Publié le 5 Octobre 2025

Le grand mensonge du salaire net

Introduction

Depuis que la comptabilité a remplacé la morale comme boussole collective, nous confondons richesse et liquidité. Le salaire net devient l’idole d’un monde qui oublie que la solidarité n’est pas une charge, mais une forme de civilisation. Réduire les cotisations sociales, c’est défaire la République par le bas. Sous le masque du pouvoir d’achat, le gouvernement détricote la solidarité nationale, livrant les citoyens au marché comme on livre une proie à son prédateur.
On ne sauvera pas la société en rognant sur la solidarité, mais en réhabilitant le savoir. Ce que la politique de la marchandisation de la vie détruit par ignorance, seule l’éducation peut le réparer.

L’illusion du salaire net : la grande duperie des gouvernants

Le gouvernement prétend augmenter le pouvoir d’achat en réduisant les « charges » salariales. L’argument semble séduisant : plus d’argent net sur la fiche de paie. Mais cette logique est une imposture économique et une faute politique.

Ce que l’on appelle « charges » n’a rien d’un fardeau : il s’agit du financement collectif de services essentiels — soins, retraite, chômage, famille — qui constituent le cœur de la protection sociale. Ces contributions ne sont pas des ponctions sur le revenu, mais des investissements mutuels, des garanties partagées contre la maladie, la vieillesse et les aléas de la vie. En les présentant comme des coûts, le gouvernement reprend la logique comptable de l’entreprise, où tout ce qui ne concourt pas directement au profit est perçu comme une dépense inutile.

La mystification est totale : lorsque les citoyens s’assurent auprès du privé, ce n’est plus une « charge », mais la contractualisation d’un service. Et il est triste de constater que cette inversion sémantique fonctionne, tant elle révèle l’affaiblissement de notre capacité réflexive.

Dans une société, les cotisations sociales ne sont pas des « charges » : elles sont la traduction concrète d’un pacte de solidarité. Les réduire revient à fragiliser les services qu’elles financent — ou à transférer leur coût sur les individus eux-mêmes, sous forme d’assurances privées ou de prestations dégradées. Autrement dit, on ne fait qu’augmenter le « salaire net » en réduisant ce qu’il permet de garantir collectivement.

Dans une comptabilité domestique, on ne parle pas de « charges » pour désigner le loyer, l’électricité ou la santé : ce sont des dépenses nécessaires au confort, à la sécurité et à la dignité. Les cotisations sociales relèvent du même principe : elles ne pèsent pas sur le salarié, elles lui assurent, à lui et à la collectivité, un horizon de stabilité.

Faire croire que réduire les cotisations augmentera le pouvoir d’achat est une escroquerie intellectuelle. Le pouvoir d’achat réel, c’est le salaire brut, c’est-à-dire la somme du revenu direct et de la sécurité différée qu’il finance. Retirer les cotisations, c’est rogner sur la santé, la retraite, la dignité. Ce que l’État appelle “gain” aujourd’hui se paiera demain par des soins moins accessibles, des pensions plus faibles, des impôts plus lourds.

Salaire brut : la supercherie politique

La promesse d’augmenter les salaires en réduisant les “charges” sociales ne traduit pas une volonté d’améliorer la vie des travailleurs, mais une manœuvre visant à transférer sur les individus ce que la collectivité ne veut plus assumer.

Depuis des décennies, un travail patient de conditionnement a préparé le terrain. Sous l’influence des communicants, l’économie s’est réorganisée autour de la figure du client roi, cet individu persuadé que son pouvoir d’achat repose sur la baisse des prix plutôt que sur la juste répartition de la richesse. Aveuglé par l’illusion du gain immédiat, il a réclamé des produits toujours moins chers, oubliant que ce qu’il gagnait comme consommateur, il le perdait comme travailleur.

Ce glissement culturel a ouvert la voie à une substitution massive de l’emploi humain par la technologie, partout où cela était rentable, sans compensation sociale ni politique. Résultat : la disparition progressive des emplois cotisants fragilise à la fois la consommation, les prestations sociales et le financement des services publics. Or ce sont précisément ces emplois et ces cotisations qui permettaient de maintenir l’équilibre de la solidarité nationale.

Dans ce contexte, prétendre “augmenter le salaire net” en réduisant les cotisations revient à scier la dernière branche sur laquelle repose encore la cohésion sociale. Le véritable pouvoir d’achat n’est pas le salaire net, mais le salaire brut, c’est-à-dire la somme des revenus directs et différés ceux qui garantissent l’accès à la santé, à la retraite, au chômage, à la dignité. Diminuer les cotisations sociales, c’est réduire la part collective du salaire pour la transformer en une illusion individuelle.

Face à la hausse des besoins, soins, retraites, indemnisation du chômage le gouvernement de la collectivité nationale n’aura alors que trois options : dégrader les services, creuser le déficit, ou augmenter les impôts. Dans les trois cas, le salarié y perd. Cette logique du court terme, présentée comme une victoire du pouvoir d’achat, est en réalité une dépossession politique : elle détruit le lien entre travail, solidarité et citoyenneté.

Nos gouvernants ne peuvent ignorer cela. Leur hypocrisie consiste à maquiller un démantèlement social en progrès économique. Mais on ne renforce pas une société en lui retirant les fondations de sa solidarité : on la fragilise, on la divise, et on la livre à la logique marchande, là où tout devient affaire de coût et de rendement.

Vers une redéfinition de la valeur : apprendre plutôt que produire

Cette illusion du salaire net révèle un impensé plus profond : celui d’une société qui continue de mesurer la valeur humaine à l’aune du travail marchand, alors même que la technologie rend ce travail de moins en moins nécessaire.

Plutôt que de chercher à sauver un modèle épuisé en rabotant les cotisations, il faudrait repenser la distribution de la richesse autour de ce qui demeure spécifiquement humain : la capacité d’apprendre, de comprendre et de créer du sens.

Rémunérer les hommes pour apprendre — non pour produire davantage, mais pour s’élever collectivement — deviendrait alors la véritable réforme du pouvoir d’achat : un pouvoir d’être et de savoir. Car c’est par la connaissance que l’on répare ce que l’ignorance détruit, et non par le calcul comptable des “charges” que l’on prétend alléger.

Alléger les charges familiales, sociales ou collectives sans repenser le sens de la valeur, c’est fabriquer une société au rabais. Et cette tromperie, présentée comme modernité, restera sans doute la plus grande du siècle.

Ce n’est pas en allégeant les charges qu’on allège la misère, mais en allégeant l’ignorance. La vraie hausse du pouvoir d’achat, c’est celle de la conscience.


 

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Publié le 5 Octobre 2025

La justice et la punition.


 

La philo s’intéresse à l’essence de l’être et de ce qui le meut.

Tout ce qui existe à une raison d’être, même si la raison objective nous échappe.

Comment opérer une distinction entre ce qui est de nature ou de culture?

Est de nature tout ce qui est de l’inné. L’adaptation est de l’inné mais les formes qui en seront réalisées sont de la culture car elles résultent d’une création déterministe d’œuvres de l’homme et ne sont pas présente à sa naissance. Nous ne naissons pas au volant d’une voiture.

Le singe utilise une paille ou un cailloux pour se nourrir sans lui la paille resterai à sa fonction de nature, livrée à l’évolution de la planète.

Ce qui a pu être fait par la culture peut être défait.

Nos émotions résultant de nos relations à l’environnement réalisent nos désirs sous le contrôle du filtre inné, par la raison déterminée pour la nécessité de survivre et accomplir la perpétuation de l’espèce.

L’instinct n’a pas de raison. Dans ce cadre l’humain ne développe que des paradigmes acceptables par l’inné qui peut les intégrer et qui constituent l’évolution d’adaptation des espèces.

La notre a connu une révolution cognitive pour extraire du sol, de la biodiversité de quoi satisfaire sa survie face à l’évolution planétaire et celle de sa population qui en a résulté exigeant une sédentarisation productive.

Celle-ci a enchaîné l’exigence d’une régulation verticale correspondant au rapport dominant/dominé toujours en vigueur de nos jours malgré s des tentatives d’organisation horizontales dont nous connaissons au moins deux axiomes, aimer vous les uns les autres de jésus, et que puis- je faire pour toi du psychiatre Alder, héritage culturel de l’altruisme féminin et d’une organisation de partage issu de la chasse collective au gibier dans les premier temps culturel faisant suite à ceux de l’homo-habilis.

La sédentarisation a exigé en l’absence d’abondance productive une répartition de la Rareté produite. Cela est essentiel car c’est de la répartition de cette rareté que découlera tous les comportements humains qui s’en suivront jusqu’à nos jours. Donc celui particulier qui nous intéresse, la justice qui vient maintenir les différent ordres sociaux idéologiques en l’état pour maintenir une socialisation du groupe du clan de la société du monde.

La justice n'est pas juste.

Il est donc impossible de pouvoir considérer que la justice est quelque chose de juste, sinon toutes évolutions socio-économiques et politiques seraient impossibles.

Il est donc autre chose que de penser que la justice est juste, elle rétablit seulement au plan individuel ou collectif l’ordre organisationnel imposé ou accepté.

Mais les hommes ont besoin d’assurance pour satisfaire à leurs angoisses existentielles et recherche un salut dans tout une suite de représentations du dominant vertical, mythe, idéologie, dominant systémique qui désignent ou cooptent une autorité qui s’impose par une structure de commandement sous la surveillance d’officiants remplissant une fonction corrective de tous les effets pervers ou déviants de son organicité. Pour nous ce sont les forces de polices et le ministère de la justice. J’utilise souvent la notion de contes pour qualifier tous ces paradigmes sociétaux, car ils sont élaboré par notre construction psychique.

Dans l’esprit humain la justice demeure une institution

Dans l’esprit humain la justice demeure une institution qui correspondrait à ce besoin immanence source de certitudes ; or elle n’est rien de tout cela, elle se borne à soutenir l’ordre en place et rien d’autre. De part le monde existe une diversité d’organisations différents de la notre ayant les mêmes désirs car ils sont innés, ils sont une potentialité adaptative. Dans l’île de Bornéo existait encore en 1956 une tribu dénommée tribu des arbres découverte par un pasteur missionnaire. Les indigènes habitaient dans les arbres, car leur usage nécessité que l’on décapite un vieux pour s’épouser et procréer, et chacun veillait à ce que cet usage soit respecté. Ils n’étaient en rien cruel, ils avaient trouvé un moyen d’auto régulation. Y a t’il quelque chose de juste ou d’équitable. Rien bien sûr, pas plus que pour nous actuellement.

En conséquence les hommes ont toujours la nécessité de devoir s’interroger sur leur existence dans le cadre d’une vision idéaliste de leur organisation sociale économique et politique pour assurer leur survie.

Or plus la complexité des relations interpersonnelles croient sous la création technologique et plus elle exacerbent les désirs. Lobligation de disposer de savoirs croit également pour palier aux angoisses, au stress, à l’ignorance. Cela pas pour enorgueillir d’être un cador ou un génie, mais pour disposer de ce que l’on appelle le contrôle interne qui permet de vivre paisiblement et d’envisager les réformes ou évolutions qu’entraîne une existence « géohistorique ». En l’absence d’une intégration suffisante de tous les savoirs, l’on fait appel à ce que l’on appelle le contrôle extérieur qui est constitué des forces de polices et de l’institution judiciaire qui sévissent aussi bien dans les démocraties que les dictature et ne témoignent en rien d’une justice équitable inconditionnelle ; l’accroissement de ces forces est un signe de médiocrité.

A tout cela s’ajoutent les moyens de coercition qui vont de la réprimande à la peine de mort.

Ils n’ont aucune base réfutable. Ils sont le résultat d’une réponse émotionnelle suivant les priorités de l’organisation en vigueur et sont l’objet d’une évolution.

Rien qui nous assure que la punition infligé soit juste

Comme mesure nous avons le litre, le mètre cube, la longueur le mètre, pour le froid ou le chaud, la température, pour le poids le kilo, le temps l’heure etc.. Pour les émotions absolument rien. Rien qui nous assure que la punition infligé soit juste à quelque niveau que ce soit.

Elle n’est que la réponse à une insuffisance. Intégrer la culture demande une gymnastique de l’esprit qui s’apprend des le plus jeune âge et faute de prendre le temps nécessaire, en fonction des occupations familiales, sociales et économiques de chacun, nous punissons en espérant que le traumatisme provoquer sera à même de laisser un souvenir pour que l’information soit enregistrée.

La punition n’est donc que le corollaire d’une insuffisance structurelle et elle est aussi traumatisant que les comportements qui en génèrent chez autrui.

L’inadaptation des structures socio-économiques et morales de notre temps ne sont plus adaptés à l’évolution des technologies et savoirs, et de leurs moyens de circulation. Aux sources de nos comportements et nous véhiculons encore des préjugés et des fantasmes refoulés par la culture.

C’est donc en vain que nous recherchons dans le ministère de la justice et par les lois quelque chose qui serait juste dans une organisation verticale qui fabrique, par la répartition de la Rareté, les maux dont nous nous plaignons, et qui de plus échapperait à la nécessité d’une appréciation intellectuelle, afin de réguler, voire de pouvoir contrôler en partie, ou d’orienter nos réactions émotionnelles.elles n’ont qu’une seule fonction, nous assurer de survivre dans notre environnement géohistorique, et nous pouvons en admettre comme la tribu des arbres, la guerre ou la peine de mort. Penser autrement, respecter la vie, l’intégrité des humains, respecter le consentement de chacun demande des qualités que ne peuvent qualifier la philosophie, la sagesse etc, là ou il faut être capable de trouver le juste à propos des choses.

la justice sous le poids des mots politiques

La guerre contre EID, est un exemple de nos réponses émotionnelles, les quelques décapitations auxquelles ils se sont livrées nous ont ému au plus profond de nous même, qualifiant cela de barbarie. Pourtant les occidentaux en guerre lâchaient des bombes qui faisaient sans distinction bien plus de morts sans nous émouvoir et nous expliquions que nous menions une guerre propre.

Les attentats ont traumatisé les populations, alors qu’ils font partie des risques les moins étendus dans le monde, 29 000 sur 8 milliard.

Cela témoigne de ce que l’on appelle une accoutumance au risque. En Irlande ils s’étaient accoutumés aux attentats comme en Israël, comme durant le moyen âge les hommes étaient accoutumés aux pillages.

La réponse alors n’était pas la justice et la punition, mais des villages perchés et des fortifications. Là encore les hommes ignoraient que le pillage comme le vol ne dure que le temps des stocks disponibles et ensuite l’on disparaît. Il n’est donc pas interdit de voler pour des raisons morales, qui étaient au temps ou ce fut mis en vigueur un comportement fermant les portes de la vie éternelle, mais parce que notre espèce en disparaîtrait, n’étant plus à même de produire son nécessaire dans un environnement qui ne lui assure pas sans culture sa substance. Idem pour le processus de vengeance nous avons lu cela.

Transition civilisationnelle

Une transition civilisationnelle est en cours, des sociétés industrielles s’y préparent particulièrement dans la Silicon-Walley, pour se diriger vers une économie de la connaissance, qui aujourd’hui n’est que l‘apanage d’initiés, comme ce fut le cas tout au long de notre développement pour démocratiser celle-ci en fonction du temps à y consacrer. La conséquence en fut l’évolution de nos mœurs de nos us et coutumes des conventions acceptées.

Or la stabilité d’une société repose sur le consensus de soumission des faibles et c’est à cela que veillent toutes les structures d’ordres, et ralentissent de fait toute évolution ou réforme, sans cela nous ne pourrions pas produire.

Il est bien évident que ce passage intellectuel s’oppose à la stratégie de l’émotion qui caractérise notre société occidentale depuis 1990 et fait de la justice l’être salvateur supérieur que l’on souhaiterait indépendant du pouvoir des hommes, bref un autre dieu.

Y aura t-il une évolution d’ici 2100 ?

Dans l’histoire humaine l’Homme a accomplis une révolution cognitive. L’homo-habilis est daté d’entre 2 et 3 millions d’années, l’homme sapiens lui succédant enterre ses morts vers 100 000, et le début du néolithique fixe la période où se développe les premières productions agricoles, l’élevage et la domestication d’animaux, il y a plus de 10 000 ans.

Cette nouvelle activité économique née de la raréfaction des nourritures nécessaires et de la multiplication de la population humaine, privilégié par la maîtrise du feu et la chasse du gros gibier, va entraîner le développement de « Civilisations » sans précédente, autour d’une sédentarisation créatrice de villages, villes, royaumes, nations comportant un nombre important de population humaines formant des sociétés de plus en plus complexes dans leurs relations interpersonnelles.

C’est avec la maîtrise du langage, de l’écriture, et de l’apprentissage que les humains donnerons corps à leurs désidérabilités par des organicités et des créations socio-économiques satisfaisant aux comportements innés qui dirigent leurs existences depuis depuis la nuit des temps, que des auteurs, tel Jacquard ou Shapiro nous ont raconté dans la légende de la vie.

Nous possédons donc, comme tout le vivant les moyens de survivre, pour nous nourrir, nous protéger et copuler afin de multiplier l’espèce et assurer notre existence, tant que celle-ci n’entraîne pas sa propre auto-destruction (armes de destructions massives) dans son rapport à l’environnement qui lui assure son existence,comme à tout le vivant, dans la biodiversité avec la particularité pour l’homme d’extraire du sol des matériaux.

Aujourd’hui plus qu’hier nous avons des moyens de comparaisons pour comprendre qu’elle place occupe nos organisations complexes dans la biodiversité et dans l’univers.

Et dans l'histoire

Pour l’instant encore les sociétés humaines reposent leurs organisations sur des principes civilisationnels qui remontent à la civilisation Mésopotamienne, du moins pour la civilisation occidentale, appuyée sur le premier code écrit dans la pierre par Hammourabi 1750 A.J.C.

Celui-ci continue les habitudes sociales de ces prédécesseurs, d'Ur III et le règne d'Ur-Nammu (2112 – 2094 ), des rois qui compilaient des recueils de sentences juridiques. Cette tradition est récupérée par Hammourabi, il en écrit son Code pour procéder à l'organisation de l'administration de ses conquêtes. Elles sera reprise à son tour par les Hébreux et passera à la postérité avec les tables de la loi accordées à Moïse, et fondera la morale occidentale.

Le Code de Hammourabi connu par une stèle exhumés par Gustave Jéquier et Louis-Charles Watelin en décembre 1901 et en janvier 1902 à Suse. Ainsi jusqu’en 1900 notre civilisation était décrite et l’est toujours comme une civilisation judéo-chrétienne, alors qu’elle à comme source la Mésopotamie, ce que rapporte la bible avec la situation du jardin d’Éden. Les hébreux ont été une population qui a vécu sous l’administration de la Mésopotamie, et nous comprenons alors que les tables de la loi non rien de divin, et tout d’humain.

Que les croyants ne s’inquiètent pas ce n’est pas parce que, telle est l’histoire que cela fait disparaître Dieu, c’est la même chose pour le christ ce n’est pas parce que la science nous a appris qu’il ne pouvait pas y avoir de naissance divine instantanée que dieu en disparaît.

Ce préalable me paraît nécessaire pour comprendre, que malgré nos innovations technologiques, nos découvertes extraordinaires de la terre, du vivant, de l’univers et de notre cerveau, nous restons encore attachés à des préjugés, des superstitions, des barbaries qui nous paraissent aller de soi et nous pose la problématique de comprendre que notre histoire et celle d’une évolution, tout en acceptant pas de nous soumettre pour nous réformer,ne percevant pas que nous la vivons, jusqu’à ce qu’elle s’impose à nous par l’observation intellectuelle ou nos perceptions sensorielles. 

Pour autant cela n’est pas suffisant,car ensuite il faut que l’humain s’aventure alors dans l’incertitude, tandis qu’il s’accrochera, jusqu’à en mourir, à tout ce qui le rassure.

Cette difficulté est du essentiellement à notre mode d’apprentissage qui est trop lent, trop court, trop mercantiliste, trop initiatique pour engager les humains vers une société et un monde plus CIVILISÉ.

