Publié le 22 Janvier 2026

2.1) La peine mise en récit : quand l’archaïsme devient cosmologie

Ce que nous venons de décrire prend une puissance particulière dès qu’on regarde l’histoire longue : la pénibilité n’a jamais été seulement matérielle. Elle a toujours été mise en récit pour devenir légitime, parfois même sacrée. On peut relire une grande part de l’histoire humaine comme une longue naturalisation de la peine.

Chez les Sumériens déjà, l’Épopée d’Atrahasis raconte que les dieux mineurs se révoltent parce qu’ils sont épuisés à creuser les canaux et à entretenir la terre pour les grands dieux. La solution n’est pas d’abolir la pénibilité. Elle est de créer l’homme pour la porter à leur place. L’humanité naît littéralement comme force de travail substitutive. Le récit fonde l’idée que certains existent pour peiner afin que d’autres puissent gouverner. La peine devient une fonction cosmique.

La Bible reprend ce schéma sous une autre forme. Dans la Genèse, le travail pénible apparaît comme une conséquence de la chute :
« Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front. »
La peine n’est plus seulement une nécessité matérielle : elle devient une condition morale. Travailler durement, souffrir, c’est expier. L’ordre social peut alors s’appuyer sur un fond théologique : si tu peines, ce n’est pas seulement parce que le monde est dur, c’est parce qu’il doit être ainsi, et que ta peine a un sens.

Chez les Grecs, la division devient plus explicite encore. Le citoyen libre est celui qui ne travaille pas de ses mains. La pénibilité est l’affaire des esclaves et des métèques. Le loisir (scholè) devient la condition de la pensée, de la politique, de la philosophie. La cité repose sur une masse de corps qui peinent pour que quelques-uns puissent gouverner et réfléchir. La fatigue devient un marqueur de place : celui qui s’épuise n’est pas fait pour décider.

Le servage médiéval prolonge cette logique en la stabilisant dans une trinité sociale presque parfaite : ceux qui prient, ceux qui combattent, ceux qui travaillent, comme quoi se stratifier en classe n'est une modernité

Les trois fonctions se veulent complémentaires, mais une seule est pénible au quotidien, et surtout : elle est continue, sans sortie, sans évolution sociale possible.
Le paysan n’est pas seulement “celui qui fait”, il est “celui qui peine”
, ce n’est pas une situation transitoire, c’est une condition. On ne travaille pas pour en sortir : on y naît, on y demeure, on y meurt. Ce n’est plus une situation, c’est une identité. Et lorsque l’identité est ainsi fixée, l’ordre cesse d’être contesté : il devient naturel. Lorsque cette condition est sacralisée, l’ordre cesse d’être contesté : il devient naturel.
Le système des castes en Inde en est l’exemple le plus abouti. La pénibilité y devient une essence.
On ne fait pas un travail inférieur : on
est inférieur par nature. Ce que l’histoire européenne a produit par la tradition, l’Inde l’a inscrit dans une cosmologie. Dans les deux cas, la même opération est à l’œuvre : transformer une organisation de la peine en vérité du monde. Ainsi, ce qui est décrit n’est ni occidental, ni moderne, ni accidentel.
C’est une
dynamique anthropologique universelle : lorsque la pénibilité se fige, elle devient destin.


 

Puis nous trouvons l’esclavage moderne, où la peine devient pure extraction d’énergie de l'autre sans compensation. Le corps de l’autre est réduit à une machine biologique. Sa fatigue ne compte pas : elle est la condition même du profit. Ici, la pénibilité se sépare totalement de la reconnaissance : plus tu souffres, moins tu existes symboliquement.

De la mythologie aux théologies, des cités aux empires, la civilisation n’a pas seulement utilisé la peine : elle l’a justifiée. Elle a appris à faire de l’épuisement une place, parfois même une vertu. L’archaïsme biologique est devenu cosmologie, puis morale, puis évidence.

2.2) De la plèbe aux classes : quand la pénibilité devient lisible

Jusqu’aux manufactures, la hiérarchie existe déjà, mais elle reste diffuse. Dans la plèbe elle-même, on trouve des distinctions : maître artisan, compagnon, manœuvre ; petit propriétaire, fermier, journalier. Tous travaillent, mais tous ne travaillent pas avec la même proximité au contrôle. Tous travaillent, mais tous ne sont pas placés à la même place hiérarchique des lieux où se décident les règles, les rythmes et les bénéfices. Certains sont proches de ce qui organise le travail, d’autres n’ont accès qu’à l’effort lui-même. Les uns organisent, arbitrent, orientent. Les autres exécutent ce qui a été décidé sans eux.

Apparaît donc que la hiérarchie ne tient pas d’abord à la quantité d’effort, mais à la position dans l’architecture sociale : être près de ce qui décide, ou n’avoir pour soi que sa fatigue.

Celui qui possède l’outil, l’atelier ou la terre décide. Celui qui ne possède que ses bras exécute.

C’est cette hétérogénéité qui formera le tiers état sous la royauté : un ensemble où se côtoient déjà des dominants relatifs et des dominés internes, mais encore confondus dans une même catégorie politique. Un même « peuple », mais déjà stratifié par la proximité aux passages vitaux : certains organisent, d’autres portent.

Il faudra attendre les manufactures, puis l’industrialisation, pour que cette structure se distingue et se nomme avec l’apparition des syndicats. Là, la pénibilité cesse d’être seulement vécue : elle devient visible comme fonction sociale distincte. Ce n’est plus « le monde est dur ». C’est : « certains portent le dur pour que d’autres organisent ». Les classes apparaissent.

L’exemple des Canuts est une charnière anthropologique. Ils sont souvent présentés comme la première révolte du « travail ouvrier ». Mais ce sont d’abord des artisans. Des travailleurs porteurs d’un savoir, d’une autonomie, d’une dignité propre. La technologie vient bouleverser leur monde en les rapprochant de la condition manœuvrière : le geste maîtrisé devient geste subordonné, et la survie dépend désormais d’un système abstrait.

Leur révolte est celle d’un monde qui meurt au moment même où la modernité promet, à terme, de réduire la pénibilité. Mais le cerveau archaïque ne calcule pas « à terme ». Il calcule « maintenant ». Il préfère un monde dur mais connu, où l’on sait comment survivre, à un monde technique qui déplace les rapports de force et rend la place incertaine. comprendre et tenir compte de cela est primordial, et n'est pas encore un réflexe naturel des humains.

et nous allons mettre en mots une vérité anthropologique d’une grande dureté : ce que nous appelons « résistance au changement » n’est pas d’abord idéologique, elle est biologique. C’est le cerveau archaïque qui parle. Il ne choisit pas entre bon et mauvais. Il choisit entre connu et inconnu. Et il préfère presque toujours ce qui fait souffrir mais qui tient, à ce qui pourrait libérer mais dont il ne connaît pas encore les contours. c'est ce que font les publicités, elles répètent sans cesse, pour devenir réflexe, comme le font des judokas et autres sportifs pour ancrer des réflexes de combinaisons.

Ce réflexe est universel.
C’est exactement celui que l’on entend aujourd’hui face à l’IA : « Elle va supprimer des emplois. » la résistance s'exprime, car derrière il n'y a rein pour rassurer le reptilien.

Et c’est exactement celui que beaucoup de lecteur auront face au Modèle Joule. Non pas parce qu’ils aiment le travail pénible. Mais parce que, pour le reptilien, ce travail est devenu un point fixe : il est ce qui prouve que l’on existe, ce qui donne une place, ce qui permet de dire je suis quelqu’un.
Quitter cela, même pour mieux, c’est risquer le vide.
car le reptilien ne peut pas enregistrer ce qui n'est pas dans son environnement ou ce qui c'est intégré par traumatisme ou répétition.

Le reptilien ne calcule pas en termes d’« évolution culturelle ». Il ne comprend pas « adulescence collective ». Il comprend seulement : « Est-ce que je vais encore manger demain ? » « Est-ce que je vais encore être reconnu ? » « Est-ce que je vais encore compter pour quelqu’un ? »

C’est pourquoi ne propose pas d'imposer brutalement la sortie du monde du travail central, par le modèle Joule. Le cerveau archaïque se cabrerait, il résisterait, il s’accrocherait, il défendrait même ce qui le détruit, parce que c’est ce qu’il connaît. le modèle joule il ne le connaîtra pas même si on le lit. seul le temps peut lui ouvrir les esprits et il y a que deux manières d’apprendre : soit nous transformons consciemment l’environnement dans lequel nos cerveaux archaïques calculent, soit nous laissons la surenchère continuer jusqu’à ce que la compréhension arrive par la brûlure.

c'est à dire soit par la connaissance, ou par la catastrophe.

L’armement nucléaire est précisément ce seuil tragique : une pédagogie par l’irréversible.

Le Modèle Joule ne promet pas que l’humanité deviendra sage. Il tente seulement de rendre possible une autre voie que celle où le reptilien ne comprend qu’au moment où les radiations touchent déjà la peau. Il ne demande pas aux humains d’être meilleurs. Il cherche à créer un monde où être archaïque cesse d’être mortel. Ce n’est pas un projet moral. C’est un projet de survie consciente, issus de la centralité du travail et du sens que donne la pénibilité, c'est à dire la recherche de nature de l'économie d'énergie, dont la concordance a développé des tyrans, des rois des empereurs, des rentiers et des milliardaires.


 

Ce réflexe est universel. C’est exactement celui que l’on entend aujourd’hui face à l’IA :
« Elle va supprimer des emplois. » c'est exactement celui que nous pensons qui sera des travailleurs face au modèle Joule. Le reptilien aura peur de quitter ce qui tient même s'il en souffre, s'il s'en plaint, pour ce qui pourrait être meilleur, si on ne le lui impose pas. Or nous n'imposons rien et laissons le choix qu'il propose entre évoluer vers l'adultescence du passage au monde adulte culturel, ou attendre l'usage de l'armement nucléaire qu'il ne comprendra que quand ses rayons rependus d'en l'environnement le toucheront.
Comme si la disparition d’un poste de travail était en soi une catastrophe anthropologique.

mais dans un monde où la seule valeur reconnue est le travail, oui perdre son travail, c’est perdre son droit d’exister. La société ne possède pas d’autre langage de la dignité. Elle est donc incapable de voir dans la réduction de la pénibilité une libération : elle n’y voit qu’une menace.

C’est en cela que, dans le Modèle Joule, la rémunération des humains pour apprendre possède une double fonction décisive : instruire, et donner un revenu indépendant du travail pénible.

Sans cette dissociation, toute avancée technique est vécue comme une attaque contre l’existence elle-même, et non comme ce qu’elle pourrait être : une sortie progressive de l’usure comme condition de la dignité.

2.3) Syndicats, socialisme et hiérarchies internes : quand la peine devient comptabilité

Avec l’industrialisation, les syndicats et le socialisme rendent enfin la structure lisible : il y a ceux qui vendent leur force de travail, et ceux qui possèdent les moyens de production. Politiquement le même découpage de classe s'installe et le 28 février 1848 la création de la commission du gouvernement pour les travailleurs, dite commission du Luxembourg, première administration du travail en France. Puis en 1878, se constitue en parti, la Fédération du parti des travailleurs socialistes de France (FPTSF).

La Charte d’Amiens l’énonce sans détour : la classe ouvrière se reconnaît comme telle parce que l’appropriation devient visible. La pénibilité cesse d’être seulement un destin individuel ; elle devient un fait collectif, politique, nommé.

Mais une autre dynamique se met aussitôt en place, plus discrète, plus durable :
à l’intérieur même du monde du travail, la hiérarchie renaît. la convention « convention d’Arras » en 1891 et le premier pas. Il faut attendre les grandes grèves du Front populaire et la loi du 24 juin 1936 pour qu’elles puissent être étendues, supprimées en 1941. Elles sont rétablies en décembre 1946 et 1950,

Les conventions collectives protègent et classent,de longue pratique de l’arbitrage et de la conciliation des conflits collectifs.
Les grilles salariales organisent une échelle : du manœuvre à l’agent de maîtrise, de l’ouvrier spécialisé au cadre.

Et une logique étrange s’installe.

Celui qui est au plus près du corps, de la poussière, du bruit, du port de charge, de la répétition, le manœuvre, l’OS, est celui qui reçoit le moins, le moins rémunéré.

Celui qui est éloigné de la pénibilité, qui écrit, organise, contrôle, planifie,
est mieux reconnu, mieux payé, mieux considéré.

La hiérarchie ancienne se recompose sous des formes modernes.

Dans la langue des ateliers, une idéologie implicite s’installe : le pénible est « simple », l’administratif est « complice », l’agent de maîtrise est « capot », le cadre est « au-dessus ».

Et la pénibilité devient une preuve morale : « Tu souffres, donc tu mérites. »

Mais le réel dit exactement l’inverse : plus tu souffres, moins tu reçois.

C’est une inversion anthropologique majeure, et même la nov langue qui fait de la femme de ménage une technicienne de surface, n'a augmenté que le leurre de la considération.
Dans un monde cohérent, celui qui dépense le plus d’énergie devrait être celui qui reçoit le plus pour reconstituer sa réserve.
Or la société industrielle organise une hémorragie énergétique chez ceux qui tiennent physiquement la production.

Ce renversement est si profond qu’il devient invisible, par l’acceptation de tous où depuis des sicles la pénibilité en silence sous classe, de deux manières par la déconsidération et un moindre salaire.

Fait révélateur : le mouvement ouvrier lui-même devient parfois acteur du maintien des emplois les plus pénibles, sous-payés, au nom même de leur existence. Dans les entreprises, on réclame des primes de pénibilité. On ne demande pas la disparition de la peine ; on négocie son prix. On organise l’usure.

Le politique, lui, qui a toujours intégrer cette logique séculaire, la poursuit jusque dans le temps de la vie.
Il crée des carrières longues, des départs anticipés, des métiers « usants ». Ce qu'il faut entendre derrière ces mots, c’est que le politique ne supprime pas la pénibilité : il l’intègre dans l’architecture du système, comme une fatalité gérable, il attend que s'exprime la contestation.

Lorsqu’un État crée : des carrières longues, des départs anticipés, des catégories de métiers dits « usants » ou « pénibles »,

il reconnaît implicitement trois choses très fortes : Certains travaux détruisent les corps plus vite que d’autres, cette destruction est considérée comme « normale » dans l’ordre social, la réponse n’est pas de faire disparaître ces travaux, mais d’en organiser la compensation tardive.

Autrement dit, la société dit en creux : « Oui, nous savons que certains métiers usent prématurément les humains, nous savons qu’ils raccourcissent la vie, nous savons qu’ils abîment les corps.

Mais nous continuons à les faire exister tels quels, en échange, nous promettons une sortie plus tôt… si vous tenez jusque-là. »

C’est une forme d’aveu silencieux : la pénibilité est devenue une variable de gestion de la mortalité.

On ne remet pas en cause la structure qui produit ces métiers, on n’interroge pas leur nécessité à l’ère technique, on ne se demande pas : « Pourquoi des humains doivent-ils encore porter cela ? »

On aménage simplement la trajectoire de ceux qui vont s’user : pour avoir travaillé plus tôt, pour s'être usé, tu partiras plus tôt, tu mourras souvent plus tôt.

La pénibilité n’est plus un accident du système, elle est intégrée comme une donnée comptable de la vie humaine.

C’est ce que ce passage veut montrer : le politique ne supprime pas l’usure, il en organise la gestion dans le temps.
Comme si la société reconnaissait à demi-mot ceci : certains corps sont sacrifiés plus vite que d’autres.

Une vieille formule du mouvement ouvrier le disait déjà, crûment : « Vous avez mis la retraite à 65 ans parce que vous saviez qu’un an après, la plupart mourraient. »

La pénibilité n’est plus seulement une condition de travail. Elle est intégrée dans l’architecture même de la mort.

Et pendant que l’on parle de justice sociale, un autre langage s’impose : celui du marché. On le présente comme une loi naturelle, neutre, presque scientifique. Mais ce que l’on nomme « loi du marché » n’est rien d’autre qu’un rapport de force hérité de cette histoire de la peine.

On a dit : liberté d’entreprendre.
Mais ce que l’on voit, y compris aujourd’hui avec le retour brutal de figures comme Trump, c’est que cette loi n’est jamais qu’une capacité à imposer ses conditions à ceux qui n’ont que leur corps à engager.

Le marché n’abolit pas la hiérarchie de la pénibilité, il la modernise, il la rend abstraite, l la rend mondiale.

Ce que l’histoire industrielle révèle, ce n’est pas seulement l’exploitation, de l'homme par l'homme, c’est la transformation de la peine en unité de compte.
La souffrance devient mesurable, l’usure devient négociable, la vie devient variable d’ajustement.

La pénibilité n’est plus seulement ce que l’on endure, elle devient ce par quoi on est situé.

2.4) La mère au foyer : pièce énergétique cachée de l’usine

Cette inversion, brûler plus d’énergie pour recevoir moins, n’a pas seulement produit des classes. Elle a engendré une architecture sociale entière.

Pour que le travailleur industriel puisse simplement tenir, il a fallu qu’une autre énergie vienne compenser ce que le système lui retirait. Cette énergie fut celle de la femme au foyer.

La « mère au foyer » n’est pas un simple modèle culturel, ni une tradition sentimentale. Elle est une pièce structurelle du système énergétique du travail industriel, dans la longue durée de son histoire.
Elle cuisine ce que le salaire ne permet pas d’acheter préparé.
Elle entretient ce que le temps de travail empêche de réparer.
Elle élève, soigne, organise.
Elle soutient psychiquement un corps et un esprit usés par la chaîne, l’atelier, le chantier.

Autrement dit : le salaire ouvrier ne suffit pas à reconstituer l’énergie qu’il détruit.
Il faut une énergie gratuite en amont : celle du travail domestique invisible.

Le mythe de la mère au foyer « naturelle » masque une réalité plus brute : le système productif externalise une part essentielle de la reproduction humaine sur un travail non payé, non reconnu, tenu pour normal.

L’ouvrier s’use à la production, la femme s’use à la réparation de l’ouvrier.

Et ni l’un ni l’autre ne voient cette chaîne comme un dispositif énergétique global, parce qu’elle est recouverte de morale, de tradition, de rôles dits « naturels ».

Le Modèle Joule rend visible ce que l’économie classique dissimule : le monde moderne repose sur une double extraction : l’énergie du travailleur, sous-payée ; l’énergie domestique, non payée.

La pénibilité n’est pas seulement dans l’usine, elle est un principe d’organisation global de la vie humaine. Tu enfanteras dans la douleur, métaphoriquement là commence l'usure de la mère au foyer.

Quand un couple dispose de revenus suffisants, il paie ce que la mère au foyer assumait autrefois : ménage, repas, garde des enfants. On parlait jadis de « bonne ». Aujourd’hui, ce sont des services.

Mais lorsque ces mêmes tâches sont accomplies par la mère au foyer, nous trouvons normal qu’elles ne produisent aucun revenu.

Ainsi, un célibataire peut vivre correctement avec 2 000 €.
S’il se marie et que le couple ne dispose que de 2 000 € pour deux, chacun tombe dans une forme de pauvreté relative.

Ce n’est pas un paradoxe moral, c’est la preuve que le travail domestique est économiquement réel mais symboliquement annulé.

