ce que j’ai formulé dès la fin du XXe siècle : notre civilisation court le risque de substituer à l’ordre politique démocratique un ordre économique totalisant.

 

Pourtant, une autre voie existe.

 

J’ai formulé la proposition d’une référence monétaire universelle fondée non sur la rareté artificielle mais sur l’énergie humaine et mécanique mobilisée : le joule. En reliant la création monétaire à la productivité réelle – qu’elle soit issue du travail humain, de la machine ou du savoir – il devient possible de libérer des fonds pour satisfaire les besoins primaires de l’humanité sans dépendre de l’argent accumulé par les riches. Cette conversion du travail-machine en monnaie pure permettrait de dégager des ressources pour répondre aux défis globaux : alimentation, logement, santé, éducation, lutte contre le réchauffement climatique.

Sans cela, nous courons vers une répétition historique : les cycles de crise du capitalisme, en

Chine, en Inde ou en Russie, reproduiront les mêmes tensions que celles vécues en Europe au

XXe siècle. Nous n’y voyons rien car nous restons enfermés dans l’immédiateté, obsédés par

l’argent plutôt que par la monnaie comme outil d’échange. Nous préférons laisser se développer

des crises plutôt que de libérer de la monnaie pour répondre aux besoins essentiels. Ce paradoxe

nourrit la tentation fasciste : quand la société ne sait plus répondre aux besoins vitaux, elle se replie

sur l’ordre, la police et le rejet de l’autre.

 

L’enjeu est donc anthropologique, économique et politique.

 

Anthropologique, car il s’agit de dépasser nos instincts archaïques pour inventer des formes nouvelles de coopération.

Économique, car seule une refondation de la monnaie peut rompre avec la rareté artificielle qui

alimente les crises.

Politique, enfin, car la démocratie adolescente que nous pratiquons doit devenir adulte, c’est-à-dire capable de penser l’humanité comme un tout interdépendant.

 

La conclusion s’impose :

 

Si nous ne voulons pas que l’histoire se répète sous une forme moderne de fascisme, dépourvue de moustache mais tout aussi brutale, il nous faut libérer la monnaie, rémunérer le savoir, et inscrire notre avenir dans une référence universelle, le joule. Alors seulement la mondialisation cessera d’être perçue comme une menace pour devenir un projet partagé, pluraliste et humain.

Pour sortir de cette impasse, il faut réinventer une référence commune. Je propose depuis longtemps l’idée du Joule comme monnaie universelle d’échange. En liant la valeur des biens et services à l’énergie humaine et mécanique nécessaire à leur production, on redonnerait à la monnaie une fonction rationnelle et égalitaire.

Le Joule permettrait de dépasser l’illusion de la rareté artificielle imposée par la finance, en reconnectant l’économie aux réalités physiques et sociales.

Libérer de la monnaie pour répondre aux besoins essentiels – alimentation, santé, éducation, logement – serait la meilleure prévention contre les crises qui nourrissent les fascisations, contre l’immigration.

L’avenir ne pourra pas être une simple addition de nationalismes. Il doit être pluraliste, respectueux des histoires ancestrales, mais ouvert à un cadre global.

La mondialisation est inévitable, mais elle ne doit pas être celle du marché seul. Elle doit être celle d’une humanité consciente de son interdépendance, capable de reconnaître ses instincts de domination et de les dépasser par la culture, l’éducation et le savoir.

L’enjeu est clair : si nous continuons à courber notre regard sur l’immédiateté de l’argent, en laissant se développer des crises pour maintenir une valeur rare, nous répéterons les cycles destructeurs du capitalisme. Si nous choisissons au contraire de libérer une monnaie d’échange universelle, tournée vers la satisfaction des besoins primaires et le développement du savoir, nous pourrons éviter que la peur, la xénophobie et la policiarisation ne nous entraînent vers une nouvelle forme de fascisme.

 

La véritable alternative au fascisme

 

Elle n’est pas seulement politique : elle est monétaire, énergétique et cognitive.

Elle consiste à donner aux peuples les moyens de leur autonomie, plutôt qu’aux marchés le droit de décider de leur destin. Sans cela, l’humanité continuera de vivre à crédit, et le prix de ce crédit sera toujours payé par les plus faibles.

Nous sommes à la croisée des chemins. L’humanité dispose des moyens technologiques et des connaissances pour inventer une mondialisation humanisée et celui de la détruire. Mais il faut un choix politique, un sursaut collectif. Sinon, le fascisme moderne – sans uniforme, sans moustache, mais avec les mêmes mécanismes d’exclusion – s’imposera comme la réponse par défaut. Le Joule, en tant que monnaie d’échange universelle, est une piste pour ouvrir une autre voie, celle d’une société pluraliste et civilisée, capable de se penser adulte à l’échelle du temps géologique

 

 

 

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Publié le 27 Septembre 2025

Les Canuts et la monnaie pure : de la révolte à l’émancipation

 

Au XIXe siècle, les Canuts, tisserands lyonnais, se révoltèrent contre les machines à tisser qui

menaçaient leur survie. Leur cri « vivre en travaillant ou mourir en combattant » résonne encore

comme une revendication fondamentale de dignité. Face à la misère et aux 18 heures de travail

quotidien, ils inventèrent pourtant des solutions sociales novatrices : mutualisme, coopératives,

conseils de prud’hommes, presse ouvrière, caricatures militantes. Autant de jalons d’émancipation

que nous avons aujourd’hui tendance à oublier.

 

Le parallèle avec notre temps est frappant.

 

Hier, les métiers à tisser ; aujourd’hui, la robotisation, l’intelligence artificielle et les caisses automatiques. La technologie détruit des emplois mais améliore le confort et la productivité. Elle est mue par le même ressort : la recherche du moindre effort pour satisfaire les besoins humains.

 

Les syndicats, à juste titre, craignent ces destructions.

 

Mais refuser la technologie est vain : l’histoire montre que son avancée est inéluctable.

La différence fondamentale, c’est que nous savons aujourd’hui ce que les Canuts ne pouvaient pas

savoir : la productivité des machines peut être mesurée et traduite en création monétaire pure. Là

où les révoltes d’hier cassaient les outils, notre tâche est d’inventer un système où la valeur créée

par les machines alimente directement la société plutôt que de se concentrer entre les mains d’une

minorité. C’est le sens d’une « monnaie pure » indexée sur la productivité machine et du savoir

accumulé.

Une telle approche ouvrirait la voie à de nouveaux instruments :

 

une Banque Verte ou une Écomonnaie, capables de financer les défis écologiques et climatiques, sans faire peser le coût sur les seuls salariés. Car il ne manque pas de travail — il manque de monnaie disponible pour l’accomplir.

La leçon des Canuts est claire : face à une technologie inarrêtable, seule l’émancipation

intellectuelle et collective permet d’éviter la misère. Hier, elle prit la forme du mutualisme et des

coopératives. Aujourd’hui, elle doit prendre la forme d’une réinvention monétaire et d’une vision à

long terme, capable de libérer l’humanité de la peur du progrès technique.

Ne craignons donc pas les machines : organisons-nous pour que leurs gains deviennent une

richesse partagée. C’est la condition pour que l’évolution technologique, loin de nous déposséder,

nous rapproche de ce que nous cherchons depuis toujours : vivre dignement, libres, et capables de

choisir notre avenir

 

Le fascisme de Weimar à la France contemporaine : identité de rapport

 

L’histoire ne se répète jamais terme à terme, mais elle offre des résonances troublantes. Entre

l’Allemagne de Weimar au début des années 1930 et la France contemporaine, certains parallèles

s’imposent. Il ne s’agit pas de confondre Hitler et nos acteurs actuels, mais d’identifier des «

identités de rapport » : mêmes mécanismes, mêmes dynamiques, mêmes aveuglements.

Comprendre ce glissement est essentiel pour éviter que l’histoire ne bascule à nouveau.

 

I) La République de Weimar : un laboratoire du glissement autoritaire

 

L’Allemagne des années 1930 ne fut pas emportée par une marée brune irrésistible. Les nazis

n’ont jamais « pris » le pouvoir : on le leur a donné. Les élites conservatrices, industrielles et

médiatiques, préférèrent pactiser avec Hitler plutôt que de perdre leurs privilèges. En utilisant les

failles de la Constitution (article 48), en gouvernant par ordonnances, en criminalisant les «

extrêmes » de gauche, le centre autoritaire ouvrit la voie à l’extrême droite. La presse de masse,

dominée par les magnats comme Hugenberg, entretint la peur du « bolchévisme culturel » et

alimenta les haines identitaires. Ainsi, ce n’est pas la force du nazisme qui l’a porté, mais la

faiblesse des démocrates et la compromission des élites.

 

II) La France (1984-2025) : un terrain de compromissions

 

Depuis 1984, la scène politique française connaît un glissement comparable. La gauche a

abandonné la lutte anticapitaliste, se contentant d’accompagner la gestion libérale. Le PS, en

assumant la « social-démocratie » sans rupture avec le marché, a désarmé idéologiquement ses

militants. La droite, elle, s’est « décomplexée », reprenant des thèmes du Front national pour ne

pas perdre son électorat. Aujourd’hui, une partie de LR n’hésite plus à envisager des alliances avec

le RN.

Macron incarne ce « centre autoritaire » :

austérité budgétaire, verticalité du pouvoir, criminalisation d’une supposée « extrême gauche », instrumentalisation sécuritaire et dissolution du Parlement pour contourner le débat démocratique. Quant aux médias dominants, largement contrôlés par de grands groupes financiers, ils alimentent quotidiennement les thèmes de l’extrême droite : insécurité, immigration, déclin national. La réalité est pourtant contrastée : depuis 1995, le taux de criminalité baisse en proportion, mais le discours médiatique fabrique une insécurité permanente.

 

III) Identité de rapport : similitudes et enseignements

 

Comme à Weimar, nous observons aujourd’hui : – un centre autoritaire qui préfère s’allier à droite

qu’à gauche ; – une gauche social-démocrate en retrait, incapable de porter une alternative claire ;

– des élites économiques et médiatiques qui instrumentalisent la peur pour préserver leurs intérêts

; – une extrême droite qui gagne en crédibilité grâce à ces compromissions. L’histoire ne se répète

pas : Hugenberg n’est pas Bolloré, Papen n’est pas Macron. Mais le rapport entre les forces

politiques est analogue. Les élites, par calcul, nourrissent ce qu’elles prétendent combattre. La «

banalisation » de l’extrême droite est le fruit de cette complicité, et non d’une fatalité.