Les rapports humains à partir du Néolithique

1. Connaissances et limites Nous ignorons presque tout des relations interpersonnelles avant le Néolithique, en dehors des silex taillés, de l’art rupestre et des vestiges archéologiques. Aucune trace directe d’institutions punitives n’a été identifiée, malgré les conflits probables. Nos informations reposent souvent sur les récits des explorateurs (Cook et consorts) et sur des études contemporaines de tribus isolées (Amazonie, Papouasie), où l’on résout les différends sans peine de mort ni prison.

2. Transition écologique et démographique Deux facteurs majeurs ont transformé les sociétés :

La raréfaction des ressources alimentaires, liée à l’augmentation des populations et aux changements climatiques.

Le passage de la chasse-cueillette à l’agriculture et à l’élevage, amorcé entre 13 000 et 9 000 av. J.-C.

Ces mutations ont fragmenté les espaces (terres fertiles vs. terres d’élevage) et engendré de premières formes de conflits pour le contrôle des territoires cultivables [1].

3. Émergence de la violence organisée Si les récits bibliques (Abel et Caïn) évoquent déjà la lutte pour la subsistance, les fouilles archéologiques datées vers 4 000 av. J.-C. révèlent les premiers charniers, signes d’invasions organisées et de pillages à l’ère de la métallurgie (cuivre vers 3 500 av. J.-C., bronze vers 3 100 av. J.-C.) [2].

4. Naissance de l’institution judiciaire Avec l’usage du fer et l’invention de l’écriture, le « droit du glaive » a évolué vers des codes écrits. Le Code d’Hammourabi (vers 1 750 av. J.-C.) fixe des peines édictées « au nom des dieux » et instaure une administration chargée de les appliquer. Les lois se divinisent pour se rendre incontestables, légitimant ainsi le pouvoir en place.

5. Punition, profit et contrôle social La punition naît du besoin des dominants — peu enclins à produire — de protéger leurs biens et de contraindre les producteurs (servitude, esclavage). Au fil du temps, le commerce marchand a institutionnalisé ce pillage sous forme de plus-value économique, présentée comme « naturelle » : la recherche du gain minimal pour un effort maximal.

6. Héritage religieux et philosophique Les mythes (Baal, Samas) ont nourri l’idée que les lois et punitions sont des « dons divins » garantissant l’équité. Avec la laïcisation, la justice est redevenue « terrestre », mais le principe reste : maintenir l’ordre socio-économique existant.

7. Vers une critique moderne Les Lumières (Beccaria) ont adouci les peines et remis en question la cruauté des châtiments, mais sans abolir la peine de prison ni le principe même de punition. Les mouvements abolitionnistes contemporains plaident pour supprimer l’emprisonnement de masse.

8. Conclusion et perspectives

Aujourd’hui, 96 % de la population mondiale reçoit une information uniformisée (médias dominants, réseaux sociaux) qui légitime la perception d’une insécurité permanente. Pour dépasser la punition comme réponse unique, il faudrait :

Démocratiser l’accès au savoir et à la réflexion critique.

Introduire des mesures de justice restaurative, fondées sur la réparation plutôt que sur la répression.

Revisiter la notion de travail, en l’indexant sur une mesure biologique (calorie) plutôt que sur la valeur marchande seule.

La récidive interroge la logique punitive : faut‑il multiplier les peines pour dissuader ceux qui rechutent ? Depuis l’Antiquité, l’homme crée des règles (lois, commandements) pour faire vivre ensemble des individus étrangers les uns aux autres, unis seulement par leur besoin de survie. La justice moderne, héritière du « droit du glaive », confie à l’État le monopole du châtiment. Pourtant, récidiver n’est pas toujours le signe d’une « mauvaise volonté », mais peut résulter de la misère sociale, du manque de perspectives ou d’un apprentissage inadéquat.
Dans la tradition chrétienne, le pardon de Jésus illustre un principe alternatif : reconnaître sa faute et s’efforcer de la réparer avant toute sanction divine. Cette conception s’oppose à l’idée que la peine infligée serait un mal nécessaire, une sorte de médicament amer destiné à corriger le coupable.
Aujourd’hui, l’aggravation automatique des peines pour les récidivistes s’inscrit dans cette logique punitive, mais son efficacité reste largement contestée. Les statistiques montrent que les taux de réinsertion demeurent faibles, tandis que la surenchère répressive tend davantage à prolonger l’enfermement qu’à réduire durablement la criminalité.

Notre société contemporaine accepte les dérives socio-économiques comme le revers inévitable de la compétition capitaliste. Ses dirigeants ne proposent jamais d’en réformer les causes et préfèrent culpabiliser les citoyens qui succombent aux affres d’une répartition inégale de la rareté — comme si l’instinct de survie pouvait se résoudre à mourir de faim.
Ainsi, les populations « assises » semblent toujours redécouvrir que certains parmi elles refusent de périr et développent une économie souterraine faite de transgressions. Alors, les citoyens inquiets réclament davantage de sécurité et espèrent que la justice et la police suppléeront aux solutions politiques qu’ils n’ont pas le courage d’affronter.

Tant que la société punira les symptômes au lieu de soigner ses causes, elle confondra justice et vengeance. Une civilisation qui condamne ses exclus pour avoir voulu survivre ne punit pas le crime : elle punit la vie. Là où la justice remplace la politique, la peur devient la loi.

Nous enfermons les failles du système au lieu de les réparer.

 

 
 

 

 

 

 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 5 Octobre 2025

I. De l’énergie au vivant : le pli de la vie

Introduction
Tout commence bien avant l’homme, bien avant même la cellule. Le cosmos n’a pas de but : il n’est qu’énergie en circulation. Pourtant, dans certaines conditions rares, ce flux a pris une forme : la vie. Comprendre cela, c’est comprendre que nous sommes d’abord des transformations d’énergie, et non des entités figées.

Or, notre réflexion contemporaine reste trop souvent prisonnière de valeurs héritées d’une vision empirique, parfois même superstitieuse, qui interprète l’existence à travers des finalités ou des croyances rassurantes. La science, depuis la découverte des chromosomes jusqu’à la physique quantique, a profondément bouleversé notre compréhension du réel : elle révèle un univers de probabilités, d’interactions invisibles et de structures émergentes où les certitudes anciennes n’ont plus de fondement. Pourtant, ce savoir n’a pas été démocratisé ; il demeure confiné à des cercles d’experts, laissant la pensée collective s’appuyer encore sur des catégories obsolètes.

Cette fracture nourrit la persistance de hiérarchies sociales qui tirent profit de l’ignorance, entretient la vulnérabilité des populations face aux idéologies simplificatrices et freine l’émergence de nouveaux modèles de société. Alors que nous vivons dans un monde façonné par la technologie et la connaissance scientifique, nos institutions, nos économies et nos croyances fonctionnent encore sur des schémas hérités d’un âge où l’homme se pensait au centre de l’univers. Cette inertie culturelle empêche d’anticiper les crises écologiques, énergétiques ou politiques, et condamne nos sociétés à des réactions tardives, souvent brutales.

Le défi du temps présent est donc de combler ce décalage : faire en sorte que la révolution scientifique ne soit plus seulement un acquis technique, mais une transformation intime de notre rapport au monde et à nous-mêmes.

C’est ici que la nécessité d’apprendre tout au long de la vie s’impose comme une évidence. L’accumulation des connaissances humaines est telle qu’aucun individu, même cultivé, ne peut prétendre à une compréhension globale sans un effort permanent de mise à jour. Apprendre n’est plus un luxe ni une étape réservée à la jeunesse : c’est une condition de survie collective. Car de cette curiosité active, de cette mise en mouvement intellectuelle, dépend notre capacité à dépasser l’ignorance et les instincts archaïques qui divisent, pour atteindre une forme de solidarité éclairée.

Une solidarité non pas naïve, mais égoïste au sens noble : chacun comprend que son intérêt propre passe par la préservation et l’élévation du collectif. L’humanité adulte ne naîtra pas de l’abondance matérielle ni des promesses technologiques, mais de cette conscience partagée que nous sommes liés par le même flux d’énergie et la même fragilité. C’est seulement en rémunérant l’effort d’apprendre, en valorisant la recherche et la transmission comme un bien commun, que nous pourrons dépasser les réflexes de domination et ouvrir la voie à une société enfin mûre.

Cette solidarité égoïste change radicalement la manière de penser nos institutions. Dans l’éducation, elle signifie qu’apprendre n’est plus seulement préparer les enfants à « trouver une place » dans l’économie, mais offrir à chacun, tout au long de sa vie, les moyens d’accéder aux savoirs, de les comprendre et de les partager. La connaissance devient un droit fondamental, mais aussi un devoir citoyen, car l’ignorance de l’un fragilise tous les autres.

Sur le plan économique, cela implique de sortir d’une logique où la valeur est mesurée par la rareté ou la compétition. Rémunérer l’apprentissage, c’est reconnaître que l’effort intellectuel, l’ouverture à la complexité et la créativité sont aussi productifs que n’importe quel travail matériel. La richesse ne résiderait plus dans l’accumulation, mais dans l’élévation du niveau de conscience collectif.

En démocratie, enfin, la solidarité égoïste impose de réinventer la participation. Un citoyen qui apprend en permanence n’est plus seulement un électeur passif : il devient un acteur capable de comprendre les enjeux, de questionner les discours et de co-construire des solutions. Loin d’affaiblir le politique, cette exigence le renforce, car elle fonde la légitimité non sur l’autorité ou la tradition, mais sur la compétence partagée.

Ainsi, apprendre tout au long de la vie n’est pas une option pour les curieux ou les privilégiés : c’est le chemin obligé pour que l’humanité accède à l’âge adulte. C’est accepter que notre survie et notre épanouissement passent par une réconciliation entre science, culture et société. La solidarité égoïste n’est pas une utopie abstraite : elle est le seul horizon réaliste d’un monde où l’énergie circule, se transforme, et appelle à être comprise pour être vécue pleinement.

Développement

  1. Flux avant forme.
    Le cosmos est une immense circulation d’énergie : chaleur, lumière, mouvements de particules. Rien n’a d’intention. Pourtant, quand la température, la pression et la matière s’alignent, ce flux se plie en structures : d’abord l’atome, puis la molécule, puis les membranes qui isolent, enfin la cellule. La vie détourne localement l’entropie : elle retarde la dissipation du flux, sans jamais l’abolir.

  2. Conséquence anthropologique.
    Manger, parler, aimer, travailler, penser : chacune de nos actions est une transformation d’énergie. Nous ne sommes pas « au-dessus » du monde, pas plus que nous n’en sommes les maîtres ou les spectateurs. Notre regard, notre pensée, notre conscience ne sont pas des entités immatérielles détachées de la matière, mais déjà des opérations énergétiques.

Penser, c’est transformer une part du flux cosmique en organisation symbolique : capter des impressions, des signaux, des sensations, et les réordonner en images, en mots, en concepts. Aimer, c’est convertir une intensité biologique et affective en liens sociaux. Même la spiritualité, loin d’être « au-delà » de la matière, est une modulation de ce flux.

  1. Les contes de fées culturels.
    Devant l’énigme — pourquoi l’énergie s’organise-t-elle en vie ? — les humains ont raconté des histoires. Religions, mythes, philosophies, sciences : autant de tentatives d’ordonner le flux. Ces récits ne ratent pas la vérité : ils fabriquent du mouvement.

Mais l’humanité a besoin d’un nouveau récit : s’émanciper de l’adolescence capitaliste, cupide et destructrice, pour entrer dans une maturité consciente.

Ce récit repose sur trois piliers :
– Apprendre tout au long de la vie.
– Transformer l’économie : mesurer la valeur à la qualité des liens et à la continuité de la vie.
– Réinventer la démocratie comme intelligence partagée.

Encadré concret
– Une cellule humaine contient environ 100 000 milliards d’atomes.
– Chaque seconde, elle renouvelle 10 millions de protéines.
– Sans ce flux permanent, nous mourrions instantanément.

Mini-conclusion
Nous ne sommes que des plis locaux du flux universel. La première leçon est limpide : la vie n’a pas de but prédéfini, elle est pur mouvement. Ce besoin de certitude procède de notre instinct de survivance. Mais ce qui pose problème, c’est la manière archaïque dont nos cultures ont figé ce désir en dogmes.


– capacité à créer de la monnaie pour financer des infrastructures.

Ce sont peut-être ces zones qui ouvriront la voie à la solidarité égoïste.

3. La France : une fenêtre politique.
Trois leviers concrets permettraient une bifurcation immédiate :
– Monnaie de projet (banque publique verte, financements ciblés).
– Retraite plancher universelle (personne sous le SMIC net).
– ECPA (enseignement complémentaire rémunéré pour adultes).

Des choix faisables, qui pourraient servir d’exemple international.

4. Anthropologie, philosophie, comptabilité.
– Anthropologie : dépasser la rareté et la prédation.
– Philosophie : sortir du mythe d’une vérité économique unique (le marché).
– Politique : les nations capables de flécher la monnaie portent une responsabilité historique.
– Comptabilité : redistribuer 200–300 Md€/an en “monnaie pure” est possible sans inflation, si cela finance des capacités réelles.

Mini-conclusion
La bifurcation de l’humanité n’est pas une affaire de morale, mais de géopolitique.

Si l’Occident reste prisonnier de la financiarisation, d’autres nations prendront le relais.
L’histoire retiendra celles qui auront su transformer la richesse en capacité collective, pas celles qui auront accumulé le plus.

 

 

 

II. Monde objectif & conscience imparfaite

Introduction
Le réel existe-t-il en soi ? Oui, mais il nous échappe. Nous n’en percevons que des fragments, filtrés par nos sens, nos cultures, nos récits. Notre conscience n’est pas une lucarne transparente : elle est un prisme déformant. Et pourtant, c’est à travers ce prisme que nous construisons notre monde.

Même nos appareils les plus sophistiqués — microscopes, télescopes, radars — ne font qu’étendre nos perceptions. Ils remplacent nos yeux ou nos oreilles, mais ne disent rien du goût, de l’odeur, de la texture du cosmos ou de la particule. Ils traduisent le monde en signes que nous interprétons. La science n’abolit pas le prisme humain : elle l’élargit, elle le complexifie, mais elle reste elle aussi un récit, une manière d’ordonner ce qui nous échappe.

Développement

  1. Phénoménologie & quantique.
    La philosophie l’a pressenti : Husserl et Merleau-Ponty rappellent que nous n’accédons pas au monde autrement que par des relations. La physique quantique le confirme : l’état d’une particule dépend de l’acte de mesure, donc de l’observateur. Le monde objectif existe, mais il n’apparaît jamais sans médiation.

  2. Neuro-économie des choix.
    Les neurosciences montrent que la plupart de nos décisions sont préparées par le cerveau avant que nous en ayons conscience. La conscience, en réalité, ne choisit pas : elle raconte. Elle fabrique une histoire après coup, pour donner sens à des signaux venus de nos instincts et de notre environnement.

Cela veut dire que ce que nous appelons “liberté” est une illusion utile : elle nous évite la paralysie. Nous nous croyons responsables de nos choix, mais nos décisions naissent d’une infinité de causes biologiques, sociales, culturelles, dont nous ne maîtrisons qu’une infime partie.

C’est pourquoi nous devons exercer une tolérance dans le jugement d’autrui. Si chaque action résulte d’un enchaînement de conditions dont la plupart échappent à la conscience, nul n’est totalement innocent ni totalement coupable. Être tolérant, ce n’est pas excuser tout, mais juger avec humilité.

  1. La sagesse ancienne.
    Ce que la science confirme aujourd’hui, les traditions l’avaient pressenti. Jésus disait : « Pardonnez, car vous ne pouvez que vous tromper. » Dans les religions, le “Père” est ce monde objectif auquel nous n’avons jamais un accès complet. La science moderne le dit autrement : à l’échelle cosmique, tout retourne à la matière, tout se recycle, tout recommence.

Encadré concret
– Nous recevons 20 000 signaux sensoriels par seconde.
– Notre conscience en sélectionne moins d’une centaine.
– Quand nous croyons “choisir” un produit au supermarché, ce sont en réalité les couleurs, les odeurs, les prix, les émotions qui orientent notre geste avant que nous en soyons conscients.


Mini-conclusion
Nous ne voyons pas le réel tel qu’il est, mais tel que nos sens, nos récits et nos émotions le laissent passer. Reconnaître cette limite n’est pas un échec : c’est une condition d’humilité.

Chaque acte est une semence dont nous ne connaissons pas le fruit : il appartient à ceux qui viendront après nous d’en découvrir la forme.

III. Espace clos, seuils et risque d’auto-régulation violente

Chapeau introductif
Vivre, c’est évoluer dans un espace limité. Une espèce qui croit pouvoir croître sans fin dans un monde fini se trompe. L’histoire naturelle nous l’enseigne : toute expansion rencontre tôt ou tard un seuil.

La question n’est pas de savoir si l’équilibre reviendra, mais comment. Car l’équilibre revient toujours : parfois par l’adaptation et la transformation, parfois par la rupture et l’effondrement.

Développement

  1. Le monde clos.
    John Calhoun, dans ses expériences de surpopulation de rongeurs, montrait qu’un espace saturé conduit à des comportements pathologiques : violence, isolement, effondrement démographique. Robert May, avec ses modèles de dynamique des populations, l’a confirmé : tout système biologique en espace clos s’autorégule, souvent par prédation ou effondrement.

La Terre est un espace clos. Nous ne faisons pas exception. Pourtant, nous avons continué à entasser les populations dans des mégapoles, au prix d’une explosion de tensions sociales. La violence urbaine n’est pas une anomalie, mais la conséquence logique d’une organisation spatiale inadaptée.

  1. XXe–XXIe siècle.
    Deux guerres mondiales, avec plus de 100 millions de morts, n’ont pas stoppé la croissance démographique. Pourquoi ? Parce que le savoir humain a multiplié les capacités : mécanisation agricole, chimie, médecine, automatisation.

Résultat : là où la rareté aurait dû imposer un frein, l’ingéniosité a repoussé les limites. La population est passée de 2 milliards en 1927 à plus de 8 milliards aujourd’hui. Mais ces gains créent une contrainte : la planète n’est pas extensible. Climat, sols, eau douce, biodiversité et déchets radioactifs sont devenus les nouveaux verrous.

Les conférences internationales n’ont produit que des compromis timides. Les logiques de rente dominent encore. Le passage à une solidarité égoïste — où chacun reconnaît que sa survie dépend du bien commun — devient une condition pour sortir de l’impasse.

  1. La tentation de l’absolu.
    Face à ces seuils, les sociétés se replient sur des dogmes : religieux, idéologiques ou scientistes. Croire détenir une vérité absolue (le marché autorégulateur, l’utopie politique figée, le scientisme) revient à nier le flux. Mais nier le flux, c’est préparer l’effondrement.

La seule terre qu’il nous reste à conquérir est l’incertitude. Or seule la connaissance, toujours en devenir, nous offre cette assurance fragile mais féconde.

Encadré concret
– La planète ajoute 80 millions d’habitants par an (équivalent de l’Allemagne).
– La consommation d’énergie primaire a été multipliée par 12 depuis 1950.
– Si tout le monde consommait comme un Européen : 2,8 planètes. Comme un Américain : 5 planètes.

Mini-conclusion
Les seuils sont inévitables : entropie en physique, bulles en économie, burn-out en psychologie, totalitarismes en politique. Tout système finit par atteindre un point où il doit se réorganiser ou se briser.

Mais notre époque ajoute une nouveauté : l’existence d’armes nucléaires, qui permettent un effondrement total, non seulement humain mais biologique.

IV. L’inversion moderne : de l’anthropologie à la comptabilité

Chapeau introductif
Chaque civilisation s’appuie sur une forme de boussole collective.
Les sociétés traditionnelles trouvaient leur orientation dans la mythologie, la coutume ou la religion. Les sociétés industrielles ont placé leur confiance dans la science et le droit. Aujourd’hui, c’est la comptabilité qui domine : tout doit être chiffré, mesuré, traduit en bilans.

Ce déplacement, qui paraît technique, constitue en réalité une transformation anthropologique et politique.

Développement

  1. La grande inversion.
    Au lieu de partir de l’anthropologie, de la philosophie et de la politique pour orienter nos vies, nous avons confié la direction à la comptabilité. L’État se gère désormais “comme une entreprise”. Or une entreprise vise la rentabilité, pas la liberté. C’est un organe totalitaire, despote par nature.