La société moderne fonctionne comme si une part essentielle de l’énergie humaine devait rester hors valeur.
C’est sur cette invisibilité que reposent encore aujourd’hui : la sous-rémunération du travail pénible, l’inégalité salariale entre les sexes, et la difficulté chronique à reconnaître les métiers du soin, du lien, de la présence.

2.5) La pénibilité, le sexe et la fable morale du monde moderne

Ce que l’époque contemporaine nomme « patriarcat » est souvent raconté comme une faute morale : l’effet d’une volonté historique des hommes de maintenir les femmes dans l’ignorance et la dépendance.

Ce récit est confortable, il désigne un coupable simple, il transforme une structure en intention.
Il permet de croire que l’injustice naît d’un mauvais esprit plutôt que d’un monde matériel soumis à la rareté.

Mais il est faux par insuffisance, même si, bien sûr, des hommes ont abusé de cette situation, l’ont intégrée dès l’enfance comme naturelle, et l’ont inscrite dans les lois de leur temps comme le code civil de 1804 avant d'être patiemment réformé par mes luttes des femmes.

Les sociétés anciennes n’ont pas pensé la femme comme incapable d’apprendre par simple misogynie. La preuve est massive : dans toutes les civilisations, on trouve des femmes instruites, célébrées, initiées, prêtresses, prophétesses, savantes, reines, stratèges, poétesses. Elles existent dans les mythes, dans les archives, dans les lignées de pouvoir. Les religions elles-mêmes consacrent des figures féminines de savoir et de médiation.

Ce que ces sociétés n’ont pas fait, ce n’est pas reconnaître l’intelligence des femmes.
Ce qu’elles n’ont pas fait, c’est organiser massivement leur présence dans les fonctions exposées à la pénibilité vitale du travail rémunéré qui apportait la considération sociale. car les femmes ont toujours travaillées souvent doublement aux champs, au coté de leur époux et comme mère.

Dans les royaumes constitués, il n’y a pas de femmes soldats.
Dans les grandes invasions, où la force brute décide, il n’y en a pas davantage.
Dans les métiers de la forge, de la charpente, de la taille de pierre, de la guerre, de la chasse lourde, elles sont absentes.

Non par mépris intellectuel, mais parce que ces activités sont conçues comme des prolongements directs de la lutte par la force que donne la puissance masculine de nature contre un monde hostile, où la force brute est vitale. Elles sont pensées comme des combats contre la matière, le froid, la mort, l’ennemi. Elles mobilisent un imaginaire de l’exposition, du risque, de la destruction possible du corps.

Dans un univers dominé par la rareté, où chaque perte menace l’équilibre du groupe, la répartition des rôles se fait d’abord selon une logique de survie collective.

Ce n’est pas la femme que l’on exclut. C’est la fonction pénible que l’on protège comme zone vitale, tout en la déclassant socialement.

Même la biologie raconte cette histoire. Des travaux en archéologie montrent qu’au paléolithique, les os des femmes étaient plus robustes que ceux des femmes actuelles. Ce n’est pas un mystère moral. C’est la trace d’un monde où les corps féminins étaient soumis à une charge physique bien plus lourde.

L’effort entretient une structure.
La modernité technologique en exige moins.

La direction assistée, les leviers mécaniques, les systèmes hydrauliques, l’ergonomie, l’exosquelette demain : tout cela déplace la pénibilité hors du corps. Aujourd’hui, une femme conduit un trente-cinq tonnes sans difficulté particulière, alors qu’il y a quelques décennies un jeune homme peinait à tourner le volant d’un camion militaire sans assistance.

Ce n’est pas le corps féminin qui a changé, c'est le monde qui l'entoure, et permet de nouvelles exigences féminines.

La barrière n’était pas cognitive, elle était énergétique.

La véritable révolution, celle que la fable morale refuse de regarder, est là : l’émancipation massive des femmes ne naît pas d’abord d’un éveil éthique, mais d’un basculement matériel. La pénibilité cesse d’être le cœur de la production. Lorsque la survie ne dépend plus directement de corps exposés à la pénibilité qui épuise, lorsque l’effort est médié par la machine, lorsque le travail devient organisation plutôt que combat, la frontière s’effondre.

Ce n’est pas la conscience qui libère en premier, ce sont les conditions de la vie qui changent.

2.6) 1974 : quand la biologie devient comptabilité — l’inégalité comme double peine

Dans les années 1970, lorsque l’égalité salariale devient un enjeu politique explicite, la discussion ne se déroule pas dans un monde vierge. Elle se heurte à une structure déjà vieille de siècles : celle d’une économie où le corps est la première unité de compte.

En 1974, lors de négociations sur l’amélioration des conditions de travail des femmes et sur l’égalité des salaires, le patronat ne se présentait pas comme une misogynie incarnée. Il ne disait pas : « Les femmes valent moins. » Il disait : « Elles coûtent plus. »

Et il s’appuyait, pour cela, sur les propres revendications syndicales.

Pauses pour les femmes enceintes.
Temps de repos pour les menstruations douloureuses.
Journées d’absence pour soigner un enfant malade, sans perte de rémunération.

Tout ce qui était demandé au nom de la protection devenait, dans leur logique, une preuve comptable d’« inégalité fonctionnelle ». Ce qui relevait de la condition biologique était transformé en charge économique. La fragilité devenait un coût. Le soin devenait une anomalie productive.

La pénibilité ne concernait plus seulement le geste. Elle devenait celle du corps lui-même.

Ainsi, l’inégalité biologique était punie deux fois : une première fois par la perte directe de revenu liée à l’absence, une seconde fois par un salaire structurellement inférieur, justifié par l’anticipation de ces absences.

Ce mécanisme ne relevait pas d’une haine des femmes.
Il relevait d’une logique énergétique froide : dans un monde organisé autour du rendement, et tout ce qui interrompt le flux est dévalué.

Ce qui frappe, c’est que cette logique traverse les sexes. Aujourd’hui, des femmes dirigeantes perpétuent ces inégalités au nom des mêmes impératifs : compétitivité, rentabilité, pression des actionnaires. La structure survit à la morale. Changer les personnes ne change pas le système.

Le politique lui-même en porte la trace. Les gouvernants se plaignent de l’absentéisme féminin, notamment dans la fonction publique, enseignement, hôpitaux, services sociaux, comme s’il s’agissait d’une anomalie à corriger. Ils oublient que ces secteurs concentrent précisément les métiers du soin, du lien, de la présence humaine : des fonctions où l’humain reste indispensable parce qu’elles ne se réduisent pas à un flux productif.

On vote des lois pour que les hommes assument eux aussi des responsabilités familiales.
On crée des congés parentaux.
On autorise qu’un couple maintienne au foyer celui dont le revenu est le plus faible.

Mais ces dispositifs viennent s’inscrire dans un monde où la hiérarchie salariale existe déjà. Ils n’abolissent pas la structure : ils la redistribuent marginalement.

Car le problème n’est pas l’injustice morale d’un sexe contre l’autre.
Le problème est qu’une société continue de mesurer la valeur humaine à partir de la disponibilité corporelle.

Dans un tel monde : celui qui tombe malade vaut moins, celle qui enfante vaut moins, celui qui soigne vaut moins, celle qui interrompt vaut moins.

Nous continuons de punir ce qui interrompt le flux. Nous continuons de hiérarchiser selon la disponibilité corporelle. Nous continuons de traduire la vie en coût.

Et nous nous étonnons que les inégalités renaissent.

Ce n’est pas la morale qu’il faut corriger. C’est l’unité de mesure du monde. c'est le plan comptable où l'humain s'inscrit dans le compte 66 comme une charges.

2.7) Sortir de l’équation archaïque : souffrir n’est pas valoir

Tout ce chapitre converge vers un point unique : tant que la valeur restera indexée sur la pénibilité silencieuse, le monde social sera condamné à reproduire des hiérarchies, à fabriquer des suspects, à punir les fragilités, à sanctifier l’usure.

Le travail restera la condition d’existence. La souffrance restera la preuve d’appartenance. La technique restera vécue comme une menace. Le Modèle Joule ne promet pas une égalité incantatoire. Il propose de sortir enfin d’une équation archaïque : ce qui coûte au corps vaut moins.

Il déplace la valeur vers ce qui est réellement rare et commun à tous : l’énergie humaine elle-même —
qu’elle s’exprime par un geste, par un soin, par un apprentissage, ou par la simple capacité de tenir vivant un autre être.

Dans un tel monde, la fragilité ne devient plus une faute, l’interruption ne devient plus une dette, la réduction de la pénibilité ne devient plus une menace.

La puissance technique cesse d’être vécue comme un danger pour l’existence elle redevient ce qu’elle aurait dû être depuis le début : un moyen de réduire la peine, au lieu de faire de la peine un devoir, et un devoir d’enrichissement pour d’autres.

Ce n’est qu’à ce prix que l’égalité cesse d’être un combat moral sans fin pour devenir une conséquence structurelle d’un monde enfin cohérent avec ce qu’il est devenu.

conclusion

Aujourd’hui, chacun est obligé de racheter sa propre existence.

Le salaire n’est pas un socle, c’est un ticket d’entrée.
Il faut d’abord se vendre comme travailleur, puis redevenir client pour manger, se loger, se chauffer, se soigner.
On travaille pour obtenir un salaire, et ce salaire sert aussitôt à redevenir consommateur de ce que l’on a soi-même produit augmenté du revenu de l’employeur et de l’accroissement du capital.
Sans cette ponction structurelle, il n’y aurait pas de milliardaires.
Autrement dit : on est d’abord recherché comme producteur, pour avoir ensuite le droit d’exister comme client, consommateur de ses propres productions et fabricant de la richesse de ceux qui nous emploient.
Le monde salarial fonctionne ainsi : depuis 1804, tu dois d’abord prouver ton utilité pour entrer dans le circuit, puis payer pour avoir le droit d’y rester.
Tu ne vis pas parce que tu existes ; tu existes parce que tu es solvable.
La négociation se fait alors sous contrainte vitale.
Ce n’est pas : « Qu’est-ce que je peux apporter ? » C’est : « Qu’est-ce que j’accepte de subir pour ne pas disparaître du jeu ? »

À partir de là, l’introduction du Modèle Joule devient limpide : Dans le Modèle Joule, ce point de départ change. Le revenu n’est plus la récompense d’un poste occupé, mais de l'énergie qui va falloir pour le remplir. ce revenu n’est plus le prix à payer pour rester client du monde.
Il devient un revenu d’existence active : sans avoir a le racheter dans le prix client. le salarié devenu partenaire n’as plus à acheter son droit de vivre en se vendant comme force de travail. il l'a possède de nature et personne ne peut la lui prendre.

Il n’est plus contraint d’entrer dans n’importe quel emploi pour manger, il n’est plus sommé d’accepter n’importe quelle pénibilité pour rester solvable, il n’est plus d’abord un client sous pression, pour le bénéfice de quelque uns.
Dès lors, la négociation change de nature, les rapports se coordonnent et se complètent.
On ne discute plus pour survivre, on discutes pour contribuer u développement de la société avec toutes ses singularités individuelles, tout son tissus social économique, qui n'a plus rien a caché, qui n'a plus à duper, qui n'a plus à sérier des valeurs de vie biologiques.
Et la pénibilité devient enfin un objet rationnel : ce travail est dur, il use les corps, il mérite une reconnaissance plus forte, il doit être réduit, transformé, mécanisé.
On ne dit plus : « Si tu refuses, il y en a dix derrière toi. »
On peut enfin dire : « Est-il encore raisonnable, aujourd’hui, de faire porter cela à des humains ?
Et si oui, à quelles conditions ? »
Le salarié cesse d’être un client contraint. Il redevient un partenaire économique.
Non plus quelqu’un qui vend sa fatigue pour rester en vie, mais quelqu’un qui choisit ce qu’il est prêt à donner au monde, à partager avec les autres.

 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 30 Septembre 2025

La dette finance des vies, pas des trous


 

Ce que ne vous disent pas les informations ni les gouvernements.

1. La dette, un faux épouvantail

Depuis Maastricht, les discours politiques nous répètent qu’il faut réduire la dette comme si c’était un monstre menaçant notre survie collective. Or, cette dette n’est rien d’autre que le cumul depuis 1974/76 des déficits annuels de l’État. Elle finance des salaires, des services publics, des investissements collectifs. Depuis des décennies, la dette publique est présentée comme un gouffre, un fardeau insupportable, une anomalie qu’il faudrait absolument résorber. Pourtant, il faut avoir le courage de le dire : la dette ne finance pas des trous, elle finance des vies.

Chaque euro emprunté depuis les années 1970 a permis de maintenir des services publics, des hôpitaux, des écoles, des routes, mais surtout des salaires. Ce sont ces salaires qui font tourner la société, car les salariés, en consommant, financent tout : impôts, cotisations sociales, investissements, bénéfices et dividendes.

Réduire la dette en coupant dans les dépenses publiques, c’est donc supprimer des emplois réels.

Personne ne sait qui, parmi ceux privés de revenus, basculera vers la précarité, la délinquance ou la révolte. Mais l’histoire nous l’a appris : réduire la dette brutalement, c’est créer du chômage et de la misère, donc nourrir les crises politiques.

La dette est ainsi le révélateur d’une hypocrisie collective. Les citoyens réclament toujours plus de services publics, mais refusent l’impôt. Les gouvernements veulent la croissance, mais organisent la rareté monétaire en laissant la création de monnaie aux seuls marchés financiers. Les dominants capitalistes en profitent, car ils perçoivent les intérêts et renforcent leur pouvoir sur les États.
Autrement dit : réduire la dette, c’est réduire directement des emplois et des services.

2. Un calcul simple mais éclairant

Les 3 200 milliards d’euros de dette cumulée en 2024 représentent environ 190 millions de mois de salaires, soit l’équivalent de plus de 15 millions d’emplois annuels sur cinquante ans. Quand un gouvernement annonce vouloir économiser 40 milliards d’euros, cela revient à détruire l’équivalent de 2,4 millions de mois de travail, donc 200 000 emplois annuels.

Si l’on divise cette somme par le coût d’un emploi au SMIC chargé (~2 100 €/mois), on obtient :

    • 1,52 milliard de mois d’emplois financés depuis 1974.

    • Soit 126 millions d’années d’emplois.

Bien sûr, ces emplois ne sont pas simultanés : la dette s’est accumulée en cinquante ans. Mais cela montre qu’elle représente avant tout des vies humaines, du travail, du service rendu à la collectivité.

 

La dette n’est pas une abstraction : ce sont des enseignants, des soignants, des agents publics, des services de proximité. Supprimer des milliards, c’est supprimer des vies professionnelles et précariser la société.

3. Ce que veut dire « faire des économies »

Le gouvernement annonce vouloir réduire les dépenses publiques de 40 milliards €.

  • 40 milliards ÷ 2 100 €/mois = 19 millions de mois d’emplois.

  • ÷ 12 = 1,6 million d’emplois annuels au SMIC.

Cela signifie que, mécaniquement, 1,6 million de personnes perdraient leur activité si l’on coupait cette dépense, sauf à créer immédiatement une activité équivalente dans le privé. Or, cela n’arrive jamais.

C’est la conséquence de réduire l’existence à une comptabilisation, un parfait exemple d’humanistion, qui m’a fait déclarer un jour de colère, ouvrons des fours pour les humains en trop.

Réduire la dette revient donc soit à fabriquer du chômage, soit à rogner sur des services collectifs indispensables (hôpitaux, écoles, transports, justice…). Depuis 1974, l’endettement a servi à compenser l’insuffisance chronique des salaires et des prélèvements. Sans lui, la France aurait connu des crises sociales autrement plus violentes. En vérité, la dette est une respiration collective, un outil de survie dans un système capitaliste qui bride l’émission monétaire.

Le vrai débat n’est donc pas « faut-il réduire la dette ? », mais : qui contrôle la monnaie, et pour financer quoi ? Tant que nous restons prisonniers de la rareté imposée par le capital et par les institutions financières, nous continuerons à nous endetter. À l’inverse, si nous adoptions une création monétaire indexée sur la productivité, sur l’énergie (le joule), ou sur les besoins sociaux et écologiques, nous financerions directement la société sans passer par l’endettement ni par les marchés. Ce n’est pas la dette qui est un danger : c’est l’obsession de la réduire au prix de l’humain.

C’est ce que ne comprennent pas les citoyens que ce soit dans les jaqueries des gilets jaunes ou de Bloquons la société, la batille à prendre n’est pas le gouvernement mais la BCE


 

4. L’angle mort du débat

Quand les politiques parlent de dette, ils oublient toujours cette réalité comptable :

  • La dette, c’est du travail déjà effectué par des salariés.

  • Elle finance des enseignants, des infirmières, des policiers, des chercheurs… qui ont touché un salaire et produit un service.

  • Dire « réduisons la dette », c’est donc implicitement dire : « supprimons des salaires et des services ».

Tableau comparatif (Italie / autres pays)

Pays

Réduction de déficit / ajustement

Coût social / pertes d’emplois / effets sur salaires & services

Commentaire critique

Italie

Réformes du travail, compression budgétaire

Chômage élevé, salaires réels stagnants, services publics comprimés

Le “modèle exemplaire” masque la précarité

Grèce

Austerité radicale

Fuite des talents, explosion de la pauvreté

La dette “réduite” au prix de la survie

Espagne

Réformes, coupes sociales

Perte de millions d’emplois après 2008

Apparence de redressement mais déficit structurel


 

5. Coût social caché de la “réussite” italienne

Les discours politiques citent souvent l’Italie comme « exemple de redressement » ou de “bonne gestion”. Mais derrière ces chiffres se cache un lourd tribut social qu’on préfère occulter. Voici quelques éléments concrets :

Données récentes marquantes
  • En janvier 2025, l’Italie affiche un taux de chômage de 6,3 %, selon l’ISTAT, avec 145 000 emplois créés ce mois-là — un regain ponctuel, mais dans un contexte où le taux d’emploi reste l’un des plus faibles d’Europe. Reuters

  • Le secteur automobile, via l’entreprise Stellantis, a annoncé avoir supprimé près de 10 000 emplois en Italie entre 2020 et 2024. Reuters

  • Le rapport Oxfam Italie (2013) montrait déjà que lors de périodes d’ajustement budgétaire, le plein-emploi recule, les emplois à temps partiel augmentent, et les ménages les plus modestes sont les plus touchés. www-cdn.oxfam.org

  • Depuis les crises de la zone euro, l’Italie a perdu une part importante de sa production industrielle (≈ 25 %), freinant sa capacité à retrouver des emplois industriels de qualité. SpringerLink+1

Limites et analyses critiques
  • Les “emplois créés” ne sont pas tous équivalents : beaucoup sont précaires, temporaires ou à temps partiel. Le renversement de la précarité durable reste peu visible.

  • Le “succès” italien est souvent mesuré en termes de croissance ou de réduction du déficit, mais peu en termes de reconstruction de services publics ou de rehaussement des salaires réels.

  • L’amélioration du ratio dette/PIB peut masquer le fait que ce sont les citoyens ordinaires, et non les marchés, qui ont payé le prix : via des impôts, des coupes dans les services, des compressions salariales.

  • Comparer l’Italie à d’autres pays (Espagne, Grèce…) révèle que les politiques d’ajustement sont toujours assorties d’une précarisation massive, d’une montée du chômage de longue durée et d’une exclusion sociale invisibilisée dans les statistiques officielles.

