Publié le 16 Juin 2026

Ce que je pense du programme de la France Insoumise pour l'élection de 2027.

J'étais avec Mélenchon au PS tendance jean Poperen. en janvier 1990 je rencontre Jox et je lui demande par quoi nous allons remplacer le vide laissé par l'implosion de l'URSS. Réponse par la social démocratie mise en place. Je quitte le PS en 95. Quand Mélenchon crée le PG j'y adhère, sa direction dissous la section est de Montpellier en 2021, j'adhère à l’écosocialisme et il me propose la porte à la suite d'un article sur le Patriarcat, depuis je suis la LFI et participe à son financement.

Donc j'ai lu avec attention le programme de la France Insoumise pour 2027.

Comme beaucoup de militants de gauche, je partage une grande partie des constats qu'il formule. La montée des inégalités est réelle.

La concentration de la richesse est réelle. L'affaiblissement des services publics est réel. La financiarisation de l'économie est réelle.

La dégradation démocratique est réelle. La fracture territoriale est réelle.

La concentration médiatique est réelle.

Le programme mais moins l'accent sur la fracture intellectuelle.

analyse du programme de la LFI 2027
analyse du programme de la LFI 2027
analyse du programme de la LFI 2027

Sur ces sujets, le diagnostic est souvent juste.

Pourtant, à mesure que l'on avance dans le programme, une question revient sans cesse : Le monde qu'il décrit est-il encore celui dans lequel nous vivons ?

Car depuis plusieurs décennies, la société française a profondément changé.

Les graphiques que j'ai établi montrent tous une rupture majeure à partir du milieu des années 1990, c'est visible sur le graphique ci-dessous à partir de 95 où se forme une hélice que je retrouverais souvent dans mes constructions graphiques pour visualiser la situation de la France..

analyse du programme de la LFI 2027

Cette rupture n'est pas seulement économique.

Elle est culturelle, politique, informationnelle et anthropologique. La confiance dans les institutions politiques s'est effondrée.

Les organisations collectives se sont affaiblies. La formation politique a reculé.

La compréhension des mécanismes économiques est devenue plus difficile. Le monde transmis a progressivement pris le pas sur le monde vécu.

Les citoyens sont davantage exposés à l'émotion qu'à l'analyse. La défiance progresse.

La demande de protection progresse. Les valeurs d'autorité progressent.

La société qui existe aujourd'hui n'est plus celle des années 1970. Des montrent cela.

analyse du programme de la LFI 2027

Or le programme de la France Insoumise me donne souvent l'impression d'avoir été conçu pour une société qui n'existe plus. 

Il repose largement sur l'idée que les citoyens vont se réapproprier les institutions, participer davantage, contrôler davantage, décider davantage.

L'intention est respectable.

Mais elle suppose une population disposant des connaissances nécessaires pour comprendre les mécanismes sur lesquels elle est appelée à se prononcer.

Or c'est précisément ce qui me paraît manquer aujourd'hui.

Depuis des années, les enquêtes d'opinion montrent que les Français font principalement confiance à ce qui leur est proche.

Le maire. L'artisan.

La PME locale. L'hôpital.

La Sécurité sociale. La police.

La gendarmerie.

L'armée.

Autrement dit : ce qui protège, rassure et sécurise, ce que l'on peut comprendre facilement, ce que l'on peut voir sentir toucher. Or la culture demande le dépassement de cela.

La culture demande la répartissions des tâches et fonctions, demande la confiance dans l'autre de tout ce dont l'on est ignorant, faute de pouvoir tout apprendre. Et là c'est l'inverse, ceux qui sont l'expression de la démocratie, la confiance dans les partis politiques, le Parlement et les institutions de délibération collective demeure faible.

Cette évolution n'est pas anodine.

Elle traduit une société qui se sent moins capable de maîtriser son environnement. Une société qui cherche davantage la protection que la participation.

Dans un tel contexte, les mécanismes de démocratie directe peuvent produire des effets très différents de ceux espérés.

Le problème n'est pas de donner davantage de pouvoir aux citoyens.

Le problème est de le faire au moment même où les capacités collectives permettant d'exercer ce pouvoir se sont affaiblies.

C'est pourquoi je crains que certaines propositions ne produisent des effets inverses à ceux recherchés.

La révocation des élus, par exemple, suppose une population capable de distinguer l'échec d'une politique de la simple difficulté à gouverner dans un monde complexe.

Or la politique n'est pas l'exécution automatique d'un programme.

Entre une promesse et sa réalisation interviennent des milliers de facteurs :

conjoncture internationale, crises économiques, oppositions, contraintes administratives, événements imprévus.

Imaginer qu'un élu puisse être sanctionné dès que la réalité résiste à son programme me paraît dangereux.

Cette critique ne concerne d'ailleurs pas uniquement la France Insoumise. Elle concerne l'ensemble des forces politiques.

Car le problème fondamental me semble être ailleurs.

Le programme critique fortement les conséquences du néolibéralisme.

Mais il demeure largement enfermé dans les catégories intellectuelles héritées de la révolution industrielle.

Le travail reste le fondement principal du revenu.

Le travail reste le fondement principal de la protection sociale.

Le travail reste le fondement principal du financement des retraites. Le travail reste le fondement principal de l'intégration sociale.

Or tout indique que la production de richesse dépend de moins en moins du travail humain direct.

où va la richesse du travail machine.

analyse du programme de la LFI 2027

cette évolution se poursuivra, d'où l(interrogation sur le plein travail en restant dans le cadre actuel. S'il est possible de créer des emplois en satisfaisant les besoins écologiques, s'il se fait par l'investissement du capital il y retournera majoré, s'il se fait par l'économie publique par l’impôt c'est quasi irréalisable.

La mécanisation. L'automatisation. L'informatique. L'intelligence artificielle.

Les infrastructures accumulées. Le savoir accumulé.

Les générations passées.

Tout cela participe désormais à la création de richesse.

Pourtant nous continuons à financer la vie humaine comme si seul le travail présent produisait la valeur.

C'est là que se situe, selon moi, la limite principale du programme. Il cherche à mieux répartir la richesse.

Mais il ne remet pas réellement en cause les mécanismes qui la produisent et qui la concentrent. Il cherche à sauver le travail.

Le mécanisme est simple et existe depuis des siècles, le capital investi dans le travail en le rémunérant par un salaire celui qui le produit, puis revend à celui son travail quand il devient client à un prix de vente égal au salaire distribué plus la marge qui comprend le revenu de celui qui possédé le capital, plus l'augmentation de celui-ci. Nous sommes au XXI siècles et la majorité des citoyens ne savent pas cela. Il savent qu'ils enrichissent le capital mais croient toujours que ce qu'ils achète est le prix de production du produit. Ce qu'ils ne voient pas c'est que chaque augmentation du salaire renforce le capital, que toutes taxes retournent au capital par son intégration dans le prix ou la formation du chiffre d'affaire.

analyse du programme de la LFI 2027

Je pense qu'il faudrait commencer à réfléchir à la manière de dépasser sa centralité. Il cherche à mieux répartir la boucle économique existante.

Je pense que le véritable défi consiste à sortir progressivement de cette boucle.

C'est également pour cette raison que je demeure sceptique sur ses chances de réussite. Non parce que ses objectifs seraient illégitimes.

Mais parce qu'ils reposent sur l'hypothèse que les transformations intervenues depuis quarante ans peuvent être corrigées sans remettre en cause les fondements mêmes du système.

L'histoire récente m'incite à la prudence.

En 1981, beaucoup pensaient que l'élection de François Mitterrand ouvrirait une ère nouvelle.

J'entendais déjà autour de moi des promesses qui me semblaient déconnectées de la réalité économique.

On m'a souvent reproché mon scepticisme.

Pourtant, les contraintes du réel ont fini par s'imposer. Et ce ne sont pas les hommes politiques qui ont échoué parce qu'ils auraient été mauvais, mais ce sont les propres électeurs de Mitterrand avec les citoyens de l'opposition qui ont coulé la mise en place d'un programme socialiste et la déconfiture qui s'en est suivi à partir de 83 l'a accéléré par la chute du communisme. Le Parti Socialiste et ses partenaires n'ont omis qu'une chose, c'est que les citoyens sans exception vivaient et vivent toujours comme des capitalistes, puisque dès l'enfance nous sommes élevés et éduqués dans ce cadre., j'ai encore écouté cela aux journées économiques internationales de la Boétie. 

Ce n'est pas un problème technique ni politique, ce n'est même pas un problème du tout nous naissons capitaliste. Nous utilisons généralement ce mot pour désigner ceux qui amassent du capital avec le néolibéralisme, plus rapidement qu'avec une autre théorie économique.

Adam Smith le définit très bien dans le début de son axiome, chacun œuvre dans son intérêt. Pour la suite le temps lui a donné tord, en suivant son intérêt personnel il ne travaille pas mieux pour la collectivité, bien au contraire, il l'a pollué , réchauffé, et construit des armements pour la détruire.

Je crains aujourd'hui que la même erreur ne soit reproduite dans un contexte beaucoup plus dangereux avec la demande d'opinions fascisants.

analyse du programme de la LFI 2027
analyse du programme de la LFI 2027

Les citoyens ne reconnaissent pas le fascisme car il ne porte pas de moustache.

 

 

Car la société française de 2025 est plus fragmentée, plus défiance, plus vieillissante, plus exposée à l'émotion et plus vulnérable aux récits simplificateurs que celle de 1981, plus ouverte à la fascisation, car les conditions sociales, culturelles et cognitives qui permettent l'acceptation d'un pouvoir autoritaire progressent à mesure que les citoyens se retirent des espaces où s'exerce la démocratie.

C'est pourquoi la question centrale n'est peut-être plus de savoir comment mieux répartir la richesse existante.

Elle est de savoir comment organiser une société où la richesse dépend de moins en moins du travail humain et de plus en plus de l'accumulation des savoirs, des machines et de l'énergie humaine héritée des générations passées.

C'est cette question que le programme ne traite pas réellement.

Et c'est probablement celle qui déterminera pourtant l'avenir politique, économique et démocratique du XXIe siècle.

  1. — Fracture intellectuelle et transformation du rapport au savoir
analyse du programme de la LFI 2027

 

Objet : recul de la culture générale ; recul des médiations collectives ; domination du monde transmis ; affaiblissement de la capacité critique. Conclusions : difficulté croissante à comprendre les systèmes complexes ; dépendance accrue aux interprétations ; vulnérabilité aux récits simplificateurs.

 

  1. — Monde vécu, monde transmis et peur sociale

 

S1C-3 Vieillissement – exposition médiatique – sentiment d'insécurité.

analyse du programme de la LFI 2027

S1C-4 Équation du sentiment d'insécurité.

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Conclusions :

la peur n'est plus corrélée à la seule criminalité réelle ;

le monde transmis devient déterminant ;

l'exposition émotionnelle modifie les représentations.

  1. — Défiance démocratique
analyse du programme de la LFI 2027

IV méfiance : Parlement ; partis ; gouvernement ;

 

Confiance : institutions de proximité ; police ; armée ; hôpitaux ; sécurité sociale.

 

Conclusions : confiance élevée dans ce qui protège ; confiance faible dans ce qui délibère ; déplacement vers les institutions de sécurité, que ce soit lié aux angoisses, à l'incertitude, aux peurs.

 

IV - S3A-1 Évolution des valeurs fascisantes

analyse du programme de la LFI 2027

 

Évolution : demande d'autorité ; défiance démocratique ; préférence pour l'ordre ; acceptation du contrôle. Conclusions : réapparition de mécanismes proches de ceux observés dans les périodes de crise ; sous un vocabulaire contemporain.

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Conclusions : moins de coercition visible ; plus de contrôle par l'information ; plus d'influence du monde transmis.

 

 

  1. S3A-3 — Diffusion des thèmes d'extrême droite
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Conclusions : glissement électoral ; reprise des thèmes RN par la droite classique ; transformation du débat public par une reprise médiatique croissante.

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  1. — Déplacement de l'ennemi intérieur

Comparaison :

1930 : juifs ; communistes ; tziganes.

Aujourd'hui : immigration ; islam ; assistanat ; insécurité. Conclusions : changement des groupes visés ; permanence du mécanisme de désignation.Par exemple pour accompagner

S3A-4 :

Fonction sociale attribuée

Années 1930

Période contemporaine

Menace pour l'ordre politique

opposants politiques, résistants, dissidents

extrémismes violents, terrorisme, séparatismes

Menace pour l'ordre moral

homosexuels, « asociaux », comportements jugés déviants

pédocriminalité, violences sexuelles, certaines formes de criminalité fortement médiatisées

Menace pour l'ordre public

« criminels professionnels », marginaux

délinquance organisée, trafic de stupéfiants, violences urbaines

Menace pour l'identité collective

Juifs, Roms, populations étrangères désignées comme responsables des difficultés nationales

immigration, communautarismes, débats identitaires

Refus d'adhésion au récit dominant

Témoins de Jéhovah, opposants idéologiques

complotismes, radicalités politiques diverses, groupes considérés comme anti-système

Menace sécuritaire

résistants, partisans, prisonniers assimilés à des ennemis

terrorisme, criminalité organisée internationale

Les groupes désignés comme dangereux changent selon les époques, les contextes historiques et les connaissances disponibles.
En revanche, les sociétés tendent régulièrement à construire des catégories de populations perçues comme menaçantes pour l'ordre, la sécurité, la morale ou l'identité collective.
L'objectif de cette comparaison n'est pas d'assimiler les situations historiques ni les groupes concernés. Il est de mettre en évidence un mécanisme récurrent : la désignation d'un « ennemi intérieur » auquel sont attribuées certaines peurs collectives.
Plus une société est traversée par l'incertitude, l'émotion ou la défiance, plus la demande de protection peut conduire à privilégier la désignation du danger plutôt que l'analyse de ses causes. Les groupes changent, mais les mécanismes sociaux de construction de la menace présentent parfois des similitudes structurelles.
Que notre société en soit arrivé à cela démontre l'insuffisance de la prise en compte de la culture sociologique et des sciences humaines dans l'enseignement qui ne peuvent pas être mis en place sans rendre l'enseignement pour adulte obligatoire et rémunéré comme si l'on travaillait. Le résultat de cette absence de savoir se lit sur les courbes comparatives
    •  

  1. — Stratégie de l'émotion
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Conclusions : émotion augmente, réflexion diminue, demande d'ordre augmente, la recherche du responsable ou d'un bouc émissaire augmente. nous ne pouvons pas écarter le rôle des médias dans la transmission, et nous ne pouvons plus l'accepter sans un accompagnement explicatif, or ce qui ont eu existé ont disparu de l'information généraliste? TEL ARRÊT SUR IMAGE

 

  1. S2-5— Évolution du travail et de la richesse
analyse du programme de la LFI 2027

Productivité technologique versus travail humain. Conclusions : richesse croissante ; besoin de travail humain décroissant.

 

  1. — Capital versus salaires

Graphique salaires / capital

analyse du programme de la LFI 2027

Conclusions : part du capital augmente part du travail diminue

 

  1. R5— Retraites

Scénario actuel.

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R6 cotisations machine

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R10 Le capital ne fléchit pas.

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R11 Déficit réduit, boucle inchangée.

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R12 Effets secondaires.

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R12 Effets secondaires.

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R13 Réforme ou changement de paradigme.

analyse du programme de la LFI 2027

Conclusions : le système actuel devient de plus en plus contradictoire ; la cotisation machine corrige partiellement ; seul un changement de paradigme traite la racine du problème.