La Boétie l’avait observé : l’ignorance et la dépendance portent les humains à accepter leur propre servitude. Beaucoup préfèrent la sécurité de l’ordre établi à l’inconfort de la liberté. La domination systémique s’habille de mots séduisants : “contrat”, “liberté de contracter”, alors qu’il ne s’agit que de soumission.

La seule voie d’émancipation est de substituer à la logique de dépendance un partenariat économique responsable, où l’échange repose sur la réciprocité et non sur l’exploitation.

  1. La financiarisation de l’existence.
    Santé, école, recherche, culture : tout doit “rapporter”.
    – L’étudiant devient “investissement”.
    – Le malade devient “coût”.
    – Le chercheur devient “centre de profit”.

Le salariat, qui représentait un contrat social, se dissout dans le statut d’“actif productif”. Le travailleur est à la fois producteur, client et financeur du système.

  1. Conséquence civique.
    Cette obsession comptable fabrique :
    – la peur de l’écart (chacun redoute de coûter trop cher) ;
    – l’obsession du risque zéro (qui bloque l’innovation) ;
    – la judiciarisation et la policiarisation (l’écart doit être puni).

Ce n’est plus la philosophie politique qui gouverne, mais l’illusion du tableau Excel.

Encadré concret
– En 2023, la France consacre 43 % du PIB à la dépense publique.
– L’essentiel de cette dépense, ce sont des salaires (enseignants, soignants, policiers…).
– La dette publique cumulée (≈ 3 200 Md€) est en réalité le financement de millions de vies depuis les années 1970.

La dette n’est pas un trou : c’est une empreinte comptable de vies financées.

Mini-conclusion
Nous ne vivons plus selon une logique de civilisation, mais selon une logique de bilan. L’homme n’est plus une fin, mais un coût.


 

Réduire l’homme à un coût, c’est fabriquer des enfants soumis et des adultes rancuniers.

V. Le glissement contemporain

Introduction
Toute société humaine doit arbitrer entre deux formes de contrôle :
– le contrôle interne (éducation, morale, coutume, régulation par les pairs),
– le contrôle externe (loi, police, justice, armée).

Une société adulte privilégie le contrôle interne, une société infantile privilégie la coercition.

Développement

  1. L’autorégulation locale.
    Dans les sociétés à faible densité (villages, clans), la coutume et la parole suffisent. La sanction est une médiation, non une vengeance.

  2. L’explosion urbaine et la complexité.
    Avec l’urbanisation, l’anonymat croît. La régulation doit passer par tribunaux, police, armée. Foucault l’a montré : la modernité discipline par dressage et surveillance.

Aujourd’hui, les médias prolongent ce contrôle. L’information, concentrée entre quelques mains, fixe les normes, oriente l’opinion. Ce n’est plus l’État qui dresse, ce sont les écrans. La marginalisation symbolique a remplacé le supplice.

  1. Le glissement contemporain.
    Nos sociétés “avancées” connaissent un affaiblissement du contrôle interne (éducation fragilisée, institutions discréditées, syndicats affaiblis). Résultat : le contrôle externe gonfle.

– Plus de police, de caméras, de procédures.
– Une justice spectacle.
– Une infantilisation citoyenne.

C’est une régression anthropologique : retour à la logique de prédation, où l’État policier compense l’absence d’éducation et de confiance.

Encadré concret
– France : budget sécurité (police + justice + prisons) ≈ 60 Md€/an.
– Budget éducation : ≈ 60 Md€/an, mais stagnant.

Nous dépensons autant pour encadrer que pour instruire.


Mini-conclusion
Quand l’ordre ne tient plus que par la force, l’humanité régresse de la civilisation vers la prédation.

VI. Philosophie de la justice : de la vengeance à la réparation

Introduction
La justice est un miroir de civilisation.
– Rome : spectacle punitif.
– Inquisition : purification idéologique.
– Lumières : proportion, prévention, Beccaria.
Aujourd’hui, elle oscille entre réparation et exutoire.

Développement

  1. Longue durée.
    La justice naît avec la rareté : organiser la répartition, arbitrer les conflits. Mais elle reste liée aux rapports de force, jamais équitable. Elle n’existe pas “en soi” : elle applique des décisions humaines forgées dans le conflit.

  2. XXe siècle : raison d’État.
    Les régimes totalitaires ont fait du droit un outil de domination. Nuremberg a tenté une justice universelle : juger pour fonder un droit commun de l’humanité.

Aujourd’hui, la justice glisse vers l’émotion et la peur : principe de précaution, risque zéro, gravité subjective. Elle juge des peurs plutôt que des faits.

  1. Aujourd’hui : oscillation et ambiguïté.
    Deux pôles :
    – Réparation (médiation, justice restaurative).
    – Exutoire (peines planchers, inflation carcérale).

Mais la tendance suit la vengeance, au mépris des sciences sur la responsabilité : nos actes sont conditionnés par l’environnement.

Or la justice n’est pas une thérapie. Elle doit préserver le cadre commun, non guérir les plaies intimes.

  1. L’infantilisation punitive.
    Une justice centrée sur la vengeance rassure à court terme mais affaiblit la société :
    – 60 % de récidive en 5 ans,
    – surreprésentation de délits mineurs de pauvreté,
    – coût exorbitant (44 000 €/an par détenu).

Punir pour rassurer, c’est payer cher pour fabriquer de futurs exclus.

Mini-conclusion
La justice ne peut pas se réduire à punir.
– Punir pour venger, c’est archaïque.
– Punir pour dissuader, c’est limité.
– Réparer, c’est adulte : cela suppose d’éduquer, de restaurer, de recréer du lien.

Une société adulte n’a pas besoin de spectateurs pour ses châtiments, mais de citoyens pour ses médiations.

VII. Politique de la peur : fabrication de l’extrémisme

Introduction
La peur est l’un des instruments politiques les plus puissants. Elle rassure les dominants, mobilise les dominés, et justifie toutes les dérives sécuritaires. Mais une société gouvernée par la peur cesse d’être adulte : elle devient infantilisée, et l’extrême prospère sur le ressentiment.

Développement

  1. La mécanique de la peur.
    La fin des Trente Glorieuses a marqué un basculement. L’arrêt de la croissance a entraîné :
    – hausse de la délinquance et de la criminalité (baisse du pouvoir d’achat, chômage, urbanisation),
    – explosion de la consommation stimulée par la production mécanique, alors que l’emploi s’effondrait.

Depuis 1995, les crimes et délits se stabilisent autour de 3,7 millions par an, mais le discours politique et médiatique maintient un récit d’insécurité. Ce récit alimente de nouveaux marchés :
– sécurité privée,
– vidéosurveillance,
– contrôles permanents (fouille des sacs dans les supermarchés).

La présomption d’innocence s’inverse en présomption de culpabilité.

  1. Sociologie de la confiance.
    Les baromètres d’opinion révèlent :
    – confiance forte envers le local (médecins, armée, police, associations, artisans),
    – confiance faible envers les institutions globales (partis, syndicats, justice, médias).

Conséquence : repli sur le tangible, abandon du global perçu comme corrompu.

À la fracture sociale s’ajoute une fracture intellectuelle. L’éducation n’a pas suivi l’évolution socio-économique : beaucoup de diplômés restent incapables de comprendre la complexité du monde contemporain.
Ils deviennent des “analphabètes” du système, prisonniers de ce qui est visible à leurs sens, sans percevoir ce qui n’est perceptible qu’intellectuellement (causes profondes, flux invisibles, structures globales).

Cela alimente la vulnérabilité aux récits simplistes et émotionnels. La fracture intellectuelle nourrit donc la fracture sociale.

Comme dans la caverne de Platon, le peuple reste tourné vers les ombres, refusant la lumière qui blesse avant de libérer.

  1. Mécanique politico-médiatique.
    – Médias : saturation d’informations anxiogènes (faits divers, crises, attentats).
    – Gouvernements : inflation sécuritaire (lois, caméras, policiers).
    – Citoyens : accoutumance, comme une drogue, à ce climat de peur.

La peur devient un marché politique.

  1. Quand la peur fabrique l’extrême.
    L’extrême droite prospère sur la peur (immigration, insécurité, déclassement).
    Les gouvernements “centristes” reprennent ses thèmes pour contenir la menace, banalisant le discours extrémiste.

C’est le scénario de Weimar : les élites ont cédé aux nazis non par conviction, mais pour préserver leurs privilèges.

Aujourd’hui encore, la peur sert de monnaie électorale.

  1. Symptômes : judiciarisation et policiarisation.
    La multiplication des lois, caméras, procédures n’est pas signe de maturité, mais d’un effondrement du contrôle interne.
    La société s’infantilise : au lieu de se réguler par civisme, elle se régule par peur.

Encadré concret
– Budget police/justice en France : +65 % depuis 2000.
– Budget éducation : stagnant.
– Récidive pénale : ~60 %.
– Extrême droite : de 10 % à 30–35 % des suffrages en 20 ans.

Conclusion : plus de sécurité budgétaire n’apporte pas plus de sécurité réelle.

Mini-conclusion
La peur est un moteur politique court-termiste mais destructeur.
Elle nourrit les extrêmes, affaiblit la démocratie, et infantilise les citoyens.

À l’inverse, la confiance se construit par le savoir, la participation et la solidarité.
Une société adulte ne se sécurise pas par la peur, mais par la confiance collective.

Mais notre société évite de s’interroger sur les causes profondes de la criminalité : la compétition permanente.
– Les exclus dopent leur survie dans l’économie souterraine.
– Les élites font la même chose dans l’économie des cols blancs.

La société stigmatise les “délinquants visibles”, mais valorise la transgression compétitive diffuse qui traverse toutes les sphères.

Ce que nous appelons “crime” n’est que le miroir grossissant d’une logique de compétition généralisée.

VIII. Comptabilité et vie : ce que “faire des économies” veut dire

Introduction
Depuis qu’on gère l’État “comme une entreprise”, les chiffres semblent gouverner nos vies. Mais derrière les colonnes comptables se cachent des existences humaines. Une coupe budgétaire n’est pas une abstraction : c’est un emploi supprimé, une école fermée, un savoir disparu.

Réduire la vie à la comptabilité, c’est tuer l’avenir.


Développement

  1. La dette finance des vies, pas des trous.
    La dette publique française (~3 200 Md€) est l’empreinte comptable de millions de salaires, infrastructures, retraites.
    La réduire comme une entreprise réduit ses coûts, c’est nier que la République finance le commun, pas le profit.

  1. Les coupes budgétaires en clair.
    – 40 Md€ de coupes = 1,6 million d’emplois-années au SMIC chargé.
    – Ces économies créent mécaniquement chômage et misère.

“Faire des économies” dans le public revient à transférer le coût vers le social : chômage, pauvreté, insécurité.

  1. Retraites plancher : éradiquer la pauvreté.
    Avec 20–30 Md€/an (0,7–1 % du PIB), on peut garantir qu’aucune retraite ne soit sous le SMIC net.
    C’est un choix politique : moins d’avantages fiscaux pour le capital, plus de dignité pour les anciens.

  1. Le dividende des machines : la monnaie pure.
    Depuis 1975, la France a investi 5 400 Md€ dans les machines et outils productifs.
    Aujourd’hui, ces machines génèrent environ 1 000 Md€/an (un tiers du PIB).

Libérer 10–30 % de cette valeur en “monnaie pure” (100–300 Md€/an) permettrait de financer :
– 70 % de projets collectifs (transition énergétique, santé, éducation),
– 30 % de dividende social (ECPA, retraites plancher).

Ce n’est pas de “l’argent magique”, mais l’adaptation comptable à la productivité réelle des machines.

  1. Anthropologie, philosophie, politique.
    – Anthropologie : “faire des économies” signifie en réalité appauvrir le collectif pour enrichir une minorité.
    – Philosophie : confondre valeur d’échange (euros) et valeur d’existence (savoirs, santé, liens sociaux).
    – Politique : infantiliser les citoyens par le discours de culpabilité (“on vit au-dessus de nos moyens”), alors que ce sont les moyens qui sont mal orientés.

Conclusion
L’économie n’est pas un solde comptable : c’est la gestion de la vie commune.

La question n’est pas : “combien coûte la solidarité ?”
La question est : “combien coûte son absence ?”

Nous sommes conditionnés comme par la clochette de Pavlov à ne compter que ce que la monnaie autorise. Mais nous oublions de compter tout ce que nous ne faisons pas faute de monnaie.

Or la véritable rareté n’est pas monétaire, mais matérielle et humaine : énergie, ressources, bras disponibles.

Mini-conclusion
La rareté n’est pas dans la monnaie, mais dans les matériaux et les vies humaines.
Confondre les deux, c’est renoncer à d’innombrables réalisations possibles.

IX. Éducation transgénérationnelle : l’adulturation plutôt que la révolution

Introduction
Depuis le Néolithique, toutes les révolutions ont buté sur la même limite : elles renversent des structures, mais ne changent pas les instincts. La domination revient, sous d’autres formes.

Si l’humanité veut franchir un seuil, ce n’est pas par rupture brutale mais par une transmission lente, génération après génération, qui engramme une nouvelle culture dans nos cerveaux.

1. Le paradoxe du présent.
L’évolution n’a ni passé ni futur : elle n’existe qu’au présent. Mais nous vivons toujours dans le passé de nos souvenirs, avec un temps de retard sur le réel.

Ce décalage produit un paradoxe : la justice prétend juger des actes, mais elle ne juge en réalité que des souvenirs — des événements déjà morts. Punir le passé revient à juger des fantômes, alors qu’il faudrait assumer collectivement la mémoire et en faire une leçon vivante.

La justice se croit gardienne du réel, mais elle condamne des ombres.

2. Pourquoi les révolutions échouent.
La révolution supprime des institutions, mais pas les instincts biologiques de prédation et de compétition.
Tant que la rareté et l’inégalité dominent, les instincts reprennent le dessus après chaque rupture.

Résultat : esclavagisme → féodalité → capitalisme → financiarisation.
Toujours la même logique de domination, simplement habillée de nouveaux mots.

La sémantique maquille la domination :
– esclaves → “ressources humaines”,
– servitude → “contrats”,
– spoliation → “création de valeur”.

L’histoire avance masquée : derrière chaque costume neuf, c’est le même visage de l’exploitation qui revient.

3. L’éducation permanente comme mutation lente.
La véritable révolution n’est pas brutale : elle est éducative et lente.
Transformer l’environnement éducatif, culturel et économique, c’est orienter inconsciemment nos choix vers la coopération plutôt que la prédation.

C’est en inscrivant progressivement dans nos cerveaux de nouvelles habitudes que nous pouvons dépasser les instincts archaïques.

4. Rémunérer les hommes pour apprendre (ECPA).
Proposition centrale : rémunérer les adultes pour apprendre tout au long de la vie.
– Plus qu’un revenu universel : un revenu conditionné au savoir.
– Objectif : 15 000 €/an par apprenant, financés par 100–300 Md€/an issus du dividende des machines.
– Impact : 3 à 4 millions d’adultes formés par an.

Anthropologiquement, chaque génération transmettrait non seulement ses biens, mais une capacité accrue de savoir et de discernement.

Investir dans le savoir, c’est renforcer la seule arme face aux périls à venir.

5. Un accélérateur historique face aux risques.
– Risque nucléaire : 53 % de probabilité d’ici 2100.
– Crises systémiques : climat, pandémies, tensions sociales.

La meilleure sécurité collective n’est pas une armée plus forte, mais une humanité instruite : capable de coopérer, de prévoir et d’innover.

Mini-conclusion
Aucune révolution brutale ne nous sortira de notre adolescence culturelle.
La seule voie est une révolution lente : l’éducation transgénérationnelle.

L’adulturation, financée par le dividende des machines, transformera la solidarité en réflexe instinctif et fera entrer l’humanité dans son âge adulte.

X. Géopolitique de la bifurcation

Introduction
La mutation éducative et anthropologique ne se joue pas qu’à l’échelle individuelle ou nationale. Elle s’inscrit dans un monde hiérarchisé par des rapports de force. C’est là que se joue la bifurcation : continuer dans le capitalisme financiarisé, ou inventer une solidarité égoïste planétaire.

1. L’Occident saturé : le capitalisme en impasse.
Depuis les années 1980, l’Occident est prisonnier de son propre logiciel :
– État géré comme une entreprise (rentabilité, dette, austérité).
– Monnaie conçue comme rare, alors qu’elle pourrait être un outil de projet.
– Compétitivité érigée en dogme.

Résultat : sociétés riches mais fragiles, où peur, chômage et injustice nourrissent les extrêmes.

2. Les marges de bifurcation : Chine, Inde, Sud global.
Ces pays n’ont pas encore abandonné certains leviers :
– contrôle public du crédit,
– planification partielle,
– capacité à créer de la monnaie pour financer des infrastructures.

Ce sont peut-être ces zones qui ouvriront la voie à la solidarité égoïste.

3. La France : une fenêtre politique.
Trois leviers concrets permettraient une bifurcation immédiate :
– Monnaie de projet (banque publique verte, financements ciblés).
– Retraite plancher universelle (personne sous le SMIC net).
– ECPA (enseignement complémentaire rémunéré pour adultes).

Des choix faisables, qui pourraient servir d’exemple international.

4. Anthropologie, philosophie, comptabilité.
– Anthropologie : dépasser la rareté et la prédation.
– Philosophie : sortir du mythe d’une vérité économique unique (le marché).
– Politique : les nations capables de flécher la monnaie portent une responsabilité historique.
– Comptabilité : redistribuer 200–300 Md€/an en “monnaie pure” est possible sans inflation, si cela finance des capacités réelles.

Mini-conclusion
La bifurcation de l’humanité n’est pas une affaire de morale, mais de géopolitique.

Si l’Occident reste prisonnier de la financiarisation, d’autres nations prendront le relais.
L’histoire retiendra celles qui auront su transformer la richesse en capacité collective, pas celles qui auront accumulé le plus.

XI. De la société punitive à la société éducative

Introduction
Une société révèle sa maturité par la manière dont elle traite ses fautes, ses conflits, ses « déviants ».
Aujourd’hui, nos sociétés occidentales privilégient la punition : prisons pleines, police renforcée, justice saturée.
Mais cette logique fabrique plus de peur, de violence et d’exclusion qu’elle n’apporte de cohésion.

L’alternative est claire : passer d’un modèle punitif à un modèle éducatif, où la monnaie libérée sert à construire des capacités humaines plutôt qu’à réprimer leur absence.

1. Anthropologie : du contrôle interne à la coercition externe.
Dans les petites communautés (villages, tribus), le contrôle était interne : coutumes, sages, médiations.
Exemple : chez les Masaï, après un meurtre, la question n’était pas « qui a tué ? » mais « qu’est-ce qui a armé le bras ? ».

Dans les sociétés modernes densifiées, ce contrôle devient externe : police, justice, armée.
Plus la complexité augmente, plus le citoyen délègue son autonomie morale à des institutions coercitives.

L’humanité est passée d’une justice réparatrice à une justice répressive.

2. Philosophie : punir ou réparer ?
– Rome : paix sociale par le droit, mais aussi exemplarité punitive.
– Inquisition : vérité révélée pour légitimer la répression.
– Beccaria (XVIIIe siècle) : proportion et prévention plutôt que vengeance.
– Aujourd’hui : oscillation entre réparation (réintégrer, éduquer) et exutoire (satisfaire l’opinion).

Une justice sans horizon éducatif n’est qu’un théâtre de vengeance.

3. Politique : la peur fabrique l’extrémisme.
Les citoyens font davantage confiance aux structures locales (associations, gendarmerie, hôpitaux) qu’aux institutions globales (partis, syndicats, justice).
Cette fracture est alimentée par :
– une information anxiogène,
– des lois sécuritaires répétées,
– des manipulations (parfois des provocateurs infiltrés).

Résultat : plus de police engendre plus d’extrémisme.
La spirale punitive entretient le chaos qu’elle prétend contenir.

4. Comptabilité : ce que coûte la punition.
– Budget prison en France : ~4 Md€/an, avec récidive élevée.
– Police/gendarmerie : ~22 Md€/an, en croissance continue.
– Justice : lente, sous-dotée, incapable de réparer.