  • On peut désormais dire : « Oui, l’Italie “s’améliore” sur les indicateurs macroéconomiques — mais à quel coût humain ? »

  • Les “emplois créés” sont souvent des emplois faibles ; les suppressions dans les secteurs industriels ou stables frappent les classes moyennes et populaires.

  • On présente les réductions de dette comme des réussites abstraites, mais elles sont obtenues sur le dos de vies précarisées.

L’obsession comptable, une impasse historique

Les dirigeants répètent : « Il faut réduire la dette ! ». Mais aucun pays ne s’en sort uniquement par la rigueur. Historiquement, les dettes publiques se stabilisent ou se réduisent par :

  • La croissance économique.

  • L’inflation modérée (qui allège le poids réel de la dette).

  • La création monétaire (non admise dans l’Union européenne actuelle).

Couper dans les dépenses publiques n’a jamais produit de miracle. Cela ne fait qu’alimenter le chômage et la défiance politique.

L’enjeu véritable

Le vrai débat n’est pas : « Faut-il réduire la dette ? »
Le vrai débat est : qui contrôle la monnaie, et pour financer quoi ?

Tant que la création monétaire est laissée aux marchés financiers et aux banques, la dette restera une chaîne qui nous étrangle, et les coupes budgétaires continueront de fabriquer du chômage.

Mais si nous assumons que la dette est en réalité une avance sur productivité collective, alors nous pouvons imaginer une autre voie : une création monétaire publique, indexée sur les besoins sociaux, écologiques, ou même sur une mesure énergétique universelle comme le joule.

Alors, au lieu de compter les milliards « à économiser », nous compterions les vies améliorées, les services garantis, et l’avenir construit.

Parce qu’au fond, la dette finance des vies, pas des trous.

Une autre logique : investir dans la vie

Si la dette finance des vies, alors l’enjeu n’est pas de couper, mais de mieux orienter.
Investir dans :

  • La transition écologique,

  • La santé et l’éducation,

  • Les technologies utiles,

c’est garantir des emplois et un avenir. Le problème n’est pas la dette en soi, mais la soumission aux marchés financiers qui exigent leur part d’intérêts.

Une hypocrisie entretenue

Les citoyens ne veulent pas payer plus d’impôts, mais ils exigent des services publics.
Les gouvernements ne veulent pas assumer cette contradiction, alors ils s’endettent.
Les libéraux dénoncent ensuite la dette pour imposer leurs solutions : privatiser, réduire les droits sociaux, transférer la richesse vers le capital.

En vérité, la dette est le reflet d’un choix politique : maintenir un niveau de vie collectif malgré une répartition des richesses toujours plus inégalitaire.

6. résumé

La dette publique n’est pas un gouffre, mais un miroir : celui d’une société qui préfère préserver les profits privés plutôt que de financer équitablement ses besoins collectifs.
Réduire la dette sans alternative, c’est fabriquer des chômeurs.

Réduire la dette pour « rassurer les marchés » est un mythe destructeur. Derrière chaque milliard coupé, ce sont des vies humaines qui basculent dans la précarité.

La vraie question n’est pas : « Comment réduire la dette ? »
Mais : « Comment faire en sorte que la monnaie serve à financer la vie, et non à enrichir une minorité ? »
Alors oui, il vaut mieux « laisser couler la dette » que couler des millions de vies.

La dette n’est pas un trou : c’est une respiration. Coupez-la, et vous étouffez la société.

« Entre dette et austérité, le choix est clair : la dette nourrit, l’austérité affame. »
La comparaison France–Italie montre que l’obsession comptable détruit plus de vies qu’elle n’en sauve. Nous pouvons dire la dette nourrit, l’austérité précarise, la dette c’est la vie, couper la dette c’est couper des vies car elles sont derrières les chiffres


 

7. Retraites – « plancher SMIC » : combien ça coûte ?
Hypothèses (modifiables facilement)
  • Retraités (France) : 17,0 millions

  • SMIC net mensuel de référence : 1 400 €

  • PIB (repère) : 3 000 Md€

  • Dépense retraites actuelle (toutes pensions confondues) : 14 % du PIB ≈ 420 Md€

  • Part de retraités sous le SMIC net : 40 %

  • Écart moyen à combler (mensuel) : 250 €

Résultat – Complément ciblé (« top-up » jusqu’au SMIC net)
  • Bénéficiaires : 40 % × 17,0 M = 6,8 millions

  • Complément annuel par personne : 250 € × 12 = 3 000 €

  • Coût annuel total : 6,8 M × 3 000 € = 20,4 Md€

  • En % du PIB : ~0,68 % du PIB

Lecture : avec ces paramètres réalistes, éradiquer les pensions sous le SMIC net par un complément coûterait de l’ordre de 0,6–0,8 % du PIB.
Variante pédagogique – « SMIC net universel pour tous les retraités » (exercice théorique)
  • Montant annuel par retraité : 1 400 × 12 = 16 800 €

  • Coût total : 17,0 M × 16 800 = 285,6 Md€ ≈ 9,5 % du PIB

Remarque importante : ce scénario remplacerait toutes les pensions actuelles par un seul montant au SMIC net (il réduirait donc mécaniquement les pensions supérieures au SMIC). Il sert juste de borne pour raisonner.
8. 1975–2024 : combien « valent » nos machines — et quelle monnaie pure cela suggère ?

Tu veux approcher la puissance économique des machines (investissements productifs) et relier ça à une création monétaire cible qui n’alimente pas l’inflation (car adossée à des gains réels de productivité).

9. Méthode simple, transparente (ordre de grandeur)

Étape A — Cumul des investissements « machines & équipements »
  • Idée : additionner, sur 50 ans, la FBCF en machines/équipements (part de l’investissement total) rapportée au PIB.

  • Hypothèse prudente (stylisée, solide pour la France) :

    • Part machines/équipements ≈ 6 % du PIB en moyenne long terme.

    • Somme des PIB (euros constants) sur 1975–2024 ≈ 90 000 Md€-années (moyenne ~1 800 Md€ × 50 ans ; c’est un repère raisonnable en €2024).

  • Cumul machines ≈ 6 % × 90 000 = 5 400 Md€ (soit 5,4 T€ en euros 2024).

    • Fourchette réaliste (5–8 % du PIB) : 4,5 à 7,2 T€.

Ce n’est pas un « stock net » (on ne retire pas l’usure), c’est le flux cumulé investi dans des capacités productives non humaines.
Étape B — Quels gains de productivité attribuables au capital (les machines) ?
  • Constat macro stylisé pour la France 1975–2024 : la productivité horaire a été multipliée ~2,0 à 2,5.

  • Décomposition standard : une part de ce gain vient du capital deepening (plus de capital par heure travaillée), l’autre de la TFP (progrès technique/organisation).

  • Hypothèse classique : ~60 % des gains viennent du capital (machines, au sens large), ~40 % de la TFP.

Si on prend un multiplicateur de productivité horaire ×2,2 sur 50 ans :
– Le « gain » est (1 − 1/2,2) ≈ 54,5 % par heure.
– La part machines ≈ 60 % × 54,5 % = ~33 % du PIB courant.

En niveau 2024, ça suggère qu’en gros ~1 000 Md€ par an de valeur ajoutée sont portés par l’apport des machines (ordre de grandeur, pas une identité comptable).

Étape C — Quelle création monétaire “pure” soutenable ?

Idée clé : si une fraction prudente de cette valeur adossée aux machines est canalisée vers des usages non inflationnistes (investissements verts, rénovation énergétique, R&D publique, École/recherche, “banque verte”, écomonnaie locale pour travaux utiles), on n’ajoute pas de tension de prix puisque l’on mobilise une capacité réelle déjà créée par la productivité.

  • Règle prudente : cibler 5 à 10 % de ce « socle machines » annuel comme création monétaire dédiée (hors dette classique), soit environ 50 à 100 Md€ / an en France.

  • Comparaison utile : les déficits budgétaires typiques sont de cet ordre.
    On peut donc remplacer une partie de l’endettement pro-cyclique par une émission monétaire ciblée (Banque verte / écomonnaie de projet), adossée à la productivité — sans nourrir l’inflation, car fléchée vers des capacités réelles et non saturées (transition énergétique, adaptation climatique, bilan matière).

10. Pourquoi ça tient debout (et pourquoi c’est politique, pas magique)

  • L’inflation surgit quand on crée de la demande sans offre disponible. Ici, on financerait des chantiers qui augmentent l’offre future (énergie décarbonée, efficacité, infrastructures d’adaptation, connaissance), ou qui réduisent des coûts futurs (santé, risques climatiques).

  • Comptablement, on traite cette émission comme une monnaie d’investissement à maturité longue, intransférable vers la spéculation, circulaire (dépensée uniquement sur listes de projets certifiés), donc peu inflationniste.

  • Politiquement, c’est acter que la richesse “machines” — créée par la collectivité des savoirs (découvreurs, ingénieurs, systèmes éducatifs) — autorise une part de monnaie publique sans rançon au capital privé, plutôt que d’attendre qu’il « veuille bien » prêter… puis faire payer les plus pauvres quand le cycle se retourne.

Ce que ces chiffres te donnent, tout de suite

  • Plancher de pension au SMIC net : ordre de grandeur 0,6–0,8 % du PIB pour éteindre la pauvreté en complément ciblé.

  • Cumul machines 1975–2024 : ~5,4 T€ (fourchette 4,5–7,2 T€).Les 5 400 milliards d’euros (5,4 T€) correspondent à une estimation du cumul des investissements en machines, équipements et automatisation en France depuis 1975 jusqu’en 2024, en euros constants (c’est-à-dire corrigés de l’inflation).

Ça veut dire qu’en moyenne :

  • ≈ 108 Md€ par an ont été investis dans les machines sur cette période de 50 ans.

  • Ces investissements sont ensuite amortis, mais leur effet productif (la valeur créée par la machine) continue année après année.

Donc :

  • Stock cumulé ≈ 5 400 Md€.

  • Flux annuel actuel (valeur créée par machines/automatisation) ≈ 1 000 Md€/an (≈ 40 % du PIB français).

C’est ce flux annuel qui peut servir de base pour l’idée de création monétaire pure adossée à la productivité machine.

En résumé : 5 400 Md€ = stock cumulé 1975–2024.

≈ 1 000 Md€/an = flux machine actuel.

“Socle machines” annuel (valeur portée par le capital dans la productivité actuelle) : ~1 000 Md€ (33 % du PIB, ordre de grandeur).

Création monétaire “pure” soutenable : 50–100 Md€ / an fléchés (5–10 % de ce socle), sans pression inflationniste si adossée à des projets offre-augmentants.

Comparer 50–100 Md€ / an à nos déficits actuels : montrer qu’il existe une marge publique structurée par la productivité réelle.

Mettre en parallèle cette marge avec les coûts climatiques à financer (rénovation, réseaux, eau/feux, santé).

Cela démonter l’argument « il n’y a pas d’argent » : ce n’est pas l’argent qui manque, c’est la décision d’adosser une monnaie de projet à la richesse machines que nous avons déjà.

11. Retraites aujourd’hui

  • Dépense totale retraites (2023) ≈ 340–350 Md€ (≈ 14 % du PIB).

  • Cotisations sociales (part salariale + patronale) couvrent l’essentiel, avec parfois un complément d’impôt.

12. Complément pour assurer un plancher SMIC net

(d’après le calcul précédent)

  • Besoin ≈ 20 Md€ par an (≈ 0,7 % du PIB).

  • À comparer aux 350 Md€ actuels de dépenses retraite.

En pourcentage de cotisations retraites

20350≈5,7%\frac{20}{350} \approx 5,7 \%35020​≈5,7%

Donc : un effort supplémentaire d’environ +6 % sur les cotisations retraite actuelles permettrait d’assurer à chaque retraité un revenu au moins égal au SMIC net.

13. Si on financait ce besoin avec la « richesse machines »

  • Rappel : les machines contribuent à environ 1 000 Md€ par an de valeur ajoutée dans l’économie (notre estimation prudente).

  • En prélevant 20 Md€ (plafond SMIC net pour tous) sur ce socle :

    201 000=2%\frac{20}{1\,000} = 2 \%100020​=2%

Cela veut dire qu’on pourrait sécuriser toutes les petites retraites en fléchant 2 % de la valeur annuelle créée par les machines, au lieu de surtaxer le travail humain.

14. Lecture politique

Vu du système actuel : il faudrait +6 % de cotisations retraite (partagée entre salariés et employeurs).

Vu sous l’angle de la monnaie “machines” (monnaie pure adossée à la productivité non humaine) : il suffirait d’allouer 2 % de ce socle annuel pour garantir qu’aucun retraité ne tombe sous le SMIC net.

15. Par prudence

Estimer la création pure “jusqu’à 30 %” du flux machine (≈ 1 000 Md€) comme plafond de création de “monnaie pure” est défendable… à condition de cadrer ça proprement.

Politiquement l’on peut aller plus loin en fonction de la réalité des besoins sociaux et économiques de la population.

16. L’idée en 2 lignes
  • Flux annuel de valeur imputable aux machines/automatisation aujourd’hui : ≈ 1 000 Md€.

  • Plafond de création adossé à ce flux à la manière d’un “taux d’effort” de crédit à 30 % : ≈ 300 Md€/an (≈ 10–11 % du PIB).

17. Pourquoi c’est raisonnable (avec garde-fous)
  1. Ancrage réel : on n’émet pas “dans le vide”, on l’adosse à une capacité productive déjà existante (capital machine mesurable).

  2. Proportionnable : 30 % joue le rôle d’un plafond macro-prudentiel (comme le 30 % d’endettement des ménages).

  3. Impact social : 300 Md€ couvrent ~75–85 % de la dépense annuelle de retraites (ordre de grandeur 350–400 Md€), ou financent à la fois retraites minimales pleines + éducation adulte (ECPA) + banque verte. ( Enseignement Complémentaire Pour Adulte, rémunéré).

18. Risques & conditions pour éviter l’inflation
  • Pas de goulots : flécher vers capacités supplémentaires (énergie, transports, rénovation, agro, numérique public), pas seulement vers la demande finale.

  • Ciblage : émettre via une éco-monnaie/banque verte (crédits conditionnels, bons datés, usages éligibles) plutôt que du cash généralisé.

  • Phasage : démarrer à 100 Md€ la 1ʳᵉ année, puis +50 Md€/an jusqu’à 300 Md€, avec déclencheurs (on ralentit si inflation cœur > cible et que l’output gap se ferme).

  • Stérilisation : prévoir des reprises (taxes correctrices, éco-contributions, mise en réserve) si surchauffe locale.

  • Cadre euro : en zone euro, passer par des instruments dédiés (obligations vertes achetées par l’Eurosystème, éco-monnaie non-conversible, fonds d’investissement publics).

19. Règle simple (proposée)
Émission annuelle maximale = min (30 % × “valeur-service du capital machine”, 10–11 % du PIB), avec
(a) ciblage 70 % investissement productif/écologique, 30 % dividende social (retraites plancher, ECPA) ;
(b) review trimestrielle (inflation cœur, capacités, emploi).
20. Ce que ça change concrètement
300 Md€ de “monnaie pure” permettent de réduire le besoin de dette sans couper des services (donc sans fabriquer du chômage).
On socialise le dividende de l’automatisation : la machine ne remplace plus l’humain et le revenu ; elle finance une partie du revenu social et des investissements de transition.
21.Scénarios chiffrés « monnaie pure » adossée au flux machine

(hypothèses simples et transparentes)

Hypothèses de base (France, ordre de grandeur 2024)

  • PIB ≈ 3 000 Md€

  • « Valeur-service » annuelle du capital machine/automatisation1 000 Md€ (repère macro)

  • Dépenses de retraites375 Md€/an (milieu de fourchette 350–400)

  • Coût complet d’un emploi-an (salaire + charges) ≈ 40 k€

  • Coût d’un année d’apprentissage rémunérée (ECPA : allocation + pédagogie) ≈ 15 k€

  • Population ≈ 68,5 M d’habitants

22. Trois paliers d’émission prudente (10 / 20 / 30 % du flux machine)

Palier

“Monnaie pure” émise

% du PIB

% du flux machine

A

100 Md€

3,3 %

10 %

B

200 Md€

6,7 %

20 %

C

300 Md€

10,0 %

30 %

Lecture : 300 Md€ = 30 % du flux machine estimé à 1 000 Md€, soit ~10 % du PIB.

23. Couverture potentielle des retraites

Palier

Couverture des retraites (≈ 375 Md€)

A – 100 Md€

27 %

B – 200 Md€

53 %

C – 300 Md€

80 %

24. Effets « capacité » (emplois-an, années d’étude financées)

Palier

Équivalent emplois-an (40 k€)

Apprenants-an ECPA (15 k€)

A – 100 Md€

2,5 M

6,7 M

B – 200 Md€

5,0 M

13,3 M

C – 300 Md€

7,5 M

20,0 M

Règle simple : 1 Md€ = 25 000 emplois-an (à 40 k€) ou ~66 700 apprenants-an (à 15 k€).

25. Fléchage prudentiel proposé (anti-inflation)

  • 70 % vers investissements productifs/écologiques (banque/éco-monnaie verte ; projets éligibles)

  • 30 % vers dividende social (plancher retraite, ECPA, minimas)

Exemple palier C (300 Md€) :

  • 210 Md€ investissement (énergie, rénovation, mobilité, agro, numérique public)

  • 90 Md€ dividende social
    1 315 €/hab/an si universel ou ~240 €/mois ciblés (retraites plancher, apprenants)


26. Ancrage « Joule » : conversion énergie ↔ monnaie (pour une norme universelle)

Idée : calibrer la « monnaie-travail » sur une référence énergétique observable.

  • Prix repère d’électricité de gros 75–100 €/MWh (moyenne pluriannuelle, hors pics)

  • 1 TWh = 3,6 PJ ; 1 MWh = 3,6 GJ

Palier C (300 Md€) équivaut à 3 000–4 000 TWh achetables
10,8–14,4 EJ (exajoules) d’équivalent énergétique.

Proposition de convention : 1 “Joule-monnaie” = pouvoir d’achat de 1 kJ de travail/énergie standardisée.
Avec 75 €/MWh, 1 kJ ≈ 2,08×10⁻⁵ €1 € ≈ 48 kJ.
On obtient ainsi une échelle physique réplicable, utile pour comparer secteurs/pays.

27. Cadre macro (pour rester non-inflationniste)

  1. Phasage : +100 Md€ la 1ʳᵉ année, puis +50 Md€/an jusqu’à 300 Md€, avec revue trimestrielle (inflation sous-jacente, goulots, output gap).

  2. Ciblage : 70 % capacité réelle (offre), 30 % revenu social (demande) → équilibre.

  3. Mécanismes de reprise : éco-contributions temporaires si surchauffe sectorielle.

  4. Zone euro : passer par banque verte / éco-monnaie non-convertible, ou obligations vertes publiques rachetées par l’Eurosystème (cadre UE déjà existant sur les green bonds).

28. Résumé exécutif
  • La machine (automatisation, logiciels, robots, capital productif) génère un flux économique d’ordre 1 000 Md€/an en France.