 

  1. - Conclusion générale du dossier

Nos graphiques ne démontrent pas que la France deviendra autoritaire malgré une évolution fascisante. Ils montrent que plusieurs mécanismes qui ont historiquement accompagné les crises démocratiques progressent simultanément : défiance, peur, simplification du débat public, recherche de protection, affaiblissement de la compréhension des systèmes complexes et sentiment d’injustice économique.

 

Une démocratie dont les citoyens ne comprennent plus les mécanismes qui organisent leur existence risque progressivement de déléguer son pouvoir à ceux qui prétendent les comprendre à sa place.

 

À l’avenir, le risque n’est peut-être pas la disparition de la démocratie. Le risque est qu’elle se réduise progressivement au choix périodique de celui qui exercera l’autorité en son nom.

 

La fracture intellectuelle me semble la plus préoccupante, avec sa contradiction d’une population qui n’a pas confiance dans les médias, les réseaux, les partis politiques, mais n’a pas les moyens d’acquérir une culture politique et économique, faute d’une organisation d’enseignement qui les oblige à s’en instruire pour exercer le pouvoir du peuple en toute connaissance. Rémunérer les citoyens pour apprendre tout au long de leur vie est devenu indispensable dans l’économie des savoirs qui s’est développée et c’est une garantie relative du maintien de la démocratie.

Dans ce cadre, la population répète ce que j’ai appelé le monde transmis qui l’invite en

permanence à une représentation émotionnelle, et c’est ce mode-là que les citoyens vivent, pas celui de la réalité factuelle scientifique analytique et autres.

A ce titre le capitalisme survit parce qu’il s’appuie sur des mécanismes comportementaux beaucoup plus anciens que lui qui appartiennent à l’inné.

Autrement dit : Le capitalisme n’a pas créé l’Homme compétitif.

Il a organisé socialement une disposition qui existait déjà pour sortir d’une économie de pillage.

C’est précisément ce que nous retrouvons chez Adam Smith.

Lorsque Smith explique que chacun poursuit son intérêt particulier, il ne décrit pas seulement un système économique. Il décrit un comportement observable du vivant.

Le capitalisme est peut-être le premier système qui ait réussi à transformer systématiquement ces tendances en moteur économique où l’individu capitaliste disparaît derrière ce que je nomme le dominant systémique (qui est ici le néolibéralisme) de sorte que l’on ne reconnaît plus le capitalisme comme notre propre comportement inné.

Le problème apparaît lorsque ce mécanisme, qui fut longtemps adaptatif dans un monde de rareté, continue de fonctionner dans un monde où les capacités techniques rendent l’abondance potentiellement possible.

La plupart des citoyens croient lutter contre une idéologie, alors qu’ils luttent contre quelque chose de plus difficile : une structure comportementale profondément ancrée dans le vivant.

C’est pourquoi tant de mouvements anticapitalistes échouent. Ils combattent souvent : la banque ; le patron ; l’actionnaire ; le marché ; sans voir que ces institutions ne sont que des formes historiques d’un mécanisme plus ancien : l’accumulation d’avantages par ceux qui disposent d’un savoir, d’un pouvoir ou d’une ressource rare.

Or on ne modifie difficilement ce que l’on ne comprend pas. Dans ce cas l’idée de « rémunérer apprendre » prend une signification différente. Dans cette logique, l’éducation n’est pas seulement un droit. Elle devient un moyen de réduire l’asymétrie de compréhension qui permet la reproduction des rapports de domination du vivant dominant/dominé.

Autrement dit : Le problème n’est peut-être pas d’abord le capitalisme. Le problème est la concentration du savoir permettant à certains d’organiser les règles du jeu au bénéfice de leur propre intérêt.

Et c’est peut-être pour cela que les révolutions changent souvent les dirigeants sans changer les mécanismes.

Dans cette perspective, le véritable enjeu n’est pas seulement la redistribution de la richesse.

Il devient : la diffusion des connaissances permettant aux citoyens de comprendre les mécanismes qui organisent leur existence et de prendre leur place de citoyens démocratiques,

car tant que cette compréhension reste concentrée chez une minorité, les formes de domination peuvent changer de nom sans disparaître réellement.

Je ne dis pas : « Le socialisme est impossible. » Puisque j’ai écrit qu’il sera l’avenir du monde.

Je dis quelque chose de beaucoup plus subtil : Un projet politique qui ne tient pas compte des mécanismes comportementaux profonds de l’espèce humaine risque d’échouer, même lorsqu’il poursuit des objectifs généreux.

Tous ont souvent supposé que l’être humain allait spontanément adopter les comportements nécessaires au fonctionnement du système imaginé.

Or l’histoire montre plutôt l’inverse. Les institutions durables sont généralement celles qui : reconnaissent les intérêts individuels ; reconnaissent les besoins de reconnaissance ; reconnaissent les comportements de protection ; reconnaissent les rapports de pouvoir.

C’est ce que j’appelle depuis longtemps : la solidarité égoïste.

Cette formule est intéressante parce qu’elle ne repose pas sur un homme nouveau providentiel. Elle repose sur l’homme réel tel qu’il est. Elle ne dit pas : « Les individus vont devenir altruistes. »

Elle dit : « Les individus continueront à défendre leurs intérêts, mais l’organisation sociale peut faire converger ces intérêts vers un résultat collectif plus favorable, car chacun peut prendre conscience de la nécessité d’aider les autres contre ce qui un jour les atteindra. »

C’est très différent. Concernant la LFI, le programme cherche à redonner de l’espérance à une société qui en manque profondément. Cette intention est probablement nécessaire. Mais l’espérance ne peut être durable que si elle repose sur une compréhension réaliste des comportements humains et des transformations déjà intervenues dans la société française.

Puis : la difficulté est que les mécanismes qui ont produit la défiance, la fracture intellectuelle, le monde transmis et la demande de protection se sont installés depuis plusieurs décennies. Ils ne peuvent probablement pas être inversés par la seule volonté politique ni dans le temps d’un mandat.

Et peut-être même : le paradoxe contemporain est que les citoyens ont probablement plus besoin d’espérance que jamais, mais qu’ils disposent de moins en moins des médiations collectives, du temps d’apprentissage et des cadres culturels qui permettaient autrefois de la construire.

je ne conclus pas : que le programme échouera parce qu’il est de gauche.

Je conclus plutôt : que le programme risque d’échouer parce qu’il sous-estime la profondeur des transformations anthropologiques, cognitives et culturelles intervenues depuis quarante ans. Et c’est précisément ce que les graphiques cherchent à montrer. Et à partir de 1995 l’on peut visualiser son empileur.

Amitiés politiques. Giardino André

15 rue Georges Mandel, 34130 Mauguio.

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 16 Juin 2026

Dérive morbide d'une société de plus en plus inculte.

 

La transformation de la société depuis les années 1990 poursuit sa descente vers l'inculture réflexive et critique. Cela nous échappe, car la nécessité de reconnaissance qui se substitue au besoin de domination ne passe plus par les savoirs. Ainsi lentement la source d'apprentissage qui gênerait le bon sens est délivrée par les médias et les moyens de communication narcissiques que sont les réseaux sociaux, YouTube et les smartphones, auquel faut ajouter depuis quelques années les vidéos de surveillance publique ou privée. Et nous en faisons grand usage et les médias une source de vérité.

Si bien que nous sommes entrées dans une nasse où nous tournons en rond.

C'est le monde Transmis, celui auquel nous sommes exposés tous les jours par l'ensemble des médias et dans lequel ce qui est de compréhension élémentaire ou pratique occupe la plus grande place, car cela correspond à la faiblesse des savoirs dont disposent les populations.

Dérive morbide d'une société de plus en plus inculte qui chasse les sorcières au XXI siècle.

Evolution de la lecture des journaux statistiques sur la presse écrite | Ministère de la Culture .

Dérive morbide d'une société de plus en plus inculte qui chasse les sorcières au XXI siècle.

PQN : presse quotidienne nationale, PQR :presse quotidienne régionale. PQG ; presse quotidienne gratuite.

Cette faiblesse éducative à fait le lit d’une transition sans précédent dans l’histoire des sociétés que nous pouvons rattacher dans le cadre, non de son existence, mais de sa quantification évolutive à l’effondrement du communisme. C’était une conséquence que nous ne pouvions pas mesurer avant de disposer d’un temps long. Graphiquement nous situons cela autour des années 1995 et ensuite nous ne pouvons que lire sa progression.


 
La difficulté croissante à comprendre un monde devenu extrêmement complexe a progressivement déplacé l’attention des citoyens vers des objets cognitifs plus accessibles, plus émotionnels et plus immédiatement compréhensibles, plus élémentaires.

De là découlent plusieurs phénomènes.

  • La presse people.

    La culture des célébrités.

    La personnalisation de la politique.

    Le marketing politique.

    Les influenceurs.

    La recherche du chef charismatique.

    Les récits simplifiés.

    Les polémiques permanentes.

    La spectacularisation de l’information.

    La concurrence émotionnelle entre médias.

    La politique transformée en divertissement.

    L’information transformée en marchandise d’attention.

Mais quelque chose qui me paraît central dans cette évolution, alors que la complexité découle de l’interdépendance des systèmes collectifs mondiaux, nos pays remplacent progressivement la compréhension des mécanismes par l’observation des personnages.

Autrefois : comment fonctionne l’économie ? Comment fonctionne l’État ? Comment fonctionne la monnaie ? Comment fonctionne l’entreprise ?

Aujourd’hui :

  • que pense untel ?

    Qui a gagné le débat ?

    Qui a fait le buzz ?

    Qui a commis une faute ?

    Qui est le responsable ?

L’attention se déplace du système vers l’acteur. Nous retombons dans l’erreur qu’a faite Adam Smith en croyant que seul l’intérêt individuel concourt à l’intérêt collectif. Nous vivons la conséquence de cette erreur primitive, réchauffement, pollution, armement nucléaire et sommes incapables de l’attribuer en une croyance dans le seul individualisme, plutôt qu’à la mise en commun des capacités individuelle.

C’est d’ailleurs ce qui explique selon moi le succès des figures : Trump ; Mélenchon ; Le Pen ; Macron ; Zemmour ; et avant eux Mitterrand ou Sarkozy.

Mitterrand en est l’exemple le plus flagrant.Après un travail laborieux à réunifier le socialisme, il en est devenu la représentation symbolique. Si bien que quand le PS au pouvoir a abandonné le socialisme pour la social-démocratie ( la gestion du capitalisme) les citoyens ont continué de penser que c’était le socialisme qui gouvernait parce que Mitterrand était toujours au pouvoir, ce fut idem pour l’élection de Hollande. La même dérive c’est produit avec Sarkozy qui courant après les voix du FN a fini par en garder certaines valeurs du FN qui l’on fait glisser vers la fascisation à laquelle sont partis concourt aujourd’hui. 

Les citoyens discutent davantage des personnes que des mécanismes.

J’ajouterais également : Économie de l’attention, plus l’information est abondante, plus l’attention devient rare.

Le système médiatique est alors incité à produire : de l’émotion ; du conflit ; de l’indignation ; de la peur ; de la célébrité. L’affaire du meurtre de la fillette en est un exemple

parce que ces contenus captent mieux l’attention que l’explication d’un mécanisme monétaire ou fiscal ou psychique.

Infantilisation politique, c’est probablement la plus grande régression depuis longtemps.

Non pas parce que les citoyens seraient moins intelligents.

Mais parce qu’ils sont replacés dans une position où : d’autres interprètent ; d’autres expliquent ; d’autres décident ; d’autres sélectionnent les informations importantes, et très peu d’entre eux participent.

La conséquence est une dépendance croissante aux récits.

Recherche du protecteur.

Et c’est ici que mon raisonnement se vérifie sur les graphiques récents : 

Complexité , l’incertitude, l’émotion, la personnalisation, la recherche d’un protecteur, l’acceptation du contrôle augmente, la compréhension relative baisse.

Cela permet de comprendre pourquoi une société peut simultanément : se méfier des partis ; se méfier des médias ; se méfier du Parlement ; tout en faisant davantage confiance : à la police ; à l’armée ; aux institutions de protection ; aux figures d’autorité.

Autrement dit : Lorsque la compréhension collective recule relativement face à la complexité du monde, la société tend moins à rechercher des explications qu’à rechercher des protecteurs.

Et je pense que cette phrase résume très bien la transition du passage de la« fracture intellectuelle » à celui vers la « fascisation ».

Dérive morbide d'une société de plus en plus inculte qui chasse les sorcières au XXI siècle.
Dérive morbide d'une société de plus en plus inculte qui chasse les sorcières au XXI siècle.

La chasse aux pédophiles comme celle aux sorcières entre 1580 et 1640.

 

Nous ne devons donc pas être surpris de la chasse aux sorcières à laquelle se livre une partie de la population au nom de la défense de l’enfance et des femmes. Annoncer cela suffit de se croire exonéré des comportements d’inquisiteurs et penser relayer une noble cause. Croire pouvoir inciter des personnes à commettre un délit, comme le font les chasseurs de pédophiles. En fait ils sont, complètement ignorant et inculte complet sur la question, sinon ils ne s’y livreraient pas.

 

Quand dans les années 80 se sont mises en place la défense de l’enfance et des femmes, les protagonistes canadiens n’imaginaient pas la dérive qu’il en résulterait , dont celle observée en France au travers de deux affaires symboliques, l’affaire B.Cantat et aujourd’hui P;Bruel. Dans ces deux cas, l’opinion de quelques personnes qui manifestent s’érige en justice populaire et dans un monde fasciste ils se livreraient au lynchage. 

L’inadmissible.

 

Ce qui en devient inadmissible est d’échos qu’en donnent la presse et les médias et le pouvoir politique. Eux savent ! Les médias tiennent là un sujet sensible qui fait bouillir les émotions, et ils le chauffent pour en retirer tous les audimats qu’ils peuvent. La difficulté de la prévention est montrée du doigt comme une faute et le gouvernement pour ne pas être jugés laxistes s,engagent à un traitement spécifique de la pédocriminalité et franchit l’étape de la désignation d’ennemie de l’intérieur comme le terrorisme. Et cela dans l’indifférence de tous les libres penseurs qui seraient accusés de complicité pédocriminelle.

Les professionnels de la santé qui se sont penchés sur ces violences et ont insisté pour qu’elles soient visibles et mesurables n’en appellent pas au lynchage, mais au traitement médical et psychique de ce que l’on nomme les pédocriminels.

Le pire en est que nous ne voulons pas savoir que la demande d’augmentation des peines chez certains pédophiles (heureusement peu nombreux) qui passent aux actes est une cause du meurtre de leurs victimes pour cacher leur forfait et éviter la punition. Hé oui rien de plus de ce que nous faisons tous dans bien des circonstances depuis l’enfance pour éviter la sanction familiale ou plus tard professionnelle.