Chaque milliard investi dans la punition pourrait éviter plusieurs milliards s’il était investi dans l’éducation.

5. L’alternative : punitive ou éducative ?
Deux chemins :

Continuer la punition → judiciarisation, infantilisation, montée des extrêmes.

Choisir l’éducation → revenu d’étude (ECPA), justice réparatrice, autonomie civique.

Une société adulte ne peut se contenter de punir : elle doit apprendre à réparer.

Mini-conclusion
L’éducation permanente est la véritable garantie de sécurité.
Une société de savoirs se protège mieux qu’une société de prisons.

On ne sécurise pas une société avec des menottes, mais avec des savoirs.

XII. Le culturel comme « événement en soi »

Introduction
La culture est plus qu’un ensemble d’œuvres ou de coutumes : c’est une force structurante qui agit sur l’évolution humaine comme une loi de la nature.
Elle vit, elle croît, elle sature, et elle doit se métamorphoser ou disparaître.


1. Anthropologie : la culture comme moteur d’évolution.
Depuis le Néolithique, la culture est l’environnement intérieur de l’homme.
Chaque société invente ses récits, outils, institutions — et génère ses propres déchets.

Exemple : l’Empire romain est tombé moins par les invasions que par l’incapacité à transformer ses excès (esclavage, corruption).

La culture est un organisme vivant : elle naît, prolifère, sature, et doit se métamorphoser ou disparaître.

2. Philosophie : l’irréversibilité culturelle.
Comme en thermodynamique, tout système évolue irréversiblement vers un nouvel état.
Les excès matériels appellent une transition vers d’autres richesses : savoirs, santé écosystémique, beauté publique, recherche interstellaire.

Spengler et Toynbee l’avaient pressenti : les civilisations sont des organismes qui grandissent et meurent.
L’histoire n’est pas circulaire, elle est entropique.

3. Politique : du culturalisme au projet collectif.
La véritable culture n’est pas la consommation culturelle, mais un projet collectif : école, recherche, mémoire, création.
– Gutenberg et l’imprimerie, Jules Ferry et l’école : bifurcations culturelles majeures.
– Aujourd’hui : la transition écologique et numérique impose une nouvelle bifurcation.

Une société qui ne réinvestit pas sa culture dans un projet collectif recycle seulement des déchets idéologiques.

4. Comptabilité : investir dans le culturel, c’est investir dans la survie.
– École publique : ~70 Md€/an en France, assurance-vie civilisationnelle.
– Recherche publique : ~20 Md€/an, insuffisant face aux défis climatiques et énergétiques.

Refuser d’investir dans la culture, c’est choisir la mort lente.

Mini-conclusion
La culture n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale.
Chaque civilisation qui refuse la métamorphose disparaît.

XII. Le culturel comme « événement en soi »

Introduction
La culture est plus qu’un ensemble d’œuvres ou de coutumes : c’est une force structurante qui agit sur l’évolution humaine comme une loi de la nature.
Elle vit, elle croît, elle sature, et elle doit se métamorphoser ou disparaître.

1. Anthropologie : la culture comme moteur d’évolution.
Depuis le Néolithique, la culture est l’environnement intérieur de l’homme.
Chaque société invente ses récits, outils, institutions — et génère ses propres déchets.

Exemple : l’Empire romain est tombé moins par les invasions que par l’incapacité à transformer ses excès (esclavage, corruption).

La culture est un organisme vivant : elle naît, prolifère, sature, et doit se métamorphoser ou disparaître.

2. Philosophie : l’irréversibilité culturelle.
Comme en thermodynamique, tout système évolue irréversiblement vers un nouvel état.
Les excès matériels appellent une transition vers d’autres richesses : savoirs, santé écosystémique, beauté publique, recherche interstellaire.

Spengler et Toynbee l’avaient pressenti : les civilisations sont des organismes qui grandissent et meurent.
3. Politique : du culturalisme au projet collectif.
La véritable culture n’est pas la consommation culturelle, mais un projet collectif : école, recherche, mémoire, création.
– Gutenberg et l’imprimerie, Jules Ferry et l’école : bifurcations culturelles majeures.
– Aujourd’hui : la transition écologique et numérique impose une nouvelle bifurcation.

Une société qui ne réinvestit pas sa culture dans un projet collectif recycle seulement des déchets idéologiques.

4. Comptabilité : investir dans le culturel, c’est investir dans la survie.
– École publique : ~70 Md€/an en France, assurance-vie civilisationnelle.
– Recherche publique : ~20 Md€/an, insuffisant face aux défis climatiques et énergétiques.

Refuser d’investir dans la culture, c’est choisir la mort lente.

Mini-conclusion
La culture n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale.
Chaque civilisation qui refuse la métamorphose disparaît.

La richesse matérielle s’effondre sous ses déchets ; la richesse culturelle, elle, ouvre les étoiles.

XIII. Regard, limite et vérité : l’éthique du doute

Introduction
Individus comme sociétés cherchent toujours une vérité à laquelle se raccrocher. Mais toute vérité absolue finit par devenir un piège : elle se fige, tue le mouvement et ferme la possibilité d’apprendre.
Ce n’est pas la possession du vrai qui sauve, mais le doute actif, le regard ouvert, l’élan de recherche.


1. Anthropologie : l’imperfection comme moteur.
L’homme est un être d’instincts et de limites sensorielles.
Nos choix ne sont jamais totalement libres : ils sont dictés par l’inné et par l’environnement.

Toutes nos cultures — religions, sciences, idéologies — ne donnent jamais LA Vérité, mais des récits provisoires.
L’imperfection est notre ADN culturel : elle seule permet l’histoire.

2. Philosophie : pourquoi l’absolu tue.
– Nietzsche : « Les vérités sont des armées de métaphores ».
– Camus : croire à une vérité absolue mène au meurtre ou au suicide.
– Hegel : toute vérité est inachevée, toujours appelée à être dépassée.

Le monde objectif nous échappe toujours : seule la recherche, non la possession, garde vivant.

3. Politique : le danger des vérités figées.
Chaque fois qu’une société croit détenir LA vérité, elle bascule dans le totalitarisme :
– Inquisition (vérité religieuse),
– fascisme/stalinisme (vérité idéologique),
– scientisme (vérité technique).

Une démocratie adulte ne doit pas chercher l’unanimité du vrai, mais institutionnaliser le doute.


4. Comptabilité : chiffres et limites du vrai.
– La croyance au « marché autorégulateur » a produit les crises de 1929 et 2008.
– La croyance que « la dette est un trou » justifie l’austérité et fabrique chômage et misère.

Au contraire, le doute ouvre des marges :
– Dette française (~3 200 Md€) : pas un gouffre, mais la trace de millions de vies financées.
– Investissement machines 1975–2024 (~5 400 Md€) : richesse latente convertible en « monnaie pure ».

Les chiffres montrent que le dogme tue, mais que le doute libère des capacités.

Mini-conclusion
Le doute n’est pas une faiblesse, c’est une respiration vitale.
Une vérité absolue est une tombe ; le doute, lui, est souffle de vie.

XIII bis. Biologie et culture : deux plans de l’évolution humaine

Introduction
Il faut accepter une distinction fondamentale : le culturel n’efface pas le biologique.
Depuis 10 000 ans, nos récits, institutions et idéologies ont transformé nos vies — mais très peu se sont inscrits dans nos gènes.

1. Le cas exceptionnel du lactose.
L’élevage a créé une pression sélective telle que la mutation génétique permettant la digestion du lactose à l’âge adulte s’est diffusée.
Exemple rare où le culturel rétroagit sur le biologique.


2. Ascèse, célibat, homosexualité : choix culturels sans impact biologique.
– Moines du Moyen Âge : immense héritage culturel, mais rien transmis biologiquement.
– Moines guerriers (Templiers, Hospitaliers) : rôle militaire et économique, mais pas de descendance.
– Homosexualité : présente dans toutes les cultures, enrichit la diversité sociale sans modifier la génétique.

Le plan biologique et le plan culturel peuvent diverger.

3. Biologie et culture : deux logiques parallèles.
– Biologique : reproduction, hérédité, sélection naturelle.
– Culturel : transmission symbolique, mémoire, éducation.

Ces logiques se croisent parfois (ex. lactose), mais fonctionnent indépendamment.

4. Le “vieil homme” : instincts persistants.
Les instincts biologiques persistent malgré les récits culturels (domination, compétition, désir sexuel).
Certaines sociétés ont su les canaliser par l’art, le sport, la religion, la science.

5. Ce que cela change pour la solidarité égoïste.
La solidarité égoïste n’abolira pas la diversité ni les inégalités de comportements.
Elle créera seulement un cadre commun où chacun pourra trouver sa place.

Si l’humanité s’autodétruit, ce sera la preuve que son organisation n’était pas adaptée — et qu’elle ne méritait pas d’être retenue par l’ordre du cosmos.

XIV. Recherche fondamentale et appliquée : la double respiration de l’humanité

Introduction
L’humanité avance par une double respiration : la recherche fondamentale (curiosité pure) et la recherche appliquée (mise en œuvre technique).
Toutes deux sont inséparables, et conditionnent l’évolution de la civilisation.

1. Anthropologie : la longue histoire du savoir partagé.
– Gutenberg (XVe siècle) : l’imprimerie brise le monopole du savoir, ouvre la voie aux Lumières et à la démocratie.
– Jules Ferry (XIXe siècle) : l’école publique permet à des millions d’enfants de devenir citoyens et professionnels.

Le savoir est toujours une construction collective, arrachée aux logiques d’appropriation privée.


2. Philosophie : la recherche comme quête de l’inconnu.
– Galilée observant le ciel, Darwin étudiant les pinsons : désir de comprendre avant toute utilité.
– Les frères Lumière : perfectionner une technique d’optique, et inventer sans le savoir l’industrie du cinéma.

L’homme détourne, transpose, réorganise : l’inutile apparent devient vital.

3. Politique : la responsabilité collective du savoir.
– Rome : aqueducs, routes, ponts pour l’organisation collective.
– Chine des Song : poudre, boussole, imprimerie = bureaucraties et écoles d’ingénieurs.
– NASA (1960s) : programme spatial → milliers d’applications civiles (satellites, microprocesseurs, imagerie médicale).

Aucun inventeur ne « se fait seul » : tout savoir naît d’une trame collective financée.

4. Comptabilité : ce que coûte et rapporte la recherche.
– Le CERN invente le Web pour partager des données scientifiques → devient colonne vertébrale de l’économie mondiale.
– ADN : découvertes abstraites → vaccins à ARN et médecine personnalisée.
– 1 € investi dans la recherche rapporte 3 à 5 € à long terme (OCDE).

5. Conclusion : la recherche comme brique civilisationnelle.
Imprimerie, école, recherche fondamentale, recherche appliquée : autant de briques qui transforment l’environnement cognitif et culturel de l’humanité.
Sans elles : pas de Lumières, pas de Révolution industrielle, pas de médecine moderne.

Une société adulte doit assumer le pari de la recherche. C’est la condition de son existence dans le temps long.

Synthèse
1. L’énergie comme fondement de la vie

L’humanité n’est pas un miracle détaché du monde, mais un pli local de l’énergie cosmique. Penser, aimer, créer : tout cela n’est qu’une transformation d’énergie. Nos cultures, nos institutions, nos idéologies sont autant d’expressions de ce flux.
Comprendre cela, c’est accepter que nous ne sommes pas séparés du cosmos, mais une de ses formes.

2. Conscience imparfaite, responsabilité humble

Nos sens et notre cerveau filtrent et déforment le réel. Nous n’agissons pas librement dans l’absolu : nos choix sont préparés par une infinité de causes biologiques, sociales et culturelles.
La responsabilité humaine est une illusion utile : il faut juger et agir, mais avec humilité.

3. Espaces clos, seuils et effondrements

Tout système en croissance rencontre des limites. La Terre, espace fini, impose des seuils (climat, sols, énergie). L’histoire naturelle montre que tout déséquilibre se rééquilibre, parfois violemment. Aujourd’hui, nous portons nous-mêmes l’« astéroïde » : nucléaire, écocide, effondrement global.
La seule sortie est de transformer nos récits et d’inventer une solidarité égoïste.

4. L’inversion moderne : la comptabilité comme boussole

L’État est géré comme une entreprise : la vie réduite à des bilans. Santé, école, recherche deviennent des « coûts ». La dette est présentée comme un gouffre, alors qu’elle est la trace comptable de millions de vies financées.
Réduire l’homme à un coût, c’est fabriquer des enfants soumis et des adultes rancuniers.

5. Le glissement vers la coercition

Les sociétés adultes privilégient le contrôle interne (éducation, coutumes, régulation par les pairs). Nos sociétés modernes, elles, se fient de plus en plus au contrôle externe (police, justice, armée).
Quand l’ordre ne tient plus que par la force, l’humanité régresse de la civilisation vers la prédation.

6. Justice : de la vengeance à la réparation

Longtemps, la justice a été un théâtre de la puissance (Rome), de la vérité révélée (Inquisition), ou de la raison d’État (totalitarismes). Aujourd’hui, elle oscille entre réparation (médiation, réintégration) et exutoire (inflation carcérale, lois symboliques).
Punir pour venger, c’est archaïque ; punir pour dissuader, c’est limité ; réparer, c’est adulte.

7. La peur comme moteur politique

La peur est instrumentalisée pour gouverner : elle nourrit les extrêmes et justifie l’austérité sécuritaire. On inverse la présomption d’innocence en présomption de culpabilité.
Une société adulte ne se sécurise pas par la peur, mais par la confiance.

8. L’économie comme gestion de la vie commune

La question n’est pas « combien coûte la solidarité ? » mais « combien coûte son absence ? ».
Nous confondons la monnaie (simple convention de circulation) avec les ressources réelles (énergie, matériaux, main-d’œuvre).
La rareté n’est pas monétaire : elle est matérielle et humaine.

9. L’éducation transgénérationnelle : la vraie révolution

Toutes les révolutions sociales échouent car elles ne transforment pas les instincts. Seule une mutation lente, par l’éducation, peut inscrire de nouveaux réflexes dans nos cerveaux.
La véritable révolution sera éducative, lente et irréversible.

10. Rémunérer pour apprendre (ECPA)

Proposition centrale : rémunérer les adultes pour apprendre tout au long de la vie (15 000 €/an, financés par le dividende des machines).
Une humanité plus instruite est la meilleure arme face aux risques globaux : nucléaire, climat, pandémies.

11. Géopolitique de la bifurcation

L’Occident est enfermé dans la financiarisation. Mais des marges existent ailleurs (Chine, Inde, Sud global) avec des outils de planification et de crédit public. La France elle-même pourrait bifurquer avec trois leviers :
– monnaie de projet,
– retraite plancher universelle,
– ECPA.

12. Culture : organisme vivant

La culture naît, croît, sature et doit se métamorphoser ou disparaître. Comme le cosmos en expansion, elle ne peut rester figée.
Une civilisation qui n’investit pas dans sa culture (école, recherche, mémoire) se condamne à l’étouffement.

13. Éthique du doute

Toute vérité absolue finit en tombeau. L’évolution humaine repose sur l’imperfection, moteur du mouvement.
Une démocratie adulte doit institutionnaliser le doute.

14. Biologie et culture : deux plans distincts

Le biologique impose ses lois, le culturel invente des récits. Rarement, le culturel infléchit le biologique (ex. lactose). Mais la plupart du temps, ils évoluent en parallèle.
La solidarité égoïste ne supprime pas les instincts, elle crée un cadre commun où chacun trouve sa place.

15. Recherche fondamentale et appliquée : la double respiration

Sans recherche fondamentale, pas de découvertes ; sans recherche appliquée, pas de mise en œuvre.
L’imprimerie, l’école publique, le CERN, la NASA : autant de briques collectives qui transforment l’environnement cognitif des générations futures.
Une société adulte doit assumer le pari de la recherche, même coûteuse, comme condition de survie.


Conclusion générale

L’humanité est à un seuil.
– Si elle persiste dans la peur, la compétition et la comptabilité infantilisante, elle s’expose à l’effondrement.
– Si elle choisit la solidarité égoïste, l’éducation permanente et la confiance, elle peut franchir une étape évolutive : entrer dans son âge adulte.

La vraie richesse n’est pas l’accumulation matérielle, mais l’élévation du niveau collectif de conscience.
La véritable sécurité n’est pas la force armée, mais la lucidité partagée.
La révolution qui vient ne sera pas violente : elle sera éducative, lente et irréversible.

« On ne sécurise pas une société avec des menottes, mais avec des savoirs.
On ne la sauve pas avec des vérités figées, mais avec un doute éclairé.
On ne la grandit pas par la peur, mais par la confiance. »

 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 2 Octobre 2025

Ouvrir la porte politique à la philosophie et à la recherche.
Le regard, l’énergie et la vérité : une méditation sur la limite et le devenir

Introduction
– « le monde dépend du regard que l’on porte ».
– Ce n’est pas seulement une métaphore psychologique, mais une clé anthropologique et cosmologique : la vie elle-même est une manière d’organiser l’énergie.
– Ce n’est pas la possession d’une vérité absolue que l’on confie à la comptabilité de la vie qui sauve l’homme, mais la capacité à maintenir le mouvement, le doute, l’ouverture.

1. L’énergie et la vie : du flux cosmique à l’expérience humaine
– Le cosmos est énergie en circulation, sans but ni finalité.
– La vie est un accident fécond de ce flux, un seuil où l’énergie s’organise.
– Chaque existence humaine est une condensation de ce flux : manger, parler, aimer, travailler, penser, c’est transformer de l’énergie.
– Conséquence : notre regard sur le monde est aussi un acte énergétique.

2. Du flux de particules à la cellule vivante

La question est, comment passe-t-on de la particule au vivant ? C’est celle qui traverse à la fois la cosmologie, la biologie et la métaphysique.
– Les particules élémentaires sont aveugles, elles obéissent à des lois de probabilité.
– Mais dans certaines conditions d’énergie et de matière, elles s’organisent en structures plus complexes : d’abord l’atome, puis la molécule, puis la cellule.
– Le vivant apparaît alors comme une organisation locale qui détourne l’entropie pour persister.

Ce passage ne peut être compris qu’en pensant l’énergie comme flux, jamais comme chose fixe. La vie, c’est un pli dans l’énergie, pas un miracle isolé. La fossiliser dans un conte fut’il capitaliste c’est assurément la tuer.

3. Le paradoxe du « monde objectif » et de la conscience imparfaite

– Si le monde objectif celui des lois physiques, chimiques et biologiques, évolue en permanence avec le cosmos, alors notre conscience loin d’être fixée se transforme aussi dans le temps: elle n’est pas enchâssée, mais appelée à se perfectionner au contact de ses propres « contes de fées culturels » (religions, mythes, philosophies, sciences).
– Chaque génération hérite d’un récit partiel et doit le dépasser.
– La perfection absolue n’est jamais atteinte, car ce serait la fin du mouvement. C’est l’imperfection qui ouvre la voie de l’évolution. Ainsi, ce que nous appelons « contes de fées culturels », de la Bible aux récits scientifiques modernes n’est pas un échec de la vérité, mais un moteur de transformation. Ils permettent à l’espèce de progresser, d’affiner son regard, de se préparer à d’autres étapes.

4. Le regard comme construction du monde
– L’idée que « le monde dépend du regard que l’on porte » s’inscrit dans la tradition phénoménologique (Husserl, Merleau-Ponty).
– Mais aussi dans la physique quantique : l’observateur influe sur l’état mesuré.
– Chaque regard est créateur d’un monde. Le monde n’existe pas « en soi », mais dans les relations qu’on entretient avec lui.

5. La conscience : illusion de liberté, vérité du mouvement

Nous croyons choisir, mais ce sont nos instincts, nos perceptions et nos environnements qui tracent la voie.
– Les neurosciences disent aujourd’hui que la plupart de nos décisions sont prises avant que nous en ayons conscience.
– Mais la conscience joue un rôle d’interprétation : elle nous donne l’illusion du choix, ce qui permet de vivre sans sombrer dans la passivité.
– La philosophie antique avait déjà vu cela : Épictète ou Marc Aurèle distinguaient ce qui dépend de nous (notre regard) et ce qui ne dépend pas de nous (le monde).