La République de Weimar est morte moins de la force des nazis que de la lâcheté et de la cupidité

de ses élites. La France contemporaine n’en est pas au même point, mais les signaux sont là. La

judiciarisation, la policiarisation de la société, la criminalisation des contestations sociales, sont les

symptômes d’un glissement. Si l’on veut éviter qu’un jour le RN gouverne comme Hitler fut nommé chancelier, il faut briser cette mécanique. Non par la peur, mais par la lucidité, le courage et la reconstruction d’un horizon commun.

« Le fascisme ne s’impose pas, il s’infiltre. Il prospère quand la démocratie

s’endort.

 

Le glissement fascisant : du Juif au Musulman, d’Hitler à nous

 

Héritages et avertissements

 

L’histoire des Canuts ou de l’Allemagne des années 1930 nous rappelle que les sociétés, en crise,

cherchent toujours un ennemi intérieur. Hier, les ouvriers lyonnais détruisaient les métiers à tisser ;

hier encore, Hitler désignait les Juifs comme responsables de tous les maux. Aujourd’hui, nos

sociétés fragilisées par la mondialisation et le capitalisme financier rejouent ce scénario. Non pas

de façon brutale comme en 1933, mais sous une forme insidieuse : un glissement fascisant.

 

En 1999 je prédisais cette dérive et en 2011j’écrivais : Le musulman remplacera-t-il le Juif ?

 

À la faveur de la peur et de l’insécurité, le débat sur « l’identité nationale » et « la place de l’islam »

s’est installé. L’amalgame s’est construit : l’immigré = le musulman = l’ennemi potentiel. Les

médias, en relayant sans cesse faits divers et amalgames, ont fixé cette perception dans les

esprits. Comme jadis les caricatures antisémites, les discours péjorant l’altérité ont nourri une

mémoire collective qui habitue les citoyens au rejet. Le processus décrit par l’histoire se répétait :

recherche d’un chef charismatique, construction d’un groupe homogène, désignation d’un « autre »

menaçant, appel à des mesures d’exception. Le fascisme ne se choisit pas : il s’installe lentement,

à travers nos peurs et nos discours quotidiens.

 

2023 — La banalisation du rejet

 

Douze ans plus tard, nous n’en sommes plus à l’étape du glissement : nous sommes dans la

banalisation. Le Parlement vote des lois restrictives sur l’immigration. Le RN s’impose comme parti de gouvernement. La confiance démocratique s’effondre (2 à 6 % de confiance dans les

institutions). La société accepte qu’une partie de la population soit traitée comme une

sous-humanité, privée de droits égaux. Les statistiques montrent pourtant une réalité très différente

: la criminalité baisse depuis 1995, l’immigration irrégulière représente moins de 1 % de la

population, et plus d’un immigré sur dix travaille déjà dans nos entreprises. Mais la peur l’emporte

sur la raison. Comme hier, la stigmatisation remplace l’analyse.

 

Un processus en miroir

 

En 2011, nous pouvions dire « attention, le fascisme se glisse en nous ». En 2023, nous devons

dire « attention, le fascisme s’institutionnalise ». Le parallèle est clair : hier, les Juifs étaient

accusés d’être responsables de la misère et des crises sociales. Aujourd’hui, les musulmans sont

désignés comme la cause de l’insécurité et du chômage. Les mêmes mécanismes se déploient,

avec l’appui des médias, la lâcheté du « centre » politique, et la peur instrumentalisée des citoyens.

 

Quelle issue ?

 

Peut-on arrêter cette spirale ? Pas en cherchant un nouvel Hitler à abattre, ni en se réfugiant dans

la nostalgie des Canuts. Il nous faut changer le terrain même sur lequel prospère le fascisme :

briser le lien entre rareté économique et désignation d’un ennemi, créer une nouvelle richesse par

la productivité des machines et la monnaie pure, bâtir une banque verte ou une écomonnaie, pour

répondre au défi écologique et donner des revenus indépendants du travail salarié. Car si nous

restons prisonniers du capitalisme de rareté, nous continuerons à chercher des boucs émissaires.

Si nous inventons une richesse nouvelle, nous pourrons enfin sortir du piège qui alimente le

fascisme.

Le fascisme n’entre pas par effraction : il s’installe dans nos habitudes. Pour l’arrêter, il

ne suffit pas de dénoncer ses discours, il faut créer une société qui n’ait plus besoin de boucs

émissaires

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Publié le 27 Septembre 2025

 


Intro : quand l’homme veut corriger la nature
Malthus, père de la rareté organisée
En 1798, Malthus pose son diagnostic : la population croît de façon exponentielle, les ressources seulement de façon arithmétique. Résultat : famine, misère, guerre. Sa solution ? Restreindre la natalité, prôner l’abstinence, limiter les aides aux pauvres.
En chiffres :
    • 1800 : environ 187 millions d’Européens.
    • 1900 : 400 millions.
La productivité agricole progresse, mais Malthus avait ouvert une brèche idéologique : l’homme devient un coût, la naissance un danger, le pauvre un poids.
    • La crainte de Malthus est réelle : la croissance démographique est rapide et les famines fréquentes.
    • Mais sa « solution » est idéologique : il oppose les « classes laborieuses » fécondes aux classes riches capables de tempérance. Le problème n’est pas la production, mais la répartition.
    • Déjà, se profile une logique : la pauvreté devient une faute, la natalité des pauvres une menace.
Cette logique ressurgira sans cesse :
    • Dans les colonies, où l’on considère certaines populations « surnuméraires » et indisciplinées.
    • Dans l’Europe industrielle, où les crises sociales sont lues comme la conséquence d’une « surpopulation ouvrière ».
Cette rationalité, que l’on peut qualifier de comptable, inspire directement les politiques eugénistes au XXᵉ siècle.
Thomas Malthus dans son Essai sur le principe de population en 1798 y défend l’idée que la croissance démographique dépasse toujours la croissance des ressources, et que seule l’« abstinence morale » peut réguler la population. Derrière l’élégance mathématique, c’est une révolution : la vie humaine devient une variable comptable. Déjà, on parle de « bouches inutiles ».
Cette logique n’a jamais disparu. On la retrouve, deux siècles plus tard, dans les propos d’un bénédictin affirmant que « Dieu a mal fait sa création » en permettant aux enfants d’enfanter. Derrière la formule, c’est la même prétention : croire que l’homme peut, par ses calculs ou sa morale, contrôler la vie.
Or l’histoire nous montre ce qu’il advient quand la rareté est gérée par le calcul froid : on sélectionne, on élimine, on hiérarchise.
L’eugénisme avant Hitler : une longue histoire de sélection, à partir de l’eugénisme scientifique jusqu’à l’industrialisation nazie 
L’idée que l’humanité doit « se purifier » ou « se rationaliser » ne naît pas dans les années 1930.
Antiquité :
À Sparte, les nouveau-nés jugés faibles étaient éliminés.
Rome connaissait l’exposition des nourrissons, pratique consistant à abandonner les « bouches de trop ».
Époque moderne :
Au XIXᵉ siècle, l’anthropologie raciale s’impose : Gobineau, Vacher de Lapouge, Chamberlain théorisent la hiérarchie des races.
En 1859, Darwin publie L’origine des espèces. Ses idées sont récupérées en « darwinisme social » : les plus faibles doivent disparaître.
Le XXᵉ siècle avant Hitler :
États-Unis : 
dès 1907, l’Indiana adopte des lois de stérilisation. En 1950, 30 États ont des programmes eugénistes. Plus de 60 000 Américains seront stérilisés.
Europe :
Danemark (1929), Norvège (1934), Suède (1935), Suisse (1928) : lois de stérilisation.
En Allemagne, avant même Hitler, les élites médicales et politiques débattent de la « vie indigne d’être vécue ».
Ainsi, quand le nazisme arrive, l’idée est déjà normalisée. Hitler ne crée pas l’eugénisme : il l’industrialise.
Hitler. Solution finale : l’industrialisation de la mort.
Dès 1933, loi sur la stérilisation forcée des « malades héréditaires » : en dix ans, 400 000 personnes sont stérilisées.
Programme Aktion T4 : euthanasie des malades mentaux, 70 000 morts avant 1941.
À partir de 1942, la « Solution finale » applique la même logique à une échelle inédite : extermination systématique des Juifs, Roms, opposants.
Ce qui est nouveau :
L’industrialisation (camps, chambres à gaz, logistique ferroviaire).
L’idéologie pseudo-scientifique pour justifier.
La mobilisation d’un État moderne entier pour rationaliser le meurtre.
Ce qui change
c’est l’échelle : une idéologie pseudo-scientifique mise au service d’un État moderne capable de rationaliser la sélection, l’exclusion et l’extermination.
Aujourd’hui : un retour du malthusianisme sous d’autres formes
Nous ne parlons plus de « races », mais la logique reste la même : gérer la rareté par l’exclusion.
Nous ne construisons plus de camps, mais la logique de Malthus revient par d’autres chemins :
Discours sur la dette et la décroissance punitive
La dette publique
En France, elle dépasse 3 400 milliards d’euros.
Les discours politiques martèlent qu’il faut « réduire la dette » – c’est-à-dire réduire les dépenses sociales, donc les vies protégées.
En clair : au nom de la comptabilité, on détruit des vies.
On nous dit : « La planète ne peut pas nourrir tout le monde. »
Pourtant, la FAO rappelle que nous produisons de quoi nourrir 12 milliards d’humains. Le problème n’est pas la production, mais la répartition.
Politiques migratoires
L’obsession de l’« invasion » masque une réalité : les immigrés représentent 10 % de la population active en France, et contribuent positivement aux retraites et à l’économie.
Mais le discours construit un ennemi intérieur, exactement comme jadis le Juif ou l’« asocial 
Sélection sociale par la pauvreté
En France, 14 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Le non-accès aux soins, aux études, au logement, devient une forme de « sélection » implicite.
Le climat
Au lieu de financer massivement la transition (banque verte, écomonnaie), on parle de « sobriété » imposée.
La décroissance punitive revient au vieux discours de Malthus : « il n’y a pas assez pour tout le monde, donc certains doivent se serrer la ceinture ». Ceci n’a rien de commun avec la décroissance qui réclame un changement de consommation.
L’immigration
Présentée comme une « invasion », alors qu’elle représente moins de 10 % de la population active.
Stigmatisée comme cause de l’insécurité et du chômage, alors que les chiffres officiels (Insee, Observatoire société) montrent une criminalité stable et une contribution économique positive.
Le rôle du travail machine : la vraie richesse cachée
Depuis 1850, le PIB mondial a été multiplié par environ 200.
Ce n’est pas dû au nombre d’humains, mais à la productivité machine et au savoir accumulé.
Exemple : un salarié produit aujourd’hui en une heure ce qu’il fallait un mois entier pour réaliser au XIXᵉ siècle.
Cette différence représente une création de valeur immense, mais qui n’a pas été traduite en monnaie disponible pour les citoyens.
Elle est captée par les capitalistes, ou par l’État via l’impôt, mais jamais distribuée comme revenu de civilisation.
C’est là l’angle mort du capitalisme : il prétend que seule la richesse privée (capital, profits) peut financer l’avenir. Or la véritable richesse vient de la machine, donc de l’humanité entière.
D’où ma proposition : convertir la productivité machine en monnaie pure, indexée sur les joules de travail économisés. Une monnaie qui n’appartiendrait pas aux riches, mais à tous.
Le risque du capitalisme sans régulation : le fascisme rampant
Quand les richesses existent mais sont accaparées par une minorité :
Les inégalités explosent.
Les classes moyennes se sentent décliner.
Les pauvres servent de boucs émissaires.
C’est le scénario des années 1930 : crise économique + austérité = montée des extrêmes.