  • Adosser une création de “monnaie pure” à ce flux, plafonnée à 30 % (≈ 300 Md€, ~10 % du PIB), est macro-prudent et non-inflationniste si :

    • 70 % vont à des investissements qui augmentent l’offre (énergie, rénovation, mobilité, agro durable, numérique public),

    • 30 % vont à un dividende social (retraite plancher, éducation adulte ECPA).

  • Effets directs (palier 300 Md€) :

    • 80 % des retraites annuelles peuvent être couverte sans taxer davantage le travail.

    • Jusqu’à 7,5 millions d’emplois-an ou 20 millions d’apprenants-an ECPA (selon fléchage).

    • Équivalent énergie : 10–15 EJ (standardisation possible via un étalon Joule).

  • Pourquoi ça marche : on socialise le dividende de l’automatisation. La machine ne remplace pas seulement le travail humain ; elle finance une part du revenu social et de la transition.

  • Objectif : rémunérer les humains pour apprendre (ECPA), sécuriser un plancher de retraite décent, et accélérer la transition productive—sans “faire payer” les plus pauvres ni couper des services publics.

29. Encadré « retraite plancher » (ordre de grandeur)

  • Besoin pour garantir 1 300 €/mois nets aux pensions < seuil (hypothèse : 5,5 M de bénéficiaires moyens, complément moyen 400 €/mois)
    ≈ 26 Md€/an (inclure effets de bord = 30–35 Md€).

  • Pris sur la part sociale (30 %) du palier C (90 Md€), il reste 55–60 Md€ pour ECPA/solidarités.

30. Encadré « ECPA » (éducation rémunérée adulte)

  • 15 k€/an par apprenant (allocation + pédagogie + infra).

  • Palier C (reste social 55–60 Md€ après retraite plancher) → 3,7–4,0 M d’apprenants-an sans impacter l’investissement (210 Md€).

31. Encadré « comparaison au déficit budgétaire »

  • Déficit public typique récent : ~140–150 Md€/an.

  • Palier B (200) couvre ~130 % de ce besoin si fléché vers dépenses substitutives.

  • Palier C (300) permet à la fois transition + socle social sans compression de dépenses utiles → on évite de “faire payer” l’ajustement aux plus fragiles.

32. Formule de pilotage (proposition)

Émission annuelle max = min( 30 % × flux machine, 10–11 % du PIB )
avec (a) 70/30 investissement/dividende social, (b) revue trimestrielle des paramètres (inflation cœur, tensions, emploi), (c) filets anti-surchauffe sectoriels.
33. Deux solides « messages »

1) « La dette finance des vies, pas des trous. »

Réduire la dette, c’est couper dans des salaires, des services publics, des emplois. En Italie, comme en France, ce sont toujours les citoyens qui paient la facture sociale.
2) « Socialiser le dividende de la machine : 10 % du PIB pour des retraites décentes, des cerveaux en apprentissage, et une transition qui crée de l’offre. »

3) On nous dit : maîtriser la dette. Mais à quel prix ? »
Chaque milliard “économisé” équivaut à des milliers d’emplois supprimés. Derrière les chiffres, il y a des vies précarisées.


 

34. Les Canuts et la monnaie pure : de la révolte à l’émancipation


 

Au XIXe siècle, les Canuts, tisserands lyonnais, se révoltèrent contre les machines à tisser qui

menaçaient leur survie. Leur cri « vivre en travaillant ou mourir en combattant » résonne encore

comme une revendication fondamentale de dignité. Face à la misère et aux 18 heures de travail

quotidien, ils inventèrent pourtant des solutions sociales novatrices : mutualisme, coopératives,

conseils de prud’hommes, presse ouvrière, caricatures militantes. Autant de jalons d’émancipation

que nous avons aujourd’hui tendance à oublier.


 

1. Le parallèle avec notre temps est frappant.


 

Hier, les métiers à tisser ; aujourd’hui, la robotisation, l’intelligence artificielle et les caisses automatiques. La technologie détruit des emplois mais améliore le confort et la productivité. Elle est mue par le même ressort : la recherche du moindre effort pour satisfaire les besoins humains.


 

2. Les syndicats, à juste titre, craignent ces destructions.


 

Mais refuser la technologie est vain : l’histoire montre que son avancée est inéluctable.

La différence fondamentale, c’est que nous savons aujourd’hui ce que les Canuts ne pouvaient pas

savoir : la productivité des machines peut être mesurée et traduite en création monétaire pure. Là

où les révoltes d’hier cassaient les outils, notre tâche est d’inventer un système où la valeur créée

par les machines alimente directement la société plutôt que de se concentrer entre les mains d’une

minorité. C’est le sens d’une « monnaie pure » indexée sur la productivité machine et du savoir

accumulé.

3. Une telle approche ouvrirait la voie à de nouveaux instruments :


 

une Banque Verte ou une Écomonnaie, capables de financer les défis écologiques et climatiques, sans faire peser le coût sur les seuls salariés. Car il ne manque pas de travail — il manque de monnaie disponible pour l’accomplir.

La leçon des Canuts est claire : face à une technologie inarrêtable, seule l’émancipation

intellectuelle et collective permet d’éviter la misère. Hier, elle prit la forme du mutualisme et des

coopératives. Aujourd’hui, elle doit prendre la forme d’une réinvention monétaire et d’une vision à

long terme, capable de libérer l’humanité de la peur du progrès technique.

Ne craignons donc pas les machines : organisons-nous pour que leurs gains deviennent une

richesse partagée. C’est la condition pour que l’évolution technologique, loin de nous déposséder,

nous rapproche de ce que nous cherchons depuis toujours : vivre dignement, libres, et capables de

choisir notre avenir


 

4. Le fascisme de Weimar à la France contemporaine : identité de rapport


 

L’histoire ne se répète jamais terme à terme, mais elle offre des résonances troublantes. Entre

l’Allemagne de Weimar au début des années 1930 et la France contemporaine, certains parallèles

s’imposent. Il ne s’agit pas de confondre Hitler et nos acteurs actuels, mais d’identifier des «

identités de rapport » : mêmes mécanismes, mêmes dynamiques, mêmes aveuglements.

Comprendre ce glissement est essentiel pour éviter que l’histoire ne bascule à nouveau.


 

5. La République de Weimar : un laboratoire du glissement autoritaire


 

L’Allemagne des années 1930 ne fut pas emportée par une marée brune irrésistible. Les nazis

n’ont jamais « pris » le pouvoir : on le leur a donné. Les élites conservatrices, industrielles et

médiatiques, préférèrent pactiser avec Hitler plutôt que de perdre leurs privilèges. En utilisant les

failles de la Constitution (article 48), en gouvernant par ordonnances, en criminalisant les «

extrêmes » de gauche, le centre autoritaire ouvrit la voie à l’extrême droite. La presse de masse,

dominée par les magnats comme Hugenberg, entretint la peur du « bolchévisme culturel » et

alimenta les haines identitaires. Ainsi, ce n’est pas la force du nazisme qui l’a porté, mais la

faiblesse des démocrates et la compromission des élites.


 

6. La France (1984-2025) : un terrain de compromissions


 

Depuis 1984, la scène politique française connaît un glissement comparable. La gauche a

abandonné la lutte anticapitaliste, se contentant d’accompagner la gestion libérale. Le PS, en

assumant la « social-démocratie » sans rupture avec le marché, a désarmé idéologiquement ses

militants. La droite, elle, s’est « décomplexée », reprenant des thèmes du Front national pour ne

pas perdre son électorat. Aujourd’hui, une partie de LR n’hésite plus à envisager des alliances avec

le RN.

Macron incarne ce « centre autoritaire » :

austérité budgétaire, verticalité du pouvoir, criminalisation d’une supposée « extrême gauche », instrumentalisation sécuritaire et dissolution du Parlement pour contourner le débat démocratique. Quant aux médias dominants, largement contrôlés par de grands groupes financiers, ils alimentent quotidiennement les thèmes de l’extrême droite : insécurité, immigration, déclin national. La réalité est pourtant contrastée : depuis 1995, le taux de criminalité baisse en proportion, mais le discours médiatique fabrique une insécurité permanente.


 

7. Identité de rapport : similitudes et enseignements


 

Comme à Weimar, nous observons aujourd’hui : – un centre autoritaire qui préfère s’allier à droite

qu’à gauche ; – une gauche social-démocrate en retrait, incapable de porter une alternative claire ;

– des élites économiques et médiatiques qui instrumentalisent la peur pour préserver leurs intérêts

; – une extrême droite qui gagne en crédibilité grâce à ces compromissions. L’histoire ne se répète

pas : Hugenberg n’est pas Bolloré, Papen n’est pas Macron. Mais le rapport entre les forces

politiques est analogue. Les élites, par calcul, nourrissent ce qu’elles prétendent combattre. La «

banalisation » de l’extrême droite est le fruit de cette complicité, et non d’une fatalité.

La République de Weimar est morte moins de la force des nazis que de la lâcheté et de la cupidité

de ses élites. La France contemporaine n’en est pas au même point, mais les signaux sont là. La

judiciarisation, la policiarisation de la société, la criminalisation des contestations sociales, sont les

symptômes d’un glissement. Si l’on veut éviter qu’un jour le RN gouverne comme Hitler fut nommé chancelier, il faut briser cette mécanique. Non par la peur, mais par la lucidité, le courage et la reconstruction d’un horizon commun.

« Le fascisme ne s’impose pas, il s’infiltre. Il prospère quand la démocratie

s’endort.


 

8. Le glissement fascisant : du Juif au Musulman, d’Hitler à nous


 

Héritages et avertissements


 

L’histoire des Canuts ou de l’Allemagne des années 1930 nous rappelle que les sociétés, en crise,

cherchent toujours un ennemi intérieur. Hier, les ouvriers lyonnais détruisaient les métiers à tisser ;

hier encore, Hitler désignait les Juifs comme responsables de tous les maux. Aujourd’hui, nos

sociétés fragilisées par la mondialisation et le capitalisme financier rejouent ce scénario. Non pas

de façon brutale comme en 1933, mais sous une forme insidieuse : un glissement fascisant.


 

35. En 1999 je prédisais cette dérive et en 2011j’écrivais : Le musulman remplacera-t-il le Juif ?


 

À la faveur de la peur et de l’insécurité, le débat sur « l’identité nationale » et « la place de l’islam »

s’est installé. L’amalgame s’est construit : l’immigré = le musulman = l’ennemi potentiel. Les

médias, en relayant sans cesse faits divers et amalgames, ont fixé cette perception dans les

esprits. Comme jadis les caricatures antisémites, les discours péjorant l’altérité ont nourri une

mémoire collective qui habitue les citoyens au rejet. Le processus décrit par l’histoire se répétait :

recherche d’un chef charismatique, construction d’un groupe homogène, désignation d’un « autre »

menaçant, appel à des mesures d’exception. Le fascisme ne se choisit pas : il s’installe lentement,

à travers nos peurs et nos discours quotidiens.


 

1. 2023 — La banalisation du rejet


 

Douze ans plus tard, nous n’en sommes plus à l’étape du glissement : nous sommes dans la

banalisation. Le Parlement vote des lois restrictives sur l’immigration. Le RN s’impose comme parti de gouvernement. La confiance démocratique s’effondre (2 à 6 % de confiance dans les

institutions). La société accepte qu’une partie de la population soit traitée comme une

sous-humanité, privée de droits égaux. Les statistiques montrent pourtant une réalité très différente

: la criminalité baisse depuis 1995, l’immigration irrégulière représente moins de 1 % de la

population, et plus d’un immigré sur dix travaille déjà dans nos entreprises. Mais la peur l’emporte

sur la raison. Comme hier, la stigmatisation remplace l’analyse.


 

2. Un processus en miroir


 

En 2011, nous pouvions dire « attention, le fascisme se glisse en nous ». En 2023, nous devons

dire « attention, le fascisme s’institutionnalise ». Le parallèle est clair : hier, les Juifs étaient

accusés d’être responsables de la misère et des crises sociales. Aujourd’hui, les musulmans sont

désignés comme la cause de l’insécurité et du chômage. Les mêmes mécanismes se déploient,

avec l’appui des médias, la lâcheté du « centre » politique, et la peur instrumentalisée des citoyens.


 

36. Quelle issue ?


 

Peut-on arrêter cette spirale ? Pas en cherchant un nouvel Hitler à abattre, ni en se réfugiant dans

la nostalgie des Canuts. Il nous faut changer le terrain même sur lequel prospère le fascisme :

briser le lien entre rareté économique et désignation d’un ennemi, créer une nouvelle richesse par

la productivité des machines et la monnaie pure, bâtir une banque verte ou une écomonnaie, pour

répondre au défi écologique et donner des revenus indépendants du travail salarié. Car si nous

restons prisonniers du capitalisme de rareté, nous continuerons à chercher des boucs émissaires.

Si nous inventons une richesse nouvelle, nous pourrons enfin sortir du piège qui alimente le

fascisme.

Le fascisme n’entre pas par effraction : il s’installe dans nos habitudes. Pour l’arrêter, il

ne suffit pas de dénoncer ses discours, il faut créer une société qui n’ait plus besoin de boucs

émissaires


 


 

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Rédigé par ddacoudre

Publié dans #critique

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Publié le 12 Juillet 2026

L’hélice de 1995 et l’avenir du monde

Quand le capitalisme mondial ne laisse que deux issues : le conflit ou une nouvelle comptabilité de la vie.

Tous ce que Nous ne savons pas ou ne voulons pas savoir, pour ne lire que ce que nous pouvons comprendre comme l'indique l’hélice 1995 pour la France, avec une chute de 53 points de compréhension de la complexité (ligne jaune).

Cette hélice structurellement se rencontre dans tous les pays, elle n'est pas la volonté de quelques individus mais celui du comportement capitaliste des citoyens du monde. L'hélice 1995 n'est pas la conséquence d'un seul élément, mais d'une conjonction de plusieurs facteurs comme je l'indique ci-dessous, pour la France, d'autres états reconstituent cette hélice à d'autres dates.

Fin des trente glorieuses.

1973 la loi sur la Banque de France le début des problèmes de la dette publique française.

1983 : tournant de la rigueur, acceptation du cadre économique dominant.

1990 : Le débat sur la "panne" de l'ascenseur social apparaît.
1992 : Maastricht, verrouillage européen et monétaire.
1995 : fracture sociale, puis déception politique.
2002 : choc Le Pen au second tour, mais sans remise en cause profonde.
2008 : crise financière, sentiment que les responsables ne paient pas.
2017 : recomposition politique, affaiblissement PS/LR, montée du face-à-face centre/RN.
2018-2019 : Gilets jaunes, expression d’une colère sociale non représentée.
2022-2024 : banalisation électorale du RN et diffusion de ses thèmes dans une partie de la droite.

Cela permet de comprendre que le RN n’arrive pas par accident. Il pousse sur un terrain déjà labouré par quarante ans de défiance, de promesses non tenues, de perte de culture politique et d'abandons d'une majorité de citoyens des lieux d'expression démocratique.

Le mouvement de la population vers la RN n'est pas un bien pour un mal, c'est un glissement général du monde occidental capitaliste que le développement suivant va essayer, par un résumé de 50 ans d'activité politique sociale et économique, d'illustrer.

Ce développement tachera d'expliquer les risques connu du capitalisme que nous refusons de reconnaître, et que nous n'apprenons pas, alors qu'ils ont ensanglanté le monde cycliquement.

Nous croyons souvent que nos difficultés sont franco-françaises. Nous regardons la progression du Rassemblement national, la défiance envers les partis, la colère sociale, la montée de l’insécurité ressentie, la perte de confiance dans les institutions, comme si tout cela venait seulement de notre histoire nationale, de nos gouvernements successifs, de nos erreurs électorales ou de nos querelles médiatiques.

C’est une erreur de perspective.

La France a bien son histoire propre. Mais cette chronologie française n’est qu’une forme nationale d’un mouvement plus large. Elle ne doit pas nous faire croire que le mal est seulement français.

Ce que j’appelle l’hélice de 1995 permet justement de comprendre cela. Elle n’est pas une courbe officielle. Elle est un modèle de lecture. Elle montre le croisement de plusieurs tendances : la baisse de la confiance politique, l’affaiblissement de la culture critique, la montée du monde transmis par les médias, l’insécurité suggestive, le mécontentement structurel et l’attraction populiste. En France, ce croisement devient particulièrement visible autour de 1995. Mais le mécanisme peut se retrouver ailleurs, avec d’autres dates, d’autres partis, d’autres récits nationaux, d’autres peurs collectives.

Le RN n’arrive donc pas comme un accident. Il pousse sur un terrain labouré depuis longtemps : promesses non tenues, désindustrialisation, déclassement réel ou ressenti, perte de repères collectifs, disparition d’une grande alternative anticapitaliste(1989 effondrement communiste), affaiblissement des partis traditionnels (confusion de la bipolarité), domination d’une information émotionnelle et répétitive (stratégie de l'émotion). Le RN n’est pas seulement une cause ; il est aussi un symptôme. Il devient le porte-drapeau d’une société qui a cessé de comprendre les mécanismes qui la conduisent où elle va. Dans le graphique Français nous voyons bien, que les deux directions indiquées ne vont pas disparaître d'un coup de baguette Magique.

L’hélice de 1995 et l’avenir du monde

La question devient alors plus vaste : est-ce que cette hélice est seulement française ?

La réponse est non.

Elle peut valoir pour tous les pays qui combinent une économie capitalistique concurrentielle, une information de masse émotionnelle, des institutions contestées, des citoyens éloignés de la compréhension des mécanismes économiques, et des offres politiques capables de transformer la peur en identité.

Dans beaucoup de pays occidentaux, on retrouve cette structure. Aux États-Unis, le croisement ne se situe pas exactement en 1995, mais il passe par les années 1990, le 11-Septembre, la guerre contre le terrorisme, la crise financière de 2008, puis Trump. Au Royaume-Uni, il mène vers le Brexit. En Italie, il passe par l’effondrement des anciens partis, Berlusconi, la télévision politique, puis la droite nationaliste. En Allemagne, il a été plus tardif, freiné par la mémoire historique, les institutions fédérales et la culture de coalition, mais la progression de l’AfD montre que le mécanisme peut aussi s’y installer.

L’hélice de 1995 et l’avenir du monde

Le point commun est clair : lorsque la confiance politique baisse, que les partis ne structurent plus une compréhension collective, que l’information devient émotionnelle, et que la société ne sait plus distinguer le monde vécu, le monde factuel et le monde transmis, alors le citoyen ne vote plus seulement sur ce qui est réel. Il vote sur ce qu’il ressent comme réel.

Le Reuters Institute observe en 2025 que les médias traditionnels ont de plus en plus de difficultés à maintenir le lien avec le public, avec un engagement en baisse, une confiance faible et une concurrence croissante des plateformes, des vidéos, des réseaux sociaux, des influenceurs et des médias partisans. L’OCDE montre de son côté que, dans trente pays étudiés, la part des citoyens ayant peu ou pas confiance dans leur gouvernement atteint 44 %, contre 39 % ayant une confiance élevée ou modérée. Elle souligne aussi que le sentiment de ne pas avoir son mot à dire pèse fortement sur la confiance politique.