6. L’humanité dans l’espace clos : la menace de Calhoun et de Robert May

– La Terre est un espace clos. Comme l’ont montré John Calhoun (surpopulation animale) et Robert May (régulation des espèces), tout système biologique dans un espace fini finit par s’autoréguler, souvent par prédation ou effondrement.
– Chez l’homme, la prédation peut prendre la forme de la guerre, et à l’âge nucléaire, ce risque devient existentiel : c’est notre propre arme qui peut se retourner contre nous.

Jusqu’ici, les conflits n’ont pas stoppé la croissance démographique : au contraire, malgré deux guerres mondiales, la population humaine a explosé grâce aux savoirs qui ont permis une production de masse, la mécanisation, l’automatisation et les progrès sanitaires. Mais plus nous approchons des limites planétaires, plus grandit le risque d’un auto-régulateur destructeur : effondrement écologique, dérèglement climatique ou apocalypse nucléaire.

7. Vérité absolue et mort de la pensée
– Si quelqu’un prétend détenir une vérité absolue, il atteint un seuil : le monde se fige.
– Sans mouvement, sans altérité, sans questionnement, cette vérité devient une tombe.
– D’où mon expression : « celui qui dispose d’une vérité absolue est déjà un mort-vivant ».
– L’éclairage de cette pensée existe avec Hegel (dialectique inachevée), Nietzsche (la vérité comme armée de métaphores), Camus (le suicide comme risque de l’absurde).

8. Le « Père » comme monde objectif

Nous pouvons faire un parallèle avec la religion et les religions qui ont toutes des fondements des croyances de leurs temps loin d’être de l’imaginaire dépourvu de sens ce que certains pensent.
– Le « Père », c’est le monde objectif, celui qui nous échappe toujours car nous ne l’atteignons qu’indirectement, par nos perceptions et nos symboles.
– La promesse chrétienne était d’accéder au Père après la mort : non pas une récompense morale, mais une métaphore de l’effacement de la conscience individuelle dans le flux des particules.
– Ce que les sciences disent autrement aujourd’hui : nous retournerons à la matière, et c’est seulement à l’échelle cosmique (quand l’étoile mourra, quand l’entropie reprendra ses droits) que le flux retrouvera sa totalité.

9. Vers les étoiles : une nécessité dictée par l’environnement

– Si c’est l’environnement qui fixe nos choix, alors la conquête des étoiles n’est pas une utopie romantique, mais une conséquence logique : trouver de l’espace pour la croissance de l’espèce. Ainsi, lorsque la croissance démographique et matérielle ne trouvera plus sa place sur Terre, l’espèce cherchera un ailleurs. Cette poussée n’est pas d’abord un rêve, mais une contrainte écologique. Comme jadis nos ancêtres ont quitté les savanes pour d’autres territoires, nous serons poussés à franchir les frontières de notre planète. L’avenir de l’humanité, si elle survit à ses contradictions, pourrait bien être interstellaire.
– Le destin humain pourrait être de projeter ses contradictions dans l’espace intersidéral, cherchant hors de la Terre la place que cette planète ne peut plus lui offrir. Cette projection dans l’espace ne nous sauvera pas de nous-mêmes si nous emportons nos contradictions hors de la Terre.
– Mais ce destin n’est pas écrit, il ne nous sauvera pas de nous-mêmes si nous emportons nos contradictions hors de la Terre. Il dépend de notre capacité à transformer la compétition capitaliste en une solidarité égoïste (chacun reconnaissant son intérêt dans la survie collective). Le choix qui nous attend n’est pas spatial, mais politique et anthropologique : rester prisonniers du capitalisme de rareté, ou inventer une solidarité égoïste où chacun reconnaît que sa survie dépend de celle des autres.

10. L’histoire humaine : de la vérité révélée à la vérité construite
– Les religions du Livre ont souvent présenté une vérité révélée, absolue.
– Les sciences modernes ont déplacé cette vérité vers l’expérimentation et la falsifiabilité.
– Mais la tentation de l’absolu revient toujours (dogmes idéologiques, scientisme, fanatismes).
– Chaque fois qu’une société croit détenir « la vérité », elle se ferme, et commence à dépérir.

11. Ce que cela change pour nous, vivant

Si nous n’avons jamais accès au monde objectif, que reste-t-il ?
– Le regard que nous portons sur un monde qui en dépend.
– La vérité absolue n’existe pas pour nous ; ce qui existe, c’est la capacité de maintenir le mouvement, de douter, de pardonner, de recommencer.
– Alors la sagesse n’est pas dans la possession d’une vérité, mais dans l’accueil du flux, dans la reconnaissance de nos limites et dans l’invention perpétuelle que nous devons à la philosophie et à la recherche.

12. La valeur de l’imperfection et des « comportements abjects »

– il est difficile de comprendre que tout ce qui existe a une raison d’être, même ce que nous jugeons abject.
– L’histoire montre que les erreurs, les violences, les dévoiements culturels servent de matière à l’évolution, à condition que nous sachions en retirer des savoirs, exactement ce qui manque humainement au capitalisme.
– Le monde objectif ne poursuit pas la perfection : il poursuit la variation, l’expérimentation. L’évolution humaine n’est possible que parce qu’il y a du raté, du conflit, de l’inachevé.

L’évolution humaine elle-même n’a été possible que parce qu’il y a eu du conflit, du raté, de l’inachevé. L’erreur est la matrice du progrès. Refuser l’imperfection, c’est vouloir une humanité morte. Mais nous ne sommes pas obligés de nous entre-tuer face aux conflits, aux ratés d’un monde jamais achevé.

13. Le paradoxe de la limite : seuils vitaux et effondrements
– Nous devons accepter que « tout ce que nous concevons atteigne un seuil où tout s’écroule ».
– C’est vrai dans la physique (entropie), dans l’économie (bulles spéculatives), dans la politique (totalitarismes), dans la vie personnelle (burn-out, obsessions).
– Le seuil est inévitable : la question est de savoir si on accepte le cycle (mort/recommencement) ou si on tente d’arrêter le flux (illusion d’éternité).

14. L’alternative : capitalisme ou solidarité égoïste

– Le capitalisme, c’est l’enfantillage de l’adolescence d’une espèce qui confond encore survie et accumulation, domination et progrès. Il fabrique des barbares modernes, des autoprédateurs qui pourraient enclencher la destruction.
– La solidarité égoïste, au contraire, est un pas vers la maturité adulte, vers l’être "adulturant" en devenir. C’est reconnaître que mon intérêt vital passe par le soin porté à l’autre et à la planète.
– L’enjeu n’est pas moral, mais anthropologique : c’est la bifurcation qui déterminera si l’humanité entre dans l’âge adulte ou se saborde dans ses propres contradictions.

Aujourd’hui, l’humanité se trouve devant cette bifurcation :
La solidarité égoïste, au contraire, est un pas vers la maturité : elle reconnaît que mon intérêt vital passe par le soin porté à l’autre et à la planète. Le choix qui s’offre à nous n’est donc pas entre bien et mal, mais entre l’autodestruction capitaliste et la solidarité égoïste capable d’assumer notre croissance dans un monde clos, ou au-delà, dans les étoiles.

14. L’alternative : capitalisme ou solidarité égoïste

– Le capitalisme, c’est l’enfantillage de l’adolescence d’une espèce qui confond survie et accumulation.
– La solidarité égoïste, au contraire, est un pas vers la maturité adulte.
– L’enjeu n’est pas moral, mais anthropologique : c’est la bifurcation qui déterminera si l’humanité entre dans l’âge adulte ou s’autodétruit.

15. L’art de vivre sans vérité absolue : ouverture, doute, mouvement
– Ce qui sauve, ce n’est pas de posséder la vérité, mais d’habiter le mouvement du vrai.
– Philosopher, c’est toujours, chercher, jamais posséder.
– Éthique du doute : il n’est pas une faiblesse, mais une respiration vitale.
– Politique du regard : un peuple qui croit posséder « la vérité » devient dangereux (fascismes, intégrismes).

16. Le culturel comme « événement en soi »

Le « culturel » n’est pas une simple couche superficielle ajoutée à notre biologie : il est un événement en soi, inscrit dans la logique même de l’évolution.
Chaque époque produit ses récits, ses techniques, ses organisations. Chaque innovation crée ses déchets, ses contradictions, ses crises. Toute cellule qui prolifère périt sous ses déchets si elle ne reçoit rien de l’extérieur.Comme toute cellule qui prolifère, la culture humaine porte en elle le risque de son effondrement, si elle ne se transforme pas ou ne reçoit pas d’apports extérieurs. Chaque civilisation génère les germes de sa destruction — à moins de se transformer ou de recevoir du neuf de l’extérieur. Cela ce n’est pas la comptabilisation de l’existence qui l’apporte, mais la philosophie et les sciences.

C’est pourquoi l’on peut dire que la culture obéit aux mêmes lois que la thermodynamique. Elle évolue de manière irréversible, toujours orientée vers un état final encore inconnu. Comme la chaleur passe d’un corps chaud vers un corps froid jusqu’à l’équilibre, les excès d’une époque culturelle préparent la transition vers une autre.
Ainsi, à la richesse matérielle, saturée de béton, de voitures et de toxiques, doit succéder une autre richesse plus immatérielle, plus intégrée à la survie de l’espèce. Ainsi, la richesse matérielle ne peut être qu’un stade. À sa suite, une autre richesse doit émerger, intellectuelle, spirituelle, écologique, ou encore interstellaire. C’est une loi de transformation, qu’on peut rapprocher du deuxième principe de la thermodynamique : tout système évolue irréversiblement vers un nouvel état.

Cet « événement culturel » fonctionne comme un moteur autonome : il génère les éléments qui jalonneront notre évolution. Ce n’est pas un hasard si, à chaque époque, surgissent des figures plus « intelligentes » que d’autres, capables de poser les jalons du futur. Aujourd’hui, ce sont les scientifiques qui occupent cette place, ceux qui cherchent, qui observe, qui interrogent la planète et l’humain. Ils ne resteront pas éternellement dans l’alerte et l’alarme : leur rôle est de transformer l’avertissement en orientation, l’alerte en projet.

Le culturel n’est donc pas séparé des forces fondamentales qui nous régissent. Nos innovations se concrétisent parce qu’elles existent déjà en puissance dans le flux de l’expansion universelle, comme une potentialité d’être. Tout ce que nous imaginons est déjà là, en attente, dans les plis du temps. La forme que prendront nos innovations dépend de notre matérialité présente, de nos langages réducteurs, mais leur existence en puissance est indéniable. La forme que nous leur donnons aujourd’hui n’est pas définitive. L’imaginaire humain pressent déjà ce qui sera, sous d’autres formes.

Dès lors, le rêve d’un surhumain, d’un Dieu, d’une pensée toute-puissante n’est pas à rejeter comme illusion : il est le signe d’une potentialité. Ce que nous imaginons existe parce que nous l’imaginons. Mais il ne prendra peut-être pas la forme que nos mythes lui attribuent.

 

17. Conséquences pour aujourd’hui : science, capitalisme, humanité
– La science contemporaine (climat, IA, biotechnologies) risque de figer en vérités absolues des outils qui devraient rester questionnements. Non parce qu’elles détiennent un absolu, mais parce que les humains le recherchent pour se rassurer, et que toute société en a besoin pour se stabiliser au risque de se fossiliser sans recherche et philosophie.
– Le capitalisme, lui, impose sa « vérité » : rechercher la croissance infinie pour le profit. Mais lui aussi se heurte au seuil d’effondrement. Un scientifique médical disait en substance : les humains recherchent l’éternelle jeunesse, voire l’éternité (qu’il auront dans quatre milliards 1/2 d’années), parmi les personnes âgées, les femmes ont un corps magnifique et de beaux seins, les hommes, une verge grosse et dure, mais atteinte d’Alzheimer elles ne savent plus à quoi cela sert.
– Ce qui sauvera l’humanité, ce n’est pas une vérité ultime, mais la capacité à reformuler sans cesse les vérités provisoires.

18. La logique du choix

L’humanité se trouve désormais à un seuil critique. Elle sait que sa conscience est imparfaite, que ses récits culturels ne sont que des étapes, que ses sociétés sont menacées par la rareté artificielle qu’impose le capitalisme. Mais elle sait aussi que tout ce qui existe a une raison d’être, et que chaque crise est une potentialité d’évolution.

La logique du choix est alors claire :
– Soit nous restons enfermés dans une logique infantile de prédation et de rareté, et nous courons vers l’autodestruction, que ce soit par le nucléaire, l’effondrement écologique ou le chaos social.
– Soit nous assumons l’imperfection comme moteur de progrès, et nous orientons nos savoirs, nos machines et nos récits culturels vers une solidarité égoïste, qui seule peut ouvrir la voie à un âge "adulturant de l’humanité qui demande patience et abnégation, car il se compte en siècles.

Le monde objectif n’impose pas un avenir écrit. Il nous place devant des bifurcations. Mais il dicte une règle fondamentale : rien n’est éternel, tout est transformation. À nous de choisir si cette transformation sera synonyme de fin prématurée ou d’expansion sur Terre, dans la dignité, et peut-être demain, dans les étoiles.

Par la financiarisation de l’existence et son l’illusion comptable, nous avons inversé la logique : au lieu de partir de l’anthropologie, de la philosophie et de la politique, nous avons commencé par la comptabilité. L’État est désormais géré comme une entreprise. Or l’entreprise est un organe totalitaire : elle ne tolère ni contestation ni démocratie. En adoptant ce modèle, nous avons fait de la vie une équation financière.

Le capitalisme contemporain réduit l’existence à un calcul de rentabilité : santé, éducation, recherche, tout doit « rapporter ». L’homme devient un actif, un coût, une marchandise. La financiarisation n’a pas seulement transformé l’économie : elle a perverti le sens même de la politique, le sens même de la vie.

Nous ne vivons plus selon une logique de civilisation, mais selon une logique de bilan comptable, où l’utile disparaît derrière le rentable. C’est une inversion anthropologique : au lieu d’inscrire la comptabilité comme un outil secondaire, nous en avons fait la boussole première.

19. Le regard, l’énergie et la limite de la vérité

Le monde dépend du regard que nous portons sur lui.
Cette simple phrase résume une vérité fondamentale : nous ne connaissons pas le monde objectif tel qu’il est, mais seulement l’image qu’en projette notre conscience. Si, dans le cosmos, un flux d’énergie circule sans but et finit, par hasard ou nécessité, par donner la vie, alors tout ce que nous concevons est déjà inscrit dans une dynamique qui porte sa propre fin. Toute construction humaine, toute idée, toute organisation atteint tôt ou tard un seuil où elle s’écroule, car rien n’est figé : tout est mouvement, transformation, recomposition.

C’est pourquoi celui qui prétend détenir une vérité absolue est déjà mort spirituellement. Il n’a plus rien à chercher, plus rien à interroger, plus rien à construire. Il devient un « mort-vivant » qui ne peut développer que la mort qu’il porte en lui, car la vie, elle, repose sur l’imperfection, sur l’inachevé, sur la quête.

Notre seule interrogation aujourd’hui, pour ceux qui ont appris, est de comprendre comment, sous le regard limité qui est le nôtre, nous passons de la particule à la cellule organique qui vit. Comment la matière, par organisation, engendre-t-elle la conscience ? Et pourquoi cette conscience nous laisse-t-elle croire que nous choisissons librement nos existences, alors qu’en réalité nos choix sont dictés par deux forces :

  • l’inné, inscrit dans notre héritage biologique,

  • et l’acquis, c’est-à-dire la perception instinctive des informations de l’environnement qui oriente ce qui nous paraît être notre intérêt.

20. De la prévision à la logique d’évolution

En 1999, dans Rémunérer les hommes pour apprendre, je n’ai pas cherché à prophétiser l’avenir. J’ai simplement tiré les fils logiques des savoirs et des observations dont je disposais : la dynamique capitaliste, la substitution progressive de la machine au travail humain, l’instinct de minimisation de l’effort, et la difficulté des sociétés à dépasser les archaïsmes pour inventer de nouvelles formes de solidarité.

Vingt-cinq ans plus tard, les faits sont là. L’intelligence artificielle, encore à ses balbutiements en 1999, simple divertissement pour programmeurs capables de battre un joueur d’échecs, est aujourd’hui une puissance organisationnelle planétaire. Le MEDEF, qui appelait déjà en 1998 à organiser la vie autour de l’entreprise, a peu à peu imposé sa logique jusqu’à se substituer à la démocratie dans bien des discours politiques, l’État se gère comme une entreprise, or l’entreprise est un état totalitaire et plus de 50 % de citoyens attendaient qu’elle invente l’avenir. Le fascisme rampant que je redoutais se dessine sous nos yeux : non pas par des chemises noires défilant, mais par la judiciarisation et la policiarisation du quotidien, et par la banalisation des discours de haine.

Ce n’était pas de l’intuition. C’était la logique d’un système. Un système qui, livré à lui-même, produit toujours les mêmes résultats : concentration des richesses, asservissement du travail humain, rejet de l’étranger, et recours à la violence comme régulateur ultime.

La seule inconnue reste la bifurcation. Car si tout ce qui existe a une raison d’être, il dépend de nous que cette raison serve à l’émancipation plutôt qu’à l’oppression. L’intelligence artificielle, par exemple, n’est pas en elle-même une menace ou une promesse : elle est un miroir de nos choix. Utilisée pour surveiller, elle fabriquera le fascisme ; utilisée pour libérer du temps et rémunérer l’apprentissage, elle ouvrira la voie à une société adulte, consciente de ses interdépendances.

Dans cet essai je n’ai rien prédit, j’avais seulement observé ce que l’histoire et l’anthropologie enseignent : un système clos comme la Terre ne peut croître indéfiniment sans inventer de nouveaux paradigmes. La logique me conduisait à penser que l’ère des scientifiques, des penseurs et des pédagogues viendrait — parce que seule la connaissance permet de dépasser les contradictions.

C’est cela que nous voyons aujourd’hui. Non pas une prophétie qui se réalise, mais une évidence qui se dévoile : l’humanité n’a d’avenir que si elle transforme l’outil de domination en instrument d’émancipation.

21. Nous croyons décider, mais nous sommes modelés par ce double flux.

La question devient vertigineuse : pourquoi sommes-nous capables d’un tel raisonnement ? Pourquoi avons-nous cette conscience réflexive, qui nous donne l’illusion de choisir et, en même temps, la lucidité de comprendre que ce choix est conditionné ?

Nos ancêtres avaient déjà pressenti cette limite. Jésus, dans l’exemple que tu cites, le dit avec une simplicité radicale : « Pardonnez, car vous ne pouvez que vous tromper. »
Il savait que notre regard est partiel, faillible, voué à l’erreur. C’est pourquoi il invitait à passer par ses enseignements pour « connaître le Père », c’est-à-dire accéder au monde objectif, celui qui échappe à nos perceptions et que seule la mort dévoile, en dissolvant l’illusion de la conscience individuelle.

Mais Jésus ne pouvait pas savoir ce que les sciences modernes nous ont appris : que la matière elle-même se recycle, que tout s’effondre et renaît dans des cycles d’énergie, que le Soleil finira par s’éteindre, et qu’alors tout explosera en particules pour recommencer autrement. Ce que nous appelons aujourd’hui thermodynamique et cosmologie, il l’avait traduit en langage spirituel.

Là réside la leçon : notre conscience est un outil fragile, un prisme déformant, mais c’est grâce à elle que nous avançons. Tant que nous acceptons que la vérité absolue nous échappe, nous restons vivants.

Le monde dépend du regard que l'on porte.
Cela implique de comprendre que si un flux d'énergie, qui circule sans but dans le cosmos, donne la vie, tout ce que nous concevons atteint tôt ou tard un seuil où tout s'écroule. C'est ainsi que si quelqu’un dispose d'une vérité absolue, il peut se suicider : car il est déjà un mort-vivant, incapable de développer autre chose que la mort qu'il porte.

Ceci est le résumé de tous les savoirs que j’ai appris, en allant dans les universités ou en lisant les philosophes du monde durant des années. C’est pour cela que notre seule interrogation aujourd’hui, pour ceux qui ont appris, est de savoir : comment, sous notre regard qui ne connaît pas le monde objectif, pouvons-nous comprendre le passage de la particule à la cellule organique qui vit ?