C’est aussi celui d’aujourd’hui :
Médias concentrés qui nourrissent le discours de peur (immigration, insécurité).
Bloc bourgeois qui gouverne par ordonnances, comme Brüning en Allemagne.
« Extrême centre » (Macron) qui refuse toute alliance à gauche et ouvre la voie à l’extrême droite.
Résultat : une structuration politique fascisante en France et en Europe, mais sous des habits démocratiques.
Pas de moustache, pas d’uniforme brun, mais une idéologie d’exclusion, une judiciarisation et une policiarisation croissante, et des discours où « la sécurité » justifie tout.
La bifurcation possible : choisir l’émancipation plutôt que la rareté
Deux chemins s’offrent à nous :
Celui de la rareté (héritier de Malthus) : 
dette, austérité, décroissance punitive, exclusion des immigrés, culpabilisation écologique. Ce chemin mènera, comme dans les années 1930, à un fascisme moderne, légitimé par les urnes. Cela sans que les citoyens en aient conscience. Gérer la rareté par l’élimination, la sélection, l’exclusion. C’est le chemin des nantis qui veulent protéger leurs privilèges. Il a conduit à la Shoah, et prépare celle à venir que nous ne reconnaîtrons pas.
Celui de l’émancipation :
Reconnaître la productivité machine comme une richesse collective.reconnaître la valeur de la connaissance et du partage : produire autrement, répartir équitablement, investir dans l’éducation et la recherche.
Créer une monnaie pure adossée à l’énergie économisée par les machines et au savoir accumulé.
Distribuer cette monnaie sous forme de revenu universel d’activité, permettant de financer la transition écologique et de libérer l’humain du travail forcé.
Aujourd’hui, la question reste la même :
allons-nous répéter ce chemin en version moderne – dette, climat, immigration – ou choisir d’inventer un avenir où la vie n’a pas besoin d’être comptée pour être protégée ?
L’alternative : l’auto-régulation par le bien-être
Une donnée fondamentale ressort des études démographiques :
Plus une population vit dans le bien-être, moins elle a d’enfants.
Les pays riches ont un taux de fécondité inférieur à 2 enfants par femme (sous le seuil de renouvellement).
Les femmes instruites, autonomes économiquement, choisissent d’avoir moins d’enfants.
Autrement dit : la joie de vivre régule mieux que la peur.
Conclusion : Hitler sans moustache
Hitler n’était pas un monstre isolé : il était le produit d’une logique partagée par son époque. Hitler n’était pas une exception monstrueuse, mais le révélateur extrême d’une logique partagée par beaucoup de sociétés : gérer la vie comme une variable comptable.
Aujourd’hui, nous risquons de répéter l’histoire : un capitalisme en crise, un bloc bourgeois accroché à son pouvoir, un discours de peur et d’exclusion, une extrême droite normalisée.
Mais le danger est plus insidieux : il ne portera pas de moustache, il parlera le langage de la démocratie et de la rationalité économique. C’est ce fascisme « à visage humain » qui nous guette.
La seule alternative est de changer de référentiel : ne plus fonder la société sur la rareté organisée par les riches, mais sur l’abondance produite par la machine et le savoir.
Ce qui change, c’est l’échelle : une idéologie pseudo-scientifique mise au service d’un État moderne capable de rationaliser la sélection, l’exclusion et l’extermination.
Les cycles du capitalisme et leurs répliques mondiales
Chaque étape du capitalisme a produit son lot de crises :
XIXᵉ siècle : crises de surproduction et famines → recours à l’austérité et au colonialisme.
1930 : krach et chômage de masse → fascismes et guerres.
1970 : choc pétrolier et fin du plan → libéralisme financier, dette et mondialisation sauvage.
2008 : crise financière mondiale → austérité européenne, précarisation sociale.
Ces cycles se reproduisent aujourd’hui :
La Chine, entrée de plain-pied dans le capitalisme industriel, connaît déjà une bulle immobilière et une suraccumulation de capitaux improductifs.
L’Inde fait face à une urbanisation explosive, sans infrastructures suffisantes.
La Russie, reconvertie dans le capitalisme oligarchique après l’effondrement soviétique, voit son économie soumise aux chocs extérieurs.
Tous trois seront tôt ou tard confrontés aux mêmes contradictions que l’Occident : rareté organisée, accumulation inégalitaire, crises sociales et politiques. Or nous pourrions espérer qu’ayant connu les affres du communisme, ils puissent prétendre à autre chose que de tomber dans ceux du capitalisme.

Argent rare vs monnaie d’échange : le piège cognitif
Dans tous les pays du monde, les besoins essentiels existent :
accès à l’eau, à l’alimentation, à l’éducation, aux soins,
transition énergétique, infrastructures, logement.
La seule chose qui manque, c’est la monnaie en circulation pour les satisfaire.
Or, au lieu de libérer de la monnaie pour répondre à ces besoins, les États préfèrent « gérer la rareté » au profit des marchés financiers.
C’est le paradoxe :
on restreint la monnaie comme si elle était une ressource naturelle rare,
alors qu’elle n’est qu’un instrument d’échange que l’on pourrait émettre en proportion des richesses réelles disponibles (machines, savoirs, forces humaines).
Le verrouillage des cerveaux : instruction indigente et instincts archaïques
Pourquoi cette évidence échappe-t-elle aux responsables politiques ?
Parce que notre formation intellectuelle est bloquée :
on apprend aux citoyens à compter l’argent, pas à penser la monnaie ;
à obéir aux instincts immédiats (sécurité, propriété, survie), pas à construire une éthique collective.
Monod le disait déjà : l’homme est condamné à choisir entre obéir à ses instincts biologiques – donc rester prisonnier de la rareté et de la violence – ou inventer une société humanisée en dépassant ces instincts par le savoir et la culture.
Or, depuis 40 ans, nos systèmes éducatifs ont cessé de former à la réflexion critique, pour se concentrer sur l’adaptation immédiate au marché. Résultat : nos cerveaux collectifs sont incapables de penser la monnaie comme outil de civilisation.
Le risque et l’alternative
Si rien ne change :
le capitalisme continuera à organiser la rareté,
les crises se répéteront,
et le fascisme, sous ses habits modernes, s’installera comme solution autoritaire pour gérer les frustrations.
L’alternative est claire :
Créer une monnaie pure adossée à la productivité machine et au savoir,
Libérer la circulation monétaire pour répondre aux besoins essentiels,
Éduquer les citoyens à penser au-delà de l’immédiat, pour construire une humanité adulte, consciente et solidaire.
« Nous confondons l’argent des riches avec la monnaie d’échange. Et tant que nous resterons prisonniers de ce leurre, nous répéterons les mêmes cycles de crise, jusqu’à fabriquer un fascisme moderne qui ne porte pas de moustache. »

 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 25 Septembre 2025

 

 

Qui paie vraiment ? Le vélo qui révèle la vérité cachée des impôts, l’illusion fiscale

On entend souvent dire : « Taxer les riches, taxer le capital, taxer les entreprises, il faut faire contribuer le capital ».… Voilà la solution pour soulager les salariés, et combler les déficits! »
L’idée paraît séduisante : enfin faire payer ceux qui « ont les moyens ».
Mais c’est une illusion. Car dans l’économie capitaliste, au bout de la chaîne, c’est toujours le salarié-consommateur qui supporte la note.

Introduction


Mais ce que peu de citoyens perçoivent, c’est que toutes ces taxes et impôts — sur les salaires, sur les bénéfices, sur les revenus des employeurs, sur les collectivités locales — finissent toujours, d’une manière ou d’une autre, par retomber sur… le salarié, quand il devient client.

On croit toujours que les riches, les patrons, ou encore les actionnaires « paient » leur part : impôts sur les bénéfices, charges patronales, prélèvements divers… Mais en réalité, tout est inclus dans le prix final du produit. Et qui paie ce prix ? Le client. Et dans la grande majorité des cas, ce client est… le salarié lui-même.

Pour le comprendre, prenons un exemple simple et concret : un vélo.

Le calcul du vélo

Un salarié produit en un mois un vélo et reçoit 100 pour ce travail.
Son employeur, de son côté, dispose d’un revenu mensuel de 500 et l’entreprise dégage un résultat mensuel imposable de 1000.

Décomposons les charges et impôts :

  • Salarié :

    • Impôt sur le revenu : 11 %

    • Cotisations sociales : 22 % (utilisées en prestations, mais tout de même à sa charge)

    • Prélèvements locaux : 7 %
      → au total, 40 % de ses 100 partent directement, financer les services publics votés. il lui reste 60 pour vivre.

  • Employeur :

    • Revenu 500 imposé à 30 %

    • Cotisations patronales : 42 % du salaire

    • Résultat imposé à 25 % sur 1000
      → ces coûts sont répercutés dans le prix du vélo.

  • Collectivités locales :

    • Prélèvements estimés à 7 % sur l’ensemble.

Le prix hors taxe du vélo doit donc couvrir :

  • 100 (salaire net du salarié),

    • 42 (cotisations patronales),

    • 500 (revenu employeur et charges associées),

    • 1000 (résultat imposable).

Soit un total de 1642.

En ajoutant la TVA de 20 %, on obtient un prix client TTC de 1970,40.