Cela signifie que la crise démocratique occidentale n’est pas seulement une crise des partis. C’est une crise de la compréhension. Les citoyens reçoivent plus d’informations que jamais, mais ces informations ne forment pas nécessairement une intelligence collective. Elles peuvent au contraire fragmenter, inquiéter, opposer, saturer, simplifier. Nous ne manquons pas d’images ; nous manquons de filtres pour empêcher une boucle de s'auto-alimenter.

L’hélice de 1995 et l’avenir du monde

C’est ici que l’hélice devient mondiale.

On oppose souvent l’Occident capitaliste aux BRICS, présentés comme un ensemble non aligné, voire comme une alternative au monde occidental. Mais cette opposition masque une réalité plus dérangeante : les BRICS ne sont pas hors du capitalisme. Ils sont eux aussi entrés dans la compétition capitalistique mondiale. La différence n’est plus principalement entre communisme et capitalisme. Elle est entre plusieurs formes de capitalisme : capitalisme libéral occidental, capitalisme d’État chinois, capitalisme industriel indien, capitalisme énergétique russe ou moyen-oriental, capitalisme agricole et minier brésilien, capitalismes de ressources, de services et de marchés intérieurs.

Les BRICS élargis rassemblent aujourd’hui onze grands pays émergents ou en développement : Brésil, Chine, Égypte, Éthiopie, Inde, Indonésie, Iran, Russie, Arabie saoudite, Afrique du Sud et Émirats arabes unis. Le site officiel des BRICS 2026 les présente comme une plateforme de consultation et de coopération sur les enjeux de gouvernance mondiale, économique et politique.

Leur force ne vient pas d’une unité idéologique. Elle vient d’une addition d’atouts : population, énergie, minerais, agriculture, industrie, services, ports, marchés intérieurs, fonds souverains, technologies, armées, monnaies, circuits commerciaux alternatifs. Les BRICS ne forment pas un bloc homogène. Mais ils expriment une transformation historique : le centre du capitalisme mondial n’est plus exclusivement occidental.

L’hélice de 1995 et l’avenir du monde

C’est ici que l’histoire devient ironique.

c'est le revers de la médaille. L’Occident a gagné la guerre froide contre le communisme. Mais il l’a gagnée en imposant au monde ses propres armes : concurrence, productivité, ouverture commerciale, baisse des coûts, délocalisation, financiarisation, chaînes mondiales de production, innovations technologiques, domination monétaire. Or ces armes ont été reprises par ceux qui étaient autrefois périphériques ou dominés et qui se retrouvent dans le BRIC.

L’hélice de 1995 et l’avenir du monde

La Chine est l’exemple le plus spectaculaire. Alain Peyrefitte avait déjà annoncé en 1973, avec Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera, que la montée chinoise finirait par bouleverser l’équilibre mondial. Jacques Attali a également pensé l’histoire comme une succession de centres de puissance, appelés à se déplacer avec les formes du marché, de la technologie et du pouvoir.

Notre suffisance nous a écarté de leur vision en favorisant leur développement par intérêts immédiats

La Chine inquiète l’Occident parce qu’elle ne se contente plus d’être un pays à bas salaires, toujours cité comme bouc émissaire. Elle est devenue une puissance industrielle complète : usines, ports, infrastructures, électronique, batteries, véhicules électriques, panneaux solaires, terres rares, logiciels, plateformes, banques publiques, planification industrielle et marché intérieur immense.

Son atout principal est la combinaison de quatre forces : une masse de main-d’œuvre, un État stratège (planification), une industrie intégrée et une capacité d’exportation gigantesque. La balance commerciale le montre clairement. En 2024, l’Union européenne a exporté pour 213,3 milliards d’euros de biens vers la Chine, mais en a importé pour 517,8 milliards, soit un déficit de 304,5 milliards d’euros. La Chine était alors le premier partenaire de l’Union européenne pour les importations de biens.

Aux États-Unis, malgré les droits de douane et la volonté de découplage, la dépendance reste visible. Les données de l’USTR indiquent qu’en 2025 les États-Unis ont exporté pour 106,3 milliards de dollars de biens vers la Chine, mais en ont importé pour 308,4 milliards, soit un déficit commercial de 202,1 milliards de dollars.

Ce qui inquiète donc l’Occident, ce n’est pas seulement le “prix chinois”. C’est le fait que la Chine soit passée du textile, des jouets et de l’assemblage à l’électronique, aux batteries, aux véhicules électriques, aux infrastructures numériques, aux machines et aux secteurs stratégiques. L’Agence internationale de l’énergie note que la transition énergétique accroît la demande de minerais critiques comme le cuivre, le lithium, le nickel, le cobalt, le graphite et les terres rares, et que les grandes augmentations d’offre sont notamment menées par la Chine, l’Indonésie et la République démocratique du Congo.

L’Inde inquiète autrement. Elle n’est pas encore l’atelier industriel mondial au niveau de la Chine, mais elle possède d’autres atouts : services informatiques, ingénierie, externalisation, logiciels, télécommunications, finance, langue anglaise, diaspora, formation scientifique, coût du travail et marché intérieur immense. Pour l’année financière 2024-2025, les services indiens ont dégagé un excédent estimé à 188,57 milliards de dollars, avec 383,51 milliards de dollars d’exportations de services contre 194,95 milliards d’importations.

Cela signifie que la Chine concurrence l’usine occidentale, tandis que l’Inde concurrence de plus en plus les services qualifiés, les centres d’ingénierie, les tâches informatiques, les plateformes numériques et demain une partie de l’industrie par la stratégie dite “China + 1”, qui consiste à chercher une base alternative à la Chine sans revenir nécessairement en Occident.

Les autres BRICS n’inquiètent pas de la même manière. La Russie pèse par l’énergie, les matières premières, l’armement, le nucléaire et le territoire. Le Brésil pèse par l’agriculture, les minerais, l’eau, l’alimentation mondiale et l’espace continental. Les pays du Golfe pèsent par l’énergie, les fonds souverains, la finance, les ports et les investissements. L’Indonésie pèse par sa population, son marché intérieur, son nickel et sa position stratégique. L’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Éthiopie et l’Iran pèsent par leurs ressources, leurs positions régionales, leurs corridors commerciaux, leur énergie ou leur rôle géopolitique.

Le commerce extérieur devient alors un thermomètre. Il ne dit pas tout, mais il révèle une chose simple : quand un pays importe durablement plus de biens industriels qu’il n’en exporte, il dépend d’une production organisée ailleurs. La France en donne un exemple parlant. En 2025, son déficit commercial de biens s’est réduit à 69,2 milliards d’euros, après 79,3 milliards en 2024 et 98,4 milliards en 2023, mais il reste supérieur à son niveau de 2019. Les exportations françaises atteignaient 614,7 milliards d’euros, contre 683,9 milliards d’importations.

Ce déficit n’est pas seulement comptable. Il signifie que la France achète à l’extérieur une partie de ce qu’elle ne produit plus, ou ne produit plus assez compétitivement. Elle conserve des forces : aéronautique, luxe, pharmacie, agroalimentaire, services. Mais elle a perdu beaucoup de profondeur industrielle. La balance commerciale devient alors le miroir d’une perte de souveraineté productive.

La contradiction occidentale est donc profonde.

L’Occident a voulu un monde ouvert pour vendre, investir, délocaliser et imposer ses normes (la loi du marché). Mais un monde ouvert permet aussi aux autres de monter en puissance. Tant que la concurrence servait à baisser les coûts des entreprises occidentales, elle était présentée comme naturelle. Quand elle revient sous forme d’importations chinoises, de services indiens, de minerais contrôlés par d’autres, de fonds souverains non occidentaux ou de marchés qui échappent aux anciennes puissances, elle devient une menace.

L’Occident découvre que la concurrence qu’il avait présentée comme rationnelle devient inquiétante lorsqu’elle n’est plus à son avantage, c'est a dire qu'il ne pille plus la richesse des autres, non pour la répartir mais pour alimenter ses capitaux.

L’hélice de 1995 et l’avenir du monde

C’est là que les États-Unis occupent une place centrale. Ils ne sont pas seulement une puissance parmi d’autres. Ils sont la puissance qui a organisé l’ordre mondial après l’Europe. Ils ont dominé par le dollar, l’armée, les technologies, les multinationales, les institutions internationales, les plateformes numériques et le contrôle des routes commerciales. Une telle puissance n’accepte pas facilement de devenir ordinaire.

L’élection de Donald Trump et ses mesures économiques ne contredisent pas cette analyse. Elles l’illustrent. Les mesures tarifaires de 2025, notamment les “reciprocal tariffs” et les mesures visant la Chine, montrent une volonté de corriger par la contrainte commerciale ce que le libre-échange ne garantit plus : la supériorité américaine. La Maison Blanche a notamment justifié certaines hausses de droits contre la Chine par la réponse chinoise aux mesures américaines.

Il serait imprudent d’affirmer qu’un conflit majeur est certain. Mais il serait naïf de croire que la puissance dominante acceptera toujours pacifiquement son déclassement. Quand une puissance a construit sa domination mondiale sur la supériorité économique, militaire, technologique et monétaire, elle peut être tentée de défendre cette supériorité par des moyens de plus en plus durs.

Le risque nucléaire s’inscrit dans cette logique de puissance. Il ne vient pas seulement des États-Unis. Il vient de toute structure internationale où les puissances nucléaires se sentent menacées, encerclées, humiliées ou déclassées. Mais les États-Unis sont au cœur du risque parce qu’ils sont au cœur de l’ordre mondial contesté. Le SIPRI alerte en 2025 sur l’émergence d’une nouvelle course aux armements nucléaires, dans un moment où les régimes de contrôle des armements sont fortement affaiblis. (la guerre en IRAN)

Cela ne signifie pas que la guerre est inévitable. Cela signifie que la logique concurrentielle mondiale, si elle reste la seule règle du jeu, pousse les blocs à se durcir. Chaque pays parle alors de souveraineté, de sécurité, de réindustrialisation, de protection des chaînes d’approvisionnement, de contrôle des exportations, de sanctions, de défense. L’écologie elle-même risque d’être absorbée par cette logique.

Car l’écologie peut changer la donne dans deux directions opposées.

La première direction est celle de la concurrence aggravée. La transition écologique a besoin de cuivre, lithium, nickel, cobalt, graphite, terres rares, batteries, réseaux électriques, semi-conducteurs, logiciels, intelligence artificielle et énergie. Celui qui contrôle ces ressources contrôle une partie de l’avenir industriel. L’Agence internationale de l’énergie souligne que les minerais critiques sont devenus centraux pour les technologies propres et que leur production et leur transformation restent concentrées dans un nombre limité de pays.

Dans cette première voie, l’écologie devient une nouvelle guerre économique : qui contrôle le lithium ? qui raffine les terres rares ? qui fabrique les batteries ? qui produit les panneaux solaires ? qui possède les brevets ? qui impose les normes ? qui recycle ? qui dépend de qui ? La transition écologique ne libère pas alors l’humanité de la concurrence ; elle lui donne de nouveaux champs de bataille.

La deuxième direction est celle de la coopération. Le climat, l’eau, les terres agricoles, les océans, l’énergie, les migrations, les pandémies, la biodiversité et les risques technologiques ne peuvent pas être résolus par une seule puissance. Aucun pays ne peut sauver seul son climat, sa sécurité alimentaire, ses chaînes d’approvisionnement ou son équilibre énergétique. La planète impose donc une évidence que le capitalisme concurrentiel refuse encore : nous sommes interdépendants.

L’hélice de 1995 et l’avenir du monde

C’est ici que le Modèle Joule peut devenir une troisième voie.

Il ne s’agit pas de demander aux BRICS d’adopter l’Occident. Il ne s’agit pas non plus de demander à l’Occident de s’effacer devant les BRICS. Il s’agit de reconnaître que tous sont enfermés dans le même paradigme : produire plus vite, vendre plus, capter les marchés, réduire les coûts, augmenter la productivité, contrôler les ressources, dominer les concurrents. C’est ce paradigme qui conduit à l’hélice : perte de sens, perte de confiance, monde transmis, peur, ressentiment, populisme, autoritarisme.

Le Modèle Joule propose de changer la comptabilité. Aujourd’hui, nous comptons la monnaie, le PIB, les profits, les déficits, les dettes et les balances commerciales. Mais nous ne comptons pas correctement l’énergie humaine, l’énergie machine, le temps libéré, l’apprentissage, la maintenance, les besoins réels, les ressources naturelles, les conséquences écologiques, ni les effets sociaux de la productivité.

Or l’automatisation, l’intelligence artificielle et la robotique posent une question simple : si la machine produit de plus en plus à la place de l’homme, pourquoi continuer à organiser la vie autour du salaire comme si le travail humain restait le seul pilier de la subsistance ? Et si la planète devient finie dans ses ressources disponibles, pourquoi continuer à gouverner par la concurrence illimitée ?

Le Modèle Joule ne prétend pas supprimer la production. Il cherche au contraire à la rendre visible. Il rappelle que toute richesse vient d’une énergie mobilisée : énergie humaine, énergie machine, énergie naturelle, savoir, organisation, maintenance. Si nous continuons à ne compter que la monnaie, nous laisserons la concurrence transformer l’écologie en guerre économique et la technologie en arme de domination. Si nous comptons l’énergie réelle, les besoins réels et le temps humain libéré, alors nous pouvons construire une coopération.

L’alternative historique devient donc claire.

Dans le premier avenir, l’Occident et les BRICS continuent à utiliser les mêmes armes : productivité, concurrence, dette, monnaie, technologies, matières premières, sanctions, armement, information, influence, contrôle des marchés. Ce chemin mène à une guerre économique permanente, et possiblement à un conflit majeur si l’une des grandes puissances refuse son déclassement.

Dans le second avenir, les puissances reconnaissent que la rareté écologique, l’automatisation, l’intelligence artificielle, les matières premières et le temps humain obligent à changer de comptabilité. Il ne s’agit plus seulement de savoir qui domine. Il s’agit de savoir comment l’humanité peut produire, apprendre, vivre, réparer et transmettre sans se détruire.

L’hélice de 1995 n’est donc pas seulement une lecture de la France. Elle est un avertissement. Elle montre ce qui arrive quand les citoyens perdent les outils pour comprendre le monde réel, le monde vécu et le monde transmis. En Occident, son moteur est souvent le marché médiatique, l’émotion, la concurrence politique et l’effondrement des alternatives collectives. Dans les BRICS démocratiques ou électoraux, elle existe sous d’autres formes, mêlant frustrations sociales, réseaux sociaux, nationalismes et polarisation. Dans les BRICS autoritaires, elle devient plutôt une spirale d’encadrement : récit national, contrôle de l’information, désignation d’ennemis, surveillance, limitation de l’opposition et légitimation du pouvoir par la stabilité ou la grandeur nationale. V-Dem documente d’ailleurs depuis plusieurs années la progression de l’autocratisation et les atteintes aux libertés civiles, à la société civile ou à la liberté d’expression dans de nombreux pays.

La question n’est donc plus seulement : comment empêcher le RN ? Elle devient : comment empêcher que chaque pays, sous des formes différentes, soit aspiré par son hélice intérieure ?

La réponse ne peut pas être seulement électorale. Voter reste nécessaire, mais voter sans comprendre ne suffit plus. Changer de gouvernement sans changer les mécanismes économiques, médiatiques et cognitifs qui produisent la défiance ne fera que déplacer la colère. Nous continuerons alors à élire, espérer, décevoir, punir, recommencer. Et chaque échec nourrira la demande d’autorité.

L’écologie et la technologie nous placent devant une bifurcation. Ou bien elles deviennent les nouveaux champs de bataille du capitalisme mondial, et alors l’Occident et les BRICS iront vers une confrontation de plus en plus dure. Ou bien elles obligent les puissances à comprendre que la planète ne peut plus être gouvernée par la seule concurrence.

Dans ce cas, il faut un nouveau langage commun.

Le Modèle Joule peut être ce langage. Non pas une idéologie occidentale de plus. Non pas une morale adressée aux autres. Mais une comptabilité de la vie : énergie humaine, énergie machine, ressources naturelles, apprentissage, production réelle, besoins collectifs, temps libéré, maintenance et coopération.

L’Occident n’est pas menacé par un retour du communisme. Il est concurrencé par les capitalismes qu’il a contribué à mondialiser.

La Chine et l’Inde ne sont pas des anomalies. Elles sont le retour logique des règles que l’Occident a imposées au monde.

Les BRICS ne sont pas hors du capitalisme. Ils en sont une autre phase.

La crise démocratique n’est pas seulement française. Elle est le symptôme politique d’une concurrence économique mondiale devenue incapable de produire une compréhension commune.

La vraie alternative n’est donc plus entre l’Occident et les BRICS. Elle est entre deux civilisations possibles : une civilisation de la concurrence jusqu’au conflit, ou une civilisation de la coopération par une nouvelle comptabilité de la vie.

La transition écologique peut devenir une guerre pour les ressources, ou l’occasion de changer la comptabilité du monde. Le Modèle Joule propose de compter la vie réelle : énergie humaine, énergie machine, ressources, besoins, apprentissage et maintenance.

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Publié le 9 Juillet 2026

Le changement du monde occidental.

La période électorale devrait être un moment particulier : celui où les citoyens peuvent sortir de la domination médiatique quotidienne pour reprendre la maîtrise de leur jugement. Depuis des mois, l’espace public semble pourtant occupé par la figure de Marine Le Pen, comme si son éventuelle élection pouvait, à elle seule, résoudre les difficultés économiques, sociales et démocratiques accumulées depuis plusieurs décennies.

Or le problème est plus profond. L’économie capitaliste, telle qu’elle s’est développée depuis les années 1980, a lentement produit de l’amertume, de la méfiance, du déclassement ressenti et une perte de confiance dans la parole politique, introduisant un changement essentiel à mesurer à partir de 1995.

La RN et une partie de la droite radicalisée n’en sont pas les causes premières ; ils en sont plutôt les porte-drapeaux. Certains par convictions d'autres par opportunismes électoraux.C’est précisément pour cette raison qu’il serait dangereux de les porter au pouvoir : non parce qu’ils auraient créé seuls cette dérive, mais parce qu’ils risquent de l’organiser politiquement dans une société déjà fragilisée, de plus en plus attirée par des valeurs autoritaires, identitaires et fascisantes.

Ce n’est pourtant pas de cela que le débat public traite réellement. Pendant plus de trente ans, les citoyens ont été égarés par des gouvernements successifs qui ont présenté comme des crises exceptionnelles, ce qui était, en réalité, le fonctionnement normal d’un modèle économique accepté depuis 1983. En l’absence d’une opposition suffisamment puissante, et aussi d’une participation citoyenne assez consciente pour la rejoindre, la responsabilité a été renvoyée sur les leaders, les partis ou les circonstances, plutôt que sur l’affaiblissement de la culture politique elle-même.

Beaucoup de citoyens se sont alors retrouvés dépendants des sondages, des commentaires médiatiques, des images répétées et des impressions immédiates, sans disposer des outils critiques nécessaires pour comprendre la profondeur des mécanismes en cours.