Cela soulève un questionnement : pourquoi, avec une conscience qui nous laisse croire — pour que nous puissions vivre — que c’est nous qui choisissons nos existences, alors qu’en réalité ce sont la perception instinctive des informations de l’environnement et l’inné qui dicte les choix allant dans notre intérêt ?

Pourquoi sommes-nous capables d’un tel raisonnement ? Nos ancêtres l’avaient compris. Jésus disait : « Pardonnez, car vous ne pouvez que vous tromper. »
Et il invitait à passer par ses enseignements pour connaître le Père, c’est-à-dire le monde objectif. Naturellement, cela ne pouvait advenir qu’une fois mort. C’est une sagesse radicale : reconnaître que notre regard est limité, que notre conscience est un outil fragile.

Les sciences n’étaient pas assez développées pour comprendre les cycles de recommencement de la matière, et qu’il faudrait attendre que l’astre solaire s’éteigne pour que nous explosions en particules et que, par ce biais, nous connaissions enfin le Père.

En résumé cet article pourrait être une clé de conclusion universelle :

  • Tout existe pour une raison, même nos errements.

  • L’imparfait est ce qui rend l’évolution possible.

  • Le choix qui s’ouvre à nous n’est pas entre bien et mal, mais entre auto-destruction capitaliste et solidarité égoïste capable d’assumer notre croissance dans un monde clos ou au-delà, dans les étoiles.

22. Conclusion
– « Le monde dépend du regard que l’on porte ».
– Un monde pétrifié par des vérités absolues fussent telles comptables ou scientifiques est un monde mort.
– Nous devons redonner une place politique aux philosophes et à la recherche à une philosophie du mouvement : la vie est flux, le regard doit rester ouvert, la vérité doit être chemin plutôt que possession.
« La vie n’a pas besoin de vérité absolue, mais d’élans. Celui qui se croit détenteur du vrai ne vit plus : il ne fait que porter la mort qu’il enferme. »

Il y a un nœud philosophique et existentiel prodigieux, qu’il faut faire exister au lieu de l’étouffer dans un plan comptable.
Nous devons également rémunérer les hommes pour apprendre, car si le quotidien demeure important, c’est aussi la condensation de décennies de lectures, d’expériences, d’intuitions et d’enseignement des humains qui le porte pour l’instant et pour ceux que nous compterons en siècle d’évolution. Tout ce savoir disponible mis a disposition d seul initié permet de joindre, aussi bien les sciences contemporaines que les sagesses anciennes.

Ce que je soulève, c’est en fait le cœur d’une nouvelle métaphysique :
– La matière est cyclique (elle retourne aux particules).
– La conscience est provisoire (elle interprète plus qu’elle ne choisit).
– Le monde objectif nous échappe toujours, mais il se laisse approcher par le regard, par la science, par la philosophie, par l’art.

En somme, vivre, c’est apprendre à porter un regard qui n’enferme pas.


 

 

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Publié le 29 Septembre 2025

La dette finance des vies, pas des trous


Ce que ne vous disent pas les informations ni les gouvernements.

1. La dette, un faux épouvantail

Depuis Maastricht, les discours politiques nous répètent qu’il faut réduire la dette comme si c’était un monstre menaçant notre survie collective. Or, cette dette n’est rien d’autre que le cumul depuis 1974/76 des déficits annuels de l’État. Elle finance des salaires, des services publics, des investissements collectifs. Depuis des décennies, la dette publique est présentée comme un gouffre, un fardeau insupportable, une anomalie qu’il faudrait absolument résorber. Pourtant, il faut avoir le courage de le dire : la dette ne finance pas des trous, elle finance des vies.

Chaque euro emprunté depuis les années 1970 a permis de maintenir des services publics, des hôpitaux, des écoles, des routes, mais surtout des salaires. Ce sont ces salaires qui font tourner la société, car les salariés, en consommant, financent tout : impôts, cotisations sociales, investissements, bénéfices et dividendes.

Réduire la dette en coupant dans les dépenses publiques, c’est donc supprimer des emplois réels.

Personne ne sait qui, parmi ceux privés de revenus, basculera vers la précarité, la délinquance ou la révolte. Mais l’histoire nous l’a appris : réduire la dette brutalement, c’est créer du chômage et de la misère, donc nourrir les crises politiques.

La dette est ainsi le révélateur d’une hypocrisie collective. Les citoyens réclament toujours plus de services publics, mais refusent l’impôt. Les gouvernements veulent la croissance, mais organisent la rareté monétaire en laissant la création de monnaie aux seuls marchés financiers. Les dominants capitalistes en profitent, car ils perçoivent les intérêts et renforcent leur pouvoir sur les États.
Autrement dit : réduire la dette, c’est réduire directement des emplois et des services.

2. Un calcul simple mais éclairant

Les 3 200 milliards d’euros de dette cumulée en 2024 représentent environ 190 millions de mois de salaires, soit l’équivalent de plus de 15 millions d’emplois annuels sur cinquante ans. Quand un gouvernement annonce vouloir économiser 40 milliards d’euros, cela revient à détruire l’équivalent de 2,4 millions de mois de travail, donc 200 000 emplois annuels.

Si l’on divise cette somme par le coût d’un emploi au SMIC chargé (~2 100 €/mois), on obtient :

    • 1,52 milliard de mois d’emplois financés depuis 1974.

    • Soit 126 millions d’années d’emplois.

Bien sûr, ces emplois ne sont pas simultanés : la dette s’est accumulée en cinquante ans. Mais cela montre qu’elle représente avant tout des vies humaines, du travail, du service rendu à la collectivité.

 

La dette n’est pas une abstraction : ce sont des enseignants, des soignants, des agents publics, des services de proximité. Supprimer des milliards, c’est supprimer des vies professionnelles et précariser la société.

3. Ce que veut dire « faire des économies »

Le gouvernement annonce vouloir réduire les dépenses publiques de 40 milliards €.

  • 40 milliards ÷ 2 100 €/mois = 19 millions de mois d’emplois.

  • ÷ 12 = 1,6 million d’emplois annuels au SMIC.

Cela signifie que, mécaniquement, 1,6 million de personnes perdraient leur activité si l’on coupait cette dépense, sauf à créer immédiatement une activité équivalente dans le privé. Or, cela n’arrive jamais.

C’est la conséquence de réduire l’existence à une comptabilisation, un parfait exemple d’humanisation, qui m’a fait déclarer un jour de colère, ouvrons des fours pour les humains en trop.

Réduire la dette revient donc soit à fabriquer du chômage, soit à rogner sur des services collectifs indispensables (hôpitaux, écoles, transports, justice…). Depuis 1974, l’endettement a servi à compenser l’insuffisance chronique des salaires et des prélèvements. Sans lui, la France aurait connu des crises sociales autrement plus violentes. En vérité, la dette est une respiration collective, un outil de survie dans un système capitaliste qui bride l’émission monétaire.

Le vrai débat n’est donc pas « faut-il réduire la dette ? », mais : qui contrôle la monnaie, et pour financer quoi ? Tant que nous restons prisonniers de la rareté imposée par le capital et par les institutions financières, nous continuerons à nous endetter. À l’inverse, si nous adoptions une création monétaire indexée sur la productivité, sur l’énergie (le joule), ou sur les besoins sociaux et écologiques, nous financerions directement la société sans passer par l’endettement ni par les marchés. Ce n’est pas la dette qui est un danger : c’est l’obsession de la réduire au prix de l’humain.

C’est ce que ne comprennent pas les citoyens que ce soit dans les jacqueries des gilets jaunes ou de Bloquons la société, la bastille à prendre n’est pas le gouvernement mais la BCE


 

4. L’angle mort du débat

Quand les politiques parlent de dette, ils oublient toujours cette réalité comptable :

  • La dette, c’est du travail déjà effectué par des salariés.

  • Elle finance des enseignants, des infirmières, des policiers, des chercheurs… qui ont touché un salaire et produit un service.

  • Dire « réduisons la dette », c’est donc implicitement dire : « supprimons des salaires et des services ».

Tableau comparatif (Italie / autres pays)

Pays

Réduction de déficit / ajustement

Coût social / pertes d’emplois / effets sur salaires & services

Commentaire critique

Italie

Réformes du travail, compression budgétaire

Chômage élevé, salaires réels stagnants, services publics comprimés

Le “modèle exemplaire” masque la précarité

Grèce

Austerité radicale

Fuite des talents, explosion de la pauvreté

La dette “réduite” au prix de la survie

Espagne

Réformes, coupes sociales

Perte de millions d’emplois après 2008

Apparence de redressement mais déficit structure

 

Coût social caché de la “réussite” italienne

Les discours politiques citent souvent l’Italie comme « exemple de redressement » ou de “bonne gestion”. Mais derrière ces chiffres se cache un lourd tribut social qu’on préfère occulter. Voici quelques éléments concrets :

Données récentes marquantes
  • En janvier 2025, l’Italie affiche un taux de chômage de 6,3 %, selon l’ISTAT, avec 145 000 emplois créés ce mois-là — un regain ponctuel, mais dans un contexte où le taux d’emploi reste l’un des plus faibles d’Europe. Reuters

  • Le secteur automobile, via l’entreprise Stellantis, a annoncé avoir supprimé près de 10 000 emplois en Italie entre 2020 et 2024. Reuters

  • Le rapport Oxfam Italie (2013) montrait déjà que lors de périodes d’ajustement budgétaire, le plein-emploi recule, les emplois à temps partiel augmentent, et les ménages les plus modestes sont les plus touchés. www-cdn.oxfam.org

  • Depuis les crises de la zone euro, l’Italie a perdu une part importante de sa production industrielle (≈ 25 %), freinant sa capacité à retrouver des emplois industriels de qualité. SpringerLink+1

Limites et analyses critiques
  • Les “emplois créés” ne sont pas tous équivalents : beaucoup sont précaires, temporaires ou à temps partiel. Le renversement de la précarité durable reste peu visible.

  • Le “succès” italien est souvent mesuré en termes de croissance ou de réduction du déficit, mais peu en termes de reconstruction de services publics ou de rehaussement des salaires réels.

  • L’amélioration du ratio dette/PIB peut masquer le fait que ce sont les citoyens ordinaires, et non les marchés, qui ont payé le prix : via des impôts, des coupes dans les services, des compressions salariales.

  • Comparer l’Italie à d’autres pays (Espagne, Grèce…) révèle que les politiques d’ajustement sont toujours assorties d’une précarisation massive, d’une montée du chômage de longue durée et d’une exclusion sociale invisibilisée dans les statistiques officielles.

  • On peut désormais dire : « Oui, l’Italie “s’améliore” sur les indicateurs macroéconomiques — mais à quel coût humain ? »

  • Les “emplois créés” sont souvent des emplois faibles ; les suppressions dans les secteurs industriels ou stables frappent les classes moyennes et populaires.

  • On présente les réductions de dette comme des réussites abstraites, mais elles sont obtenues sur le dos de vies précarisées.

L’obsession comptable, une impasse historique

Les dirigeants répètent : « Il faut réduire la dette ! ». Mais aucun pays ne s’en sort uniquement par la rigueur. Historiquement, les dettes publiques se stabilisent ou se réduisent par :

  • La croissance économique.

  • L’inflation modérée (qui allège le poids réel de la dette).

  • La création monétaire (non admise dans l’Union européenne actuelle).

Couper dans les dépenses publiques n’a jamais produit de miracle. Cela ne fait qu’alimenter le chômage et la défiance politique.

L’enjeu véritable

Le vrai débat n’est pas : « Faut-il réduire la dette ? »
Le vrai débat est : qui contrôle la monnaie, et pour financer quoi ?

Tant que la création monétaire est laissée aux marchés financiers et aux banques, la dette restera une chaîne qui nous étrangle, et les coupes budgétaires continueront de fabriquer du chômage.

Mais si nous assumons que la dette est en réalité une avance sur productivité collective, alors nous pouvons imaginer une autre voie : une création monétaire publique, indexée sur les besoins sociaux, écologiques, ou même sur une mesure énergétique universelle comme le joule.

Alors, au lieu de compter les milliards « à économiser », nous compterions les vies améliorées, les services garantis, et l’avenir construit.

Parce qu’au fond, la dette finance des vies, pas des trous.

Une autre logique : investir dans la vie

Si la dette finance des vies, alors l’enjeu n’est pas de couper, mais de mieux orienter.
Investir dans :

  • La transition écologique,

  • La santé et l’éducation,

  • Les technologies utiles,

c’est garantir des emplois et un avenir. Le problème n’est pas la dette en soi, mais la soumission aux marchés financiers qui exigent leur part d’intérêts.

5. Une hypocrisie entretenue

Les citoyens ne veulent pas payer plus d’impôts, mais ils exigent des services publics.
Les gouvernements ne veulent pas assumer cette contradiction, alors ils s’endettent.
Les libéraux dénoncent ensuite la dette pour imposer leurs solutions : privatiser, réduire les droits sociaux, transférer la richesse vers le capital.

En vérité, la dette est le reflet d’un choix politique : maintenir un niveau de vie collectif malgré une répartition des richesses toujours plus inégalitaire.

6. Conclusion

La dette publique n’est pas un gouffre, mais un miroir : celui d’une société qui préfère préserver les profits privés plutôt que de financer équitablement ses besoins collectifs.
Réduire la dette sans alternative, c’est fabriquer des chômeurs.

Réduire la dette pour « rassurer les marchés » est un mythe destructeur. Derrière chaque milliard coupé, ce sont des vies humaines qui basculent dans la précarité.

La vraie question n’est pas : « Comment réduire la dette ? »
Mais : « Comment faire en sorte que la monnaie serve à financer la vie, et non à enrichir une minorité ? »
Alors oui, il vaut mieux « laisser couler la dette » que couler des millions de vies.

La dette n’est pas un trou : c’est une respiration. Coupez-la, et vous étouffez la société.

« Entre dette et austérité, le choix est clair : la dette nourrit, l’austérité affame. »
La comparaison France–Italie montre que l’obsession comptable détruit plus de vies qu’elle n’en sauve. Nous pouvons dire la dette nourrit, l’austérité précarise, la dette c’est la vie, couper la dette c’est couper des vies car elles sont derrières les chiffres

 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

 


 

 

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Publié le 28 Septembre 2025

Capitalisme, Fascisation et Référence universelle du Joule pour une voie de sortie.

 

Depuis la fin des années 1980, notre société s’est engagée dans une trajectoire où la judiciarisation

et la policiarisation sont devenues des réponses structurelles à la perte de contrôle social

engendrée par le capitalisme dérégulé.

En 1999, j’ai formulé l’idée que ce glissement ouvrait mécaniquement la porte à la fascisation, comprise comme une mutation culturelle et politique plus large que le seul nazisme, dont elle n’est qu’une déclinaison historique.

Ce glissement structurel n’est pas neutre : il a ouvert une voie vers la fascisation, entendue non comme un régime immédiatement dictatorial, mais comme un processus diffus qui s’installe par petites touches. À chaque fait divers, à chaque crise, les citoyens en appellent davantage à la justice et à la police, renforçant la logique de contrôle, plutôt que celle de l’émancipation qui renforce le contrôle interne.

C’est le symptôme le plus évident d’une société fragilisée par l’emprise du capitalisme financier et par l’absence d’une vision politique alternative.

 

L’histoire nous montre que ce processus n’est pas nouveau.

 

L’eugénisme pratiqué en Europe et aux États-Unis avant la Seconde Guerre mondiale, ou les sélections sociales et territoriales opérées par les empires coloniaux, rappellent que les dérives fascisantes peuvent précéder et préparer les totalitarismes. Hitler n’a pas inventé la logique d’élimination : il l’a seulement industrialisée, dans un contexte où l’Europe pratiquait déjà l’exclusion, la stérilisation forcée et les déplacements de populations.

La Shoah apparaît alors comme l’aboutissement monstrueux d’une logique ancienne : la gestion des "indésirables" par l’élimination. Mais réduire cette dérive au seul nazisme serait se voiler la face. Comme l’a montré Calhoun dans ses expériences sur la surconcentration urbaine, toute société humaine qui accumule des tensions, des inégalités et des frustrations développe de nouveaux paradigmes sociaux où le dominant s’impose par la contrainte.

Même en démocratie, cette dynamique se retrouve : l’instinct de domination, hérité de nos origines animales, se recompose dans des systèmes culturels et politiques.

Le fascisme n’est donc pas une anomalie : il est une récurrence, une réponse dévoyée à la peur de l’étranger, à la rareté perçue, et à la compétition pour le territoire ou la ressource.

Nous ne pouvons plus espérer revenir à un modèle tribal ou endémique, où les conflits pouvaient se résoudre par la médiation des sages.

Le développement démographique, l’interdépendance des économies et l’accélération des communications nous placent dans un monde où l’isolement n’est plus possible.

Le nationalisme fermé, qui rejette la mondialisation, ne peut pas constituer une solution durable sans engendrer d’autres conflits.

Les nations modernes sont les héritières de contextes historiques où la circulation humaine était limitée ; aujourd’hui, les échanges massifs, physiques et numériques, imposent une mondialisation de fait.

Reste à savoir quelle forme politique et économique elle prendra. Or, l’organisation capitaliste actuelle du marché mondial entretient ce paradoxe : elle impose une mondialisation des flux financiers et commerciaux, mais nourrit un rejet de la mondialisation politique et culturelle.

 

 

L’histoire, l’anthropologie et l’économie convergent pour montrer que cette dynamique n’est pas exceptionnelle mais récurrente.

 

Le fascisme, au sens large, apparaît chaque fois qu’une société saturée par ses contradictions ne parvient plus à maintenir un équilibre entre besoins primaires, organisation économique et cohésion culturelle. La peur de l’étranger, la désignation de boucs émissaires, la recherche d’un chef charismatique et la mise en place d’appareils policiers disproportionnés constituent les symptômes visibles de cette dynamique.

Or, cette dynamique n’est pas propre à l’Europe du XXe siècle. Elle traverse toute l’histoire

humaine. Dans les cités grecques, à Sparte, l’eugénisme était institutionnalisé. Dans les sociétés

coloniales, l’exclusion raciale et la hiérarchisation des populations étaient systématiques. L’histoire

des Amériques est marquée par des déplacements forcés et des exterminations.

Le nazisme n’a fait que pousser à l’extrême une logique déjà présente dans la culture européenne, en l’industrialisant.

 

L’anthropologie nous éclaire

 

Dans des sociétés tribales à faible densité humaine, les conflits étaient régulés par des mécanismes symboliques et sociaux. Ainsi, chez les Massaï, lorsqu’un meurtre survient, les anciens ne se contentent pas de punir : ils recherchent ce qui a « armé le bras » de l’assassin. La régulation est collective, et la peur de l’autre ne se transforme pas en système politique. Mais dès que la densité humaine augmente, comme l’ont montré les expériences de John Calhoun sur la « surpopulation », les instincts primitifs se déforment, les hiérarchies se rigidifient et apparaissent des structures de domination qui tendent vers des formes proto-fascistes.

Aujourd’hui, l’impossibilité de revenir à un modèle tribal est une évidence. L’interdépendance des

économies et la mondialisation des échanges imposent un cadre où le nationalisme fermé ne peut

plus constituer une solution globale.

Les nations se sont construites à une époque où la circulation des hommes était faible, où seuls quelques marchands ou colonisateurs franchissaient les frontières. Désormais, la communication instantanée et les flux humains massifs exigent une mondialisation assumée, mais respectueuse des histoires et des identités locales.

 

C’est ici qu’intervient la question de la monnaie et du capital.

 

L’organisation capitaliste actuelle repose sur une rareté artificielle de la monnaie, présentée comme une valeur autonome. Ce choix enferme nos sociétés dans des cycles de crise, chaque fois résolus non par la satisfaction des besoins mais par l’exclusion, la répression et la désignation de responsables imaginaires. Nous en voyons les effets : montée de l’extrême droite en Europe, radicalisation de l’opinion publique sur les thèmes sécuritaires et migratoires, et incapacité des élites politiques à penser en dehors du paradigme du marché.