Répartition en % dans le prix TTC :

  • Salaire : 100 (36,8 %)

  • Prestations/charges employeurs : 42 (15,4 %)

  • Autres intrants : 58 (21,3 %)

  • IS (25 % du profit avant IS) : 6,67 (2,45 %)

  • Profit net (après IS) : 20 (7,35 %)

  • TVA : 45,33 (16,7 %)

  • Conclusion immédiate : le client paie à la fois le salaire, les prestations, les intrants, l’IS, le profit net et la TVA — tout est inclus dans le TTC.

Dans le prix d’un produit, cela ne se voit pas, car c’est infinitésimal, sauf s’il y avait une traçabilité comptable.

Où est le piège ?

Le salarié, qui a produit ce vélo, n’a touché que 100, dont il ne garde en réalité que 60 après impôts et cotisations.
Pour acheter « son » vélo, il lui faudrait donc épargner 1970 / 60 = 33 mois de tout son revenu disponible (hors dépenses vitales !).

Autrement dit :

  • Quand on taxe l’employeur, c’est le salarié-client qui paie.

  • Quand on impose les bénéfices, c’est encore le salarié-client qui paie.

  • Quand on ajoute des prélèvements locaux, c’est toujours le salarié-client qui paie.

Les riches ou les entreprises ne paient jamais « pour eux-mêmes » : ils répercutent leurs charges dans les prix.
Et au bout de la chaîne, celui qui supporte tout, c’est le salarié-consommateur.

Autrement dit : taxer le capital / les profits se retrouve dans le prix quand l’entreprise maintient son profit net cible.

Dans ce cas d’école, le salarié ne peut pas acheter le vélo sans attendre 33 mois ou bien consentir un prêt bancaire avec les dépôts des épargnants ou des possesseurs de capitaux

Taxer les riches”, qui paie ? (incidence simple)

  1. Si l’entreprise tient à garder le même profit net, une hausse de l’IS est répercutée en prix et l’entreprise est pérenne, et les salariés réclament une augmentation de salaire dû à la hausse des prix.

  1. Si le prix ne peut pas bouger (concurrence dure), l’IS plus élevé rogne le profit net :

  • Pour maintenir dans la durée les prix, voire les baisser face à la concurrence, l’entreprise peut réduire les salaires, supprimer des emplois, freiner leurs investissements
    Donc l’incidence finit souvent sur les travailleurs/clients (ou sur la pérennité du job).

    Dans ce cadre nous entendons les entreprises réclamer des réductions de charges

  1. Même logique pour les taxes locales, cotisations, taxes sur dividendes : si l’actionnaire cible maintient un net constant, le TTC monte ; s’il ne peut pas monter, on rogne ailleurs (emplois, salaires, qualité).

Ce que ça démontre (clair et net)

  • Le prix client agrège tout : salaire, prestations, intrants, impôts sur les sociétés, profit net, TVA.

  • Tout ce que l’on fait « payer » aux entreprises, aux employeurs ou aux riches se retrouve inévitablement dans le prix des biens et services. Et qui achète ces biens et services ? Les salariés.

  • Donc oui, dans un cadre standard, taxer “les riches / le capital” revient majoritairement à faire payer les clients, qui sont en grande partie… des salariés.

  • Taxer les riches ne veut donc pas dire que « ce sont eux qui paient ». Cela revient toujours, directement ou indirectement, à faire payer les salariés.

  • Quand le marché empêche le passage en prix, l’incidence se déplace vers les salaires/emplois et l’investissement.

  • Au total, l’essentiel est payé par les ménages familiaux (comme consommateurs ou travailleurs).

  • La monnaie ne tombe pas du ciel : elle circule, se transforme, mais au bout du compte, c’est toujours le consommateur final — donc le salarié — qui supporte la totalité des charges.


 

Conclusion

Ce petit calcul montre une évidence invisible : taxer les riches ou les entreprises, c’est toujours taxer le salarié à la fin.
Le salarié pense « défendre ses droits » quand il réclame de taxer davantage le capital, mais en réalité il se tire une balle dans le pied : il paiera lui-même ces taxes au moment de consommer.

Toutes les propositions politiques de taxation sont nulles et non advenues, elle prospère sur le fait que dans le cadre d’une production de masse cela ne se voit pas dans le prix, bien que cela existe comme je l’ai indiqué avec les pourcentages. Du fait de cette inculture économique des citoyens, cela les empêche d’avoir a réfléchir sur d’autres solutions, croyant toujours que prendre au riches est la solution.

Le vélo révèle ce que la politique cache : les impôts des riches roulent toujours sur les épaules des salariés.

 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 25 Septembre 2025


Depuis un demi-siècle, le capital public a disparu. Les citoyens ont perdu un outil essentiel
pour financer l’intérêt général. Resté seul maître du jeu, le capital privé s’enrichit en faisant
payer deux fois les salariés : une première fois au travail, une seconde fois pour racheter ce
travail à crédit. C’est le cœur d’une escroquerie sociale universelle qu’il est urgent de
rappeler.
Intro
Depuis 1974/76, il n’existe plus de capital public. C’est-à-dire un capital dont chaque citoyen serait
détenteur, utilisable pour répondre aux besoins collectifs, corriger les injustices, et garantir l’intérêt
général face aux excès du capital privé.
Le basculement fut décisif : dès lors, tout repose sur le capital privé. Or ce dernier ne vise pas l’intérêt
collectif mais uniquement l’intérêt particulier de ceux qui le détiennent. Cette rupture marque le début
d’une escroquerie sociale universelle, où le salarié doit emprunter pour racheter le fruit de son propre
travail.
Une escroquerie sociale monumentale
Le mécanisme est aussi simple qu’injuste : le salarié reçoit un salaire pour produire des biens et services.
Mais pour consommer ce qu’il a lui-même produit, il doit s’endetter auprès du capital qui détient les
moyens de production.
Le capital récupère ainsi :
• le coût du salaire qu’il a versé,
• la marge bénéficiaire sur la revente,
• et les intérêts de l’emprunt contracté par le salarié pour accéder aux biens produits.
Autrement dit, l’homme doit racheter son travail, au prix fort, à ceux qui l’emploient. Une escroquerie
sociale universelle, héritée d’instincts préhistoriques de prédation, où l’humanité peine encore à
distinguer la création de la vie (un cœur artificiel, un soin médical) de la fabrication de sa propre
destruction (armes nucléaires, pollutions massives).
Capitalisme et pollution : le piège
Le capitalisme pollue pour créer du profit, puis prétend dépolluer… en créant du profit supplémentaire.
C’est le cycle infernal :
• Pour faire du capital, on pollue ;
• Pour dépolluer, on fait encore du capital.
Exemple : la loi impose 10 au salarié et 100 au patron pour financer l’écologie. Le salarié, payé 100, ne
dispose plus que de 90 après prélèvement. Le patron, avec une marge de 200, ajoute les 100 d’écologie à
son prix de vente : le travail du salarié se revend alors 300. Résultat : le salarié doit s’endetter encore
davantage pour racheter son propre travail. Impossible de résoudre les problèmes écologiques avec le
capital privé : cela revient toujours à faire payer les salariés deux fois.
Smith et Marx : des philosophies à dépasser
Adam Smith croyait que l’intérêt personnel finirait par servir l’intérêt collectif. Karl Marx voyait dans
la collectivisation une voie de sortie du capitalisme. Mais ni l’un ni l’autre ne pouvaient anticiper les
réalités écologiques actuelles.
Leur pensée demeure précieuse comme point de départ, mais leurs axiomes sont caducs. Appliquées
aujourd’hui sans correction, leurs philosophies deviennent des impasses : elles nourrissent encore
l’opposition stérile entre libéralisme et communisme, au lieu de construire une voie nouvelle adaptée aux
défis de notre temps.
Pour un capital citoyen et une écomonnaie
Face à l’impasse du capital privé, il est temps de réinventer un capital collectif. Non pas en confisquant
les capitaux privés, mais en créant un outil nouveau, universel, destiné à l’intérêt public :
• une banque verte, garantie par les citoyens,
• une écomonnaie, adossée au coût réel des travaux à réaliser dans l’intérêt collectif (dépollution, montée
des eaux, préservation des terres arables).
Seul un tel capital public peut financer les immenses chantiers de survie qui nous attendent. Le capital
privé, par nature, ne le fera jamais : il n’investit que là où il trouve un profit immédiat.
Il appartient donc aux citoyens de décider : créer un capital de survie collectif, ou laisser le capital privé les
conduire à l’autodestruction.
Conclusion
Nous ne pourrons pas résoudre les crises écologiques, sociales et démocratiques avec les outils du capital
privé : il les aggrave en les transformant en nouvelles sources de profit.
Il nous faut recréer un capital public ̶ une écomonnaie citoyenne, adossée à la survie collective ̶ pour
reprendre la main sur notre avenir. Ce choix ne relève pas d’une utopie mais d’une nécessité vitale : il
en va de notre dignité, et peut-être de notre survie comme espèce.
« Tant que l’humain sera une charge et non une valeur, le capital privé restera notre bourreau. 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 23 Septembre 2025

Chaque jour, on nous parle de déficit public, de dettes à transmettre à nos enfants, d’insécurité à gérer dans l’instant. Mais derrière ces écrans de fumée se cache une menace autrement plus concrète : celle de voir nos enfants finir leur existence dans un monde détruit par nos propres armes.

Les probabilités sont implacables : à l’horizon 2100, l’usage du nucléaire devient presque une certitude si nous continuons sur la voie actuelle. Or ce destin tragique n’est pas une fatalité : il est le produit direct d’un système économique fondé sur l’abstraction du capital et la course infinie à la croissance.

Il est temps de poser une question radicale : et si l’on mesurait la valeur non plus en argent, mais en énergie réelle – le joule ?

Rémunérer les Hommes pour apprendre pour qu’ils se dépassent

L’évolution de l’humanité a toujours reposé sur la capacité de l’homme à dépasser ses instincts immédiats pour se projeter dans l’avenir. Pourtant, nos sociétés modernes tendent à enfermer les individus dans une logique d’immédiateté : production, consommation, rentabilité.

À mesure que la technologie réduit la nécessité du travail humain, une minorité suffit de plus en plus à faire fonctionner le monde. La question centrale devient alors : que faire du temps libéré ? Plutôt que de laisser s’installer la marginalisation et le vide, il est urgent d’imaginer un modèle où les hommes seraient rémunérés pour apprendre tout au long de leur vie.

Apprendre, c’est se libérer de l’ignorance, c’est se préparer à transcender les instincts archaïques qui nourrissent conflits et destructions. Dans une société où l’éducation est la véritable richesse, l’apprentissage permanent n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale.