De cet affaiblissement naît une formule dangereuse : « votons RN, puisque nous ne l’avons jamais essayé ». Cette opinion paraît simple, mais elle révèle une fracture intellectuelle profonde. Elle réduit l’acte démocratique à une expérimentation d’humeur, comme si l’on pouvait confier l’État à un parti sans examiner son histoire, ses valeurs, ses alliances, ses effets sociaux et les logiques qu’il porte. Ce n’est pas une pensée politique ; c’est une réaction de lassitude. Et c’est précisément ainsi que le populisme prospère : en transformant la colère légitime en réponse simpliste, en désignant des boucs émissaires, et en maintenant le pays dans le cap même qui a produit l’amertume, la peur et la défiance.

N'élisons plus sans comprendre : L'hélice de 1995.

C e graphique montre que les valeurs fascisantes n’ont pas commencé avec le FN/RN, et qu’une bonne partie des citoyens les partagent sans même le savoir.

Le graphique qui suit représente l’évolution générale à la suite de la disparition de l’Union soviétique et la période de transition autour de 1995. Ce ne sont pas les partis politiques qui ont généré à eux seuls la progression des courbes vers la fascisation et l’effondrement des institutions démocratiques.

N'élisons plus sans comprendre : L'hélice de 1995.

Dans celui qui suit est représenté ce que j’avais dénoncé en 1995 quand Chirac parlait de la fracture sociale j’avais souligné qu’elle s’accompagnait d’une fracture intellectuelle, que personne ne soulève, car nous n’allons jamais voir ce qu’il y a comme réalité derrière le miroir sans tain, nous satisfaisant de celui narcissique de nos salles de bain.

N'élisons plus sans comprendre : L'hélice de 1995.

Comme lecture supplémentaire qu’il faut retenir, c’est que ces trajectoires ne se sont pas inversées, elles ont poursuivi leur route, nous pouvons lire cela dans le baromètre de l’opinion publique qu’a publié le CEVIPOF le 17 février 2026. Nous devons comprendre de ce graphique qu’il ne peut y avoir un tour de magie d’élection d’un homme politique au pouvoir, si les citoyens n’ont pas assimilé que ce sont eux qui doivent changer.

N'élisons plus sans comprendre : L'hélice de 1995.

Mais nous ne pouvons pas y parvenir sans nous instruire dans des sources fiables de notre histoire sociale économique, et supprimer notre paradoxe, où les citoyens massivement ne font pas confiance dans les médias à 71% et les réseaux sociaux à 85%. Or ce sont eux qui façonnent l’opinion politique et émotionnelle des citoyens, comme le démontre le graphique ci dessous.

N'élisons plus sans comprendre : L'hélice de 1995.

Nous voyons très nettement la progression d’internet et des réseaux sociaux qui ont contribué au changement intervenu en 1995 en collaboration avec la télévision qui reste à un point culminant. Résultat, une chute de la confiance dans les partis politiques, suivant le résultat de février 2026, seuls 15% leur font confiance.

N'élisons plus sans comprendre : L'hélice de 1995.

Mais nous ne devons pas croire que nous sommes des victimes. Les graphiques que je vous présente valent pour la plupart des pays occidentaux, car ils tiennent du résultat de l’absence de bipolarité politique capitalisme/anticapitalisme durant plus de trente ans et trente ans d’informations capitalistes cela marque les esprits et produit toujours les mêmes résultats baisse des savoirs critiques, recherche de responsables boucs émissaires en dehors du néolibéralisme et développement de conflits général, où celui de la guerre froide fait exception dans l’histoire du capitalisme.

N'élisons plus sans comprendre : L'hélice de 1995.
Nous ne pouvons pas douter de l’emprise émotionnelle par rapport à la capacité réflexive. Cela pose un problème sérieux pour la démocratie; si nous devions passer à la démocratie directe nous aurions que des lois émotionnelles et un gouvernement émotionnel fascisant, nous nous rapprocherions encore plus vite de l’être primitif simpliste que de l’être culturel complexe, et il n’y a rien de péjoratif que de ne pas sortir de ses instincts. Nous n’avons pas choisi d’être ce que nous sommes, mais notre pensée associative peut par l’enseignement et l’apprentissage y remédier pour de pas déboucher sur la violence.

Le graphique suivant montre que nous avons une multitude de distributeurs d’information, mais toujours la même source. Il ne sera pas exagéré de parler de conditionnement l’égal de Pavlov.

N'élisons plus sans comprendre : L'hélice de 1995.

Chacun doit se souvenir avec l’élection de Mitterrand de la liberté de la presse : c’est la ligne jaune, le bleu, c’est l’illusion de cette liberté, chacun peut créer son organisme de presse, mais il diffusera ce qu’un lui donnera.

Il en résulte une suggestivité aux risques par le développement d’opinion qui sont transmis par l’ensemble des médias et de leur relais politique dans le jeu électoral.

N'élisons plus sans comprendre : L'hélice de 1995.

Ce graphique démontre la suggestibilité de l’insécurité par rapport aux risques réels. Les ascendantes ne sont pas une anomalie, elles sont le résultat de ce que l’on a appelé la stratégie de l’émotion à partir des années 90 où c’est restructuré l’information. Nous avons lentement, puis rapidement à partir de 1995 abandonné l’homme culturel fait de savoirs technicistes et de savoirs réflexifs et critiques pour ne retenir que ceux technicistes et retourner vers l’homme primitif aux réactions essentiellement émotionnelles. Sans une fracture intellectuelle, il n’y aurait pas eu de possibilité de réussir une stratégie de l’émotion, un seul site l’a dénoncé INFO sans INFO.

Le dernier graphique démontre le basculement du pays en 1995, ce que j’ai appelé l’hélice sociale politique.

N'élisons plus sans comprendre : L'hélice de 1995.

Le questionnement que soulèvent ces quelques graphiques c’est l’écart entre la réalité et le monde perçus. Or les citoyens vivent le monde perçu, loin des réalités factuelles, et demandent aux hommes politiques de résoudre des problèmes qui ne sont pas réels, mais perçus et suggestifs.

En continuant dans cette voie, qui que ce soit qui sera élu ne pourra pas trouver des solutions et de fait les citoyens conduiront le président élu à l’échec et postuleront son incapacité comme nous le faisons et l’avons fait pour tous les prédécesseurs de macron; il ne restera qu’à réclamer la dictature. C’est la voie qu’indiquent les graphiques que je vous ai présentés.

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 5 Juillet 2026

Comment empêcher une espèce devenue capable de tout détruire d’utiliser sa puissance contre elle-même.

Présentation de l’essai

Comment empêcher une espèce devenue capable de tout détruire d’utiliser sa puissance contre elle-même est un essai consacré à la divergence croissante entre le monde réel, le monde vécu et le monde transmis.

L’humanité est devenue techniquement puissante. Elle sait produire, communiquer, automatiser, surveiller, soigner, détruire, reconstruire, calculer et intervenir sur le monde à une échelle jamais atteinte auparavant.

Mais cette puissance technique ne s’est pas accompagnée d’une même maîtrise de nos peurs, de nos pulsions, de nos récits, de nos institutions et de nos décisions collectives.

Nous disposons d’outils du XXIᵉ siècle, mais nous réagissons encore souvent avec des mécanismes biologiques très anciens : peur, rivalité, recherche de protection, désignation d’un danger, besoin d’autorité, défense du groupe, rejet de l’autre, simplification du réel.

Cet essai cherche donc à comprendre comment une société peut devenir plus informée, plus surveillée, plus réglementée, plus médiatisée, et pourtant se sentir plus inquiète, plus menacée et plus défiantes envers ses institutions.

Idée centrale

Le problème contemporain n’est pas seulement que le monde est dangereux.

Le problème est que nous confondons de plus en plus trois réalités différentes :

le monde réel, celui des faits mesurables ;
le monde vécu, celui que chacun éprouve dans son existence ;
le monde transmis, celui que les médias, les réseaux sociaux, les images, les récits politiques et les émotions collectives nous montrent en permanence.

Lorsque ces trois mondes se séparent, la démocratie devient fragile.

Le risque réel peut rester stable ou modéré, tandis que le risque ressenti augmente. La peur peut alors devenir plus puissante que la mesure. L’émotion peut remplacer l’analyse. Le fait divers peut devenir une représentation générale du monde.

Les indices utilisés dans l’essai

Pour rendre cette divergence visible, l’essai utilise plusieurs indices de lecture.

IRR — Indice de Risque Réel
Il cherche à mesurer le risque effectivement encouru par un citoyen : fréquence statistique, probabilité d’exposition, gravité potentielle, population réellement concernée.

IRS — Indice de Risque Suggestif
Il mesure la force médiatique, émotionnelle et psychologique d’un risque : visibilité, répétition, dramatisation, réseaux sociaux, charge émotionnelle, capacité à produire peur ou indignation.

IAP — Indice d’Aggravation Pénale
Il observe l’intensité de la réponse répressive : durcissement des lois, augmentation des peines, nouvelles incriminations, surveillance, incarcération, dispositifs d’exception.

IPD — Indice de Pression Délinquante
Il cherche à représenter les pressions sociales pouvant favoriser certains passages à l’acte : précarité, chômage, inflation, frustration, isolement, endettement, déclassement, désirabilité de consommation.

Ces indices ne remplacent pas les statistiques officielles. Ils proposent un filtre de lecture pour comprendre comment un fait réel devient une peur collective, puis une demande politique, puis une réponse institutionnelle.

Le cœur du raisonnement

L’essai montre que la société contemporaine traite souvent davantage la peur que les causes.

Un fait divers réel peut être rare, mais fortement médiatisé. Il devient alors visible, répété, commenté, dramatisé. Cette répétition alimente le sentiment d’insécurité. Le sentiment d’insécurité nourrit ensuite la demande d’ordre. La demande d’ordre pousse les institutions à durcir la réponse pénale. Ce durcissement confirme à son tour l’idée que le danger est partout.

La boucle devient alors auto-entretenue :

fait réel → médiatisation → émotion → peur → demande d’ordre → durcissement pénal → validation du danger → nouvelle peur.

Ce mécanisme ne signifie pas que les dangers n’existent pas. Il signifie que leur perception peut devenir autonome par rapport à leur fréquence réelle.

Une société peut donc devenir plus inquiète sans être nécessairement beaucoup plus exposée. Elle peut réclamer plus de contrôle sans résoudre les causes profondes des violences, des ruptures sociales, des passages à l’acte et de la défiance démocratique.

Vieillissement, vulnérabilité et sentiment d’insécurité

L’essai montre aussi que le sentiment d’insécurité n’est pas seulement produit par les médias ou par la criminalité. Il dépend aussi de la structure de la population.

Une société vieillissante ressent plus fortement la vulnérabilité. À risque réel comparable, une personne âgée peut se sentir davantage exposée qu’une personne jeune, parce que les conséquences d’une agression, d’une chute, d’une intrusion, d’une arnaque ou d’un isolement sont plus graves pour elle.

Le vieillissement transforme donc la réception du danger.

Cela ne veut pas dire que la peur est fausse. Elle est réelle pour ceux qui la vivent. Mais elle ne mesure pas seulement la criminalité. Elle mesure aussi la fragilité biologique, sociale et existentielle de la population.

Défiance démocratique et demande d’autorité

Lorsque le monde transmis devient plus fort que le monde réel, la démocratie se fragilise.

Les citoyens ne votent plus seulement à partir de faits mesurés. Ils votent aussi à partir d’images, de peurs, de récits, d’indignations et de dangers ressentis.

Cette situation peut favoriser la demande d’autorité, la recherche d’un homme providentiel, la défiance envers les institutions, la surveillance accrue, le durcissement pénal et la montée de valeurs fascisantes.

L’essai ne dit pas que les citoyens deviennent naturellement autoritaires. Il montre que leur perception du monde peut le devenir lorsque l’information émotionnelle remplace durablement la compréhension.

Quand le danger semble permanent, la liberté devient secondaire.

Lien avec le Modèle Joule

Cet essai complète les deux précédents.

Rémunérer les hommes pour apprendre proposait de reconnaître l’apprentissage comme une richesse humaine fondamentale.

La République de l’énergie humaine proposait de reconnecter le financement de la vie à la richesse réellement produite par l’énergie humaine et l’énergie-machine.

Ce troisième essai montre pourquoi cette transformation ne peut pas être seulement économique. Elle doit aussi être culturelle, démocratique et anthropologique.

Une société ne peut pas seulement produire plus. Elle doit aussi apprendre à mieux comprendre ce qu’elle produit, ce qu’elle craint, ce qu’elle transmet, ce qu’elle punit et ce qu’elle décide.

Le Modèle Joule cherche ainsi à agir en amont des tensions : réduire la précarité, la peur du manque, l’exclusion, la frustration, la dépendance au salaire, la concurrence destructrice et les facteurs sociaux qui alimentent la pression délinquante.

Table des matières simplifiée

  1. Définir l’IRR, l’IRS, l’IAP et l’IPD
  2. La fracture entre monde réel, monde vécu et monde transmis
  3. La transformation de l’information en émotion collective
  4. Criminalité réelle et criminalité perçue
  5. Faits divers, médiatisation et construction du danger
  6. Réponse pénale, surveillance et demande d’ordre
  7. Vieillissement, vulnérabilité et sentiment d’insécurité
  8. Défiance démocratique et montée des demandes d’autorité
  9. Valeurs fascisantes et stratégie de l’émotion
  10. Économie, précarité et pression sociale
  11. Automatisation, salariat et crise du financement de la vie
  12. Le Modèle Joule comme changement de référentiel
  13. Résistances au changement
  14. Temps libéré, apprentissage et nouvelles richesses
  15. Le retour du filtre critique

Formule centrale

Une démocratie ne peut pas décider lucidement si elle confond ce qui est, ce qu’elle ressent et ce qu’on lui montre.

Lien vers le PDF

Document complet : consulter le fichier — Comment empêcher une espèce devenue capable de tout détruire d’utiliser sa puissance contre elle-même

Citation recommandée

DDacoudre, Comment empêcher une espèce devenue capable de tout détruire d’utiliser sa puissance contre elle-même, essai sur la divergence entre monde réel, monde vécu et monde transmis, le sentiment d’insécurité, la réponse pénale, la défiance démocratique, les valeurs fascisantes et la nécessité d’un filtre critique.

Mots-clés

Monde réel — monde vécu — monde transmis — IRR — IRS — IAP — IPD — criminalité — sentiment d’insécurité — peur — médias — faits divers — justice pénale — surveillance — vieillissement — vulnérabilité — défiance démocratique — valeurs fascisantes — demande d’autorité — information émotionnelle — filtre critique — Modèle Joule — démocratie — paix — coopération mondiale.

Note au lecteur

Cet essai ne cherche pas à nier les dangers réels.

Il cherche à distinguer les faits, les perceptions et les récits.

Une société qui ne sait plus faire cette distinction peut devenir prisonnière de ses peurs. Elle risque alors de répondre aux images plutôt qu’aux causes, de durcir les sanctions sans réduire les ruptures, et de renforcer la surveillance sans reconstruire la confiance.

L’enjeu est donc de retrouver un filtre critique.

Mais cet essai porte aussi une interrogation plus vaste. L’humanité est entrée dans une époque où ses moyens techniques dépassent sa maturité politique et culturelle. Les guerres du passé ont souvent été suivies de reconstructions. Mais avec l’arme nucléaire, les armes de destruction massive, les technologies autonomes et les risques planétaires, la logique ancienne destruction-reconstruction atteint sa limite.

Une destruction générale ne laisserait peut-être plus personne pour reconstruire, sinon les scorpions.

Cet essai ouvre donc une proposition pour un futur plus paisible et plus collaborateur entre les peuples et les États du monde. Il ne s’agit plus seulement d’éviter une crise économique ou une crise politique. Il s’agit d’apprendre à orienter la puissance humaine vers la coopération plutôt que vers la destruction.

Le véritable progrès ne consiste pas seulement à devenir plus puissant.

Il consiste à devenir capable de ne pas utiliser cette puissance contre soi-même.

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 25 Juin 2026

Les choix économiques réels, leur coût pour les citoyens, et la limite commune du système

Le débat politique français est saturé de peurs.

Peur du déclassement. Peur de l’insécurité. Peur de l’avenir économique.

Et, à chaque élection, une peur revient avec insistance : celle d’un changement radical du système économique.

Parmi ces peurs, celle associée au programme de la France Insoumise occupe une place particulière.

Elle mérite d’être examinée sérieusement.

On dira que si l’on vote, autant que ce soit en connaissance de cause, c’est encore mieux; c’est également vrai pour ceux qui s’abstiennent, qu’ils sachent ce que cela engage.


 

Une évidence admise, une mécanique invisible

Il est aujourd’hui largement admis que le travail humain est à l’origine de la richesse.
Cette idée est partagée, répétée, intégrée.

Et pourtant, une dimension essentielle demeure invisible : la manière dont cette richesse circule, et surtout, la manière dont elle échappe à ceux qui la produisent.

Ce décalage entre perception et réalité constitue l’un des points aveugles majeurs de l’organisation économique contemporaine.

La boucle fondamentale : du travail au capital

Pour rendre visible ce qui ne l’est pas, il faut simplifier.

Un individu produit une valeur. Il est rémunéré pour cette production. Mais lorsque cette même valeur revient à lui sous forme de bien ou de service, qu’il achète comme client de sa propre production, elle intègre : le coût du travail, la consommation de l’employeur, l’accumulation de capital, et, le cas échéant, le coût du crédit. Un coût de crédit que nous examinerons plus tard.

Ainsi, la valeur produite revient à son producteur sous une forme augmentée. Elle retourne au capital.

Le salarié ne peut donc pas, avec sa seule rémunération, acquérir ce qu’il a lui-même produit.

Deux solutions s’imposent alors : produire davantage (productivité) ou d’endetter.

Dans les deux cas, la boucle se referme.

N’ayons pas peur de voter LFI

La reconstitution permanente du capital

Ce mécanisme a une conséquence déterminante : le capital engagé initialement n’est pas consommé, il est reconstitué, puis augmenté.

De fait la part de richesse créée par le travail humain qui retourne au capital servira à rémunère le salarié, permettre la consommation de l’employeur, reconstitue le capital et alimente sa croissance

autrement dit : le salarié est rémunéré par la richesse qu’il produit, mais cette richesse devient du capital, juridiquement distinct de lui, ce qui est connu du marxisme, la propriété des moyens de production, souvent démagogiquement confondu avec la propriété des biens de consommation et du patrimoine immobilier ou autre qui ne concourt pas à la production.

Le salarié est l’origine de la création de capital, mais non le détenteur, cela depuis des siècles bien avant que soit institué le droit à la propriété privée.

Une invisibilité structurelle

Ce mécanisme ne s’impose pas comme une évidence pour une raison simple : il est dilué dans le temps et les flux. Il n’apparaît jamais comme un tout, mais comme une succession d’actes séparés : travailler, être payé, consommer, emprunter.

Cette fragmentation empêche toute perception globale pour les citoyens lambda

L’individu ne voit pas la boucle. Il en vit seulement les effets.

Le compromis historique : liberté contre compréhension

Il serait erroné de nier les transformations historiques.

Par rapport aux sociétés antérieures, les individus ont acquis : une liberté réelle de mouvement et de choix, une capacité d’accès aux biens, une possibilité de constitution de patrimoine, une protection sociale élargie.

Ces acquis ne sont pas le fruit des possédants, ce sont les fruits : des luttes sociales, du développement du socialisme (avec tous ses errements), et de l’évolution des rapports de force syndicale et politique d’opposition.