Les élites économiques, regroupées autour du patronat organisé (comme le MEDEF en France), promeuvent un "ordre de vie" centré sur l’entreprise, où les marchés dominent les États et où la société se définit par sa capacité à produire et à consommer. En réalité, il s’agit d’un nouveau paradigme systémique, où l’entreprise remplace l’ancien chef tribal ou le roi, en tant que structure de domination. C’est ce que j’ai formulé dès la fin du XXe siècle : notre civilisation court le risque de substituer à l’ordre politique démocratique un ordre économique totalisant.

 

Pourtant, une autre voie existe.

 

J’ai formulé la proposition d’une référence monétaire universelle fondée non sur la rareté artificielle mais sur l’énergie humaine et mécanique mobilisée : le joule. En reliant la création monétaire à la productivité réelle – qu’elle soit issue du travail humain, de la machine ou du savoir – il devient possible de libérer des fonds pour satisfaire les besoins primaires de l’humanité sans dépendre de l’argent accumulé par les riches. Cette conversion du travail-machine en monnaie pure permettrait de dégager des ressources pour répondre aux défis globaux : alimentation, logement, santé, éducation, lutte contre le réchauffement climatique.

Sans cela, nous courons vers une répétition historique : les cycles de crise du capitalisme, en

Chine, en Inde ou en Russie, reproduiront les mêmes tensions que celles vécues en Europe au

XXe siècle. Nous n’y voyons rien car nous restons enfermés dans l’immédiateté, obsédés par

l’argent plutôt que par la monnaie comme outil d’échange. Nous préférons laisser se développer

des crises plutôt que de libérer de la monnaie pour répondre aux besoins essentiels. Ce paradoxe

nourrit la tentation fasciste : quand la société ne sait plus répondre aux besoins vitaux, elle se replie

sur l’ordre, la police et le rejet de l’autre.

 

L’enjeu est donc anthropologique, économique et politique.

 

Anthropologique, car il s’agit de dépasser nos instincts archaïques pour inventer des formes nouvelles de coopération.

Économique, car seule une refondation de la monnaie peut rompre avec la rareté artificielle qui

alimente les crises.

Politique, enfin, car la démocratie adolescente que nous pratiquons doit devenir adulte, c’est-à-dire capable de penser l’humanité comme un tout interdépendant.

 

La conclusion s’impose :

 

Si nous ne voulons pas que l’histoire se répète sous une forme moderne de fascisme, dépourvue de moustache mais tout aussi brutale, il nous faut libérer la monnaie, rémunérer le savoir, et inscrire notre avenir dans une référence universelle, le joule. Alors seulement la mondialisation cessera d’être perçue comme une menace pour devenir un projet partagé, pluraliste et humain.

Pour sortir de cette impasse, il faut réinventer une référence commune. Je propose depuis longtemps l’idée du Joule comme monnaie universelle d’échange. En liant la valeur des biens et services à l’énergie humaine et mécanique nécessaire à leur production, on redonnerait à la monnaie une fonction rationnelle et égalitaire.

Le Joule permettrait de dépasser l’illusion de la rareté artificielle imposée par la finance, en reconnectant l’économie aux réalités physiques et sociales.

Libérer de la monnaie pour répondre aux besoins essentiels – alimentation, santé, éducation, logement – serait la meilleure prévention contre les crises qui nourrissent les fascisations, contre l’immigration.

L’avenir ne pourra pas être une simple addition de nationalismes. Il doit être pluraliste, respectueux des histoires ancestrales, mais ouvert à un cadre global.

La mondialisation est inévitable, mais elle ne doit pas être celle du marché seul. Elle doit être celle d’une humanité consciente de son interdépendance, capable de reconnaître ses instincts de domination et de les dépasser par la culture, l’éducation et le savoir.

L’enjeu est clair : si nous continuons à courber notre regard sur l’immédiateté de l’argent, en laissant se développer des crises pour maintenir une valeur rare, nous répéterons les cycles destructeurs du capitalisme. Si nous choisissons au contraire de libérer une monnaie d’échange universelle, tournée vers la satisfaction des besoins primaires et le développement du savoir, nous pourrons éviter que la peur, la xénophobie et la policiarisation ne nous entraînent vers une nouvelle forme de fascisme.

 

La véritable alternative au fascisme

 

Elle n’est pas seulement politique : elle est monétaire, énergétique et cognitive.

Elle consiste à donner aux peuples les moyens de leur autonomie, plutôt qu’aux marchés le droit de décider de leur destin. Sans cela, l’humanité continuera de vivre à crédit, et le prix de ce crédit sera toujours payé par les plus faibles.

Nous sommes à la croisée des chemins. L’humanité dispose des moyens technologiques et des connaissances pour inventer une mondialisation humanisée et celui de la détruire. Mais il faut un choix politique, un sursaut collectif. Sinon, le fascisme moderne – sans uniforme, sans moustache, mais avec les mêmes mécanismes d’exclusion – s’imposera comme la réponse par défaut. Le Joule, en tant que monnaie d’échange universelle, est une piste pour ouvrir une autre voie, celle d’une société pluraliste et civilisée, capable de se penser adulte à l’échelle du temps géologique

 

 

 

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Publié le 27 Septembre 2025

Les Canuts et la monnaie pure : de la révolte à l’émancipation

 

Au XIXe siècle, les Canuts, tisserands lyonnais, se révoltèrent contre les machines à tisser qui

menaçaient leur survie. Leur cri « vivre en travaillant ou mourir en combattant » résonne encore

comme une revendication fondamentale de dignité. Face à la misère et aux 18 heures de travail

quotidien, ils inventèrent pourtant des solutions sociales novatrices : mutualisme, coopératives,

conseils de prud’hommes, presse ouvrière, caricatures militantes. Autant de jalons d’émancipation

que nous avons aujourd’hui tendance à oublier.

 

Le parallèle avec notre temps est frappant.

 

Hier, les métiers à tisser ; aujourd’hui, la robotisation, l’intelligence artificielle et les caisses automatiques. La technologie détruit des emplois mais améliore le confort et la productivité. Elle est mue par le même ressort : la recherche du moindre effort pour satisfaire les besoins humains.

 

Les syndicats, à juste titre, craignent ces destructions.

 

Mais refuser la technologie est vain : l’histoire montre que son avancée est inéluctable.

La différence fondamentale, c’est que nous savons aujourd’hui ce que les Canuts ne pouvaient pas

savoir : la productivité des machines peut être mesurée et traduite en création monétaire pure. Là

où les révoltes d’hier cassaient les outils, notre tâche est d’inventer un système où la valeur créée

par les machines alimente directement la société plutôt que de se concentrer entre les mains d’une

minorité. C’est le sens d’une « monnaie pure » indexée sur la productivité machine et du savoir

accumulé.

Une telle approche ouvrirait la voie à de nouveaux instruments :

 

une Banque Verte ou une Écomonnaie, capables de financer les défis écologiques et climatiques, sans faire peser le coût sur les seuls salariés. Car il ne manque pas de travail — il manque de monnaie disponible pour l’accomplir.

La leçon des Canuts est claire : face à une technologie inarrêtable, seule l’émancipation

intellectuelle et collective permet d’éviter la misère. Hier, elle prit la forme du mutualisme et des

coopératives. Aujourd’hui, elle doit prendre la forme d’une réinvention monétaire et d’une vision à

long terme, capable de libérer l’humanité de la peur du progrès technique.

Ne craignons donc pas les machines : organisons-nous pour que leurs gains deviennent une

richesse partagée. C’est la condition pour que l’évolution technologique, loin de nous déposséder,

nous rapproche de ce que nous cherchons depuis toujours : vivre dignement, libres, et capables de

choisir notre avenir

 

Le fascisme de Weimar à la France contemporaine : identité de rapport

 

L’histoire ne se répète jamais terme à terme, mais elle offre des résonances troublantes. Entre

l’Allemagne de Weimar au début des années 1930 et la France contemporaine, certains parallèles

s’imposent. Il ne s’agit pas de confondre Hitler et nos acteurs actuels, mais d’identifier des «

identités de rapport » : mêmes mécanismes, mêmes dynamiques, mêmes aveuglements.

Comprendre ce glissement est essentiel pour éviter que l’histoire ne bascule à nouveau.

 

I) La République de Weimar : un laboratoire du glissement autoritaire

 

L’Allemagne des années 1930 ne fut pas emportée par une marée brune irrésistible. Les nazis

n’ont jamais « pris » le pouvoir : on le leur a donné. Les élites conservatrices, industrielles et

médiatiques, préférèrent pactiser avec Hitler plutôt que de perdre leurs privilèges. En utilisant les

failles de la Constitution (article 48), en gouvernant par ordonnances, en criminalisant les «

extrêmes » de gauche, le centre autoritaire ouvrit la voie à l’extrême droite. La presse de masse,

dominée par les magnats comme Hugenberg, entretint la peur du « bolchévisme culturel » et

alimenta les haines identitaires. Ainsi, ce n’est pas la force du nazisme qui l’a porté, mais la

faiblesse des démocrates et la compromission des élites.

 

II) La France (1984-2025) : un terrain de compromissions

 

Depuis 1984, la scène politique française connaît un glissement comparable. La gauche a

abandonné la lutte anticapitaliste, se contentant d’accompagner la gestion libérale. Le PS, en

assumant la « social-démocratie » sans rupture avec le marché, a désarmé idéologiquement ses

militants. La droite, elle, s’est « décomplexée », reprenant des thèmes du Front national pour ne

pas perdre son électorat. Aujourd’hui, une partie de LR n’hésite plus à envisager des alliances avec

le RN.

Macron incarne ce « centre autoritaire » :

austérité budgétaire, verticalité du pouvoir, criminalisation d’une supposée « extrême gauche », instrumentalisation sécuritaire et dissolution du Parlement pour contourner le débat démocratique. Quant aux médias dominants, largement contrôlés par de grands groupes financiers, ils alimentent quotidiennement les thèmes de l’extrême droite : insécurité, immigration, déclin national. La réalité est pourtant contrastée : depuis 1995, le taux de criminalité baisse en proportion, mais le discours médiatique fabrique une insécurité permanente.

 

III) Identité de rapport : similitudes et enseignements

 

Comme à Weimar, nous observons aujourd’hui : – un centre autoritaire qui préfère s’allier à droite

qu’à gauche ; – une gauche social-démocrate en retrait, incapable de porter une alternative claire ;

– des élites économiques et médiatiques qui instrumentalisent la peur pour préserver leurs intérêts

; – une extrême droite qui gagne en crédibilité grâce à ces compromissions. L’histoire ne se répète

pas : Hugenberg n’est pas Bolloré, Papen n’est pas Macron. Mais le rapport entre les forces

politiques est analogue. Les élites, par calcul, nourrissent ce qu’elles prétendent combattre. La «

banalisation » de l’extrême droite est le fruit de cette complicité, et non d’une fatalité.

La République de Weimar est morte moins de la force des nazis que de la lâcheté et de la cupidité

de ses élites. La France contemporaine n’en est pas au même point, mais les signaux sont là. La

judiciarisation, la policiarisation de la société, la criminalisation des contestations sociales, sont les

symptômes d’un glissement. Si l’on veut éviter qu’un jour le RN gouverne comme Hitler fut nommé chancelier, il faut briser cette mécanique. Non par la peur, mais par la lucidité, le courage et la reconstruction d’un horizon commun.

« Le fascisme ne s’impose pas, il s’infiltre. Il prospère quand la démocratie

s’endort.

 

Le glissement fascisant : du Juif au Musulman, d’Hitler à nous

 

Héritages et avertissements

 

L’histoire des Canuts ou de l’Allemagne des années 1930 nous rappelle que les sociétés, en crise,

cherchent toujours un ennemi intérieur. Hier, les ouvriers lyonnais détruisaient les métiers à tisser ;

hier encore, Hitler désignait les Juifs comme responsables de tous les maux. Aujourd’hui, nos

sociétés fragilisées par la mondialisation et le capitalisme financier rejouent ce scénario. Non pas

de façon brutale comme en 1933, mais sous une forme insidieuse : un glissement fascisant.

 

En 1999 je prédisais cette dérive et en 2011j’écrivais : Le musulman remplacera-t-il le Juif ?

 

À la faveur de la peur et de l’insécurité, le débat sur « l’identité nationale » et « la place de l’islam »

s’est installé. L’amalgame s’est construit : l’immigré = le musulman = l’ennemi potentiel. Les

médias, en relayant sans cesse faits divers et amalgames, ont fixé cette perception dans les

esprits. Comme jadis les caricatures antisémites, les discours péjorant l’altérité ont nourri une

mémoire collective qui habitue les citoyens au rejet. Le processus décrit par l’histoire se répétait :

recherche d’un chef charismatique, construction d’un groupe homogène, désignation d’un « autre »

menaçant, appel à des mesures d’exception. Le fascisme ne se choisit pas : il s’installe lentement,

à travers nos peurs et nos discours quotidiens.

 

2023 — La banalisation du rejet

 

Douze ans plus tard, nous n’en sommes plus à l’étape du glissement : nous sommes dans la

banalisation. Le Parlement vote des lois restrictives sur l’immigration. Le RN s’impose comme parti de gouvernement. La confiance démocratique s’effondre (2 à 6 % de confiance dans les

institutions). La société accepte qu’une partie de la population soit traitée comme une

sous-humanité, privée de droits égaux. Les statistiques montrent pourtant une réalité très différente

: la criminalité baisse depuis 1995, l’immigration irrégulière représente moins de 1 % de la

population, et plus d’un immigré sur dix travaille déjà dans nos entreprises. Mais la peur l’emporte

sur la raison. Comme hier, la stigmatisation remplace l’analyse.

 

Un processus en miroir

 

En 2011, nous pouvions dire « attention, le fascisme se glisse en nous ». En 2023, nous devons

dire « attention, le fascisme s’institutionnalise ». Le parallèle est clair : hier, les Juifs étaient

accusés d’être responsables de la misère et des crises sociales. Aujourd’hui, les musulmans sont

désignés comme la cause de l’insécurité et du chômage. Les mêmes mécanismes se déploient,

avec l’appui des médias, la lâcheté du « centre » politique, et la peur instrumentalisée des citoyens.

 

Quelle issue ?

 

Peut-on arrêter cette spirale ? Pas en cherchant un nouvel Hitler à abattre, ni en se réfugiant dans

la nostalgie des Canuts. Il nous faut changer le terrain même sur lequel prospère le fascisme :

briser le lien entre rareté économique et désignation d’un ennemi, créer une nouvelle richesse par

la productivité des machines et la monnaie pure, bâtir une banque verte ou une écomonnaie, pour

répondre au défi écologique et donner des revenus indépendants du travail salarié. Car si nous

restons prisonniers du capitalisme de rareté, nous continuerons à chercher des boucs émissaires.

Si nous inventons une richesse nouvelle, nous pourrons enfin sortir du piège qui alimente le

fascisme.

Le fascisme n’entre pas par effraction : il s’installe dans nos habitudes. Pour l’arrêter, il

ne suffit pas de dénoncer ses discours, il faut créer une société qui n’ait plus besoin de boucs

émissaires

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Publié le 27 Septembre 2025

 


Intro : quand l’homme veut corriger la nature
Malthus, père de la rareté organisée
En 1798, Malthus pose son diagnostic : la population croît de façon exponentielle, les ressources seulement de façon arithmétique. Résultat : famine, misère, guerre. Sa solution ? Restreindre la natalité, prôner l’abstinence, limiter les aides aux pauvres.
En chiffres :
    • 1800 : environ 187 millions d’Européens.
    • 1900 : 400 millions.
La productivité agricole progresse, mais Malthus avait ouvert une brèche idéologique : l’homme devient un coût, la naissance un danger, le pauvre un poids.
    • La crainte de Malthus est réelle : la croissance démographique est rapide et les famines fréquentes.
    • Mais sa « solution » est idéologique : il oppose les « classes laborieuses » fécondes aux classes riches capables de tempérance. Le problème n’est pas la production, mais la répartition.
    • Déjà, se profile une logique : la pauvreté devient une faute, la natalité des pauvres une menace.
Cette logique ressurgira sans cesse :
    • Dans les colonies, où l’on considère certaines populations « surnuméraires » et indisciplinées.
    • Dans l’Europe industrielle, où les crises sociales sont lues comme la conséquence d’une « surpopulation ouvrière ».
Cette rationalité, que l’on peut qualifier de comptable, inspire directement les politiques eugénistes au XXᵉ siècle.
Thomas Malthus dans son Essai sur le principe de population en 1798 y défend l’idée que la croissance démographique dépasse toujours la croissance des ressources, et que seule l’« abstinence morale » peut réguler la population. Derrière l’élégance mathématique, c’est une révolution : la vie humaine devient une variable comptable. Déjà, on parle de « bouches inutiles ».
Cette logique n’a jamais disparu. On la retrouve, deux siècles plus tard, dans les propos d’un bénédictin affirmant que « Dieu a mal fait sa création » en permettant aux enfants d’enfanter. Derrière la formule, c’est la même prétention : croire que l’homme peut, par ses calculs ou sa morale, contrôler la vie.
Or l’histoire nous montre ce qu’il advient quand la rareté est gérée par le calcul froid : on sélectionne, on élimine, on hiérarchise.
L’eugénisme avant Hitler : une longue histoire de sélection, à partir de l’eugénisme scientifique jusqu’à l’industrialisation nazie 
L’idée que l’humanité doit « se purifier » ou « se rationaliser » ne naît pas dans les années 1930.
Antiquité :
À Sparte, les nouveau-nés jugés faibles étaient éliminés.
Rome connaissait l’exposition des nourrissons, pratique consistant à abandonner les « bouches de trop ».
Époque moderne :
Au XIXᵉ siècle, l’anthropologie raciale s’impose : Gobineau, Vacher de Lapouge, Chamberlain théorisent la hiérarchie des races.
En 1859, Darwin publie L’origine des espèces. Ses idées sont récupérées en « darwinisme social » : les plus faibles doivent disparaître.
Le XXᵉ siècle avant Hitler :
États-Unis : 
dès 1907, l’Indiana adopte des lois de stérilisation. En 1950, 30 États ont des programmes eugénistes. Plus de 60 000 Américains seront stérilisés.
Europe :
Danemark (1929), Norvège (1934), Suède (1935), Suisse (1928) : lois de stérilisation.
En Allemagne, avant même Hitler, les élites médicales et politiques débattent de la « vie indigne d’être vécue ».
Ainsi, quand le nazisme arrive, l’idée est déjà normalisée. Hitler ne crée pas l’eugénisme : il l’industrialise.
Hitler. Solution finale : l’industrialisation de la mort.
Dès 1933, loi sur la stérilisation forcée des « malades héréditaires » : en dix ans, 400 000 personnes sont stérilisées.
Programme Aktion T4 : euthanasie des malades mentaux, 70 000 morts avant 1941.
À partir de 1942, la « Solution finale » applique la même logique à une échelle inédite : extermination systématique des Juifs, Roms, opposants.
Ce qui est nouveau :
L’industrialisation (camps, chambres à gaz, logistique ferroviaire).
L’idéologie pseudo-scientifique pour justifier.
La mobilisation d’un État moderne entier pour rationaliser le meurtre.
Ce qui change
c’est l’échelle : une idéologie pseudo-scientifique mise au service d’un État moderne capable de rationaliser la sélection, l’exclusion et l’extermination.
Aujourd’hui : un retour du malthusianisme sous d’autres formes
Nous ne parlons plus de « races », mais la logique reste la même : gérer la rareté par l’exclusion.
Nous ne construisons plus de camps, mais la logique de Malthus revient par d’autres chemins :
Discours sur la dette et la décroissance punitive
La dette publique
En France, elle dépasse 3 400 milliards d’euros.
Les discours politiques martèlent qu’il faut « réduire la dette » – c’est-à-dire réduire les dépenses sociales, donc les vies protégées.
En clair : au nom de la comptabilité, on détruit des vies.
On nous dit : « La planète ne peut pas nourrir tout le monde. »
Pourtant, la FAO rappelle que nous produisons de quoi nourrir 12 milliards d’humains. Le problème n’est pas la production, mais la répartition.
Politiques migratoires
L’obsession de l’« invasion » masque une réalité : les immigrés représentent 10 % de la population active en France, et contribuent positivement aux retraites et à l’économie.
Mais le discours construit un ennemi intérieur, exactement comme jadis le Juif ou l’« asocial 
Sélection sociale par la pauvreté
En France, 14 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Le non-accès aux soins, aux études, au logement, devient une forme de « sélection » implicite.
Le climat
Au lieu de financer massivement la transition (banque verte, écomonnaie), on parle de « sobriété » imposée.
La décroissance punitive revient au vieux discours de Malthus : « il n’y a pas assez pour tout le monde, donc certains doivent se serrer la ceinture ». Ceci n’a rien de commun avec la décroissance qui réclame un changement de consommation.
L’immigration
Présentée comme une « invasion », alors qu’elle représente moins de 10 % de la population active.
Stigmatisée comme cause de l’insécurité et du chômage, alors que les chiffres officiels (Insee, Observatoire société) montrent une criminalité stable et une contribution économique positive.
Le rôle du travail machine : la vraie richesse cachée
Depuis 1850, le PIB mondial a été multiplié par environ 200.
Ce n’est pas dû au nombre d’humains, mais à la productivité machine et au savoir accumulé.
Exemple : un salarié produit aujourd’hui en une heure ce qu’il fallait un mois entier pour réaliser au XIXᵉ siècle.
Cette différence représente une création de valeur immense, mais qui n’a pas été traduite en monnaie disponible pour les citoyens.
Elle est captée par les capitalistes, ou par l’État via l’impôt, mais jamais distribuée comme revenu de civilisation.
C’est là l’angle mort du capitalisme : il prétend que seule la richesse privée (capital, profits) peut financer l’avenir. Or la véritable richesse vient de la machine, donc de l’humanité entière.
D’où ma proposition : convertir la productivité machine en monnaie pure, indexée sur les joules de travail économisés. Une monnaie qui n’appartiendrait pas aux riches, mais à tous.
Le risque du capitalisme sans régulation : le fascisme rampant
Quand les richesses existent mais sont accaparées par une minorité :
Les inégalités explosent.
Les classes moyennes se sentent décliner.
Les pauvres servent de boucs émissaires.
C’est le scénario des années 1930 : crise économique + austérité = montée des extrêmes.