La dette comme diversion politique

Dans une vie collective gouvernée par l’obsession de l’instant, les responsables politiques agitent sans cesse la menace de la dette publique. Ils occupent l’espace médiatique en cultivant une insécurité souvent surfaite, tout en invoquant leurs enfants comme justification morale : « nous ne devons pas leur laisser une dette ».

Mais dans le même temps, ils passent sous silence un danger bien plus concret et existentiel : celui de laisser à leurs enfants non pas un déficit comptable, mais la perspective de finir leur existence dans un monde détruit par l’autodestruction nucléaire ou écologique.

Le risque nucléaire, une certitude statistique

Les calculs probabilistes sont implacables :

  • avec 1 % de risque annuel, il y a 1 chance sur 2 qu’une arme nucléaire soit utilisée d’ici 2100 ;

  • dans un scénario d’escalade, ce risque grimpe à 2 chances sur 3.

Autrement dit, si rien ne change, l’usage du nucléaire devient quasi certain à l’échelle du siècle.

Encadré méthodologique – Risque d’utilisation nucléaire

 

  • Courbes = estimations probabilistes (pas des prédictions).

  • Hypothèses :
    • Risque annuel constant de 0,5 % ou 1 % (scénarios stables).
    • Risque croissant de 0,5 % en 2025 à 2 % en 2100 (scénario d’escalade).
    • Probabilité cumulée calculée avec la loi des probabilités indépendantes.

  • Limites :
    • Ne prend pas en compte désarmement, nouveaux traités, ou accidents évités de justesse.
    • Objectif = montrer que le temps rend l’usage plus probable.

Lecture politique des chiffres :

  • À 1 % par an → environ 1 chance sur 2 d’ici 2100.

  • Dans un scénario d’escalade → environ 2 chances sur 3.

  • Conclusion : si rien ne change, l’usage devient quasi certain à l’échelle du siècle.

Le capitalisme, moteur de la destruction

Pourquoi ce risque est-il si élevé ? Parce que notre système économique, fondé sur une monnaie abstraite, nourrit des dynamiques de croissance infinie, de compétition et d’accumulation.

À long terme, ces logiques produisent inégalités, tensions et guerres. L’arme nucléaire n’est que le point final de ce cycle : quand les moyens existent, l’histoire et la statistique montrent qu’ils finissent par être utilisés.

Passer de la monnaie à l’énergie : une sortie possible

Il est temps de repenser la valeur.

Mesurer l’économie en joules — l’énergie humaine et matérielle mobilisée pour produire biens et services — permettrait de :

  • donner une valeur universelle et équitable,

  • limiter la spéculation,

  • respecter les limites physiques de la planète,

  • et surtout, désamorcer la mécanique de l’autodestruction.

Sortir de la monnaie abstraite, c’est réduire la probabilité que la logique guerrière inscrite dans le capitalisme ne se traduise un jour par le feu nucléaire.

Et si on investissait dans l’apprentissage ?

Plutôt que de laisser le temps libéré par la technologie se perdre, pourquoi ne pas rémunérer les hommes pour apprendre ?

Apprendre, c’est se libérer de l’ignorance, c’est se préparer à dépasser les instincts destructeurs.

Conclusion

Rémunérer les hommes pour apprendre, repenser la valeur en énergie plutôt qu’en argent abstrait, réorienter la politique au-delà de l’obsession de la dette : toutes ces pistes convergent vers une même urgence.

Il s’agit de donner à l’humanité une chance réelle d’éviter l’autodestruction et d’offrir aux générations futures autre chose qu’une survie précaire sous la menace de leurs propres armes.

L’avenir n’est pas un luxe : il est le devoir de ceux qui vivent aujourd’hui.

 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 22 Septembre 2025

La monnaie énergétique – mesurer la valeur par le joule

« Comme un revenu universel, Rémunérer les hommes pour apprendre » : ce texte en est la démonstration. Sans savoirs accumulés, cette proposition n’aurait pas vu le jour. L’éducation est la clé de la transformation. »

« Rémunérer les hommes pour apprendre » : telle est la clé de la transformation. Sans savoirs accumulés, sans éducation et sans apprentissage permanent, cette proposition n’aurait jamais vu le jour. Le modèle d’une monnaie fondée sur le joule illustre comment la connaissance peut réinventer nos institutions et redonner sens à la valeur.

I. La monnaie actuelle : une fiction dominante

Depuis ses origines, la monnaie n’a cessé de reposer sur des conventions arbitraires. Elle n’est qu’un signe accepté, utile certes, mais dénué de valeur intrinsèque.

Elle a trois fonctions classiques :

  • mesurer les échanges,

  • faciliter le commerce,

  • transmettre une richesse dans le temps.

Mais l’euro, le dollar ou le yen ne valent rien hors de la confiance que nous leur accordons. Leur valeur fluctue au gré des spéculations, des rapports de force et des décisions de banques centrales.

Ainsi, notre monnaie ne compare pas la vie réelle ; elle comptabilise et spéculent sur des productions. C’est une fiction dominante, génératrice d’instabilité et d’inégalités.

II. Une alternative réelle : la monnaie énergétique

La vie repose sur une donnée universelle : l’énergie.
Chaque geste, chaque pensée, chaque production consomme une quantité mesurable d’énergie. Celle-ci se calcule en calories, et donc en joules.

Proposer d’adosser la monnaie au joule, c’est replacer l’économie sur le socle de la vie biologique et physique, indiscutable et universel.

Un bien ou un service vaut alors l’énergie humaine et mécanique nécessaire à sa production. Le salaire d’un individu reflète la part d’énergie qu’il mobilise dans la société.

III. L’exemple fondateur du charbonnier

Imaginons un homme qui déjeune de 200 g de viande et 100 g de pain : 750 kcal, soit environ 3,14 MJ. Cela lui permet de vivre 24 heures, soit 130 kJ par heure.

S’il consacre une heure à ramasser 50 kg de charbon, chaque kilogramme « coûte » 2,6 kJ.
Ce chiffre n’est pas conventionnel : il exprime une réalité biologique, universelle et vérifiable. Là où la monnaie actuelle repose sur la croyance, le joule exprime la vie.

IV. Vers un salaire énergétique équitable

L’énergie brute ne suffit pas à définir un salaire. Il faut intégrer les réalités sociales :

  • la formation et les années d’étude,

  • la pénibilité et les risques,

  • l’ancienneté et le mérite,

  • la responsabilité,

  • l’environnement (climat, territoire, conditions locales),

  • la valeur sociale ou culturelle des métiers.

Ainsi, le revenu devient le reflet à la fois d’une base universelle – l’énergie – et de coefficients choisis collectivement.

V. Illustrations concrètes

  • Manœuvre du bâtiment : dépense physique élevée, travail au chaud → salaire énergétique compensé.

  • Ouvrier frigoriste : dépense moindre, mais travail dans le froid → salaire équilibré.

  • Médecin : dix années d’études, forte responsabilité → salaire qui reflète l’investissement et la compétence rare.

  • Chercheur : formation longue, innovation sociale → salaire valorisé.

  • Éboueur : pénibilité et importance pour la santé publique → salaire renforcé.

  • Artiste de scène : créativité et valeur culturelle → salaire reconnu selon l’estime sociale.

  • Entrepreneur : il coordonne ses propres efforts, ceux de ses salariés et des machines. Sa rémunération dépend du surplus énergétique réellement créé et partagé.

Ces exemples montrent qu’aucune catégorie n’est oubliée : la pénibilité est compensée, la formation valorisée, les métiers essentiels reconnus, l’innovation encouragée.

VI. La distribution de la rareté

La monnaie joue toujours un rôle de filtre. Mais dans ce système, l’accès est distribué selon une logique claire :

  • Biens vitaux : alimentation, logement, énergie de base → garantis pour tous par un quota en joules.

  • Biens de confort : culture, loisirs, mobilité → accessibles selon la contribution énergétique.

  • Biens de prestige : luxe, raretés territoriales → réservés à l’énergie excédentaire accumulée.

Ainsi, la rareté n’est plus l’objet d’une spéculation abstraite, mais d’une mesure réelle et transparente.

VII. Garde-fou contre le dogmatisme

Adosser la monnaie au joule ne signifie pas imposer un système rigide. Le joule est un repère objectif, mais les coefficients d’ajustement restent entre les mains de la société.

  • Le socle est irréductible : l’énergie dépensée existe, on ne peut la nier.

  • Mais les coefficients évoluent : formation, pénibilité, mérite, valeur culturelle, innovation, environnement.

  • Les techniques modifient la répartition : quand les machines remplacent l’homme, l’énergie se déplace, et la société choisit comment partager les gains.

  • L’humain reste souverain : ce système est un outil, non une idéologie.

Ainsi, la monnaie énergétique n’est pas un carcan dogmatique mais un cadre vivant, ajustable aux évolutions sociales et techniques.

VIII. Pourquoi ce système n’appauvrit personne

  • Il objectivise ce qui existe déjà : l’énergie humaine et mécanique.

  • Il valorise les efforts, les études, les responsabilités et l’innovation.

  • Il protège les biens vitaux.

  • Il stabilise les revenus et supprime les excès spéculatifs.

  • Il encourage l’apprentissage permanent, source de tout progrès.

Conclusion

Adosser la monnaie au joule, c’est replacer l’économie sur sa base réelle : la vie et l’effort humain.

C’est une réforme qui protège, valorise, encourage et stabilise. Elle transforme l’entreprise en une organisation d’énergie réelle, et non en machine spéculative.

Elle illustre concrètement le principe : « rémunérer les hommes pour apprendre ». Car sans savoirs accumulés, sans éducation, sans apprentissage permanent, une telle conception n’aurait jamais vu le jour. L’instruction n’est pas seulement un droit : elle devient la condition même de l’innovation sociale et politique.

Annexe – Synthèse de la monnaie énergétique
Pourquoi changer ?
  • La monnaie actuelle est fictionnelle : elle ne mesure rien de réel, dépend des rapports de force et favorise la spéculation.

  • Elle distribue la rareté par le revenu de manière arbitraire et inéquitable.

La proposition
  • Adosser la monnaie au joule, unité universelle de l’énergie.

  • Mesurer la valeur par l’énergie mobilisée (humaine et mécanique), ajustée par des coefficients sociaux : formation, pénibilité, responsabilité, ancienneté/mérite, environnement, valeur culturelle.

  • Faire du joule une référence stable et équitable, sur laquelle chaque État peut indexer sa monnaie nationale.