Le danger présent, qu’alimentent les médias, et conforte un pouvoir inconséquent pour des raisons électorales à l’exemple de Sarkozy qui en a usé et abusé sans rien changer au fond si ce n’est d’accroître la haine, est, que comme chez les nazis la désignation d’ennemies de l’intérieur, qu’il faut éliminer, nous avons déjà les musulmans en replacement des juifs. Mais ils persécutaient d’autres groupes : les civils (non juifs) accusés de désobéissance, de résistance ou d’activités partisanes, les homosexuels, les bisexuels, ainsi que d’autres hommes accusés d’homosexualité en Allemagne,  les individus marginaux en Allemagne, qualifiés de manière péjorative d’« asociaux » ou de « criminels professionnels »  les Noirs en Allemagne, les opposants politiques et les dissidents en Allemagne, les personnes handicapées, les Polonais, les prisonniers de guerre soviétique, les Roms (Tsiganes) et autres personnes qualifiées de manière péjorative de « gitans », les Témoins de Jéhovah. Si nous trouvons une ressemblance avec certains de nos comportements, ce n’est pas le fruit du hasard.  

L’histoire ne se répète jamais exactement, mais le psychisme humain n’a pas changé.

 

De sorte que les mêmes mécanismes psychologiques et sociaux peuvent produire des formes nouvelles de confrontation lorsque les sociétés ne parviennent plus à résoudre leurs contradictions internes.
Prenons en comparaison la situation en 1930 : crise économique ; déclassement ; humiliation nationale ; effondrement d’espérances politiques ; recherche de responsables ; demande d’autorité ; polarisation ; réarmement.

Aujourd’hui nous observons : ralentissement économique structurel ; vieillissement ; endettement ; sentiment de déclassement ; défiance démocratique ; polarisation ; désignation de responsables ; compétition géopolitique ; réarmement mondial.

La ressemblance existe.

Mais les formes de conflit potentielles sont différentes : guerre économique ; guerre informationnelle ; guerre cyber ; guerres régionales par procuration ; fragmentation intérieure ; affrontements civils localisés ; pressions migratoires ; conflits autour des ressources.

Nous ne savons pas si les sociétés contemporaines produiront une troisième guerre mondiale au sens du XXᵉ siècle.
En revanche, nous pouvons observer que plusieurs des mécanismes qui ont précédé les grands affrontements du passé réapparaissent aujourd’hui sous des formes adaptées au monde contemporain, et la chasse au pédophile en fait partie, chez des citoyens de bonne foi, mais ignorants qu’eux-mêmes ont des troubles psychiques pour se comporter de la sorte.

Ce que nous ne voulons pas savoir

 

rapport morts violentes enfants - 2018-044 Rapport_Morts_violentes_enfants.pdf

Chaque année, environ 3,1 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent de faim dans le monde, soit un enfant toutes les 11 secondes, sans aucune compassion de notre part.

Contexte et causes

Les principales causes de la faim et de la malnutrition infantile incluent :

l’accès à la nourriture et aux soins www.unicef.fr. Pauvreté extrême, limitant l’accès à une alimentation suffisante et nutritive www.unicef.fr. Catastrophes naturelles et crises climatiques, qui détruisent les récoltes et les moyens de subsistance www.unicef.fr.

Fluctuations des prix alimentaires, qui aggravent l’insécurité alimentaire dans les régions vulnérables World Health Organization (WHO).

 

Dérive morbide d'une société de plus en plus inculte qui chasse les sorcières au XXI siècle.

D’autres approches de la pédocriminalité existent en dehors de la haine.

 

L’enjeu est donc de réussir à prévenir la première agression sexuelle. L’idée développée dans l’article du magazine slate.fr consiste en une déstigmatisation des pédophiles pour qu’en quelque sorte, ils n’aient plus envie de se cacher, qu’ils soient motivés à se confier et à se soigner.

Nous n’avons en effet pas le choix dans nos attirances sexuelles et les nier serait une erreur.

 

Une fois ces attirances admises et « acceptées » par la société (ce qui est loin d’être gagné), l’enjeu devient alors principalement de mettre en place du soin : pour les personnes sexuellement attirées par les mineurs, prévoir un espace de parole et trouver avec elles des alternatives pharmacologiques ou éducatives pour respecter les lois, tout en menant une vie heureuse et adaptée.

 

Une autre option que l’on pourrait craindre de voir se développer consisterait à modifier l’orientation sexuelle du pédophile, comme on a pu le faire pour les homosexuels il y a quelques décennies avec les méthodes dites aversives. Pour mémoire, il y a encore 20 ans, la psychiatrie considérait l’homosexualité comme un trouble mental. Pour « corriger » cette déviance, des méthodes aversives ont été expérimentées dans les années soixante pour convertir les personnes homosexuelles à l’hétérosexualité. Désormais illégales dans de nombreux pays, ces méthodes consistaient à associer des stimuli excitant pour le sujet à une expérience physique désagréable. Ceux d’aujourd’hui qui manifestent et dénoncent, voire chasse les pédocriminels auraient été du côté des correcteurs de déviance.

 

Alors que les affaires Bétharram et Le Scouarnec ont remis la lumière sur les violences sexuelles infligées aux enfants, l’organisation médicale s’intéresse aux agresseurs, du point de vue de la psychiatrie. Que peut-elle dire de leurs perversions ? Sait-elle soigner ? Prévenir la récidive ?

 

Plus de 50 % des Français présentent une paraphilie (les paraphilies sont des fantasmes ou des comportements sexuels fréquents et intenses portant sur des objets inanimés, des enfants ou des adultes non consentants) , sans trouble psychiatrique si elle ne cause aucun préjudice. La pédophilie, en revanche, est considérée comme déviante en raison des risques qu’elle fait peser sur les victimes et leurs familles. La prise en charge psychiatrique vise à prévenir le passage à l’acte et la récidive. Comment est posé un diagnostic ? Quels sont les traitements et soins prescrits ? 

La pédophilie, une maladie distincte de la pédocriminalité

Florence Thibault explique que la pédophilie doit bien être différenciée de la pédocriminalité, car c’est une maladie qui ne mène pas systématiquement à un passage à l’acte : "Parmi les gens qui ont des fantasmes pédophiles, qui l’expriment et qui en souffrent, on considère qu’un sur deux va passer à l’acte sur un enfant. Et à l’inverse, quand on nous adresse des patients qui ont commis un crime sexuel, il y en a à peu près 10% qui relèvent d’un trouble pédophilique." Il est difficile de mesurer la fréquence des troubles pédophiliques, car les évaluations se fondent sur des enfants victimes de violences sexuelles, mais pas forcément liées à des troubles pédophiliques, ou sur la récurrence de l’expression de fantasmes pédophiles : on estime qu’entre 5 et 20% d’hommes ont des fantasmes pédophiles, un peu moins chez les femmes, et 3 à 5% de la population répondent avoir eu un rapport sexuel avec un enfant.

La « chasse aux pédophiles » est une pratique controversée à travers laquelle des amateurs du maintien de l’ordre s’improvisent détectives, agents interpellateurs, voire juges et bourreaux, au nom de la protection de l’enfance. Ce nouveau « vigilantisme », renouvelé par un usage intensif des outils numériques, s’inscrit dans un rapport ambivalent à la loi et dessine la forme moderne prise par la justice expéditive, une justice sans appel.

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 13 Juin 2026

Nous trouverons ci-dessous tous les graphiques représentant l'évolution de la société française.

De grandes ligne ses détachent.

1/ la diminution de la culture du savoir pour se situer, critiquer, et définir ses choix. 

2/ une criminalité qui globalement n'évolue pas par rapport à l'augmentation de la population. La comparaison avec l'évolution dans le monde est identique, car le monde est devenu néolibéral depuis les années 1990.

3/ La société se divise en trois représentation : A/ le monde factuel, celui des données scientifiques vérifiables,le monde transmis, celui des informations que reçoivent les populations, l'ensemble des médias, les réseaux sociaux, les informations politiques et leur vécu quotidien. Un paradoxe en ressort, les citoyens ne font pas confiance en majorité aux médias, aux réseaux, aux partis politiques, mais ce sont d'eux qu'ils reçoivent les informations qui façonnent leurs opinions, et qui influencent leurs choix et leurs visions de la société.

4/ Le monde vécu, B / c'est celui qu'ils vivent réellement, même quand leurs ressentis ne correspondent pas à la réalité du monde factuel. C'est le monde de l'émotion que transmettent les médias. Avec cette transmission. les citoyens développent un monde suggestif qui tient compte de l'ignorance des parts de la culture politique ,économique qu'ils n'ont pas apprise, aux conséquences de leurs abandons des lieux où s'exerce la démocratie; Le paradoxe qui en ressort, est qu'ils se plaignent que la démocratie fonctionne mal. Or ce sont eux qui ne la font pas vivre en se retirant des lieux où elle s'exerce. La conséquence en est une demande d'un chef charismatique qui n'est pas compatible avec la prise de décisions par le peuple.

5/ le mode suggestif : C/ celui de leurs émotions qui circulent au travers des réaux sociaux du net des relations interpersonnelles. Elle leur sert à définir leurs choix sans avoir la conscience que leurs actions entretiennent le monde dont ils se plaignent. Nous en revenons à l'absence de culture critique. La conséquence en est qu'ils développent sans le savoir des représentations paradigmatiques du développement de valeurs fascisantes.

6/ L'évolution technologique et assumé par une professionnalisation de l'enseignement technique, mais leurs visions restent attaché à celles du XX siècle et ne suivent pas les transformations qu'imposent l'évolution technologique.

7/ En conclusion l'évolution qui s'observe depuis 1995 que j'ai nommé la formation d'une hélice ne peut pas s’inverser miraculeusement, sa direction indique, l’avènement du dégradation des valeurs démocratiques de la poursuite de l'intolérance, et certainement d'un clash qui a déjà commencé, d'un conflit entre états néolibéraux. 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 6 Juin 2026

Ne votez plus sans filtre sur ce que vous payez.

Dans ces schémas de courbe le modèle joule à été évalué par un mécanisme théorique en comparaison à celui qui existent et observer ce que deviendrait la courbe avec les mêmes données dans la séparation qu’effectue le modèle joule en finançant la vie séparément de celle du travail. Car ici nous ne mesurons pas des données statistiques déjà publiées ; nous visualisons un mécanisme théorique du Modèle Joule.

S2-3 — Anatomie historique du prix de vente (1950–2025)
Hypothèse

Plus la productivité augmente, plus le coût réel de production devrait diminuer.

Pourtant le prix payé par le consommateur ne suit pas cette trajectoire.

Courbes
  1. Coût physique réel de production baisse.

  2. Protection sociale intégrée aux prix, la protection santé, confort et autre sanitaires augmente.

  3. Fiscalité indirecte (TVA, taxes) augmente, c’est l’objet des débats permanents sur la dette

  4. Rémunération du capital augmente malgré les faillites qu’engendrent la concurrence.

  5. Dividendes augmentent fortement

  6. Le Prix final payé par le consommateur croît et enregistre toutes ces augmentations, sans que le client les voie. C’est ainsi que la traçabilité du prix soit affiché s’impose pour plus de clarté.

Ne votez plus sans filtre sur ce que vous payez.
Lecture

Le progrès technique fait baisser le coût réel.

Mais cette baisse est absorbée progressivement par :

  • les prélèvements ;

  • les mécanismes de redistribution ;

  • les marges ;

  • la rémunération du capital ;

  • l’accumulation patrimoniale.

Le consommateur ne paie donc pas uniquement le produit. Il paie une architecture économique complète, de retour du salaire et des prélèvements vers le capital.

Commentaire analytique

Le débat public s’interroge généralement sur le niveau des prix.

Il s’interroge beaucoup moins sur leur composition.

Or l’analyse historique montre que l’essentiel des gains de productivité n’a pas été restitué directement sous forme de baisse des prix.

Ils ont été absorbés dans une structure de financement où le produit devient le support :

  • de la protection sociale ;

  • de la fiscalité ;

  • des charges d’organisation ;

  • de la rémunération du capital ;

  • de son accumulation future.

Le citoyen croit acheter un bien.

En réalité il participe à la reproduction d’un système complet de circulation de valeur. ou à chaque achat il réalimente le capital par la composition de la marge avec laquelle le capital s"accroît.

S2-4 — Deux siècles de réformes sans remise en cause du mécanisme
Question

Que cherchent réellement à corriger les doctrines économiques ?

Courbe A

Capitalisme libérale souscrit

Capital/Travail → salaire → consommation → profit → accumulation par retour au capital

Courbe stable, soutenue par les économistes libéraux.

Courbe B

Social-démocratie

Même boucle.

Ils soutiennent une redistribution plus forte.

Mais le retour au capital maintenu.

Courbe C

économistes hétérodoxes contemporains, ils privilégient la Taxation. La Planification. La régulation. Le contrôle. ils corrigent le système libéral.

leurs choix et analyses ne remettent pas en question le retour au capital qui est maintenu.

Courbe D

Modèle Joule que je préconise

La protection de la vie séparée de la production, et financée par la monétarisation de l’énergie des humains qui composent la population d’un pays. Soit 86% du prix d’un produit est sorti et financé par la richesse humaine qui n’est pas la monnaie, mais l’énergie de chacun.

Il y a rupture de la boucle historique, seul le travail de production est comptabilisé pour former le prix client, il s’élève à 14% du prix client actuel environ.

Commentaire analytique

Depuis deux siècles, les écoles économiques s’affrontent sur :

  • le niveau des salaires ;

  • les impôts ;

  • les cotisations ;

  • les dividendes ;

  • la planification ;

  • la place de l’État.

Mais elles partagent une hypothèse commune : la vie doit être financée par la production.

Les désaccords portent sur le réglage du mécanisme.

Ils portent rarement sur sa légitimité de ce processus qui repose sur les sources instinctives des humains.

La droite cherche généralement à accélérer la circulation du capital.

La gauche cherche généralement à mieux répartir ses effets.

Les économistes hétérodoxes cherchent souvent à en limiter les dérives.

Mais tous demeurent à l’intérieur de la même architecture :

Capital/Travail → Salaire → Prix → Cotisations → Impôts → retour au Capital.

Le débat change. La boucle demeure, et les citoyens se désespèrent de ne voir rien changer et les partis politiques changent d’acronyme pour faire croire à un changement économique.

La conclusion du graphique

Tu peux terminer par une phrase très simple :

Pendant deux siècles, les économistes ont principalement discuté de la manière de répartir le contenu du prix.
Le Modèle Joule pose une question différente : Pourquoi la protection de la vie est-elle encore contenue dans le prix ?

Je pense que c’est cette dernière phrase qui résume le mieux toute la divergence entre mon travail et celui des économistes hétérodoxes.

S2-4 — Deux siècles de réformes dans la même boucle
Ne votez plus sans filtre sur ce que vous payez.

Lecture :

  • les écoles économiques divergent sur la fiscalité, la redistribution ou la planification ;

  • mais elles maintiennent toutes le principe du financement de la vie par la production ;

  • les écarts portent sur l’intensité de la boucle ;

  • le Modèle Joule est représenté comme une rupture progressive de cette dépendance.

Conclusion analytique

Le premier graphique pose la question : Pourquoi le prix augmente-t-il alors que le coût réel de production diminue ?

Le second pose une question encore plus fondamentale : Pourquoi toutes les écoles économiques débattent-elles de la manière de répartir le contenu du prix sans remettre en cause le fait que la protection de la vie soit contenue dans ce prix ?

"Ils cherchent à corriger la boucle, et moi je m’interroge sur la nécessité de continuer à vivre dans cette boucle. »

Les deux graphiques ci-dessous démontrent la part humaine et la part machine dans la production.