Mais ce progrès produit un effet déterminant : il rend le système acceptable, pour les citoyens

Une servitude transformée

La contrainte n’a pas disparu.
Elle a changé de forme.

L’individu n’est plus attaché à une terre.
Il n’est plus juridiquement dépendant.

Mais il reste inséré dans une structure où : il produit une richesse qui se transforme en capital et qui lui échappe.

Cette situation est tolérée parce qu’elle s’accompagne d’une amélioration des conditions de vie.

La liberté de consommer remplace la compréhension du système.

N’ayons pas peur de voter LFI
N’ayons pas peur de voter LFI

C’est deux graphiques permettent de comprendre qu’il y a eu de 1950 à aujourd’hui par rapport à (800 à 1800) un changement de détention de la richesse, mec ce n’est pas cela le plus significatif, c’est une productivité qui a augmenté de 60 points, une liberté de 60 points, mais que l’autonomie économique, ce qui est essentiel pour jouir de sa liberté n’a progressé que de 25 points. Nous comprenons facilement que les gains de productivité n’ont pas bénéficié à ceux qui les ont produits, les salariés ont produit 60 points de plus et n’en ont reçu que 25, les 35 points d’écart ont bénéficié au capital.

Le choix caché : crédit privé ou dette publique

Le débat économique contemporain est souvent présenté comme un affrontement idéologique.

En réalité, il repose sur un choix beaucoup plus simple, mais rarement formulé clairement : qui doit financer la transformation économique, et à quel coût ?

Une ligne de fracture réelle, mais peu explicitée

Les formations politiques situées autour de LR, Horizons et Renaissances et autres dits de droite défendent une orientation cohérente : limitation de la dette publique, discipline budgétaire, confiance dans les marchés financiers, mobilisation du capital privé pour financer l’économie.

Cette position repose sur une idée simple : le capital doit être orienté vers les investissements les plus rentables, pour l’enrichissement de ceux qui détiennent les capitaux, et le travail salarié produira la distribution de dividende et d’augmentation de capital, qui sera réinvestie pour financer des emplois dans d’autres projets rentables en recherchant la réduction des charges qui le plus généralement consiste à supprimer des emplois qui peuvent être "machinisés" ou en réduisant le coût de la protection de la vie financé par la Sécurité sociale qui ne rentre pas dans la production d’investissement rentable. (privatisation vers des assurances, débat qui a eu lieu avec Jacques Chirac dans les états généraux de la Sécurité sociale, le 20 mars 1987 ).

Maastricht : un choix structurant

Cette orientation a été institutionnalisée en Europe avec les accords de Maastricht.

En limitant la capacité d’endettement des États, ces règles ont : restreint le financement public, favorisé le recours au crédit privé, renforcé le rôle des marchés financiers.

Traduction du recours au crédit privé, ce sont le recours aux des dépôts de capitaux qu’on produit les salariés en travaillant et qu’on leur prête, car avec la loi sur le louage des services ils sont dépossédés de la richesse qu’ils produisent contre un dédommagement pour leur service productif rendu (salaires) qui n’oblige en rien l’employeur à leur retourner une part du capital qu’ils produisent, sauf lois sur la participation et actionnariat.

Ce choix a été validé à l’époque par un PS au pouvoir devenu social-démocratie compatible avec la logique de marché. Contrairement à ce qui se dit, il n’y a en cela aucune trahison, seulement le droit de changer d’orientation politique. La problématique qui en a découlé fut la duperie entretenue en laissant croire que le socialisme était au pouvoir.

Une conséquence directe pour les citoyens

Dans ce système, les investissements sont réalisés : s’ils sont rentables pour les prêteurs.

Cela signifie que : les projets non rentables économiquement, mais utiles socialement ou écologiquement sont plus difficiles à financer.

Mais surtout : le coût du financement est plus élevé quand quelques investisseurs s’y engagent.

Crédit privé ou dette publique : qui paie le moins cher ?

Dans tous les cas de figure : ce sont les citoyens salariés qui remboursent par leur travail, par leur consommation, par les prix clients, puisque chaque employeur ou artisan et autre incluent leur consommation et prélèvement dans le prix client.

La différence ne porte pas sur le fait de payer, puisque le système a été élaboré pour que ce soient eux qui soient exploités dans la servitude ou le salaria, mais sur le montant payé. Il faut donc déplacer le débat.

Le crédit bancaire : le financement le plus coûteux

Lorsque l’on passe par le crédit privé : remboursement du capital plus les intérêts et la marge bancaire, le coût final est supérieur à la somme empruntée, nous connaissons tout cela.

Ce coût est invisible, car intégré dans l’économie quotidienne et nous ne discutons que les taux.

La dette publique : un financement mutualisé

Lorsque l’État emprunte : le taux est plus faible que celui pratiqué par les banques, il a une absence de logique de profit direct de l’état et une mutualisation du remboursement. Le coût global est inférieur pour la collectivité (sans analyser qui sont les investisseurs, et la garantie que représente l’état).

Le véritable intérêt des citoyens

Dès lors : les citoyens ont intérêt à privilégier les financements les moins coûteux, c’est le réflexe de tout capitaliste, et ces derniers auraient tort de le leur reprocher, si ce n’est pour dire clairement qu’ils le font pour diriger les crédits vers leur dépôt qui leur rapporte plus qu’un investissement public. Et cela ne vous est jamais expliqué bien que ce soit le fondement de l’accord de Maastricht.

Ainsi dans la plupart des cas : la dette publique coûte moins cher que le crédit privé pour les salariés qui la rembourseront. Je dis bien les salariés n’allaient pas imaginer que ce soit d’autres qu’eux parce qu’il ne nous est pas expliqué le transfert indirect qu’opèrent les entreprises et autres vers les prix client.

Le cas de la LFI : une transformation sans rupture

La France Insoumise propose : une redistribution accrue, un investissement public, une transformation écologique.

Dans les faits : ce sont toujours les citoyens salariés qui financeront grâce au transfert de prix client.

Mais la question n’est pas là.

La question est : combien cela leur coûtera ?

Et dans ce cadre : il n’y a pas de raison économique fondamentale d’avoir peur, ça coûtera moins cher pour chaque salarié, car ils auront à rembourser moins d’intérêts bancaires plus chers.

Politiquement la LFI tout en étant anti-capitaliste vit dans le système actuel et ne propose pas un modèle pour en sortir, comme le NPA ou lutte ouvrière qui propose le communisme. Delà sorte accuser la LFI d’être communiste est une fumisterie faite pour effrayer les ignorants.

Une illusion persistante

La dette publique fait peur parce qu’elle est visible.

Le crédit privé, lui, est : diffus, intégré dans les prix, invisible, alors qu’il coûte plus cher.

La limite commune du système

Cependant, ces deux approches, privée et publique se partagent une limite fondamentale : elles reposent toutes deux sur la même boucle économique.

Dans cette boucle : le travail salarié produit la richesse, cette richesse devient du capital, ce capital ne revient pas à ceux qui l’ont produit, il sera utilisé pour refinancer le salaire qui reproduira du capital et ainsi de suite depuis des millénaires.

N’ayons pas peur de voter LFI

La rupture du Modèle Joule

Le Modèle Joule que j’ai rédigé dans " La république de l’énergie humaine" accessible sur mon blog (ddacoudre overblog) propose une autre lecture. :

Il affirme que la richesse provient de l’énergie humaine et que nous en disposons dès la naissance;

Cette énergie représente une fois comptabilisé et monétisé en € à partir d’une valeur extraite du PIB, environ 32 000 milliards d’euros par an disponible pour financer la vie et les investissements écologiques, contre : environ 6 400 milliards d’euros actuellement reconnus avec le modèle capitaliste. Comme le modèle Joule ne spolie pas les riches possesseurs de capitaux, au total cela représente environ 38 000 milliards d’€ disponibles. Un autre monde.

Une inversion fondamentale

Dans le système actuel : le capital appartient à ceux qui le détiennent.

Dans le modèle Joule : il appartient à ceux qui le produisent sans empêcher la propriété des moyens de production qui n’auront plus besoin d’exploiter les salariés pour faire du capital et investir.

Une conséquence majeure

Les citoyens n’auraient plus à : financer leur existence par le crédit, dépendre d’un capital extérieur dont ils ne sont pas les propriétaires mêmes si ce sont eux qui le produisent.

Ils disposeraient : de leur propre capital énergétique monétisé pour faire leur choix économique et le gérer directement sans passer par l’état qui reste détentrice du pouvoir politique démocratique.

Le débat politique oppose : financement privé et financement public, comme un débat idéologique alors qu’il n’est que financier, et que personne ne sera dépossédé de ce qu’il a acquis si cher (3 fois),

mais ces deux options restent enfermées dans la même structure capitaliste ou néolibérale.

Alors le véritable choix n’est pas seulement politique, il est économique et cognitif : combien cela coûte réellement et à qui appartient la richesse produite.

Tant que cette question ne sera pas posée, les citoyens continueront de payer sans voir la boucle dans laquelle ils vivent et les alternances politiques continueront d’opérer sans transformation de fond.

Si les citoyens s’interrogent alors à qui doit appartenir la richesse, il deviendra idéologique, anthropologique et existentiel. Pour l’instant le seul choix de ce type est posé par le NPA, Lutte Ouvrière vers un communisme qui est dépassé et le mouvement anarchiste.

Conclusion

Nous ne vivons pas dans un système que nous choisissons.
Nous vivons dans un système que nous comprenons mal.

Nous produisons la richesse, mais nous ne voyons pas comment elle circule.

Nous la finançons, mais nous ne voyons pas combien elle nous coûte réellement.

Alors nous débattons, nous opposons des programmes, nous choisissons des camps.

Mais tant que la boucle reste invisible, nous ne changeons que les répartitions, jamais la structure.

Le véritable enjeu n’est pas d’avoir peur ou non d’un programme.

Il est de savoir : ce que nous produisons, ce que nous finançons, et ce que nous comprenons

Car une société qui comprend son économie peut la transformer.

Une société qui ne la voit pas s’y adapte, et finit toujours par élire ce qu’elle redoute. C’est actuellement la réalité. 92% (des citoyens d’étude cevipof) veulent trans former le capitalisme et jusqu’à présent votent pour ceux qui le soutiennent.

Ainsi si nous comprenons tout cela voter pour LFI ne représente aucun risque d’un retour du communisme comme les démagogues le développent, mais le coût le plus bas du développement économique et social.

N’ayons pas peur de voter LFI

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Rédigé par ddacoudre

Publié dans #Politique

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Publié le 24 Juin 2026

Le gouvernement a trouvé ses lampistes.

« L’étoile n’est jamais un accident. Elle est l’aboutissement d’un processus. Voici ce processus. »

Dans le meurtre de la petite Lyhanna, après un rapport pointant des dysfonctionnements, les premières sanctions tombent immédiatement : une magistrate et deux gendarmes du Gers sont visés, dès la publication des conclusions de l’IGGN et de l’IGJ.

« L’urgence n’a pas été prise en compte. »

Laurent Nuñez demande la mutation d’office du directeur d’enquête et du commandant de compagnie de Condom, avec mise à l’écart de la police judiciaire.

La machine est en route. Les responsables sont désignés. Le récit est prêt.

La fachosphère peut être satisfaite, accompagnée très certainement d’âmes naïves. Car ce qui se joue ici dépasse largement ce drame atroce : c’est la mécanique collective de réaction qui interroge.

À ce rythme, que demanderons-nous demain ?
Des fichiers comme pour les terroristes ?
Un suivi généralisé ?
Une marque visible pour les pédocriminels ?

Et pourquoi s’arrêter là ?

Après dix ans de soins, s’ils ne sont pas « guéris », on les brûle.
Et pour faire bonne mesure, on jette dans le même bûcher la magistrate, le commandant de gendarmerie, et tous ceux qui n’auront pas su prévoir l’imprévisible.

Je n’exagère pas. Je pousse simplement la logique jusqu’au bout.

Ne venez pas me dire que ce raisonnement est délirant. Je n’ai ni fumé ni bu. Mais j’observe les dérives, et elles sont là.

Avec ce meurtre, nous assistons à un basculement inédit : même Sarkozy, dans ses glissements sécuritaires passés, apparaît dépassé.

Nous sommes à des années-lumière de ce que réclament les spécialistes de ces problématiques paraphiliques.

Le docteur Mathieu Lacambre, intervenant dans l’affaire des viols de Mazan, travaille précisément sur ces sujets complexes. Ses travaux existent. Ils sont accessibles. Mais ils ne nourrissent pas le débat. ( VIOLENCES 29€ en PDF)

À la place, ce sont les ignorants, les vindicatifs, les faiseurs d’opinion et les chasseurs d’audience qui guident l’émotion collective.

Nous glissons depuis longtemps dans une fascisation lente.

Il n’y a pas un responsable unique.
Même si le RN l’exploite électoralement, il n’en est pas l’origine.

Nous y participons tous, sans nous en rendre compte.

Le fascisme ne porte plus de moustache.
Il s’habille de la protection des enfants.
Et dans ce cadre, tout devient acceptable.

Nous n’avions jamais atteint un tel degré de mise au pilori avant le retour symbolique du bûcher.

Même le gouvernement et l’Union européenne se mobilisent, comme si la question n’était pas déjà prise en charge depuis longtemps. Mais cela, les médias ne vous le disent pas.

Je suis démocrate. Je suis pour le pouvoir au peuple.

Mais quand je vois ce dont il est capable faute de connaissances, je constate qu’il est parfois plus proche de l’élection d’un tyran tous les cinq ans que de l’exercice éclairé de la démocratie.

Je souhaite que les magistrats et les gendarmes se mobilisent pour demander la réintégration de leurs collègues.

Que ceux qui prétendent savoir détecter un passage à l’acte s’engagent dans la police. Ils feraient œuvre utile.

Que ceux qui se croient détenteurs du sens de l’urgence quittent les manifestations et prennent des responsabilités concrètes. Peut être qu'ils connaissent le secret de l'indicateur absolu d'urgence et de gravité.

Car manifester est facile. Agir est autre chose.

Notre comportement collectif est d’autant plus indécent que, dans le même temps, 3,1 millions d’enfants meurent de faim chaque année dans le monde, soit plus de 8 000 par jour.

Ceux qui marchent en silence et lâchent des ballons auront au moins de beaux mollets.

Qu’on se comprenne bien : la pédocriminalité est une problématique grave, complexe, difficile à cerner. L’anthropologie montre à quel point elle traverse les sociétés et les époques.

Mais lorsque le meurtre d’un enfant déclenche une telle dérive punitive, cela signifie une chose :

ce crime n’est pas seulement un fait.

Il est le révélateur.

Le déclencheur.

La cristallisation d’un ensemble de tensions invisibles, profondes, accumulées, que notre société est incapable de penser autrement que par la punition.

Le gouvernement a trouvé ses lampistes.

La pédocriminalité se situe dans la catégorie "population désigné comme moralement dangereuse";

le 17 mai 1990, l’Organisation mondiale de la santé décide de ne plus considérer l’homosexualité comme une maladie mentale, la pédocriminalité la largement dépassé comme telle.

« Le plus inquiétant n’est pas que ce mécanisme existe. C’est qu’il fonctionne avec notre consentement. »

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 16 Juin 2026

Ce que je pense du programme de la France Insoumise pour l'élection de 2027.

J'étais avec Mélenchon au PS tendance jean Poperen. en janvier 1990 je rencontre Jox et je lui demande par quoi nous allons remplacer le vide laissé par l'implosion de l'URSS. Réponse par la social démocratie mise en place. Je quitte le PS en 95. Quand Mélenchon crée le PG j'y adhère, sa direction dissous la section est de Montpellier en 2021, j'adhère à l’écosocialisme et il me propose la porte à la suite d'un article sur le Patriarcat, depuis je suis la LFI et participe à son financement.

Donc j'ai lu avec attention le programme de la France Insoumise pour 2027.

Comme beaucoup de militants de gauche, je partage une grande partie des constats qu'il formule. La montée des inégalités est réelle.

La concentration de la richesse est réelle. L'affaiblissement des services publics est réel. La financiarisation de l'économie est réelle.

La dégradation démocratique est réelle. La fracture territoriale est réelle.

La concentration médiatique est réelle.

Le programme mais moins l'accent sur la fracture intellectuelle.

analyse du programme de la LFI 2027
analyse du programme de la LFI 2027
analyse du programme de la LFI 2027

Sur ces sujets, le diagnostic est souvent juste.

Pourtant, à mesure que l'on avance dans le programme, une question revient sans cesse : Le monde qu'il décrit est-il encore celui dans lequel nous vivons ?

Car depuis plusieurs décennies, la société française a profondément changé.

Les graphiques que j'ai établi montrent tous une rupture majeure à partir du milieu des années 1990, c'est visible sur le graphique ci-dessous à partir de 95 où se forme une hélice que je retrouverais souvent dans mes constructions graphiques pour visualiser la situation de la France..

analyse du programme de la LFI 2027

Cette rupture n'est pas seulement économique.

Elle est culturelle, politique, informationnelle et anthropologique. La confiance dans les institutions politiques s'est effondrée.

Les organisations collectives se sont affaiblies. La formation politique a reculé.

La compréhension des mécanismes économiques est devenue plus difficile. Le monde transmis a progressivement pris le pas sur le monde vécu.

Les citoyens sont davantage exposés à l'émotion qu'à l'analyse. La défiance progresse.

La demande de protection progresse. Les valeurs d'autorité progressent.

La société qui existe aujourd'hui n'est plus celle des années 1970. Des montrent cela.

analyse du programme de la LFI 2027

Or le programme de la France Insoumise me donne souvent l'impression d'avoir été conçu pour une société qui n'existe plus. 

Il repose largement sur l'idée que les citoyens vont se réapproprier les institutions, participer davantage, contrôler davantage, décider davantage.

L'intention est respectable.

Mais elle suppose une population disposant des connaissances nécessaires pour comprendre les mécanismes sur lesquels elle est appelée à se prononcer.

Or c'est précisément ce qui me paraît manquer aujourd'hui.

Depuis des années, les enquêtes d'opinion montrent que les Français font principalement confiance à ce qui leur est proche.

Le maire. L'artisan.

La PME locale. L'hôpital.

La Sécurité sociale. La police.

La gendarmerie.

L'armée.

Autrement dit : ce qui protège, rassure et sécurise, ce que l'on peut comprendre facilement, ce que l'on peut voir sentir toucher. Or la culture demande le dépassement de cela.

La culture demande la répartissions des tâches et fonctions, demande la confiance dans l'autre de tout ce dont l'on est ignorant, faute de pouvoir tout apprendre. Et là c'est l'inverse, ceux qui sont l'expression de la démocratie, la confiance dans les partis politiques, le Parlement et les institutions de délibération collective demeure faible.

Cette évolution n'est pas anodine.

Elle traduit une société qui se sent moins capable de maîtriser son environnement. Une société qui cherche davantage la protection que la participation.

Dans un tel contexte, les mécanismes de démocratie directe peuvent produire des effets très différents de ceux espérés.

Le problème n'est pas de donner davantage de pouvoir aux citoyens.

Le problème est de le faire au moment même les capacités collectives permettant d'exercer ce pouvoir se sont affaiblies.

C'est pourquoi je crains que certaines propositions ne produisent des effets inverses à ceux recherchés.