Avantages
  • Justice : pénibilité compensée, études valorisées, métiers essentiels reconnus, innovation encouragée.

  • Sécurité : biens vitaux garantis par un quota énergétique de base.

  • Attractivité : entreprendre reste rémunérateur, car la création d’un surplus énergétique (ΔJ) se partage équitablement.

  • Souplesse : coefficients ajustables démocratiquement, évitant tout dogmatisme.

  • Stabilité : impossible de créer des « joules fictifs » comme on crée aujourd’hui de la monnaie scripturale.

Tableau comparatif (ordre de grandeur)

Métier

Base énergétique (MJ/j)

Coefficients (formation, pénibilité, etc.)

Salaire énergétique final (MJ/j)

Manœuvre bâtiment (chaleur)

15

Pén. +20 %, Ancienneté +15 %

~20,7

Ouvrier frigoriste (froid)

12

Pén. +25 %, Ancienneté +7 %

~16,1

Médecin généraliste

5 + 2 (études)

Resp. +30 %, Form. +20 %, Anc. +20 %

~11,4

Chercheur universitaire

6 + 1,6 (études)

Resp. +15 %, Form. +15 %, Anc. +15 %, Val. soc. +20 %

~13,3

Éboueur

10

Pén. +30 %, Val. soc. +20 %, Anc. +10 %

~17,2

Artiste de scène

6

Form. +20 %, Val. cult. +50 %, Anc. +15 %

~12,4

Entrepreneur (PME 310 MJ/j)

10 (propres)

+Part ΔJ (surplus), +Innovation, -Risque

~30+ (variable)

Conclusion de l’annexe

Passer à une monnaie énergétique, c’est redonner sens à la valeur : mesurer la vie et l’effort plutôt que spéculer sur eux.

Cette réforme :

  • protège les biens vitaux,

  • valorise tous les métiers,

  • encourage l’innovation et l’apprentissage,

  • stabilise l’économie.

Une révolution douce, nécessaire et possible.

Exemple complet : un verre à boire (≈ 250 g) du sable à l’étagère
⚠️ Remarque importante
Les chiffres ci-dessous sont illustratifs (ordres de grandeur plausibles), pour démontrer la logique énergétique. Les valeurs réelles dépendent des procédés, rendements, distances, tailles de lots, etc. L’intérêt est d’expliciter le principe, pas de figer une norme.

Hypothèses de base

  • Verre soda-calcique (le plus courant), masse du verre fini : 0,25 kg.

  • Capacité du four et procédés modernes, rendements habituels.

  • Transport par camion.

  • On décompose l’énergie par kg de verre, puis on ramène par verre (0,25 kg).

Paramètres (par kg de verre, sauf mention)
  • Extraction sable : 10 MJ/tonne ⇒ 0,01 MJ/kg

  • Transport sable 100 km : ~30 kJ/tonne·km ⇒ 0,003 MJ/kg

  • Préparation du “batch” (broyage/mélange) : 0,03 MJ/kg

  • Fusion au four (chaleur + pertes) : 5,0 MJ/kg

  • Formage + recuisson (annealing) : 1,0 MJ/kg

  • Transport produit fini 500 km : 15 MJ/tonne ⇒ 0,015 MJ/kg

  • Emballage, par pièce : 0,10 MJ/verre

  • Énergie humaine allouée (organisation, conduite, maintenance), ex. 10 MJ/h pour une ligne sortant 400 verres/h ⇒ 0,025 MJ/verre (ordre de grandeur)

Calcul étape par étape

Énergie « matière & process » par kg

Extraction (0,01) + Transport sable (0,003) + Prépa batch (0,03) + Fusion (5,0) + Formage/annealing (1,0) + Transport fini (0,015)
= 6,058 MJ/kg

Ramener au verre (0,25 kg)

6,058 × 0,25 = 1,5145 MJ

Ajouter coûts « par pièce »
  • Emballage : +0,10 MJ

  • Énergie humaine allouée : +0,025 MJ

Total par verre

1,5145 + 0,10 + 0,025 = ≈ 1,64 MJ par verre
Soit ≈ 1 640 000 joules.

Équivalences parlantes :
1,64 MJ ≈ 0,456 kWh392 kcal (énergie alimentaire).

Lecture politique et économique du résultat

  • Ce 1,64 MJ agrège l’énergie de toutes les mains (et machines) de la chaîne : ceux qui extraient le sable, qui broient et mélangent, qui pilotent le four, qui forment et recuisent, qui emballent, qui transportent, qui maintiennent, qui contrôlent la qualité, etc.

  • Le prix du verre, dans une monnaie adossée au joule, devient la traduction directe de cette somme d’énergies.

  • On ne paie pas une « utilité » abstraite, on paie l’énergie mobilisée (humaine + mécanique) — rendue visible et mesurable.

Sensibilités (ce qui fait bouger l’addition)

  1. Recyclage (calcin)
    L’introduction de verre recyclé réduit la température et l’énergie de fusion.
    Si la fusion baisse de, disons, 30 % (5,0 → 3,5 MJ/kg) :

  • Nouvelle base « matière & process » : 6,058 – 1,5 = 4,558 MJ/kg

  • Par verre (0,25 kg) : 1,14 MJ

    • Emballage (0,10) + Énergie humaine (0,025) = ≈ 1,27 MJ/verre

↘️ ~23 % d’énergie totale en moins pour le même verre.
Signal prix : le verre recyclé devient objectivement moins « cher » en J → incitation forte à recycler.
  1. Distances de transport
    Doubler le trajet produit fini (1000 km au lieu de 500) ne change que :

  • Transport fini : de 0,015 à 0,030 MJ/kg

  • Impact par verre : +0,00375 MJ

Effet modéré par verre, mais significatif à l’échelle de millions d’unités.
  1. Efficacité du four
    Si un site ancien consomme 7 MJ/kg (au lieu de 5), la base passe à 8,058 MJ/kg, soit 2,02 MJ/verre avant emballage et humain.

La performance industrielle devient directement visible dans le prix énergétique → concurrence par l’efficience réelle (et non par l’optimisation fiscale).

Variante : « coût énergétique théorique » de fusion (intuition physique)

Le minimum thermodynamique pour chauffer une charge siliceuse de 25 °C à ~1500 °C, plus la fusion, donne déjà de l’ordre de 1–3 MJ/kg (chaleur sensible + enthalpie de fusion + additifs). Les procédés réels (pertes, rayonnement, rendement des brûleurs/électrodes, continuité de feu) expliquent qu’on observe ≈ 4–7 MJ/kg en pratique.

Le joule révèle la distance entre théorie et terrain et montre où agir (récupération de chaleur, oxycombustion, électrique, calcin).

Ce que démontre l’exemple du verre

  • La « valeur » du verre n’est pas une valeur d’utilité abstraite : c’est la trace énergétique d’une chaîne humaine coordonnée.

  • Dans un système monétaire en joules, le prix :

    • récompense l’efficacité énergétique,

    • incite au recyclage,

    • révèle l’impact des distances et des choix techniques,

    • valorise justement le travail (y compris l’organisation, la maintenance, le contrôle).

  • On passe d’un débat spéculatif à une comptabilité réelle : chaque amélioration mesurable réduit le prix en J.


Exemple : un prêt en monnaie énergétique (en joules)

Hypothèse de départ

Une petite entreprise veut acheter une machine de production.

  • Coût de la machine : 10 000 MJ (fabrication, transport, installation).

  • Capacité de la machine : elle consomme 50 MJ/jour d’électricité et d’entretien, mais permet de produire 250 MJ/jour de biens utiles.

  • Durée d’utilisation prévue : 5 ans = 1250 jours.

Étape 1 – Le prêt en joules

La banque (ou un fonds) avance à l’entreprise 10 000 MJ pour acheter la machine.
Ce n’est pas une somme « imaginaire » : ce sont des dépôts énergétiques d’autres acteurs (épargne en joules) ou une création monétaire adossée à l’anticipation de l’énergie future (la production de la machine + travail humain).

Étape 2 – Exploitation de la machine

Chaque jour :

  • Dépenses = 50 MJ (fonctionnement, énergie machine, entretien).

  • Recettes = 250 MJ (valeur énergétique des biens produits).

  • Surplus net = 200 MJ/jour.

Étape 3 – Remboursement du prêt

  • Surplus total en 1250 jours = 200 × 1250 = 250 000 MJ.

  • Prêt initial = 10 000 MJ.

La banque demande un remboursement avec un intérêt énergétique, par exemple 5 % par an sur 5 ans.

  • Intérêt cumulé = 10 000 × (1,05^5 – 1) ≈ 2760 MJ.

  • Total à rembourser = 12 760 MJ.

Étape 4 – Lecture énergétique du crédit

  • L’entreprise rembourse le prêt en rendant à la société 12 760 MJ réels, puis garde pour elle le reste du surplus :

    • Surplus net (250 000 MJ) – remboursement (12 760 MJ) = 237 240 MJ.

  • Le prêteur ne « gagne » pas de l’argent abstrait, mais une part explicite de l’énergie réellement créée grâce à son avance.

Ce que démontre l’exemple

  1. Le prêt est adossé à l’énergie future réellement mobilisable.

  2. L’intérêt n’est pas un artifice, mais la rémunération de l’attente et du risque supporté par le prêteur.

  3. L’entreprise ne s’endette pas en monnaie fictive : elle anticipe une capacité mesurable de production énergétique.

  4. En cas d’échec (machine en panne, production insuffisante), la perte est une perte réelle d’énergie (et non un effondrement spéculatif).

Conclusion

Dans un système monétaire adossé au joule, un prêt devient une avance d’énergie consignée aujourd’hui, à rembourser demain avec une part de l’énergie réellement créée.
Le crédit n’est plus un levier spéculatif opaque, mais une coordination mesurable de travail et de ressources.

Exemple : un prêt immobilier en monnaie énergétique

Hypothèse de départ

Un ménage veut construire une maison de 100 m².

  • Coût énergétique de la construction (matériaux + main-d’œuvre) : 1 000 000 MJ.

    • Matériaux (béton, bois, acier, verre, etc.) = 700 000 MJ.

    • Main-d’œuvre (maçons, électriciens, architectes, etc.) = 300 000 MJ.

  • Apport personnel du ménage : 200 000 MJ (épargne en joules).

  • Besoin de financement : 800 000 MJ.

  • Durée du prêt : 20 ans.


Étape 1 – Le prêt en joules

La banque ou la coopérative énergétique avance 800 000 MJ au ménage.
Cette avance correspond à de l’énergie déjà épargnée par d’autres (dépôts en joules) ou à une création monétaire adossée à l’anticipation des revenus futurs du ménage (leur capacité à travailler, produire, contribuer).