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Indice théorique base 100 en 1975 : la production augmente par la machine, tandis que le besoin direct de travail humain diminue.Lecture : plus la technologie produit, moins le travail humain direct est nécessaire. Mais le système continue de financer la vie par le salaire, donc il transforme un progrès technique en problème social : chômage, précarité, pression sur les prix, dette, cotisations et impôts. Si nous devions remplacer le travail machine par des humains nous serions en France 700 millions d’actifs!!!!!!!!

Comparaison avec le modèle joule ?

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Le graphique ci-dessus estime le coût réel de la production avec le modèle joule en gardant les données retenues par l’Insse et autres instituts.

Comparaison conceptuelle : dans le système actuel, le prix porte la survie sociale ; dans le Modèle Joule, le prix revient vers le coût matériel réel.

Lecture : dans le système actuel, le prix client ne paie pas seulement le produit. Il paie aussi les salaires, cotisations, impôts, TVA, marges défensives, capital, dividendes, intérêts, assurances, dette publique et privée.

Le Modèle Joule retire du prix tout ce qui relève de la protection de la vie, pour ne laisser dans le prix que la production réelle : matière, énergie, organisation, entretien, logistique, innovation et marge bornée.

Le système actuel fait payer plusieurs fois la même énergie humaine.
Le Modèle Joule la reconnaît une fois, la protège collectivement, puis libère le prix.

Le graphique qui suit montre ce que le citoyen perçoit, et ce que la comptabilité enregistre que le citoyen ne voit pas si l’on n’effectue pas une traçabilité des coûts d’un produit ou service.

Ne votez plus sans filtre sur ce que vous payez.

Nous vivons comme cela depuis des siècles, fidèles à l’axiome d’Adam Smith : chacun, mais toute son énergie dans son seul intérêt (inné) et ce faisant il concourt à l’intérêt commun mieux que s’il avait voulu le faire (échec du communisme stalinien). Ce constat a satisfait beaucoup d’antitotalitaire et anticommuniste primaire. À partir de là ils n’ont plus regardé ailleurs. Ils n’ont pas regardé que le système néolibéral en 500 ans, soit 0,16% de la durée de vie de l’homo sapiens (300 000), a depuis l’essor de 'industrialisation, contribué à réchauffer la planète, il l’a pollué, et il s’est donné les moyens de détruire la vie sur terre (sauf les scorpions qui résistent aux radiations.)

Nous pouvons donc écrire en réponse à Adam Smith.

Quand chaque individu conformément à son instinct met toute son énergie dans son seul intérêt, il ne concourt pas à celui de la collectivité humaine, dont l’ordre objectif, que nous ignorons, accepte son suicide comme démonstration de l’inéquation du néolibéralisme avec la culture d’adaptation technologique humaine.

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 4 Juin 2026

Ne votez plus sans un filtre pour sauver la démocratie

Les chiffres, leurs ressentis et la bataille de l'information

Depuis plusieurs décennies, chaque élection semble rejouer la même scène.

Les acteurs changent. Les slogans changent. Les alliances changent. Mais le fond demeure étonnamment stable.

À chaque échéance électorale apparaît la promesse d’un homme providentiel, d’un parti providentiel ou d’une réforme providentielle censée corriger les échecs accumulés par les gouvernements précédents.

Pourtant, lorsque l’on observe les séries longues, les phénomènes apparaissent beaucoup plus complexes que les récits qui les accompagnent.

Les graphiques présentés dans ce dossier ne cherchent pas à défendre un parti contre un autre. Ils cherchent à répondre à une question beaucoup plus simple :

Comment les citoyens construisent-ils leur représentation du monde ?

Et surtout :

Cette représentation correspond-elle réellement à ce qu’ils vivent ?

Note méthodologique

Les graphiques qui suivent sont des graphiques de travail.

Ils ne prétendent pas constituer des mesures statistiques définitives.

Leur fonction est différente.

Ils servent à rendre visibles des mécanismes, des hypothèses et des relations qui apparaissent progressivement au cours de l’analyse.

Certains reposent directement sur des données publiques (Insee, SSMSI, CEVIPOF, ministère de la Culture, Arcom, etc.).

D’autres constituent des représentations interprétatives destinées à visualiser des phénomènes plus difficiles à mesurer directement : exposition informationnelle, risque suggestif, fracture intellectuelle, déplacement du pouvoir d’influence ou écart entre monde vécu et monde transmis.

Ils doivent donc être lus comme des outils de réflexion.

Leur objectif n’est pas de conclure.

Leur objectif est d’aider à poser les bonnes questions avant de conclure.

Autrement dit :

Mesurer avant de juger. Comparer avant d’interpréter. Interpréter avant de conclure.

C’est exactement la méthodologie de travail que j’ai empruntée aux chercheurs lorsqu’ils construisent des indicateurs exploratoires.

Mesurer avant de juger

La première difficulté provient de notre rapport spontané aux événements.

Nous interprétons généralement les phénomènes à travers les récits qui les accompagnent : hausse de l’insécurité, crise économique, immigration, chômage, dette, déclassement, perte d’autorité ou disparition des services publics.

Cette perception se construit au fur et à mesure de la transmission d’événements délibérément sélectionnés dans le flux quotidien de l’information, sans filtre personnel et souvent selon une stratégie éditoriale ou politique.

Pourtant, lorsque nous établissons des séries longues, elles racontent souvent une histoire différente.

La population augmente.

Le crédit progresse.

Les moyens de surveillance augmentent.

Les effectifs de sécurité évoluent.

La consommation se transforme.

Mais la criminalité ne suit pas nécessairement les mêmes trajectoires.

Autrement dit, les phénomènes observés ne correspondent pas toujours aux scénarios simplifiés proposés dans le débat public.

Ne votez plus sans un filtre pour sauver la démocratie

Cette constatation ne signifie pas que les inquiétudes des citoyens sont illégitimes.

Elle signifie simplement que les causes des phénomènes sont souvent plus profondes que les explications proposées.

Elle signifie également que les citoyens qui reçoivent ces informations ne disposent généralement ni des moyens matériels ni du temps nécessaire pour procéder eux-mêmes aux vérifications indispensables. Et lorsqu’ils en auraient la possibilité, la plupart ne s’y consacreraient pas.

L’être humain agit d’abord dans le cadre de son existence quotidienne. Il travaille, élève ses enfants, entretient ses relations sociales et tente d’assurer sa sécurité matérielle.

La compréhension des mécanismes qui organisent la société passe alors au second plan.

C’est précisément pour cette raison qu’il devient nécessaire de mesurer avant de juger.

Le monde vécu et le monde transmis

Les citoyens ne vivent pas directement l’ensemble de la réalité sociale.

Ils vivent leur quartier. Leur famille. Leur travail. Leur environnement immédiat.

Or cette expérience quotidienne est désormais accompagnée d’une exposition permanente à l’information. Télévision. Radio. Presse. Internet. Réseaux sociaux. Applications. Notifications.

Pourtant, pour la majorité des citoyens, le risque réel d’être victime d’un homicide, d’un attentat ou d’un crime particulièrement violent demeure extrêmement faible.

Mais ces mêmes citoyens peuvent être exposés chaque jour à des dizaines d’informations concernant précisément ces événements.

Ils peuvent recevoir davantage d’informations sur la criminalité qu’ils n’en rencontreront jamais directement au cours de leur existence. depuis 1995 il y a en moyenne 3 700 000 crimes et délits par ans, ils ne sont exposés médiatiquement, à raison de 1 par jour, qu'à 365, soit 0,0098% de la réalité et ils se sentent en insécurité.

C’est ici qu’apparaît ce que nous avons appelé l’Indice de Risque Suggestif (IRS).

C'est bien là une des difficultés, ils souhaitent apporter une réponse à un phénomène d'insécurité imaginaire qu'ils vivent réellement. Nous serions face à un cas individuel nous lui recommandations la consultation d'un psychiatre ou d'un psychologue pour phobie sécuritaire. Dans le cas d'une société, il ne s'agit plus d'une phobie mais du résultat d'une stratégie d'acteurs de l'information. Il n'y en cela aucune maladie des citoyens, si ce n'est le choix de la réponse politique fascisante de certains partis, car forcément la réponse est inapproprié à une insécurité inexistante qui s'entretient par le monde transmis médiatiquement.


 

Ne votez plus sans un filtre pour sauver la démocratie

L’IRS mesure l’écart entre le monde vécu et le monde transmis.

Le monde vécu est celui de l’expérience directe.

Le monde transmis est celui de l’information reçue.

Le premier demeure relativement stable.

Le second devient progressivement plus dense, plus rapide, plus émotionnel et plus anxiogène.

La représentation émotionnelle construite à partir du monde transmis finit alors par devenir, pour chacun, une partie importante de son monde réel.

La distance entre ces deux univers peut produire un sentiment d’insécurité croissant, même lorsque les indicateurs observés n’évoluent pas dans le même sens.

C’est notamment ce que l’on observe lorsque l’on compare l’évolution de la criminalité rapportée à la population avec l’évolution de l’exposition médiatique à la criminalité.

L’une peut rester stable ou diminuer relativement.

L’autre peut progresser continuellement.

La perception finit alors par prendre le pas sur la mesure.

Plusieurs facteurs contribuent à ce phénomène.

Une partie de la population ne recherche pas spontanément les informations permettant de vérifier les représentations qu’elle reçoit.

Les médias disposent d’un intérêt économique à privilégier les événements susceptibles de capter l’attention.

Certains acteurs politiques puisent dans cette anxiété une partie de leur électorat.

D’autres utilisent ces mêmes représentations pour discréditer leurs oppositions.

Le résultat est un mécanisme d’amplification collective.

Le graphique consacré au risque vécu et à l’exposition criminelle montre cette complémentarité entre l’information sécuritaire transmise et la suggestivité de la population.

Plus l’exposition augmente, plus la perception du risque tend à s’éloigner de la mesure du risque réel.

C’est à partir de cette observation que commence notre réflexion sur la démocratie contemporaine.

La fracture intellectuelle

À la fracture sociale décrite dans les années 1990 s’ajoute progressivement une autre fracture.

Une fracture intellectuelle.

Cette expression ne signifie pas que les citoyens seraient moins intelligents qu’autrefois.

Elle signifie que les outils permettant d’interpréter la complexité du monde reculent relativement face aux outils produisant de l’émotion.

Cette évolution se produit paradoxalement dans une période où le niveau de diplôme augmente et où l’accès à l’enseignement supérieur n’a jamais été aussi important.

Le phénomène n’est donc pas celui d’une diminution des capacités intellectuelles.

Il est celui d’un déplacement des savoirs mobilisés.

La technologie progresse.

La spécialisation progresse.

Les compétences professionnelles progressent.

Mais les connaissances permettant de comprendre les mécanismes économiques, politiques, historiques ou anthropologiques reculent relativement dans l’espace public.

Les émissions culturelles diminuent.

Les espaces consacrés à la réflexion longue reculent.

Les débats de fond deviennent plus rares.

Dans le même temps, les faits divers, les polémiques, les affrontements verbaux et les récits anxiogènes occupent une place croissante.

Le débat public se déplace progressivement des mécanismes vers les personnes.

Des programmes vers les personnalités.

Des causes longues vers les responsables immédiats.

L’émotion devient alors un raccourci de compréhension.

Les phénomènes complexes sont réduits à des explications simples.

Les responsabilités systémiques sont remplacées par des responsabilités individuelles.

La recherche des causes est remplacée par la recherche des coupables.

Cette évolution est visible dans les graphiques consacrés à l’information criminogène, à la culture critique et à l’Indice de Risque Suggestif.

Ne votez plus sans un filtre pour sauver la démocratie
Elle constitue l’un des éléments centraux de ce que nous appelons la fracture intellectuelle.
Le paradoxe démocratique

Nous vivons dans une époque paradoxale.

Jamais l’humanité n’a disposé d’autant de connaissances.

Jamais autant de livres, de publications scientifiques, de recherches historiques, économiques, sociologiques, philosophiques ou anthropologiques n’ont été accessibles à autant d’individus.

Les bibliothèques n’ont jamais été aussi riches.

Les universités n’ont jamais produit autant de connaissances.

Internet permet d’accéder en quelques secondes à des savoirs qui étaient autrefois réservés à une minorité.

L’intelligence artificielle elle-même donne désormais accès à une quantité considérable d’informations.

Pourtant, cette abondance ne signifie pas que ces connaissances soient effectivement apprises.

Disposer d’une bibliothèque ne signifie pas avoir lu les livres.

Disposer d’Internet ne signifie pas comprendre le monde.

Disposer d’informations ne signifie pas savoir les relier entre elles.

Ne votez plus sans un filtre pour sauver la démocratie

La majorité des citoyens sont formés pour exercer une activité professionnelle.

Ils deviennent techniciens, ouvriers qualifiés, ingénieurs, infirmiers, artisans, gestionnaires, chercheurs ou cadres.

Cette spécialisation est indispensable.

Aucune société complexe ne pourrait fonctionner sans elle.

Mais elle possède une conséquence rarement discutée.

Les savoirs permettant de comprendre les mécanismes économiques, politiques, institutionnels, historiques ou anthropologiques restent largement laissés à l’initiative individuelle.

Or ce sont précisément ces savoirs qui permettent d’interpréter les phénomènes collectifs.

L’ignorance n’est donc pas ici une insulte.

Elle désigne simplement ce que nous ne pouvons pas mobiliser parce que nous ne l’avons jamais appris.

Nous ne pouvons pas raisonner avec des connaissances que nous ne possédons pas.

Nous ne pouvons pas utiliser des outils intellectuels qui ne nous ont jamais été transmis.

C’est ce que rappelait Edgar Morin lorsqu’il expliquait que le savoir progresse en même temps que progresse le continent de l’ignorance.

Plus les connaissances augmentent, plus augmente également ce que nous ignorons.

Le véritable problème démocratique n’est donc pas l’absence d’information.

Ne votez plus sans un filtre pour sauver la démocratie
C’est l’absence d’apprentissage des connaissances permettant de donner du sens à cette information.
La bataille de l’information

C’est probablement ici que se situe la transformation la plus importante des trente dernières années.

Après l’effondrement de l’Union soviétique, le conflit idéologique qui structurait une grande partie du XXe siècle s’affaiblit progressivement.

Les rapports de force ne disparaissent pas.

Ils se déplacent.

La bataille ne porte plus uniquement sur la production des richesses.

Elle porte également sur la production des représentations.

Qui raconte le monde ?

Qui interprète les événements ?

Qui décide de ce qui mérite d’être montré ?

Qui sélectionne les informations qui seront diffusées et celles qui resteront invisibles ?

Pendant longtemps, les syndicats, les partis politiques, les associations et les mouvements d’éducation populaire participaient directement à cette production de sens.

Ils ne détenaient pas le monopole de l’information, mais ils constituaient des espaces de médiation entre les citoyens et les grands mécanismes économiques ou politiques.

Leur influence recule progressivement.

La télévision prend une place centrale.

Puis viennent les chaînes d’information continue.

Puis Internet.

Puis les plateformes numériques.

Puis les réseaux sociaux.

Les citoyens continuent de faire l’histoire.

Mais ils en reçoivent de plus en plus l’interprétation par des intermédiaires.

L’histoire est moins racontée par ceux qui la vivent que par ceux qui organisent sa circulation.

Ne votez plus sans un filtre pour sauver la démocratie

Cette évolution modifie profondément le débat démocratique.

Les événements sont de plus en plus sélectionnés selon leur capacité à susciter l’attention.

L’émotion devient une ressource économique.

L’indignation devient un produit médiatique.

La peur devient une audience.