C’est aussi celui d’aujourd’hui :
Médias concentrés qui nourrissent le discours de peur (immigration, insécurité).
Bloc bourgeois qui gouverne par ordonnances, comme Brüning en Allemagne.
« Extrême centre » (Macron) qui refuse toute alliance à gauche et ouvre la voie à l’extrême droite.
Résultat : une structuration politique fascisante en France et en Europe, mais sous des habits démocratiques.
Pas de moustache, pas d’uniforme brun, mais une idéologie d’exclusion, une judiciarisation et une policiarisation croissante, et des discours où « la sécurité » justifie tout.
La bifurcation possible : choisir l’émancipation plutôt que la rareté
Deux chemins s’offrent à nous :
Celui de la rareté (héritier de Malthus) : 
dette, austérité, décroissance punitive, exclusion des immigrés, culpabilisation écologique. Ce chemin mènera, comme dans les années 1930, à un fascisme moderne, légitimé par les urnes. Cela sans que les citoyens en aient conscience. Gérer la rareté par l’élimination, la sélection, l’exclusion. C’est le chemin des nantis qui veulent protéger leurs privilèges. Il a conduit à la Shoah, et prépare celle à venir que nous ne reconnaîtrons pas.
Celui de l’émancipation :
Reconnaître la productivité machine comme une richesse collective.reconnaître la valeur de la connaissance et du partage : produire autrement, répartir équitablement, investir dans l’éducation et la recherche.
Créer une monnaie pure adossée à l’énergie économisée par les machines et au savoir accumulé.
Distribuer cette monnaie sous forme de revenu universel d’activité, permettant de financer la transition écologique et de libérer l’humain du travail forcé.
Aujourd’hui, la question reste la même :
allons-nous répéter ce chemin en version moderne – dette, climat, immigration – ou choisir d’inventer un avenir où la vie n’a pas besoin d’être comptée pour être protégée ?
L’alternative : l’auto-régulation par le bien-être
Une donnée fondamentale ressort des études démographiques :
Plus une population vit dans le bien-être, moins elle a d’enfants.
Les pays riches ont un taux de fécondité inférieur à 2 enfants par femme (sous le seuil de renouvellement).
Les femmes instruites, autonomes économiquement, choisissent d’avoir moins d’enfants.
Autrement dit : la joie de vivre régule mieux que la peur.
Conclusion : Hitler sans moustache
Hitler n’était pas un monstre isolé : il était le produit d’une logique partagée par son époque. Hitler n’était pas une exception monstrueuse, mais le révélateur extrême d’une logique partagée par beaucoup de sociétés : gérer la vie comme une variable comptable.
Aujourd’hui, nous risquons de répéter l’histoire : un capitalisme en crise, un bloc bourgeois accroché à son pouvoir, un discours de peur et d’exclusion, une extrême droite normalisée.
Mais le danger est plus insidieux : il ne portera pas de moustache, il parlera le langage de la démocratie et de la rationalité économique. C’est ce fascisme « à visage humain » qui nous guette.
La seule alternative est de changer de référentiel : ne plus fonder la société sur la rareté organisée par les riches, mais sur l’abondance produite par la machine et le savoir.
Ce qui change, c’est l’échelle : une idéologie pseudo-scientifique mise au service d’un État moderne capable de rationaliser la sélection, l’exclusion et l’extermination.
Les cycles du capitalisme et leurs répliques mondiales
Chaque étape du capitalisme a produit son lot de crises :
XIXᵉ siècle : crises de surproduction et famines → recours à l’austérité et au colonialisme.
1930 : krach et chômage de masse → fascismes et guerres.
1970 : choc pétrolier et fin du plan → libéralisme financier, dette et mondialisation sauvage.
2008 : crise financière mondiale → austérité européenne, précarisation sociale.
Ces cycles se reproduisent aujourd’hui :
La Chine, entrée de plain-pied dans le capitalisme industriel, connaît déjà une bulle immobilière et une suraccumulation de capitaux improductifs.
L’Inde fait face à une urbanisation explosive, sans infrastructures suffisantes.
La Russie, reconvertie dans le capitalisme oligarchique après l’effondrement soviétique, voit son économie soumise aux chocs extérieurs.
Tous trois seront tôt ou tard confrontés aux mêmes contradictions que l’Occident : rareté organisée, accumulation inégalitaire, crises sociales et politiques. Or nous pourrions espérer qu’ayant connu les affres du communisme, ils puissent prétendre à autre chose que de tomber dans ceux du capitalisme.

Argent rare vs monnaie d’échange : le piège cognitif
Dans tous les pays du monde, les besoins essentiels existent :
accès à l’eau, à l’alimentation, à l’éducation, aux soins,
transition énergétique, infrastructures, logement.
La seule chose qui manque, c’est la monnaie en circulation pour les satisfaire.
Or, au lieu de libérer de la monnaie pour répondre à ces besoins, les États préfèrent « gérer la rareté » au profit des marchés financiers.
C’est le paradoxe :
on restreint la monnaie comme si elle était une ressource naturelle rare,
alors qu’elle n’est qu’un instrument d’échange que l’on pourrait émettre en proportion des richesses réelles disponibles (machines, savoirs, forces humaines).
Le verrouillage des cerveaux : instruction indigente et instincts archaïques
Pourquoi cette évidence échappe-t-elle aux responsables politiques ?
Parce que notre formation intellectuelle est bloquée :
on apprend aux citoyens à compter l’argent, pas à penser la monnaie ;
à obéir aux instincts immédiats (sécurité, propriété, survie), pas à construire une éthique collective.
Monod le disait déjà : l’homme est condamné à choisir entre obéir à ses instincts biologiques – donc rester prisonnier de la rareté et de la violence – ou inventer une société humanisée en dépassant ces instincts par le savoir et la culture.
Or, depuis 40 ans, nos systèmes éducatifs ont cessé de former à la réflexion critique, pour se concentrer sur l’adaptation immédiate au marché. Résultat : nos cerveaux collectifs sont incapables de penser la monnaie comme outil de civilisation.
Le risque et l’alternative
Si rien ne change :
le capitalisme continuera à organiser la rareté,
les crises se répéteront,
et le fascisme, sous ses habits modernes, s’installera comme solution autoritaire pour gérer les frustrations.
L’alternative est claire :
Créer une monnaie pure adossée à la productivité machine et au savoir,
Libérer la circulation monétaire pour répondre aux besoins essentiels,
Éduquer les citoyens à penser au-delà de l’immédiat, pour construire une humanité adulte, consciente et solidaire.
« Nous confondons l’argent des riches avec la monnaie d’échange. Et tant que nous resterons prisonniers de ce leurre, nous répéterons les mêmes cycles de crise, jusqu’à fabriquer un fascisme moderne qui ne porte pas de moustache. »

 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 25 Septembre 2025

 

 

Qui paie vraiment ? Le vélo qui révèle la vérité cachée des impôts, l’illusion fiscale

On entend souvent dire : « Taxer les riches, taxer le capital, taxer les entreprises, il faut faire contribuer le capital ».… Voilà la solution pour soulager les salariés, et combler les déficits! »
L’idée paraît séduisante : enfin faire payer ceux qui « ont les moyens ».
Mais c’est une illusion. Car dans l’économie capitaliste, au bout de la chaîne, c’est toujours le salarié-consommateur qui supporte la note.

Introduction


Mais ce que peu de citoyens perçoivent, c’est que toutes ces taxes et impôts — sur les salaires, sur les bénéfices, sur les revenus des employeurs, sur les collectivités locales — finissent toujours, d’une manière ou d’une autre, par retomber sur… le salarié, quand il devient client.

On croit toujours que les riches, les patrons, ou encore les actionnaires « paient » leur part : impôts sur les bénéfices, charges patronales, prélèvements divers… Mais en réalité, tout est inclus dans le prix final du produit. Et qui paie ce prix ? Le client. Et dans la grande majorité des cas, ce client est… le salarié lui-même.

Pour le comprendre, prenons un exemple simple et concret : un vélo.

Le calcul du vélo

Un salarié produit en un mois un vélo et reçoit 100 pour ce travail.
Son employeur, de son côté, dispose d’un revenu mensuel de 500 et l’entreprise dégage un résultat mensuel imposable de 1000.

Décomposons les charges et impôts :

  • Salarié :

    • Impôt sur le revenu : 11 %

    • Cotisations sociales : 22 % (utilisées en prestations, mais tout de même à sa charge)

    • Prélèvements locaux : 7 %
      → au total, 40 % de ses 100 partent directement, financer les services publics votés. il lui reste 60 pour vivre.

  • Employeur :

    • Revenu 500 imposé à 30 %

    • Cotisations patronales : 42 % du salaire

    • Résultat imposé à 25 % sur 1000
      → ces coûts sont répercutés dans le prix du vélo.

  • Collectivités locales :

    • Prélèvements estimés à 7 % sur l’ensemble.

Le prix hors taxe du vélo doit donc couvrir :

  • 100 (salaire net du salarié),

    • 42 (cotisations patronales),

    • 500 (revenu employeur et charges associées),

    • 1000 (résultat imposable).

Soit un total de 1642.

En ajoutant la TVA de 20 %, on obtient un prix client TTC de 1970,40.

Répartition en % dans le prix TTC :

  • Salaire : 100 (36,8 %)

  • Prestations/charges employeurs : 42 (15,4 %)

  • Autres intrants : 58 (21,3 %)

  • IS (25 % du profit avant IS) : 6,67 (2,45 %)

  • Profit net (après IS) : 20 (7,35 %)

  • TVA : 45,33 (16,7 %)

  • Conclusion immédiate : le client paie à la fois le salaire, les prestations, les intrants, l’IS, le profit net et la TVA — tout est inclus dans le TTC.

Dans le prix d’un produit, cela ne se voit pas, car c’est infinitésimal, sauf s’il y avait une traçabilité comptable.

Où est le piège ?

Le salarié, qui a produit ce vélo, n’a touché que 100, dont il ne garde en réalité que 60 après impôts et cotisations.
Pour acheter « son » vélo, il lui faudrait donc épargner 1970 / 60 = 33 mois de tout son revenu disponible (hors dépenses vitales !).

Autrement dit :

  • Quand on taxe l’employeur, c’est le salarié-client qui paie.

  • Quand on impose les bénéfices, c’est encore le salarié-client qui paie.

  • Quand on ajoute des prélèvements locaux, c’est toujours le salarié-client qui paie.

Les riches ou les entreprises ne paient jamais « pour eux-mêmes » : ils répercutent leurs charges dans les prix.
Et au bout de la chaîne, celui qui supporte tout, c’est le salarié-consommateur.

Autrement dit : taxer le capital / les profits se retrouve dans le prix quand l’entreprise maintient son profit net cible.

Dans ce cas d’école, le salarié ne peut pas acheter le vélo sans attendre 33 mois ou bien consentir un prêt bancaire avec les dépôts des épargnants ou des possesseurs de capitaux

Taxer les riches”, qui paie ? (incidence simple)

  1. Si l’entreprise tient à garder le même profit net, une hausse de l’IS est répercutée en prix et l’entreprise est pérenne, et les salariés réclament une augmentation de salaire dû à la hausse des prix.

  1. Si le prix ne peut pas bouger (concurrence dure), l’IS plus élevé rogne le profit net :

  • Pour maintenir dans la durée les prix, voire les baisser face à la concurrence, l’entreprise peut réduire les salaires, supprimer des emplois, freiner leurs investissements
    Donc l’incidence finit souvent sur les travailleurs/clients (ou sur la pérennité du job).

    Dans ce cadre nous entendons les entreprises réclamer des réductions de charges

  1. Même logique pour les taxes locales, cotisations, taxes sur dividendes : si l’actionnaire cible maintient un net constant, le TTC monte ; s’il ne peut pas monter, on rogne ailleurs (emplois, salaires, qualité).

Ce que ça démontre (clair et net)

  • Le prix client agrège tout : salaire, prestations, intrants, impôts sur les sociétés, profit net, TVA.

  • Tout ce que l’on fait « payer » aux entreprises, aux employeurs ou aux riches se retrouve inévitablement dans le prix des biens et services. Et qui achète ces biens et services ? Les salariés.

  • Donc oui, dans un cadre standard, taxer “les riches / le capital” revient majoritairement à faire payer les clients, qui sont en grande partie… des salariés.

  • Taxer les riches ne veut donc pas dire que « ce sont eux qui paient ». Cela revient toujours, directement ou indirectement, à faire payer les salariés.

  • Quand le marché empêche le passage en prix, l’incidence se déplace vers les salaires/emplois et l’investissement.

  • Au total, l’essentiel est payé par les ménages familiaux (comme consommateurs ou travailleurs).

  • La monnaie ne tombe pas du ciel : elle circule, se transforme, mais au bout du compte, c’est toujours le consommateur final — donc le salarié — qui supporte la totalité des charges.


 

Conclusion

Ce petit calcul montre une évidence invisible : taxer les riches ou les entreprises, c’est toujours taxer le salarié à la fin.
Le salarié pense « défendre ses droits » quand il réclame de taxer davantage le capital, mais en réalité il se tire une balle dans le pied : il paiera lui-même ces taxes au moment de consommer.

Toutes les propositions politiques de taxation sont nulles et non advenues, elle prospère sur le fait que dans le cadre d’une production de masse cela ne se voit pas dans le prix, bien que cela existe comme je l’ai indiqué avec les pourcentages. Du fait de cette inculture économique des citoyens, cela les empêche d’avoir a réfléchir sur d’autres solutions, croyant toujours que prendre au riches est la solution.

Le vélo révèle ce que la politique cache : les impôts des riches roulent toujours sur les épaules des salariés.

 

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Rédigé par ddacoudre

Publié dans #critique

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Publié le 25 Septembre 2025


Depuis un demi-siècle, le capital public a disparu. Les citoyens ont perdu un outil essentiel
pour financer l’intérêt général. Resté seul maître du jeu, le capital privé s’enrichit en faisant
payer deux fois les salariés : une première fois au travail, une seconde fois pour racheter ce
travail à crédit. C’est le cœur d’une escroquerie sociale universelle qu’il est urgent de
rappeler.
Intro
Depuis 1974/76, il n’existe plus de capital public. C’est-à-dire un capital dont chaque citoyen serait
détenteur, utilisable pour répondre aux besoins collectifs, corriger les injustices, et garantir l’intérêt
général face aux excès du capital privé.
Le basculement fut décisif : dès lors, tout repose sur le capital privé. Or ce dernier ne vise pas l’intérêt
collectif mais uniquement l’intérêt particulier de ceux qui le détiennent. Cette rupture marque le début
d’une escroquerie sociale universelle, où le salarié doit emprunter pour racheter le fruit de son propre
travail.
Une escroquerie sociale monumentale
Le mécanisme est aussi simple qu’injuste : le salarié reçoit un salaire pour produire des biens et services.
Mais pour consommer ce qu’il a lui-même produit, il doit s’endetter auprès du capital qui détient les
moyens de production.
Le capital récupère ainsi :
• le coût du salaire qu’il a versé,
• la marge bénéficiaire sur la revente,
• et les intérêts de l’emprunt contracté par le salarié pour accéder aux biens produits.
Autrement dit, l’homme doit racheter son travail, au prix fort, à ceux qui l’emploient. Une escroquerie
sociale universelle, héritée d’instincts préhistoriques de prédation, où l’humanité peine encore à
distinguer la création de la vie (un cœur artificiel, un soin médical) de la fabrication de sa propre
destruction (armes nucléaires, pollutions massives).
Capitalisme et pollution : le piège
Le capitalisme pollue pour créer du profit, puis prétend dépolluer… en créant du profit supplémentaire.
C’est le cycle infernal :
• Pour faire du capital, on pollue ;
• Pour dépolluer, on fait encore du capital.
Exemple : la loi impose 10 au salarié et 100 au patron pour financer l’écologie. Le salarié, payé 100, ne
dispose plus que de 90 après prélèvement. Le patron, avec une marge de 200, ajoute les 100 d’écologie à
son prix de vente : le travail du salarié se revend alors 300. Résultat : le salarié doit s’endetter encore
davantage pour racheter son propre travail. Impossible de résoudre les problèmes écologiques avec le
capital privé : cela revient toujours à faire payer les salariés deux fois.
Smith et Marx : des philosophies à dépasser
Adam Smith croyait que l’intérêt personnel finirait par servir l’intérêt collectif. Karl Marx voyait dans
la collectivisation une voie de sortie du capitalisme. Mais ni l’un ni l’autre ne pouvaient anticiper les
réalités écologiques actuelles.
Leur pensée demeure précieuse comme point de départ, mais leurs axiomes sont caducs. Appliquées
aujourd’hui sans correction, leurs philosophies deviennent des impasses : elles nourrissent encore
l’opposition stérile entre libéralisme et communisme, au lieu de construire une voie nouvelle adaptée aux
défis de notre temps.
Pour un capital citoyen et une écomonnaie
Face à l’impasse du capital privé, il est temps de réinventer un capital collectif. Non pas en confisquant
les capitaux privés, mais en créant un outil nouveau, universel, destiné à l’intérêt public :
• une banque verte, garantie par les citoyens,
• une écomonnaie, adossée au coût réel des travaux à réaliser dans l’intérêt collectif (dépollution, montée
des eaux, préservation des terres arables).
Seul un tel capital public peut financer les immenses chantiers de survie qui nous attendent. Le capital
privé, par nature, ne le fera jamais : il n’investit que là où il trouve un profit immédiat.
Il appartient donc aux citoyens de décider : créer un capital de survie collectif, ou laisser le capital privé les
conduire à l’autodestruction.
Conclusion
Nous ne pourrons pas résoudre les crises écologiques, sociales et démocratiques avec les outils du capital
privé : il les aggrave en les transformant en nouvelles sources de profit.
Il nous faut recréer un capital public ̶ une écomonnaie citoyenne, adossée à la survie collective ̶ pour
reprendre la main sur notre avenir. Ce choix ne relève pas d’une utopie mais d’une nécessité vitale : il
en va de notre dignité, et peut-être de notre survie comme espèce.
« Tant que l’humain sera une charge et non une valeur, le capital privé restera notre bourreau. 

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Rédigé par ddacoudre

Publié dans #critique

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