Étape 2 – Remboursement par le travail

Le ménage, composé de deux adultes actifs, produit en moyenne 20 MJ/jour/personne de valeur énergétique nette (après consommation vitale).

  • Soit 40 MJ/jour pour le foyer.

  • Sur une année de 300 jours travaillés : 12 000 MJ/an.

S’il consacre 10 % de sa production nette au remboursement, il verse 1 200 MJ/an.


Étape 3 – Intérêt énergétique

La banque demande un intérêt, par exemple 2 % par an sur 20 ans, pour rémunérer le risque et l’attente.

  • Montant à rembourser = 800 000 × (1,02^20) ≈ 1 189 000 MJ.

Avec 1 200 MJ/an, le ménage mettrait 20 ans à rembourser 24 000 MJ seulement.
Impossible. Il faut ajuster.

Étape 4 – Ajustement réaliste

Deux options existent dans un système en joules :

  1. Allonger la durée : avec 40 ans de remboursement, le ménage verse 48 000 MJ → toujours insuffisant.

  2. Adapter l’effort : le ménage consacre non pas 10 %, mais 50 % de sa production nette → 6 000 MJ/an.

    • En 20 ans : 120 000 MJ. Encore loin des 1 189 000 MJ…

⚠️ On voit ici une vérité crue : le coût énergétique de la maison dépasse largement la capacité du ménage à le produire par lui-même.

Étape 5 – La solution collective

Dans un système énergétique :

  • Soit la société réduit le coût énergétique des maisons (matériaux recyclés, techniques sobres, habitats plus compacts).

  • Soit elle subventionne une part de l’énergie (par solidarité, car un logement est un bien vital du 1er rang).

  • Soit elle ajuste l’intérêt : le prêteur accepte 0 % ou 1 % au lieu de 2 %, car la maison reste un bien nécessaire et garanti (faible risque).

Exemple ajusté :

  • Coût réel ramené à 600 000 MJ (grâce à des techniques plus sobres).

  • Apport 200 000 MJ, prêt 400 000 MJ.

  • Remboursement sur 20 ans à 1 % d’intérêt : total ≈ 488 000 MJ.

  • Ménage consacre 6 000 MJ/an → total sur 20 ans = 120 000 MJ.
    👉 L’État ou la communauté prend en charge la différence (368 000 MJ), considérée comme un investissement collectif dans le bien vital logement.

Ce que démontre l’exemple

  • Dans une monnaie énergétique, un prêt immobilier montre la réalité physique du logement : il est extrêmement coûteux en énergie.

  • Le modèle met en évidence que seuls, les ménages ne peuvent pas financer ce coût → il faut une solidarité collective.

  • L’intérêt rémunère le risque et l’attente, mais doit rester proportionné au caractère vital du bien.

  • Cela incite la société à développer des habitats sobres, recyclés et mutualisés.

Conclusion

Un crédit immobilier en joules révèle que l’accès au logement n’est pas une affaire de chiffres abstraits, mais d’énergie réelle mobilisée par la société.
Le prêt devient une avance d’énergie collective pour permettre à chacun de se loger, et son remboursement dépend directement de la capacité énergétique réelle des ménages.

Comparatif énergétique logements (100 m²)

Scénario

Matériaux (MJ)

Main-d'œuvre (MJ)

Transports (MJ)

Maison béton (classique)

700000

300000

50000

Maison bois (sobre)

350000

250000

30000

Habitat collectif (recyclé)

250000

220000

20000

Voici le comparatif énergétique logements (100 m²).

Lecture rapide (ordres de grandeur)

  • Maison béton (classique) : ~1 170 000 MJ (≈ 11 700 MJ/m²). Référence.

  • Maison bois (sobre) : ~720 000 MJ (≈ 7 200 MJ/m²) → ~38,5 % d’économie vs béton.

  • Habitat collectif (recyclé) : ~515 000 MJ (≈ 5 150 MJ/m²) → ~56 % d’économie vs béton.

Ce que ça montre (en une phrase)

Le choix technique et la mutualisation (matériaux sobres, recyclage, murs/chaudières/structures partagés) abaissent massivement le prix en joules du logement — et donc son prix monétaire dans un système adossé à l’énergie.

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Rédigé par ddacoudre

Publié dans #critique

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Publié le 18 Septembre 2025

Les élus, l’impôt et la « contribution citoyenne » : remettre un peu d’ordre dans la confusion

Il circule sur X (ancien Twitter), repris de TikTok, un post qui se veut « révélateur » :
577 députés, 348 sénateurs, 2 040 conseillers régionaux, 4 042 conseillers départementaux, 34 945 maires, 519 417 conseillers municipaux, 38 000 élus intercommunaux, et près de 20 000 autres élus divers.
Bilan : 618 384 élus ! Et, soi-disant, 186 milliards d’euros de salaires par an.
Cela ferait un élu pour 109 habitants et, évidemment, « les gueux sont bons à payer »…

Une fake news de compétition
Des fake news qui prospèrent sur l’inculture

Une publication virale sur X et TikTok affirmait récemment que les élus français coûteraient 186 milliards par an, soit 300 000 € par élu. La réalité ? À peine 2 milliards.
Cette exagération grossière n’est pas anodine : elle nourrit l’idée que « les gueux paient pendant que les élus se gavent ». Mais derrière ce mensonge se cache une question réelle : qui paie vraiment l’État ?

Voilà un parfait condensé d’inculture politique. Car si l’on prend la peine de vérifier les chiffres (il suffit de quelques clics), on apprend que :

  • la grande majorité des élus locaux sont bénévoles (notamment dans les 18 000 communes de moins de 500 habitants) ;

  • le coût global des indemnités est d’environ 2 milliards d’euros par an… et non 186 !
    Soit 0,0000786 % du PIB français.

Mais présenté ainsi, beaucoup de citoyens comparent aussitôt aux miettes de leur SMIC et s’indignent que « les élus vivent comme des rois ». Une vision populiste, digne de l’époque où les nobles « se gavaient » aux frais du peuple.

Combien ça coûte vraiment les élus ? (ordre de grandeur réel)
  • Nombre d’élus : un peu moins de 570 000 aujourd’hui (et pas 618 000).

  • Coût total des indemnités : environ 2,1 milliards d’€ par an (pas 186 milliards…).

Ces 2,1 Md€ mis en perspective : sur la richesse nationale en trillon et le budgt global en milliard.

  • Part du PIB (≈ 2 670 Trillon d€) : ~ 0,0000786 %

    Part du budget public (≈ 1 670 Md€) : ~ 0,13 %

    Par habitant (≈ 67,5 M de personnes) : ≈ 31 € / an
    → soit à peine ~2 % d’un SMIC net mensuel (31 € vs ~1 400 €).

Dit autrement : la représentation démocratique coûte environ 31 € par personne et par an.
C’est tout l’inverse du “gouffre” relayé par les fake news.

Le vrai rôle de l’indemnité

Rappelons-le : un mandat électif est par principe gratuit. L’indemnité n’est pas un salaire, mais une compensation pour les sujétions liées à la fonction. Sans elle, seuls les notables fortunés pourraient se permettre de siéger.
En 2024, les montants bruts mensuels s’établissent à :

  • 16 000 € pour le président de la République et le Premier ministre,

  • 10 700 € pour les ministres,

  • 7 600 € pour députés et sénateurs de base.

Rapporté à une disponibilité 24h/24, 7j/7, cela équivaut à… environ 22 € de l’heure pour un président. Pas de quoi s’acheter Versailles.

Et surtout, leurs décisions conditionnent des milliards de richesses : notre PIB (2 668 trillon €) et notre budget public (1 670 milliards €). Les indemnités des élus pèsent donc… une poussière.

Une méprise qui dure c’est de dire qu’un élu travaille. Un élu consomme comme tout salarié de l’énergie pour exécuter les tâches qu’il a à accomplir, mais ce n’est pas un travail. Il n’acomplit ni une production ni un service, il remplie une fonction élective, et dans ce cadre il doit être disponible 24/H sur 24. La comparaison avec le monde du travail est dépourvu de sens, car ses tâches sont réunions, crises, arbitrages, urgences, déplacements, permanences, etc.

Indemnité ≠ salaire, et disponibles 24/24

Un mandat électif est par principe gratuit.
Les élus perçoivent une indemnité de fonction (pas un salaire) pour compenser les sujétions (déplacements, réunions, arbitrages, permanences, responsabilités, etc.). Beaucoup d’élus locaux (notamment dans les petites communes) sont bénévoles ou très faiblement indemnisés.

Pour que ce soit parlant, prenons quelques montants bruts mensuels usuels et amusons-nous à les ramener à une disponibilité 24 h/24, 30 jours sur 30 (720 h/mois). Ce n’est pas une “pointeuse”, juste un ordre de grandeur :

  • PR/PM ~ 16 000 € → ~ 22 €/h

  • Ministre ~ 10 700 € → ~ 15 €/h

  • Député/Sénateur “de base” ~ 7 600 € → ~ 11 €/h

Ça remet les fantasmes à l’endroit : on n’est pas au royaume des dorures, et la disponibilité (urgences, crises, week-ends, nuits, intempéries, etc.) fait partie du paquet.
Et surtout, payer décemment des responsables réduit la tentation des “arrangements” et permet à des gens sans fortune d’exercer un mandat.

L’obsession du « gaspillage »

On entend souvent que l’État gaspille. Mais en économie, il n’y a pas de gaspillage absolu : chaque euro dépensé se retrouve dans la consommation, l’épargne ou l’investissement, donc dans l’emploi. On peut critiquer l’usage d’une dépense, mais pas dire qu’elle « disparaît ». L’illusion du « gaspillage » et la réalité des flux

On croit souvent que l’État gaspille. Mais en économie, l’argent ne disparaît jamais : il circule. Chaque euro dépensé rémunère un emploi, un service, un bien, ou s’épargne. On peut juger qu’une dépense est inutile, mais ce n’est jamais un « trou noir » qui engloutit des milliards.

La vraie usine à gaz : nos impôts
L’usine à gaz des impôts

Notre fiscalité actuelle est une véritable usine à gaz : TVA, taxes en cascade, impôts locaux, niches, prélèvements sociaux… Une complexité qui brouille la réalité et entretient le ressentiment.