L’information n’est plus seulement un moyen de comprendre le monde.

Elle devient également un marché.

À partir des années 1990 puis surtout des années 2000, un autre phénomène apparaît : la peopolisation de la vie politique.

Les responsables politiques deviennent progressivement des personnages médiatiques.

Le débat sur les systèmes cède la place au débat sur les individus.

On ne discute plus seulement des programmes.

On discute des caractères.

On ne discute plus seulement des institutions.

On discute des personnalités.

On ne discute plus seulement des mécanismes économiques.

On discute des petites phrases.

Cette évolution ne résout aucun des problèmes de fond.

Mais elle modifie profondément la manière dont les citoyens les perçoivent.

Lorsque les mécanismes deviennent invisibles, les individus deviennent les principaux supports d’explication.

La politique se transforme alors progressivement en confrontation de personnages.

Et plus cette évolution progresse, plus il devient difficile de distinguer ce qui relève des structures de long terme de ce qui relève des acteurs momentanés chargés de les administrer.

C’est précisément dans cet espace que se développe la recherche permanente du responsable unique, du coupable idéal ou de l’homme providentiel.

Et c’est également dans cet espace que se joue aujourd’hui une grande partie de la bataille de l’information.

Le grand remplacement cognitif

Le terme de « grand remplacement » est généralement utilisé pour désigner une transformation démographique supposée des populations.

Les graphiques présentés ici suggèrent une autre lecture.

Le véritable bouleversement observable depuis plusieurs décennies n’est peut-être pas celui des populations.

Il est celui des connaissances mobilisées pour comprendre le monde.

Jamais les savoirs disponibles n’ont été aussi nombreux.

Jamais les moyens d’y accéder n’ont été aussi puissants.

Jamais l’humanité n’a produit autant de connaissances scientifiques, historiques, techniques, économiques ou anthropologiques.

Pourtant, dans le même temps, les savoirs permettant d’interpréter les mécanismes qui organisent la société semblent reculer relativement dans la culture commune.

Les connaissances progressent.

Les moyens d’accès progressent.

L’information progresse.

Mais l’appropriation des savoirs réflexifs ne progresse pas au même rythme.

Le graphique du « Grand Remplacement Cognitif » montre précisément ce phénomène.

La courbe des connaissances disponibles s’élève continuellement.

La courbe de l’information médiatique progresse également.

Mais la courbe représentant l’appropriation des sciences humaines recule relativement.

L’hypothèse n’est pas que les citoyens deviennent moins intelligents.

Elle est plus inquiétante.

Le monde devient plus complexe plus vite que nous n’apprenons à le comprendre.

Nous produisons davantage de connaissances que nous ne produisons de compréhension collective.

Le résultat est paradoxal.

Les citoyens savent de plus en plus de choses.

Mais ils disposent de moins en moins des outils nécessaires pour relier ces choses entre elles.

Ils connaissent davantage de faits.

Ils comprennent plus difficilement les mécanismes.

Ils reçoivent davantage d’informations.

Ils disposent de moins de temps pour les interpréter.

L’opinion prend alors progressivement la place de l’analyse.

Le commentaire remplace l’explication.

L’émotion remplace la compréhension.

Le ressenti remplace la mesure.

Ce déplacement constitue probablement l’un des phénomènes les plus importants de notre époque.

La concentration du pouvoir d’influence

L’un des enseignements les plus frappants des graphiques précédents concerne la convergence progressive de plusieurs courbes.

La courbe des milliardaires.

La courbe des faiseurs d’opinion.

La courbe de la concentration médiatique.

La courbe des sondages.

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La courbe de l’information émotionnelle.

Ces évolutions ne démontrent aucun complot.

Elles révèlent un phénomène structurel.

La concentration du capital tend à rejoindre la concentration des moyens de produire les récits collectifs.

Autrement dit, ceux qui disposent des ressources économiques les plus importantes disposent progressivement des moyens de raconter le monde, de sélectionner les sujets qui feront débat, d’influencer les représentations collectives et de mesurer les opinions qui en résultent.

Le phénomène n’a rien de mystérieux.

Les médias coûtent cher.

Les instituts de sondage coûtent cher.

Les plateformes numériques coûtent cher.

Les réseaux de communication coûtent cher.

La concentration économique conduit naturellement à une concentration croissante des capacités d’influence.

Le circuit devient alors circulaire.

Production de richesse.

Concentration du capital.

Contrôle accru des moyens de diffusion.

Influence sur les représentations collectives.

Reproduction du système économique.

Nouvelle concentration du capital.

Plus ce mécanisme devient invisible, plus il devient efficace.

Non parce qu’il serait secret.

Mais parce qu’il apparaît progressivement comme normal.

Il devient l’environnement ordinaire dans lequel les citoyens construisent leurs représentations.

Les citoyens face aux récits

Lorsqu’un individu ne dispose pas des connaissances lui permettant de comprendre les mécanismes économiques, institutionnels ou médiatiques qui organisent son existence, il se tourne naturellement vers les récits qui lui sont proposés.

Ces récits lui permettent de donner du sens aux événements.

Ils simplifient la réalité. Ils désignent des responsables. Ils identifient des coupables. Ils proposent des solutions.

Le problème n’est pas que ces récits existent. Toute société produit des récits.

Le problème apparaît lorsque ces récits remplacent progressivement la compréhension des mécanismes qu’ils prétendent expliquer.

Le citoyen ne juge alors plus une organisation économique.

Il juge les personnages qui lui sont présentés.

Il ne juge plus des institutions. Il juge des individus.

Il ne juge plus des structures. Il juge des comportements.

La politique se personnalise. Les mécanismes disparaissent derrière leurs représentants.

Les débats deviennent émotionnels. Les analyses deviennent secondaires.

Le spectacle prend progressivement le pas sur l’explication.

Pourquoi continuons-nous à chercher un sauveur ?

Lorsque les mécanismes deviennent invisibles, les solutions simples deviennent séduisantes.

Si les citoyens ne disposent plus des outils permettant de comprendre les phénomènes de long terme, il devient naturel de croire qu’un individu pourrait, à lui seul, inverser le cours des événements.

C’est ainsi que réapparaît périodiquement la figure du sauveur.

L’homme providentiel.

Le dirigeant exceptionnel.

Le chef capable de résoudre ce que plusieurs décennies n’ont pas permis de résoudre.

Pourtant, les graphiques racontent une autre histoire.

Ils montrent des phénomènes démographiques, économiques, culturels, médiatiques et informationnels qui se construisent sur plusieurs décennies.

Ils dépassent largement la durée d’un mandat électoral.

Ils dépassent parfois plusieurs générations.

Aucun président ne crée seul ces phénomènes.

Aucun gouvernement ne les inverse seul.

Aucun parti ne les produit isolément.

Ils sont le résultat de millions de comportements individuels et collectifs qui s’accumulent dans le temps.

Les citoyens cherchent alors des solutions à des problèmes dont ils ne perçoivent plus les causes réelles.

Ils cherchent un responsable à des phénomènes qu’ils ne peuvent plus relier à leur propre participation.

Ils attendent des dirigeants qu’ils modifient des comportements collectifs qu’eux-mêmes continuent quotidiennement à reproduire.

C’est pourquoi la question centrale n’est peut-être plus :

« Qui devons-nous élire ? »

Mais :

« Comprenons-nous réellement les mécanismes qui produisent les problèmes dont nous nous plaignons ? »

Sans cette compréhension, les élections risquent de rejouer indéfiniment la même scène.

Les acteurs changent.

Les visages changent.

Les discours changent.

Mais les mécanismes demeurent.

Et les déceptions se répètent.

C’est précisément ce que les graphiques de ce dossier tentent de rendre visible.

La responsabilité citoyenne

Depuis plusieurs décennies, les citoyens accusent régulièrement les responsables politiques de ne pas les écouter. 

Pourtant, dans le même temps, ils désertent progressivement les lieux où ils pourraient précisément s’exprimer, s’organiser et peser sur les décisions collectives.

Les syndicats perdent des adhérents.

Les partis politiques se vident.

Les associations peinent à renouveler leurs militants.

Les mouvements d’éducation populaire reculent.

Les conseils municipaux attirent peu de participants.

Les débats publics mobilisent rarement au-delà d’un cercle restreint de citoyens déjà engagés.

Or ces institutions ne sont pas apparues par hasard.

Elles constituaient précisément les espaces par lesquels les citoyens pouvaient transformer leurs préoccupations individuelles en actions collectives.

Elles permettaient de débattre.

De contester.

D’apprendre.

D’élaborer des propositions.

De construire des contre-pouvoirs.

Le paradoxe est donc saisissant.

Les citoyens réclament davantage de démocratie tout en abandonnant progressivement les instruments démocratiques qui leur permettraient de l’exercer.

Ils transfèrent alors leur pouvoir à des représentants.

Puis reprochent à ces représentants d’exercer le pouvoir qu’ils leur ont eux-mêmes confié.

Cette situation ne résulte pas d’un complot.

Elle résulte d’un comportement collectif observable.

Plus la compréhension des mécanismes politiques recule, plus grandit l’attente d’un homme providentiel censé résoudre des problèmes dont les causes demeurent incomprises.

Plus les médiations collectives disparaissent, plus la relation politique devient directe, émotionnelle et personnalisée.

Plus les citoyens s’éloignent des lieux de construction du débat, plus ils deviennent dépendants des récits qui leur sont transmis.

Les graphiques présentés dans ce dossier suggèrent que la crise actuelle ne concerne pas seulement les gouvernants.

Elle concerne également la citoyenneté elle-même.

Une démocratie adulte

Les gouvernements suivent généralement les populations davantage qu’ils ne les dirigent.

Cette affirmation peut sembler choquante.

Pourtant, elle apparaît clairement lorsque l’on observe le fonctionnement concret des sociétés.

Les consommateurs construisent les marchés.

Les électeurs construisent les majorités.

Les téléspectateurs construisent les audiences.

Les lecteurs construisent les médias.

Les citoyens construisent les institutions.

Si personne ne regarde certaines émissions, elles disparaissent.

Si personne n’achète certains journaux, ils ferment.

Si personne n’adhère aux organisations collectives, elles s’affaiblissent.

Si personne ne participe aux lieux démocratiques, ils deviennent vides.

Les comportements individuels s’additionnent.

Ils produisent alors des phénomènes collectifs qui finissent par apparaître comme des forces extérieures alors qu’ils résultent de millions de décisions quotidiennes.

C’est précisément ce que révèlent les graphiques.

Ils montrent que les citoyens ne sont pas uniquement les victimes passives d’un système qui leur serait imposé. Ils en sont également les acteurs permanents qui ne se reconnaissent pas comme tels.

Le problème n’est donc pas seulement de savoir qui gouverne.

Le problème est de comprendre comment nous participons nous-mêmes à la construction du monde dans lequel nous vivons. Là il nous faut sortir du débat suggestif émotionnel que nous auto entretenons ;

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pour entrer dans celui concret de notre fonctionnement cognitif.

Cette réflexion conduit à une question plus dérangeante.

Pourquoi les citoyens acceptent-ils si facilement de déléguer leur compréhension du monde à d’autres ?

Pourquoi abandonnent-ils les lieux où ils pourraient apprendre, comprendre, débattre, contester et agir collectivement ?

Pourquoi préfèrent-ils si souvent recevoir des explications toutes faites plutôt que participer à leur élaboration ?

La réponse est peut-être plus simple qu’il n’y paraît. Apprendre demande un effort. Comprendre demande un effort. Participer demande un effort. S’organiser demande un effort.

L’analyse exige du temps. La réflexion exige de la discipline.

À l’inverse, consommer un récit prêt à l’emploi ne demande presque rien.

L’être humain est naturellement porté à économiser son énergie.

Cette tendance a constitué un avantage évolutif pendant des millénaires.

Mais dans une société complexe, elle peut devenir un obstacle majeur à la compréhension des mécanismes qui nous gouvernent, et nous laisser dans des espaces que seule une implosion réorganise.

Pourquoi rémunérer les hommes pour apprendre ?

C’est précisément ici que la réflexion rejoint le projet développé dans « La République de l’énergie humaine ».

Depuis plusieurs siècles, les sociétés rémunèrent principalement la production.

Nous valorisons ceux qui fabriquent.

Ceux qui vendent.

Ceux qui transportent.

Ceux qui administrent.

Ceux qui organisent.

Ceux qui produisent des biens ou des services.

Cette logique a accompagné le développement industriel et l’amélioration des conditions matérielles d’existence.

Mais elle révèle aujourd’hui une limite fondamentale.

Nous rémunérons massivement la production des richesses.

Nous rémunérons beaucoup plus difficilement l’apprentissage des connaissances nécessaires à leur compréhension. Or le temps nécessaire à l’acquisition des savoirs pour comprendre notre existence n'est plus adapté aux connaissances disponibles, et c'est ceux qui en disposent qui disent aux autres quoi penser.

Il faut donc changer la donne et permettre aux citoyens de produire leur nécessaire et simultanément apprendre tout au long de l'existence contre une rénumération au même titre que le travail, l'avenir est à ce prix. Nos graphiques démontrent les conséquences des citoyens laissés à l'auto éducation, ils répètent le monde transmis et se croient dépositaires de leurs opinions

Ne votez plus sans un filtre pour sauver la démocratie

Nous avons construit une civilisation extraordinairement performante dans la production des biens.

Nous avons beaucoup moins investi dans la production de citoyens capables d’en comprendre les mécanismes.

Or le futur est une économie de la connaissances certes pour produire, mais beaucoup plus pour évité le désastre d'une auto destruction, en n'étant plus au fait de la réalité mais d'une estimation émotionnelle d'un monde qui ne peut pas trouver de solution ou trouver des solutions disproportionnées aux mesures de la réalité.

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L’apprentissage devient alors une activité secondaire. Une activité privée. Une activité laissée à la motivation individuelle. Une activité qui dépend du temps libre disponible.

Pourtant, les graphiques précédents montrent que l’avenir de la démocratie dépend peut-être davantage de cette activité que de nombreuses réformes institutionnelles.

Une démocratie adulte suppose des citoyens capables de comprendre les mécanismes économiques, politiques, sociaux et anthropologiques qui organisent leur existence.

Elle suppose des citoyens capables de distinguer le monde vécu du monde transmis.

De distinguer l’information de la connaissance.

De distinguer l’émotion de l’analyse.

De distinguer le symptôme de la cause.

C’est précisément pour cette raison que l’idée de rémunérer les hommes pour apprendre mérite aujourd’hui d’être réexaminée.

Non comme une utopie.

Mais comme une nécessité démocratique.


Conclusion générale

Les graphiques de ce dossier ont rempli leur fonction.

Ils ont rendu visibles des phénomènes que le texte seul ne permettait pas d’observer immédiatement.

Ils ont permis de mettre en évidence :

  • l’écart entre la criminalité vécue et la criminalité transmise ;

  • la montée de l’Indice de Risque Suggestif ;

  • la fracture intellectuelle ;

  • l’écart entre savoir disponible et savoir mobilisé ;

  • le déplacement du pouvoir d’influence ;

  • le recul des médiations collectives ;

  • la centralité croissante de la bataille de l’information ;

  • la concentration progressive des moyens de produire les récits collectifs.

Ces phénomènes ne démontrent pas que les citoyens deviennent moins intelligents.

Ils montrent que la compréhension du monde devient plus difficile à mesure que celui-ci devient plus complexe.