Et pourtant, on continue à multiplier les couches fiscales – TVA, taxes, impôts divers – qui brouillent cette réalité. On fait croire aux citoyens qu’ils ne financent pas tout, alors que c’est déjà le cas ! D’où le sentiment de spoliation, d’injustice, et la tentation des fake news.

Plutôt que d’alimenter de fausses colères contre les élus, parlons de ce qui fâche vraiment : la jungle fiscale.
TVA, impôt sur le revenu, impôts sur les sociétés, taxes diverses, contributions sociales… Chaque couche a été ajoutée au fil des décennies pour répondre à des besoins ponctuels, sans vision d’ensemble. Résultat : une usine à gaz incompréhensible, source de rancunes et de fantasmes.

Et pourtant, la Déclaration des droits de l’homme de 1789 était claire :

  • Art. 13 : une contribution commune est indispensable, répartie selon les facultés de chacun.

  • Art. 14 : tous les citoyens doivent en constater la nécessité et en suivre l’usage.

  • Art. 15 : la société a le droit de demander compte aux agents publics.

Ma proposition : une contribution citoyenne unique

Assez de cette complexité. Il est temps de réformer :
remplacer impôts et taxes par une contribution citoyenne unique, calculée sur les revenus réels de chaque citoyen (et ajustée pour l’équité). Ma proposition : une contribution citoyenne unique.

La solution est simple : fusionner l’impôt et les taxes en une contribution citoyenne unique, payée par chaque citoyen au prorata de ses revenus.

Ce serait :

  • transparent,

  • équitable,

  • fidèle à l’esprit de 1789 (« contribution commune en raison des facultés de chacun »).

Et surtout, cela redonnerait du sens : chaque citoyen assumerait clairement sa part de financement des services publics qu’il réclame.


Finie la TVA punitive, finies les niches fiscales incompréhensibles : une seule contribution, claire, transparente, et que chacun règle après sa déclaration annuelle.

Cela changerait tout :

  • chaque citoyen saurait exactement ce qu’il contribue,

  • la responsabilité collective serait assumée,

  • les débats politiciens sur le « train de vie de l’État » seraient remis à leur juste place.

Ainsi plutôt que de nourrir la haine contre des élus imaginaires gavés de milliards, posons-nous la vraie question : comment financer intelligemment nos services publics.
Ce n’est pas en coupant quelques indemnités (poussières dans le budget) que nous résoudrons quoi que ce soit. Mais en sortant de l’usine à gaz fiscale pour adopter une contribution citoyenne simple et équitable.

Car oui :

  • l’école, la santé, la sécurité, la justice, l’armée… ça coûte ;

  • et non, ça ne « pousse pas tout seul » comme des fruits sur un arbre.

Alors cessons de jouer les gueux indignés. Payons notre contribution citoyenne – et exigeons en retour la transparence, la justice, et l’efficacité. Et si par idéologie les libertariens veulent confier tout cela aux intérêts privé, alors il faut ajouter à la contribution le montant des dividendes distribués, comme pour les autoroutes.

Qui paie vraiment ? Les salariés.

Regardons les choses en face :

  • Les entrepreneurs paient des salaires.

  • Ils répercutent ce coût dans leurs prix de vente.

  • Les clients (majoritairement des salariés) rachètent ce qu’ils ont eux-mêmes produit.

  • L’entrepreneur ajoute une marge pour consommer et capitaliser.

  • Enfin, impôts et taxes viennent ponctionner sur l’ensemble.

  • Résultat : les salariés rachètent trois fois ce qu’ils produisent :

  1. une fois par leur salaire,

  2. une fois par la marge de l’entrepreneur,

  3. une fois par les impôts et taxes qui financent les services publics.

Autrement dit : sans les salariés, pas de consommation, pas de capital, pas de milliardaires. Les travailleurs paient tout, directement ou indirectement.

Là est le vrai point aveugle.
Les entrepreneurs, les actionnaires, les détenteurs de capitaux ? Ils vivent de la consommation finale. Or qui consomme ? Les salariés, avec leur paie.

Reprenons la mécanique :

  • L’entrepreneur paie un salaire → il doit refacturer ce coût au client.

  • Le client, le plus souvent, est… un autre salarié.

  • Mais si l’entrepreneur veut vivre et se développer, il ajoute une marge (sa consommation + son capital futur).
    Résultat : les salariés rachètent ce qu’ils ont produit trois fois :

  1. une fois par leur salaire,

  2. une deuxième fois par la marge qui nourrit l’entrepreneur,

  3. une troisième fois par les impôts, taxes et contributions qui financent l’État et ses services.

Car oui : que ce soit l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu, les taxes, ou les cotisations sociales… tout finit par être payé via le chiffre d’affaires. Et ce chiffre d’affaires repose sur la consommation, donc sur les salaires.

Autrement dit : si les salariés ne payaient pas tout, les entrepreneurs mourraient de faim.
Pas de millionnaires, pas de milliardaires, pas même de capitalisme. Autrement dit : sans les salariés, pas de consommation, pas de capital, pas de milliardaires. Les travailleurs paient tout, directement ou indirectement.

Cette vérité, simplifiée à l’extrême, peut paraître caricaturale. Mais elle dit bien l’essentiel : le travail salarié est le socle de toute la machine économique.

Alors, plutôt que d’accuser les élus de « se gaver » (quand leur coût est infime), regardons la réalité en face : ce sont les salariés qui portent déjà tout le système.
Au lieu de les abuser avec des taxes cachées et des impôts éclatés, chez les uns ou les autres qui les emplois, donnons-leur la dignité d’une contribution citoyenne directe, claire et assumée.

Ainsi, chacun saurait ce qu’il paie, pourquoi il le paie, et pourrait demander des comptes aux élus – non pas sur des fantasmes, mais sur des choix réels de société, plutôt que de croire au père noël en taxant les fortunes et les riches.

Et demain ? Évaluer aussi le travail des machines pour combler les déficits et se donner des marges de manœuvre.

En 1970 le secrétaire général de force ouvrière André Bergeron réclamait la taxation machine que refusa le patronat, jusqu’à nos jours. Il avait raison sur le fond et était en avant garde sur ce qui c’est déroulé en remplaçant pour des économie de masses et de couts les salariés par les produits de nos technologies, conséquence, un budget sécu et national en déficit cronique.

Cet ancien problème nouveau se repose : les machines remplacent les humains dans toujours plus de tâches. Résultat : la base contributive (les salaires) s’amenuise, alors même que les besoins publics augmentent.

Il convient donc de trouver une solution en reformulant celle émise par André Bergeron qui de toutes les manières auraient été payées par les salariés.

Une nouvelle idée que je propose devient donc nécessaire de :

  • évaluer la contribution productive des technologies, en temps travail convertie en cout salarial.

  • lui associer une contribution équivalente,

  • ensuite recourir à une création monétaire pure : une émission de monnaie justifiée non par une dette, mais par le remplacement effectif du travail humain par les machines.

Ainsi, on rétablirait l’équilibre : les humains garderaient leur pouvoir d’achat, les entreprise n’auraient pas leurs investissements pénalisés et la société bénéficierait des gains de productivité sans sacrifier les salariés ni appauvrir l’État condamné à l’endettement, même rembourser celui présent.

Pourquoi intégrer le travail des machines… et comment créer de la “monnaie pure” sans inflation

La petite histoire du boulanger, du robot… et de la monnaie
  • Étape 1 – Le boulanger sans robot
    Louis le boulanger fabrique 100 pains/jour. Les habitants ont pile la monnaie pour acheter ces 100 pains. Tout va bien : production = pouvoir d’achat.

  • Étape 2 – Arrive le robot
    Louis investit dans un robot. Il peut produire 200 pains/jour… mais le pouvoir d’achat des habitants n’a pas bougé. Résultat : surproduction. Les pains restent sur l’étal, ou Louis casse les prix, ou il licencie…
    Bref, la machine crée de la valeur réelle (des pains en plus), mais personne ne peut les acheter.

  • Étape 3 – Deux solutions caricaturales

    1. Taxer plus les salariés (déjà sous pression) pour leur donner du pouvoir d’achat → injuste et politiquement explosif.

    2. Création monétaire pure (sans dette) adossée à la productivité de la machine → on crée juste ce qu’il faut de monnaie nouvelle pour que les habitants puissent acheter les 100 pains supplémentaires.

  • Pourquoi ce n’est pas inflationniste ?
    Parce qu’on n’arrose pas le désert : on aligne la monnaie sur une production réelle déjà là. On équilibre : plus de pains = un peu plus de monnaiepas de hausse générale des prix, juste moins de chômage, moins de gâchis, et des carnets de commandes qui tournent.

  • Dans le cadre de notre économie capitaliste, ce surplus de monnaie se retrouvera cumulé chez le capitaliste pour investir ou faire des dépôts, voire diminuer les taux d’intérêts des emprunts des particuliers et des entreprises.

Pour conclure

Le vrai débat n’est pas de savoir si les élus « coûtent trop cher » – ils représentent une fraction minime du budget. Le vrai débat est :

  • qui paie réellement ? → les salariés.

  • comment adapter la contribution citoyenne à un monde où les machines produisent toujours plus ?

La réponse passe par une réforme profonde :

  • Contribution citoyenne unique, claire et équitable.

  • Intégration de la productivité des machines dans le calcul contributif.

  • Utilisation raisonnée de la création monétaire pour maintenir la cohésion sociale.

En somme, plutôt que de chercher des boucs émissaires, il est temps de repenser le contrat fiscal : une solidarité lucide, où l’humain et la machine participent ensemble à financer le bien commun.

Ce que ça change pour l’impôt

Aujourd’hui, la fiscalité ponctionne surtout les revenus du travail humain (salaires, TVA à la consommation, IR, etc. et les prélévements des entreprises par la consommation). Or une part croissante de la richesse est produite sans salaire (automates, logiciels, IA).
Deux leviers simples et justes :

  1. Contribution citoyenne unique (qui remplace la jungle TVA/taxes/impôts)
    – assise sur tous les revenus humains et sur une évaluation standardisée de la productivité des machines ;

  2. Création monétaire pure (complémentaire, mesurée)
    – pour convertir une productivité non salariale en pouvoir d’achat collectif sans endetter les ménages ni creuser artificiellement les prix.


Si la richesse créée par les machines ne revient pas aux citoyens, elles n’auront servi qu’à grossir quelques patrimoines en asséchant le reste de la société.

Que conclure par ces propositions : contribution citoyenne unique + comptabilisation de la productivité technologique + création monétaire pure si nécessaire → moins d’impôts sur les salariés, plus de cohérence, moins de fake news.

 

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Rédigé par ddacoudre

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