Ils montrent que les connaissances progressent plus vite que leur appropriation.

Ils montrent que l’information progresse plus vite que la compréhension.

Ils montrent que l’émotion progresse plus vite que l’analyse.

Ils montrent que les citoyens sont de plus en plus exposés à des récits qui expliquent le monde à leur place.

Le problème n’est donc pas seulement d’avoir une opinion.

Le problème est de disposer des connaissances nécessaires pour comprendre pourquoi nous avons cette opinion.

Le véritable grand remplacement n’est peut-être pas celui dont parlent les identitaires.

Il est celui du remplacement progressif du citoyen actif par le spectateur passif.

Du débat par le commentaire.

De l’analyse par la réaction.

De la compréhension par le ressenti.

Une démocratie ne disparaît pas lorsque les citoyens n’ont plus le droit de parler.

Elle disparaît lorsqu’ils cessent d’apprendre, de comprendre et d’agir par eux-mêmes.

« Ne votez plus sans un filtre pour sauver la démocratie » montre le problème.

« La République de l’énergie humaine — Rémunérer les hommes pour apprendre » tente d’apporter une solution.

L’articulation entre ces deux propositions constitue probablement l’un des enjeux majeurs du XXIe siècle. 

Nous ne pouvons plus rester ignorants de ce qui nous permet de comprendre le monde.

Car la démocratie ne repose pas seulement sur le droit de choisir.

Elle repose d’abord sur la capacité de comprendre ce que nous choisissons.

Ce serait un grand pas en avant si les citoyens demandaient la traçabilité des prix, la part de la production , celle de la marge et celle de leur existence. Soit fabrication, marge, prélèvement, pour comprendre que le produit qu'ils achètent représente moins de 14% du prix de vente.

Le débat politique en deviendrait peut-être plus clair.

Apparaîtrait alors le prix de l’existence salariale, celui de l'entrepreneur et celui du capital. L'IA aujourd'hui permet de réaliser un tel éclaircissement. Cela vaudrait pour les productions Françaises, mais également Européennes et du monde. Il deviendrait plus clair qu'acheter sa vie n'est pas acheter un produit.

Ne votez plus sans un filtre pour sauver la démocratie
Ne votez plus sans un filtre pour sauver la démocratie

Les Graphiques de la criminalité par rapport à l'évolution de la population, font apparaître nettement la similitude d'évolution qui démontre l'interdépendance mondiale qui discrédite toutes les propositions de recentrage sur soi des nations. Ils démontrent les interprétations démagogiques de partis qui lient identité et criminalité, pouvant sans mesures comparatives tromper la population.

Dans le monde la criminalité à suivit la même progression indépendamment des cultures, car l'économie est mondialisé et le cerveau humain est le même pour tous. où qu'un humain soit

Ne votez plus sans un filtre pour sauver la démocratie

Dans ce graphique de l'évolution des riches est sans précédent, alors que le crédit nécessaire au salaria est quasiment stable. Si l'organisation économique ne conduisait pas au travers du néolibéralisme, plus communément appelè capitalisme, à ce que les salaires soient rendus au capital majoré d'une marge l'enrichissement n'atteindraient pas ces sommets. En conséquence de quoi toutes réclamations d'augmentations de salaires conduisent à accroître le capital. Quand dans la campagne électorale nous entendrons des partis réclamer cela, ayons la certitude que nos situations ne changeront pas. mais au moins nous le savons maintenant.

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 28 Mai 2026

Un extrait de mon nouvel essai dans la perspective des élections présidentielles.

Comprendre cela demande du temps et du recul, ce que l'on ne peut pas faire en vivant les événements, les vivres et les raconter. Alors on fabrique des contes et le temps long vient dire où l'on c'est trompé.

S1D-5E — Chute du bloc de l’Est et restructuration perceptive du monde (1975–2024)

Questions de recherche

  1. La disparition du bloc soviétique modifie-t-elle la structure idéologique des démocraties occidentales ?

  2. Le débat politique se déplace-t-il : du social et de l’économie vers la sécurité, l’identité et l’émotion ?

  1. La mondialisation financière et médiatique produit-elle : une fragmentation cognitive ; une déstructuration démocratique ; une conflictualité émotionnelle permanente ?

  1. Le système médiatique devient-il : moins un espace d’information que : un espace de stabilisation perceptive du modèle capitaliste dominant ?

 

Mélenchon le sauveur de la bipolarité politique.
Analyse — La restructuration perceptive du monde après 1989–1995

Le graphique fait apparaître un basculement historique majeur.

Deux lignes verticales structurent la lecture : 1989 — chute du bloc de l’Est ; 1995 — basculement perceptif et médiatique.

À partir de ce moment : les courbes commencent à diverger fortement.

La disparition de la bipolarité idéologique

La courbe : bipolarité idéologique s’effondre progressivement après 1989.

Pendant plusieurs décennies : capitalisme ; socialisme historique ; s’opposaient encore comme systèmes concurrents.

Cette opposition imposait : une conflictualité idéologique structurée ; des médiations collectives ; des compromis sociaux ; des débats économiques de fond.

Après l’effondrement du bloc soviétique : le capitalisme financiarisé cesse progressivement : d’avoir un adversaire systémique structuré.

Ce sujet mérite le graphique suivant :

Mélenchon le sauveur de la bipolarité politique.
Nous pouvons y analyser la tromperie de la bipolarité en France et en Europe.

Ce graphique montre une idée importante : la bipolarité politique française n’a pas disparu d’un coup. Elle a d’abord survécu comme forme électorale apparente, alors que son contenu systémique socialiste s’était déjà affaibli.

Le point de départ est 1983. À partir du tournant social-démocrate, le PS reste perçu comme le représentant de la gauche historique, mais il abandonne progressivement la rupture anticapitaliste. La gauche gouvernementale conserve donc le vocabulaire, les symboles et la mémoire du socialisme, tout en acceptant de plus en plus les contraintes du cadre néolibéral.

C’est cela que le graphique appelle leurre de bipolarité.

Pendant plusieurs décennies, les électeurs continuent de croire à une alternance structurante entre gauche et droite, entre anticapitalisme et capitalisme alors que les deux grands blocs gouvernementaux demeurent dans une même boucle économique : financement de la vie par le travail, les prix, les prélèvements, le crédit et la croissance en continuant l'exploitation salariale dont témoigne l'augmentation des milliardaires. C’est exactement l’axe de mon article Tous dans la même boucle.

Le choc de 2002 révèle une première fracture : l’extrême droite représentée par les valeurs fascisantes du FN capte une part croissante de la protestation sociale, pendant que la gauche gouvernementale ne parvient plus à représenter une alternative systémique.

Le second basculement intervient en 2017. L’effondrement simultané du PS et de LR fait apparaître ce qui était déjà présent depuis longtemps : l’ancienne bipolarité électorale ne structurait plus réellement le conflit social. Les travaux de science politique sur 2022 parlent d’ailleurs d’un nouvel ordre électoral consolidé après le choc de 2017.

La recomposition autour de Mélenchon, du PG puis de LFI tente alors de rétablir une bipolarité plus réelle : capitalisme néolibéral contre contestation systémique socialiste historique. Les organisations anticapitalistes plus anciennes, comme le NPA ou LO, n’ont pas réussi à occuper cet espace à grande échelle, en partie parce qu’elles sont restées dans des formes politiques plus fossilizadas, moins capables de recomposer un imaginaire majoritaire.

Le graphique permet donc de formuler cette hypothèse :

la France n’a pas connu une disparition simple de la bipolarité ; elle a connu une longue période de bipolarité fictive représentée par le PS, suivi d’une recomposition conflictuelle autour d’un nouveau clivage : bloc néolibéral plus bloc national identitaire contre bloc social écologique et anticapitaliste.

C’est une pièce importante avant l’hélice de 1995 observable, parce qu’elle montre que le vide laissé par l’effacement du socialisme historique gouvernemental a été rempli par deux forces concurrentes :

– la captation identitaire et sécuritaire de la RN avec laquelle les partis néolibéraux ont des difficultés d'association pour cause de glissement fascisant qu'ils portent eux-mêmes sans en avoir conscience.
– la tentative de recomposition sociale et anticapitaliste autour de LFI, avec la PS sociale-démocrate devenue gestionnaire du capitalisme.

La confusion idéologique n'est pas encore levée, mais la bipolarité semble se pérenniser autour de sa figure symbolique et historique de Mélenchon. l'histoire le retiendra comment le salvateur du socialisme historique en refondation pour s'adapter au monde contemporain et ne garderons aucune trace des polémiques imbéciles de tous ces détracteurs, jaloux d'y voir le seul homme politique encore digne de pouvoir porter ce titre, par rapport à tous les autres pédalos qui se vautrent dans leur insignifiance. Chacun à le droit de ne pas l'aimer, et d'essayer de le discréditer, mais politiquement il est entêté et sans reproche politique.

S1D-5G - Retour de la bipolarité et polarisation autour de Mélenchon de 2005 à 2024.

Mélenchon le sauveur de la bipolarité politique.
Analyse — Mélenchon comme figure de cristallisation du retour de la bipolarité réelle

Le graphique montre un phénomène politique et médiatique particulier : la montée de la recomposition anticapitaliste autour du PG puis de LFI s’accompagne presque parfaitement : d’une montée du traitement polémique ; de la conflictualité spectaculaire ; de la polarisation affective ; de la personnalisation autour de Mélenchon.

Dans le même temps : le traitement programmatique et économique recule fortement.

La fin de la bipolarité fictive

Pendant plusieurs décennies : le PS a maintenu l’apparence d’une bipolarité historique gauche/droite, alors que : l’architecture économique fondamentale restait largement partagée.

La conflictualité systémique réelle : capitalisme / anticapitalisme ; avait progressivement disparu du centre du débat.

Cette disparition produit un vide politique majeur.

La recomposition autour de Mélenchon

Le PG puis LFI tentent alors de réintroduire : une conflictualité économique structurelle ; une critique du néolibéralisme ; une opposition systémique plus explicite.

Et c’est précisément à partir de ce retour : qu’augmente fortement : la personnalisation conflictuelle ; la polémisation ; le rejet émotionnel ; la saturation médiatique.

Le graphique suggère donc une hypothèse importante : plus la bipolarité réelle réapparaît, plus le système perceptif tend : à déplacer le débat : des structures économiques ; vers : les affects attachés aux figures politiques.

Le déplacement du conflit

Le conflit cesse progressivement d’être représenté comme : affrontement économique ; et devient : affrontement de personnalités ; séquences de clash ; dramaturgie émotionnelle.

Autrement dit : la conflictualité systémique réelle : néolibéralisme / opposition anticapitaliste ; est médiatiquement retraduite : en : problème de comportement ; polémique ; outrance ; rejet affectif.

La fonction perceptive du système médiatique

Le graphique ne signifie pas :

qu’il existerait nécessairement une coordination consciente de tous les acteurs médiatiques.

Mais il montre : un effet structurel.

Le système médiatique contemporain sélectionne : ce qui : polarise ; captive ; choque ; personnalisé.

Et dans ce cadre : Mélenchon devient progressivement : une figure de cristallisation émotionnelle majeure.

La démocratie perceptive

Le phénomène observé rejoint exactement nos autres graphiques. (que vous n'avez pas pour l'instant)

Le débat politique tend progressivement à quitter : le terrain programmatique ;

pour se déplacer : vers : la perception ; la séquence ; l’affect ; la représentation émotionnelle des acteurs.

Le citoyen reçoit alors : moins : une conflictualité structurelle explicite, et davantage : une conflictualité spectaculaire permanente.

Le recul historique

j'ai raison sur un point essentiel : ce phénomène est très difficile à percevoir à chaud.

Parce que : le monde transmis domine immédiatement ; l’émotion structure la perception ; les représentations d’apparence masquent les logiques profondes.

Le recul historique ; la comparaison des courbes ; la mise en relation des dynamiques ; permettent progressivement : de faire réapparaître : la structure réelle du conflit politique contemporain.

Et cette structure semble montrer : que le retour d’une bipolarité systémique réelle s’est accompagné : d’une intensification massive de la conflictualité perceptive et émotionnelle.

Mélenchon en s'en prenant au journaliste avait clairement analysé cette situation. l'avoir dénoncé souvent vertement lui a valu leurs inimitiés. Mais c'est à lui que l'histoire donne raison. Les journalistes ont participé à maintenir une bipolarité fictive sans jamais éclairé le débat en concourant au maintien de la confusion et en servant sans conscience les intérêts des néolibéraux dans leur stratégie de l'émotion annihilatrice de l'analyse culturelle intelligente, dont le site INFO sans INFO avait fait la démonstration dés 98.


 

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Rédigé par ddacoudre

Publié dans #Politique

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Publié le 10 Mai 2026

La confusion politique française : que les politologues devraient être les premiers à lever plutôt qu'à l'entretenir.
Comment le débat sur le socialisme a disparu.

Depuis plusieurs décennies, le débat politique français s’enfonce dans une confusion profonde où les mots « gauche », « droite », « socialisme », « réformisme », « extrême gauche », « social-démocratie » ou « capitalisme » sont utilisés sans que la majorité des citoyens sache réellement ce qu’ils désignent historiquement.

Cette confusion n’est pas anodine. Elle a profondément modifié la compréhension politique des citoyens et explique en grande partie l’effondrement du débat de fond au profit des affrontements de personnalités, des stratégies médiatiques et des polémiques permanentes.

Car derrière les étiquettes politiques se cache normalement une question beaucoup plus simple :
comment une société organise-t-elle son économie, la production, la propriété, la répartition des richesses et les rapports entre le capital et le travail ?

Or c’est précisément cette question qui a progressivement disparu du débat public.

La naissance de la gauche contre le capitalisme

Historiquement, la gauche française ne s’est pas construite pour « mieux gérer le capitalisme ». Elle s’est construite contre les effets sociaux du capitalisme industriel du XIXe siècle.

L’apparition de grandes concentrations industrielles, l’exploitation salariale massive, le travail des enfants, la misère ouvrière et l’accumulation du capital ont donné naissance à plusieurs courants politiques contestant l’organisation économique dominante.

Très tôt, deux grandes lignes apparaissent.

La première est révolutionnaire.
Elle considère que le capitalisme ne peut être réformé durablement et qu’il faut supprimer la propriété dominante du capital sur les moyens de production. Cette tradition donnera naissance aux partis communistes, marxistes et révolutionnaires.

La seconde est réformiste.
Elle considère qu’une transformation progressive par les institutions démocratiques, les élections, les protections sociales et les conquêtes collectives peut progressivement limiter ou dépasser les logiques capitalistes sans révolution brutale.

Pendant longtemps, malgré leurs oppositions stratégiques, ces deux courants partageaient un point commun fondamental :
ils considéraient tous deux que le capitalisme produisait structurellement des inégalités et une domination du travail par le capital.

Autrement dit, la gauche se définissait d’abord par sa position face au capitalisme.

La social-démocratie : l’abandon progressif de la rupture avec le capitalisme

Après la Seconde Guerre mondiale, puis surtout après les années 1980, une transformation majeure va apparaître dans une partie de la gauche européenne.

Face à la mondialisation, à la financiarisation, à la chute du bloc soviétique et à l’affaiblissement industriel occidental, de nombreux partis socialistes européens vont progressivement abandonner l’idée d’une transformation structurelle du capitalisme.

Ils ne cherchent plus à dépasser le capitalisme.

Ils cherchent à le réguler.

Cette évolution est fondamentale.

Car à partir de ce moment, une partie importante de la gauche cesse de vouloir modifier la structure économique elle-même. Elle cherche principalement :
– à redistribuer une partie des richesses produites ;
– à protéger les services publics ;
– à maintenir des protections sociales ;
– à corriger les excès du marché ;
– mais sans remettre en cause la logique fondamentale du capital.

C’est ce qu’on appelle historiquement la social-démocratie.

La social-démocratie n’est pas le socialisme historique.
Elle est une gestion redistributive du capitalisme, connu sous le nom économique du keynésianisme.

Cette distinction est essentielle, mais elle a été progressivement effacée du débat public intentionnellement et avec habileté. C'est l'effondrement de L'URSS qui en a marqué le départ.

Le tournant français et la confusion du Parti socialiste

En France, cette mutation devient particulièrement visible à partir des années 1980.

Le tournant de la rigueur de 1983 marque un moment symbolique important. Face aux contraintes monétaires, européennes et financières, le Parti socialiste abandonne progressivement une logique de transformation économique profonde réformiste anti-capitaliste (lire ses statuts) pour entrer dans une logique de gestion compatible avec le capitalisme mondialisé. Exclusion des statuts de la lutte contre le capitalisme, départ symbolique de J.C Mélenchon en 2008 ("Par fidélité à nos engagements, nous prenons notre indépendance d'action. Nous quittons le Parti socialiste"pour la construction d'un nouveau parti de gauche" ) ; puis de B. Hamon en 2017 (« J’ai adhéré il y a trente ans au Parti socialiste. Je n’ai aucun dépit, aucune colère. Je ne change pas de convictions, je ne change pas de famille. Il est temps de tourner une page », a-t-il continué, après avoir dénoncé les « trop nombreux renoncements et reniements » du PS. )

Mais le problème majeur est ailleurs :
le Parti socialiste conserve son nom, ses symboles et son héritage historique.

Cette continuité nominale entretient une confusion immense dans l’esprit des citoyens.

Beaucoup continuent à croire que le PS représente encore une transformation socialiste de l’économie, alors que sa ligne devient progressivement sociale-démocrate.

Cette ambiguïté va profondément marquer plusieurs générations politiques.

Des citoyens continuent de voter pour un parti pensant soutenir une orientation socialiste, alors que celui-ci assume progressivement :
– l’économie de marché ;
– la construction européenne libérale ;
– la compétitivité ;
– les logiques financières ;
– les privatisations partielles ;
– ou les politiques d’adaptation au capitalisme mondialisé.

La présidence de François Hollande va cristalliser cette confusion.

Une partie importante de l’électorat de gauche découvre alors un écart massif entre le discours historique du PS et la politique réellement menée.

Ce moment produit une rupture psychologique durable.

Pour beaucoup de citoyens, ce n’est pas seulement un gouvernement qui déçoit. C’est l’idée même de la gauche qui semble trahir ses promesses historiques.

Jean-Luc Mélenchon et la tentative de reconstruction d’une gauche anti-capitaliste réformiste

C’est dans ce contexte qu’apparaît le rôle particulier joué par Jean-Luc Mélenchon.

Son importance historique ne réside pas seulement dans ses résultats électoraux. Elle réside surtout dans sa tentative de reconstruire une gauche se définissant à nouveau par sa critique du capitalisme.

Avec le Parti de Gauche, puis avec La France Insoumise, il tente de rassembler :
– les dissidents du socialisme devenu social-démocrate ;
– les traditions républicaines ;
– les antilibéraux ;
– les écologistes radicaux ;
– les déçus du PS ;
– et une partie des abstentionnistes ou des catégories populaires ayant quitté la gauche traditionnelle.

Sa position est particulière.

Mélenchon n’est pas révolutionnaire au sens marxiste classique.

Il ne défend pas une prise du pouvoir violente ni une suppression immédiate des institutions démocratiques.

Mais il n’est pas non plus social-démocrate au sens du PS contemporain.

Il demeure réformiste anti-capitaliste.

Autrement dit, il considère que le capitalisme produit structurellement des dominations et des inégalités qu’il faut dépasser, mais par des mécanismes démocratiques, électoraux et institutionnels.

Cette nuance est rarement expliquée clairement dans les médias où les plus ignorants ou ceux de mauvaise fois profitant de la confusion le situent à l'extrême gauche, il n'y a pas plus sot pour ceux qui y croient, et ces dernières années ils ont été nombreux. Le besoin de le discréditer est lié au fait que c'est le seul qui veut changer le néolibéralisme et répondre aux souhaits des citoyens qui veulent modifier le capitalisme à 92% (source CEVIPOF) et qui ont peur en définitive de tout changement. Comme on dit dans le midi, ils sont bons que pour la "tachctche".

L’effondrement du débat de fond

Le problème majeur est que le débat politique contemporain ne porte presque plus sur les structures économiques elles-mêmes.

Les médias parlent :
– des personnalités ;
– des scandales ;
– des stratégies ;
– des conflits de personnes ;
– des petites phrases ;
– des émotions médiatiques ;
– des costumes symboliques ;
– ou des affrontements identitaires.

Mais les distinctions fondamentales entre :
– capitalisme,
– socialisme,
– social-démocratie,
– réformisme,
– nationalisme économique,
– libéralisme,
– ou le fascisme
sont rarement expliquées clairement, et pour cause. Ce n'est pas que nous n'ayons pas des politologues, des sociologues, des économistes, des scientifiques capables d'expliquer cela. La question est pourquoi ils ne le font pas ? Pourquoi au lieu d'éclairer les débats, ils le maintiennent dans la médiocrité.

Cette situation produit une désorientation politique massive.

Des citoyens peuvent défendre des politiques autoritaires sans comprendre leurs racines historiques tel la RN.

D’autres croient défendre le socialisme alors qu’ils soutiennent des formes de capitalisme redistributif, tel le PS.

D’autres encore pensent combattre le système alors qu’ils ne proposent qu’une autre gestion de la même structure économique, tous les partis de droite.

Le débat devient émotionnel plutôt que structurel.

Une confusion, qui dépasse la France, a rempli le vide laissé par l'effondrement du communisme.

Cette confusion ne concerne pas seulement la France.

Les grandes puissances contemporaines représentent en réalité différentes formes de gestion du capitalisme.

Les États-Unis représentent principalement un capitalisme financiarisé individualiste.

L’Europe développe davantage un capitalisme redistributif bureaucratique, issu de la tradition sociale-démocrate.

La Chine construit une forme hybride de capitalisme productif piloté stratégiquement par l’État.

Mais malgré leurs différences idéologiques apparentes, ces systèmes restent organisés autour d’une même logique fondamentale :
la vie demeure dépendante de la production marchande (réalisation du capital), du salariat, de la monnaie et de la circulation du capital.

Le salarié reçoit un salaire pour produire ce dont il aura ensuite besoin comme consommateur.

Et ce salaire retourne progressivement au capital à travers :
– les prix,
– les loyers,
– les intérêts,
– les assurances,
– les taxes,
– les abonnements,
– et les mécanismes de dépendance économique.

Autrement dit, les alternances politiques modifient souvent la gestion du système sans modifier sa structure profonde qui est : celle où le salarié achète ce qu'il produit plus cher que ce qu'il a reçu pour le faire, et rend ainsi son salaire au capital majoré des marges.

Le retour de la question structurelle

C’est précisément cette question structurelle qui réapparaît aujourd’hui.

De plus en plus de citoyens sentent intuitivement que les alternances politiques ne changent plus réellement leur condition profonde.

Ils observent :
– la précarisation,
– l’endettement,
– la dépendance au travail,
– la peur du déclassement,
– l’épuisement psychologique,
– et la concentration croissante des richesses.

Mais faute de clarté idéologique, cette souffrance se disperse :
– abstention,
– colère,
– vote protestataire,
– radicalisation,
– rejet des institutions,
– ou affrontements identitaires.

Le problème devient alors anthropologique autant qu’économique.

Car lorsque les citoyens ne comprennent plus les structures qui organisent leur existence, ils se replient sur :
– les figures d’autorité,
– les appartenances émotionnelles,
– les récits simplificateurs,
– ou le culte des personnalités politiques.

Tout ce qui permet le développement de la fascisation et des guerres. Ce que connaissent aussi bien que moi les hommes politiques et qu'ils préfèrent taire dans leurs majorités. Également ce que refusent d'aller lire dans le net les citoyens, de peur de si reconnaître.

Le débat démocratique cesse alors de porter sur l’organisation réelle de la société pour devenir un affrontement permanent de symboles, d’identités, de récits médiatiques, d'évitements (abstention, blanc) de peurs (sécuritarisme).

Et c’est précisément dans cette confusion que les systèmes néo-libéraux peuvent continuer à fonctionner sans être réellement remis en cause. C'est triste de voir une France qui a peur de se regarder. Et la raison n'est pas politique; il faut la rechercher dans ce paradoxe:

92% des citoyens veulent réformer le capitalisme et ils ne votent pas pour le parti qui le leur permettrait. La réponse est chez le PSY. Car c'est notre cerveau "reptilien" qui dirige (Adam Smith), si c'était le néo cortex ( la Boétie), il y a long temps que le néo libéralisme n'existerai plus.

 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 7 Mai 2026

Tous dans la même boucle.
Pourquoi le vote ne change plus la structure devrait interroger les médias et les partis ?
Tous dans la même boucle.
Les élections présidentielles approchent.
Chaque parti à peaufiné son programme, qui n'est qu'une énième reprise de ceux qu'ils proposent aux citoyens à chaque élection reformulée par des communicants pour ne pas sentir le recuit. Ce n'est point là une moquerie c'est une caricature d'une réalité que nous vivons depuis 1983 et qui nous a apporté le pire, le fascisme, dont tout le monde à peur d'en parler bien que les critères soient connus de tous les commentateurs qui le cachent sous le vocable de la droite décomplexée. J'espère que le communicant qui a trouvé cette nouvelle appellation du fascisme a grassement était récompensé.

Nos médias vont donc s’emparer de ces programmatiques politiques et les porter aux nues, organiser des débats pour corser le spectacle, comme si l'une d'entre elles était de nature à changer quoi que ce soit. Il n'y a rien d'irrespectueux envers ceux qui s'investissent de bonne foi dans la croyance de la vision de leur solution. L'on peut les dénigrer comme nous l'entendons souvent, mais ils assument encore la démocratie dans une période devenue critique par désillusion et lassitude.

Cet article a pour objet de faire connaître par sa lecture les raisons essentielles de la mort de l’espérance réelle au-delà du masque des communicants et du spectacle des médias, qui n'ont que du ressassé à ce mettre dans les mots, et dont certains avec, font la course aux casseroles comme l'on faisait la course au sac. Comment comprendre que des milliers d'économistes, des milliers de tink tank, des milliers de doctorants en économie ou ressources humaines recherchent ou proposent des solutions qui ne changent rien, et ce n'est pas faute de manquer d’intelligence et de savoirs.

Pour changer un système, il faut voir ce qui nous enchaîne.

Depuis plus de quarante ans, les citoyens français votent pour changer leur condition. Ils votent à gauche pour plus de justice sociale, à droite pour plus d’ordre économique, au centre pour plus d’efficacité, à l’extrême droite pour plus de protection nationale. Mais malgré l’alternance des mots, des partis et des promesses, une réalité demeure : aucun de ces blocs ne remet en cause l’architecture fondamentale du système.

Ils ne changent pas le moule. Ils se disputent seulement la manière de l’administrer.

La gauche veut redistribuer davantage. La droite veut rendre le travail plus compétitif. Le centre veut fluidifier l’économie. Le RN veut nationaliser la protection de la boucle. Mais tous restent enfermés dans la même structure : la vie continue d’être financée par le travail, les prix, la consommation, la fiscalité, l’endettement et la croissance.

Autrement dit, les citoyens changent de gestionnaires, mais pas de système.

Le point de bascule historique peut être situé, symboliquement, autour du tournant de la rigueur de 1983. La gauche arrivée au pouvoir en 1981 promettait une rupture ; dès 1983, elle accepte les contraintes monétaires, européennes, financières et concurrentielles qui vont progressivement la conduire vers une social-démocratie de gestion. Ce moment reste interprété, notamment à gauche et à l’extrême gauche, comme une trahison ou un renoncement à une rupture réelle avec l’économie dominante.

À partir de là, la gauche institutionnelle (PS) ne sort plus vraiment du capitalisme. Elle cherche à le corriger. Elle veut limiter les dégâts, redistribuer davantage, protéger les salariés, taxer les riches, augmenter les salaires, défendre les services publics. Mais elle ne modifie pas la structure qui oblige chacun à financer sa vie par le travail et rendre son salaire au capital pour acheter comme client ce qu'il a produit.

L’effondrement de l’URSS a ensuite laissé un vide idéologique immense. Le communisme réel s’étant effondré, l’imaginaire de rupture a perdu son support historique. Une partie des classes populaires, autrefois structurée par le mouvement ouvrier, s’est retrouvée disponible pour d’autres récits : nation, identité, frontières, sécurité, déclassement, immigration. C’est dans ce vide que le RN a pu progressivement occuper l’espace d’une colère sociale privée de modèle économique alternatif crédible que n'ont pu porter les sociaux-démocrates de droites ou de gauche non anti-capitaliste.

Le Nouveau Front populaire, constitué en 2024 autour de LFI, du PS, des Écologistes et du PCF, a bien proposé une rupture politique avec le macronisme : hausse du SMIC, blocage des prix de première nécessité, abrogation de la réforme des retraites, taxation des hauts revenus et des grandes entreprises. Mais, dans la lecture du Modèle Joule, ces mesures restent dans la boucle ancienne : elles augmentent ou redistribuent le pouvoir d’achat, sans sortir la vie des prix et empêcher le salarié de rendre son salaire majoré de la marge au capital quand il rachète comme client sa production.

C’est là que se situe le point décisif.

Augmenter les salaires dans le système actuel peut soulager immédiatement. Mais cette augmentation revient ensuite dans les prix, dans les marges, dans les coûts répercutés, dans les taxes, dans les loyers, dans les intérêts, dans l’accumulation du capital. Le salarié reçoit davantage, mais il rachète ensuite plus cher ce qu’il contribue à produire.

La gauche croit libérer par la redistribution. Mais si la redistribution ne sépare pas production et vie, elle reste une correction interne du système. Elle augmente temporairement la respiration sociale, mais ne change pas l’appareil respiratoire.

La droite, elle, ne cherche pas à redistribuer la boucle. Elle cherche à la rendre plus efficace. Les Républicains parlent de baisse du coût du travail (charges = vie des salariés), d’incitation à l’activité, de compétitivité et de valorisation du travail ; leur propre communication de 2026 critique les politiques qui “affaiblissent le travail” et “financent l’illusion du pouvoir d’achat par toujours plus de dettes”. Renaissance / Ensemble insiste sur le plein-emploi, la réindustrialisation, le pouvoir d’achat et la suppression des obstacles qui décourageraient les augmentations de salaire. Horizons, autour d’Édouard Philippe, se place dans une logique d’ordre, d’efficacité publique, de travail, d’autorité et de refonte du modèle social ( une refonte à la baisse).

Mais là encore, la structure demeure : travailler, produire, consommer, financer la vie dans les prix, rechercher la croissance, maintenir l’accumulation.

La droite ne sort pas de la boucle. Elle veut l’optimiser.

Le RN, enfin, propose une autre narration : défendre les Français, protéger le pouvoir d’achat, contrôler les frontières, restaurer l’autorité, nationaliser la colère sociale. Mais son programme économique reste lui aussi inscrit dans le même cadre : prix, salaires, taxes, État, consommation, protection nationale. Certaines analyses soulignent même que ses mesures fiscales peuvent favoriser les plus aisés tout en parlant au nom des classes populaires.

La RN ne sort donc pas de la boucle non plus.

Il promet de la réserver prioritairement aux nationaux.

On peut alors résumer ainsi :

La gauche veut mieux répartir la boucle.
La droite veut optimiser la boucle.
Le centre veut fluidifier la boucle.
Le RN veut nationaliser la boucle.
Seul Le Modèle Joule propose d’en sortir.

C'est toujours à tort que la population invective le pouvoir ou les partis ou les hommes politiques indépendamment de faits personnels. Cette impasse ne vient pas seulement de la mauvaise foi des acteurs politiques. Elle vient d’un enfermement plus profond vieux de millénaires. Les partis pensent encore avec les catégories héritées de la rareté : emploi, salaire, pouvoir d’achat, croissance, compétitivité, redistribution, dette, fiscalité. Ils déplacent les curseurs, mais ne changent pas le tableau de bord.

Même LFI, qui prétend incarner une rupture, se retrouve prise dans cette contradiction. Pour accéder au pouvoir, elle doit composer avec des forces sociales-démocrates comme le PS et les Écologistes, avec des traditions marxistes plus anciennes comme le PCF, le NPA ou Lutte ouvrière, et avec des appareils dont la culture politique reste fondée sur le salaire, l’État, la redistribution et la lutte contre le capital. Elle manie donc des mots de rupture, mais dans une structure comptable ancienne.

Elle n’a pas eu, ou pas pris, le temps de construire un modèle économique réellement nouveau : un modèle qui ne se contente pas de taxer, redistribuer ou nationaliser, mais qui change la manière même dont la valeur est formée, comptée et distribuée.

C’est dans cet espace vide que le fascisme peut se développer.

Quand les partis promettent depuis des décennies que “cette fois, tout va changer”, et que rien ne change dans la condition vécue des populations, le citoyen finit par ne plus chercher une solution rationnelle. Il cherche une force. Il cherche une figure d’ordre. Il cherche un récit simple qui désigne un responsable visible.

Or le fascisme prospère précisément dans ce moment : quand la structure réelle reste invisible, il offre des coupables visibles pour compenser une boucle invisible qu'ils ne perçoivent pas, mais dont ils subissent les effets

Umberto Eco rappelait que les formes fascisantes ne se présentent pas toujours sous les mêmes signes historiques, mais qu’elles reviennent par certains traits : culte de la tradition, rejet du modernisme, action pour l’action, désaccord assimilé à une trahison, peur de la différence, boucs émissaires. Ces six traits suffisent à comprendre le danger : lorsque la société ne comprend plus son propre mécanisme économique, elle peut se réfugier dans l’identité, la force, la nostalgie, l’ennemi intérieur et le chef, ce qui caractérise la RN, car sur le plan économique elle reste dans la voie de l’inefficacité.

Le fascisme ne naît pas seulement de la haine. Il naît aussi de l’échec répété des systèmes ordinaires à produire une issue.

Quand la gauche redistribue sans sortir de la boucle, elle déçoit.
Quand la droite optimise sans libérer, elle durcit.
Quand le centre modernise sans transformer, il épuise.
Quand l’extrême droite protège sans comprendre, elle enferme.

Alors le citoyen est placé devant un faux choix permanent : choisir le gestionnaire de sa dépendance.

Le Modèle Joule pose une autre question : non pas “qui doit gérer la boucle ?”, mais “pourquoi devons-nous rester dans la boucle ?”

La rupture ne consiste donc pas à promettre plus de salaire, plus de taxes, moins de charges, plus de frontières ou plus d’ordre. Elle consiste à sortir la vie du prix, à séparer production et existence, à rendre visible l’énergie humaine réelle, à empêcher que la richesse produite par les populations leur revienne sous forme de prix majorés, de marges, de dettes et de dépendance envers les plus riches.

Tant que cette séparation n’est pas faite, les citoyens pourront voter autant qu’ils le voudront : ils changeront les mots, les visages, les coalitions, parfois les priorités budgétaires. Mais ils ne changeront pas leur sort structurel.

Parce que leur sort n’est pas seulement politique.

Il est comptable.
Il est anthropologique.
Il est psychique.
Il est inscrit dans une économie qui fait croire à chacun qu’il travaille pour vivre, alors qu’il travaille surtout pour racheter la vie intégrée dans les prix.

Et c’est précisément cette illusion que le Modèle Joule cherche à rendre visible.

Tous dans la même boucle.

Ceux qui voudront compléter leur compréhension trouveront le modèle dans La République de l'énergie Humaine.

https://ddacoudre.over-blog.com/2026/04/la-republique-de-l-energie-humaine-vers-u-ne-economie-pour-devenir-adulte-et-remuner-er-les-hommes-pour-apprendre-dedicace-cet-essai-s-inscrit-dans-un-chemin-qui-ne-s-est-pas-construit-seul-a-fernand-pelloutier-qui-comprit-que-l-emancipation-ne.ht

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 4 Mai 2026

La source du capital

La source du capital.

Que les plus forts dominent n’est pas une anomalie.

C’est un héritage du vivant, obtenir ce dont on a besoin en dépensant le moins d’énergie possible.

Dans la nature, prendre à l’autre ce qu’il a produit coûte souvent moins d’énergie que de le produire soi-même. Le voleur n’est pas une anomalie, il est une expression primitive d’un principe simple :
dépenser le moins d’énergie possible pour obtenir ce que l’on veut, une règle biologique universelle du vivant.

Le voleur et la société

Dans nos sociétés, nous parlons tous les jours de “vol” et de “voleurs” comme s’il s’agissait d’exceptions.

Mais regardons autrement, le voleur hors système n’est pas forcément anormal, il est souvent culturellement asocial, il agit hors des règles culturelles…, mais selon une logique que le vivant connaît depuis toujours et dont biologiquement chaque enfant qui naît est dépositaire pour survivre.

Quand le voleur devient système

Avec la sédentarisation, tout change : les humains se structurent, certains produisent, d’autres s’approprient leur production, c’est l’économie de pillage où se constitue une accumulation de production qui au fil des siècles sera convertie en capital, au travers du droit à la propriété qui passe de l’appropriation des plus forts dans l’évolution des civilisations à l’accessibilité individuelle contemporaine qui demeure sélective et exclusive.

Durant ce cheminement progressivement : la force devient loi, l’appropriation devient institution, le voleur biologique disparaît de la légalité…parce que le système prend sa place. Disparait le mythe fondateur au bénéfice des dominants systémiques finissant en isme.

Naissance du capital

Ce que nous appelons aujourd’hui “capital” n’est pas neutre.

Il est le résultat d’un long processus : d’accumulation depuis la sédentarisation, sa transmission générationnelle et civilisationnelle, l’appropriation du travail des autres légalisé.

Ce qui était autrefois visible et admis (le voleur) se réglemente sous l’égide des plus forts qui s’en réservent le droit et devient invisible (le système) en se légalisant.

L’illusion moderne

Aujourd’hui, nous condamnons le voleur…mais nous acceptons le système qui reproduit le même mécanisme à grande échelle. Le pillage était un comportement primitif clair. La sophistication culturelle en recherche d’équité, de justice sociale a contraint le plus fort systémique possesseur d’un revenu de pillage métamorphosé culturellement en capital, à verser un salaire pour louer la force de travail a ce qui produisait au lieu de se l’approprier par la servitude contrainte. Et là s’arrête notre réflexion si le "reptilien" est satisfait de sa situation économique, soit parce qu’il reçoit un salaire suffisant, soit s’il est d’un tempérament de dominé. Mais il y a toujours 1/3 qui réfléchisse, non pas parce que ce sont des humains exceptionnels, mais parce que l’évolution crée les moyens de sa continuité d’où, ils émergeront, sans que nous sachions réellement comment à l’exception de ce que nous pouvons comprendre. Il ressort donc de l’ensemble des informations terrestre ces fameux 1/3 d’humains qui font évoluer le monde. Face à cela le capital maintient l’illusion qu’il rémunère le travailleur salarié, car il cache qu’il transforme cette rémunération en charge dans le plan comptable. C’est un changement de vocabulaire, qui conduit certains salariés à reconnaître et accepter la nécessité de réduire les charges pour créer des emplois. Plus ignorant, tu meurs.

C’est ainsi que le salarié ne voit pas que quand il achète ce qu’il a produit, il REND, il RESTITUE le salaire que le capital lui a versé pour le rémunérer de son aide. Parce que par l’appropriation de la propriété c’est déroulé historiquement par ceux qui ont eu la chance de naître dans la bonne famille pour disposer des moyens d’acheter des possessions. Et ceux qui n’avaient pas un sou, n’ont pu louer que leurs moyens physiques et intellectuels, contant de recevoir un revenu parce qu’ils ne voient pas qui le rend au capital majoré de la plus-value., et que lui-même est élevé dans une culture économique où chaque fois qu’il le peut il recherche une plus-value, SAUF dans le cadre de sa rémunération salariale puisque c’est lui qui la verse.

Sortir de cette absurdité est un défit existentiel, ce n’est pas seulement un défit structurel. Il faut autre chose que comprendre que l’on se fait rouler, escroquer, exploiter, car cela dure depuis des siècles.

En conséquence, il est toujours drôle d’entendre certains croire : qu’ils sont riches par mérite”qu’il sont riche parce qu’ils le méritent bien. Mais cette idée oublie une réalité : le capital résulte d’une histoire longue histoire meurtrière, cumulative, héritée, et toujours d’une actualité où le parcours et le tempérament de certains leur ont permis de bénéficier de ce que leurs prédécesseurs ont réalisé dan les mêmes sous la même invariance d’échelle depuis le début de la sédentarisation. Cela ne remet pas en cause leur capabilité, mais leurs comportements primitifs qu’ils croient exceptionnels, et appartenir à l’évolution culturelle là où il n’y a qu’une continuité de pillage de la richesse des autres avec les savoirs et moyens que leur ont laissé ces autres durant des siècles. Les économistes ne vous expliqueront jamais cela, non parce qu’ils ne le savent pas et capable de le comprendre, mais parce qu’ils ont été formés à l’ignorer pour relater que l’organisation systémique dominante.?

Renversement

Hier : le voleur prenait directement au plus faible.

Aujourd’hui : le système organise l’appropriation de la richesse produite par d’autres, sans qu’elle soit perçue comme telle.

Pourquoi cela tient

Parce que : ce n’est plus visible, c’est légal, c’est intégré culturellement.
Ce qui était un usage brutal est devenu une norme sélective dont chaque Un espère pouvoir bénéficier.

Conclusion

Le problème n’est pas l’existence du voleur.

Le problème, c’est que : nous voyons le voleur individuel ou collectif dans la transgression des règles éditées par les anciens pilleurs historiques que nous ne percevons pas dans le système actuel qui produit le même effet.… Mais pas le système qui produit le même effet.

Les gens de mauvaise fois attribuent la notion de vols au pouvoir politique qui procède à des prélèvements qu’il restitue sous diverses formes. Nous pouvons par cela mesure le conditionnement social, celui qui nous rend la valeur des prélèvements est vu comme un "voleur" , et ce qui nous reprennent les salaires qu’ils ont versés propose de vivre suivant ce modèle économique.

Je laisse à chacun le soin de qualifier cela par un adjectif de leur choix.

“Nous condamnons le voleur, mais nous vivons dans un système qui fait la même chose… légalement.”

La source du capital

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 1 Mai 2026

Nous rendons nos salaires au capital.
Nous rendons nos salaires au capital.


 

D'où vient le capital c'est la longue tragédie humaine séculaire normalisé. Aujourd'hui il sert à entreprendre et rémunérer les salariés. Mais sous quelle forme ??

Nous croyons que notre salaire sert à vivre.
En réalité, il sert d’abord à financer la vie collective.

Puis, lorsque nous consommons, nous rachetons dans les prix : notre propre financement de vie, celui des autres, et la marge qui permet au système de fonctionner et de s’accumuler en s'appropriant légalement la richesse produite par le travail de ceux que le capital dit financer sans jamais expliquer qu'il le récupère dans les prix majorés.

Ainsi, une grande partie de ce que nous produisons nous revient… à payer une seconde fois.

Nous ne payons pas seulement des produits.
Nous payons la vie… intégrée dans les prix.
Sans nous en rendre compte le salarié rend au capital le salaire qu'il a reçu de lui contre un travail.
Pourquoi acceptons-nous cela depuis des siècles ?

La vraie question n’est pas économique. Elle est humaine, je ne peux pas croire d'être le seul à connaître ce circuit économique.

1. Nous ne voyons pas la boucle

Personne ne voit le système entier, le salarié voit son salaire, l’entreprise voit ses coûts, l’État voit ses recettes, le consommateur voit les prix. Mais personne ne voit le parcours complet de la valeur.

Donc le système paraît logique… à chaque étape.

2. Nous confondons travail et survie

Depuis toujours, une idée nous structure : travailler égale vivre.

Donc nous acceptons instinctivement que, le salaire finance la vie, les prix financent l'entreprise, et que tout passe par le travail, même si cela crée une boucle.

3. L’espoir maintient le système

Il y a en cela aussi une croyance silencieuse :

“Si je travaille plus, je m’en sortirai mieux”

“Un jour, je serai du côté de ceux qui gagnent”

Cet espoir est puissant, il permet d’accepter un système qui, en réalité, fonctionne surtout par circulation et concentration de valeur entre les mains d'un ou plusieurs individus, mais pas tous, car le système ne fonctionne que si quelques uns captent la richesse que détiennent les autres, celle de leur travail.

4. Nous demandons plus… de ce qui nous enferme

Quand les prix augmentent, que faisons-nous ? nous demandons des augmentations de salaire.

Mais ces augmentations, repassent dans les prix, financent à nouveau le système et reviennent… à racheter plus cher par les prix l'augmentation reçu. C’est une boucle auto-entretenue.

5. Ce n’est pas une erreur individuelle

Ce n’est pas une question d’intelligence. C’est une question de structure. Aucun individu ne voit l’ensemble, donc personne ne peut spontanément le remettre en cause. De plus ce n'est pas ce circuit économique que l'on apprend dans les écoles

6. Et la phrase de Théodore Monod ?

Disait que “l’humain a un cerveau débile” ce n’est pas une insulte, car c'est peut-être vrai.

C’est une intuition que l'on peut avoir quand, nous sommes capables de logique locale, mais pas de voir les systèmes globaux complexes.

Nous comprenons chaque pièce…mais pas toujours le puzzle.

Conclusion

Le système tient depuis des siècles pour une raison simple : il est cohérent localement, mais absurde globalement. Et surtout il est invisible.

C'est ainsi que “Nous demandons plus de salaire… pour payer plus cher ce que nous produisons.” Et cela tient depuis des siècles sans que ça nous interroge, pire nous rejetons ceux qui le font. Ce système n’est pas absurde parce qu’il fonctionne mal.

Il est absurde parce qu’il fonctionne parfaitement sans que personne ne voie ce qu’il fait réellement

 

Nous rendons nos salaires au capital.

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Rédigé par ddacoudre

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