La révocation des élus, par exemple, suppose une population capable de distinguer l'échec d'une politique de la simple difficulté à gouverner dans un monde complexe.

Or la politique n'est pas l'exécution automatique d'un programme.

Entre une promesse et sa réalisation interviennent des milliers de facteurs :

conjoncture internationale, crises économiques, oppositions, contraintes administratives, événements imprévus.

Imaginer qu'un élu puisse être sanctionné dès que la réalité résiste à son programme me paraît dangereux.

Cette critique ne concerne d'ailleurs pas uniquement la France Insoumise. Elle concerne l'ensemble des forces politiques.

Car le problème fondamental me semble être ailleurs.

Le programme critique fortement les conséquences du néolibéralisme.

Mais il demeure largement enfermé dans les catégories intellectuelles héritées de la révolution industrielle.

Le travail reste le fondement principal du revenu.

Le travail reste le fondement principal de la protection sociale.

Le travail reste le fondement principal du financement des retraites. Le travail reste le fondement principal de l'intégration sociale.

Or tout indique que la production de richesse dépend de moins en moins du travail humain direct.

va la richesse du travail machine.

analyse du programme de la LFI 2027

cette évolution se poursuivra, d'où l(interrogation sur le plein travail en restant dans le cadre actuel. S'il est possible de créer des emplois en satisfaisant les besoins écologiques, s'il se fait par l'investissement du capital il y retournera majoré, s'il se fait par l'économie publique par l’impôt c'est quasi irréalisable.

La mécanisation. L'automatisation. L'informatique. L'intelligence artificielle.

Les infrastructures accumulées. Le savoir accumulé.

Les générations passées.

Tout cela participe désormais à la création de richesse.

Pourtant nous continuons à financer la vie humaine comme si seul le travail présent produisait la valeur.

C'est que se situe, selon moi, la limite principale du programme. Il cherche à mieux répartir la richesse.

Mais il ne remet pas réellement en cause les mécanismes qui la produisent et qui la concentrent. Il cherche à sauver le travail.

Le mécanisme est simple et existe depuis des siècles, le capital investi dans le travail en le rémunérant par un salaire celui qui le produit, puis revend à celui son travail quand il devient client à un prix de vente égal au salaire distribué plus la marge qui comprend le revenu de celui qui possédé le capital, plus l'augmentation de celui-ci. Nous sommes au XXI siècles et la majorité des citoyens ne savent pas cela. Il savent qu'ils enrichissent le capital mais croient toujours que ce qu'ils achète est le prix de production du produit. Ce qu'ils ne voient pas c'est que chaque augmentation du salaire renforce le capital, que toutes taxes retournent au capital par son intégration dans le prix ou la formation du chiffre d'affaire.

analyse du programme de la LFI 2027

Je pense qu'il faudrait commencer à réfléchir à la manière de dépasser sa centralité. Il cherche à mieux répartir la boucle économique existante.

Je pense que le véritable défi consiste à sortir progressivement de cette boucle.

C'est également pour cette raison que je demeure sceptique sur ses chances de réussite. Non parce que ses objectifs seraient illégitimes.

Mais parce qu'ils reposent sur l'hypothèse que les transformations intervenues depuis quarante ans peuvent être corrigées sans remettre en cause les fondements mêmes du système.

L'histoire récente m'incite à la prudence.

En 1981, beaucoup pensaient que l'élection de François Mitterrand ouvrirait une ère nouvelle.

J'entendais déjà autour de moi des promesses qui me semblaient déconnectées de la réalité économique.

On m'a souvent reproché mon scepticisme.

Pourtant, les contraintes du réel ont fini par s'imposer. Et ce ne sont pas les hommes politiques qui ont échoué parce qu'ils auraient été mauvais, mais ce sont les propres électeurs de Mitterrand avec les citoyens de l'opposition qui ont coulé la mise en place d'un programme socialiste et la déconfiture qui s'en est suivi à partir de 83 l'a accéléré par la chute du communisme. Le Parti Socialiste et ses partenaires n'ont omis qu'une chose, c'est que les citoyens sans exception vivaient et vivent toujours comme des capitalistes, puisque dès l'enfance nous sommes élevés et éduqués dans ce cadre., j'ai encore écouté cela aux journées économiques internationales de la Boétie. 

Ce n'est pas un problème technique ni politique, ce n'est même pas un problème du tout nous naissons capitaliste. Nous utilisons généralement ce mot pour désigner ceux qui amassent du capital avec le néolibéralisme, plus rapidement qu'avec une autre théorie économique.

Adam Smith le définit très bien dans le début de son axiome, chacun œuvre dans son intérêt. Pour la suite le temps lui a donné tord, en suivant son intérêt personnel il ne travaille pas mieux pour la collectivité, bien au contraire, il l'a pollué , réchauffé, et construit des armements pour la détruire.

Je crains aujourd'hui que la même erreur ne soit reproduite dans un contexte beaucoup plus dangereux avec la demande d'opinions fascisants.

analyse du programme de la LFI 2027
analyse du programme de la LFI 2027

Les citoyens ne reconnaissent pas le fascisme car il ne porte pas de moustache.

 

 

Car la société française de 2025 est plus fragmentée, plus défiance, plus vieillissante, plus exposée à l'émotion et plus vulnérable aux récits simplificateurs que celle de 1981, plus ouverte à la fascisation, car les conditions sociales, culturelles et cognitives qui permettent l'acceptation d'un pouvoir autoritaire progressent à mesure que les citoyens se retirent des espaces où s'exerce la démocratie.

C'est pourquoi la question centrale n'est peut-être plus de savoir comment mieux répartir la richesse existante.

Elle est de savoir comment organiser une société la richesse dépend de moins en moins du travail humain et de plus en plus de l'accumulation des savoirs, des machines et de l'énergie humaine héritée des générations passées.

C'est cette question que le programme ne traite pas réellement.

Et c'est probablement celle qui déterminera pourtant l'avenir politique, économique et démocratique du XXIe siècle.

  1. Fracture intellectuelle et transformation du rapport au savoir
analyse du programme de la LFI 2027

 

Objet : recul de la culture générale ; recul des médiations collectives ; domination du monde transmis ; affaiblissement de la capacité critique. Conclusions : difficulté croissante à comprendre les systèmes complexes ; dépendance accrue aux interprétations ; vulnérabilité aux récits simplificateurs.

 

  1. Monde vécu, monde transmis et peur sociale

 

S1C-3 Vieillissement exposition médiatique sentiment d'insécurité.

analyse du programme de la LFI 2027

S1C-4 Équation du sentiment d'insécurité.

analyse du programme de la LFI 2027

 

Conclusions :

la peur n'est plus corrélée à la seule criminalité réelle ;

le monde transmis devient déterminant ;

l'exposition émotionnelle modifie les représentations.

  1. Défiance démocratique
analyse du programme de la LFI 2027

IV méfiance : Parlement ; partis ; gouvernement ;

 

Confiance : institutions de proximité ; police ; armée ; hôpitaux ; sécurité sociale.

 

Conclusions : confiance élevée dans ce qui protège ; confiance faible dans ce qui délibère ; déplacement vers les institutions de sécurité, que ce soit lié aux angoisses, à l'incertitude, aux peurs.

 

IV - S3A-1 Évolution des valeurs fascisantes

analyse du programme de la LFI 2027

 

Évolution : demande d'autorité ; défiance démocratique ; préférence pour l'ordre ; acceptation du contrôle. Conclusions : réapparition de mécanismes proches de ceux observés dans les périodes de crise ; sous un vocabulaire contemporain.

analyse du programme de la LFI 2027

Conclusions : moins de coercition visible ; plus de contrôle par l'information ; plus d'influence du monde transmis.

 

 

  1. S3A-3 Diffusion des thèmes d'extrême droite
analyse du programme de la LFI 2027

Conclusions : glissement électoral ; reprise des thèmes RN par la droite classique ; transformation du débat public par une reprise médiatique croissante.

analyse du programme de la LFI 2027
  1. Déplacement de l'ennemi intérieur

Comparaison :

1930 : juifs ; communistes ; tziganes.

Aujourd'hui : immigration ; islam ; assistanat ; insécurité. Conclusions : changement des groupes visés ; permanence du mécanisme de désignation.Par exemple pour accompagner

S3A-4 :

Fonction sociale attribuée

Années 1930

Période contemporaine

Menace pour l'ordre politique

opposants politiques, résistants, dissidents

extrémismes violents, terrorisme, séparatismes

Menace pour l'ordre moral

homosexuels, « asociaux », comportements jugés déviants

pédocriminalité, violences sexuelles, certaines formes de criminalité fortement médiatisées

Menace pour l'ordre public

« criminels professionnels », marginaux

délinquance organisée, trafic de stupéfiants, violences urbaines

Menace pour l'identité collective

Juifs, Roms, populations étrangères désignées comme responsables des difficultés nationales

immigration, communautarismes, débats identitaires

Refus d'adhésion au récit dominant

Témoins de Jéhovah, opposants idéologiques

complotismes, radicalités politiques diverses, groupes considérés comme anti-système

Menace sécuritaire

résistants, partisans, prisonniers assimilés à des ennemis

terrorisme, criminalité organisée internationale

Les groupes désignés comme dangereux changent selon les époques, les contextes historiques et les connaissances disponibles.
En revanche, les sociétés tendent régulièrement à construire des catégories de populations perçues comme menaçantes pour l'ordre, la sécurité, la morale ou l'identité collective.
L'objectif de cette comparaison n'est pas d'assimiler les situations historiques ni les groupes concernés. Il est de mettre en évidence un mécanisme récurrent : la désignation d'un « ennemi intérieur » auquel sont attribuées certaines peurs collectives.
Plus une société est traversée par l'incertitude, l'émotion ou la défiance, plus la demande de protection peut conduire à privilégier la désignation du danger plutôt que l'analyse de ses causes. Les groupes changent, mais les mécanismes sociaux de construction de la menace présentent parfois des similitudes structurelles.
Que notre société en soit arrivé à cela démontre l'insuffisance de la prise en compte de la culture sociologique et des sciences humaines dans l'enseignement qui ne peuvent pas être mis en place sans rendre l'enseignement pour adulte obligatoire et rémunéré comme si l'on travaillait. Le résultat de cette absence de savoir se lit sur les courbes comparatives
    •  

  1. Stratégie de l'émotion
analyse du programme de la LFI 2027

Conclusions : émotion augmente, réflexion diminue, demande d'ordre augmente, la recherche du responsable ou d'un bouc émissaire augmente. nous ne pouvons pas écarter le rôle des médias dans la transmission, et nous ne pouvons plus l'accepter sans un accompagnement explicatif, or ce qui ont eu existé ont disparu de l'information généraliste? TEL ARRÊT SUR IMAGE

 

  1. S2-5 Évolution du travail et de la richesse
analyse du programme de la LFI 2027

Productivité technologique versus travail humain. Conclusions : richesse croissante ; besoin de travail humain décroissant.

 

  1. Capital versus salaires

Graphique salaires / capital

analyse du programme de la LFI 2027

Conclusions : part du capital augmente part du travail diminue

 

  1. R5 Retraites

Scénario actuel.

analyse du programme de la LFI 2027

R6 cotisations machine

analyse du programme de la LFI 2027

R10 Le capital ne fléchit pas.

analyse du programme de la LFI 2027

R11 Déficit réduit, boucle inchangée.

analyse du programme de la LFI 2027

R12 Effets secondaires.

analyse du programme de la LFI 2027

R12 Effets secondaires.

analyse du programme de la LFI 2027

R13 Réforme ou changement de paradigme.

analyse du programme de la LFI 2027

Conclusions : le système actuel devient de plus en plus contradictoire ; la cotisation machine corrige partiellement ; seul un changement de paradigme traite la racine du problème.

 

  1. - Conclusion générale du dossier

Nos graphiques ne démontrent pas que la France deviendra autoritaire malgré une évolution fascisante. Ils montrent que plusieurs mécanismes qui ont historiquement accompagné les crises démocratiques progressent simultanément : défiance, peur, simplification du débat public, recherche de protection, affaiblissement de la compréhension des systèmes complexes et sentiment d’injustice économique.

 

Une démocratie dont les citoyens ne comprennent plus les mécanismes qui organisent leur existence risque progressivement de déléguer son pouvoir à ceux qui prétendent les comprendre à sa place.

 

À l’avenir, le risque n’est peut-être pas la disparition de la démocratie. Le risque est qu’elle se réduise progressivement au choix périodique de celui qui exercera l’autorité en son nom.

 

La fracture intellectuelle me semble la plus préoccupante, avec sa contradiction d’une population qui n’a pas confiance dans les médias, les réseaux, les partis politiques, mais n’a pas les moyens d’acquérir une culture politique et économique, faute d’une organisation d’enseignement qui les oblige à s’en instruire pour exercer le pouvoir du peuple en toute connaissance. Rémunérer les citoyens pour apprendre tout au long de leur vie est devenu indispensable dans l’économie des savoirs qui s’est développée et c’est une garantie relative du maintien de la démocratie.

Dans ce cadre, la population répète ce que j’ai appelé le monde transmis qui l’invite en

permanence à une représentation émotionnelle, et c’est ce mode-là que les citoyens vivent, pas celui de la réalité factuelle scientifique analytique et autres.

A ce titre le capitalisme survit parce qu’il s’appuie sur des mécanismes comportementaux beaucoup plus anciens que lui qui appartiennent à l’inné.

Autrement dit : Le capitalisme n’a pas créé l’Homme compétitif.

Il a organisé socialement une disposition qui existait déjà pour sortir d’une économie de pillage.

C’est précisément ce que nous retrouvons chez Adam Smith.

Lorsque Smith explique que chacun poursuit son intérêt particulier, il ne décrit pas seulement un système économique. Il décrit un comportement observable du vivant.

Le capitalisme est peut-être le premier système qui ait réussi à transformer systématiquement ces tendances en moteur économique où l’individu capitaliste disparaît derrière ce que je nomme le dominant systémique (qui est ici le néolibéralisme) de sorte que l’on ne reconnaît plus le capitalisme comme notre propre comportement inné.

Le problème apparaît lorsque ce mécanisme, qui fut longtemps adaptatif dans un monde de rareté, continue de fonctionner dans un monde où les capacités techniques rendent l’abondance potentiellement possible.

La plupart des citoyens croient lutter contre une idéologie, alors qu’ils luttent contre quelque chose de plus difficile : une structure comportementale profondément ancrée dans le vivant.

C’est pourquoi tant de mouvements anticapitalistes échouent. Ils combattent souvent : la banque ; le patron ; l’actionnaire ; le marché ; sans voir que ces institutions ne sont que des formes historiques d’un mécanisme plus ancien : l’accumulation d’avantages par ceux qui disposent d’un savoir, d’un pouvoir ou d’une ressource rare.

Or on ne modifie difficilement ce que l’on ne comprend pas. Dans ce cas l’idée de « rémunérer apprendre » prend une signification différente. Dans cette logique, l’éducation n’est pas seulement un droit. Elle devient un moyen de réduire l’asymétrie de compréhension qui permet la reproduction des rapports de domination du vivant dominant/dominé.

Autrement dit : Le problème n’est peut-être pas d’abord le capitalisme. Le problème est la concentration du savoir permettant à certains d’organiser les règles du jeu au bénéfice de leur propre intérêt.

Et c’est peut-être pour cela que les révolutions changent souvent les dirigeants sans changer les mécanismes.

Dans cette perspective, le véritable enjeu n’est pas seulement la redistribution de la richesse.

Il devient : la diffusion des connaissances permettant aux citoyens de comprendre les mécanismes qui organisent leur existence et de prendre leur place de citoyens démocratiques,

car tant que cette compréhension reste concentrée chez une minorité, les formes de domination peuvent changer de nom sans disparaître réellement.

Je ne dis pas : « Le socialisme est impossible. » Puisque j’ai écrit qu’il sera l’avenir du monde.

Je dis quelque chose de beaucoup plus subtil : Un projet politique qui ne tient pas compte des mécanismes comportementaux profonds de l’espèce humaine risque d’échouer, même lorsqu’il poursuit des objectifs généreux.

Tous ont souvent supposé que l’être humain allait spontanément adopter les comportements nécessaires au fonctionnement du système imaginé.

Or l’histoire montre plutôt l’inverse. Les institutions durables sont généralement celles qui : reconnaissent les intérêts individuels ; reconnaissent les besoins de reconnaissance ; reconnaissent les comportements de protection ; reconnaissent les rapports de pouvoir.

C’est ce que j’appelle depuis longtemps : la solidarité égoïste.

Cette formule est intéressante parce qu’elle ne repose pas sur un homme nouveau providentiel. Elle repose sur l’homme réel tel qu’il est. Elle ne dit pas : « Les individus vont devenir altruistes. »

Elle dit : « Les individus continueront à défendre leurs intérêts, mais l’organisation sociale peut faire converger ces intérêts vers un résultat collectif plus favorable, car chacun peut prendre conscience de la nécessité d’aider les autres contre ce qui un jour les atteindra. »

C’est très différent. Concernant la LFI, le programme cherche à redonner de l’espérance à une société qui en manque profondément. Cette intention est probablement nécessaire. Mais l’espérance ne peut être durable que si elle repose sur une compréhension réaliste des comportements humains et des transformations déjà intervenues dans la société française.

Puis : la difficulté est que les mécanismes qui ont produit la défiance, la fracture intellectuelle, le monde transmis et la demande de protection se sont installés depuis plusieurs décennies. Ils ne peuvent probablement pas être inversés par la seule volonté politique ni dans le temps d’un mandat.

Et peut-être même : le paradoxe contemporain est que les citoyens ont probablement plus besoin d’espérance que jamais, mais qu’ils disposent de moins en moins des médiations collectives, du temps d’apprentissage et des cadres culturels qui permettaient autrefois de la construire.

je ne conclus pas : que le programme échouera parce qu’il est de gauche.

Je conclus plutôt : que le programme risque d’échouer parce qu’il sous-estime la profondeur des transformations anthropologiques, cognitives et culturelles intervenues depuis quarante ans. Et c’est précisément ce que les graphiques cherchent à montrer. Et à partir de 1995 l’on peut visualiser son empileur.

Amitiés politiques. Giardino André

15 rue Georges Mandel, 34130 Mauguio.

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 16 Juin 2026

Dérive morbide d'une société de plus en plus inculte.

 

La transformation de la société depuis les années 1990 poursuit sa descente vers l'inculture réflexive et critique. Cela nous échappe, car la nécessité de reconnaissance qui se substitue au besoin de domination ne passe plus par les savoirs. Ainsi lentement la source d'apprentissage qui gênerait le bon sens est délivrée par les médias et les moyens de communication narcissiques que sont les réseaux sociaux, YouTube et les smartphones, auquel faut ajouter depuis quelques années les vidéos de surveillance publique ou privée. Et nous en faisons grand usage et les médias une source de vérité.

Si bien que nous sommes entrées dans une nasse où nous tournons en rond.

C'est le monde Transmis, celui auquel nous sommes exposés tous les jours par l'ensemble des médias et dans lequel ce qui est de compréhension élémentaire ou pratique occupe la plus grande place, car cela correspond à la faiblesse des savoirs dont disposent les populations.

Dérive morbide d'une société de plus en plus inculte qui chasse les sorcières au XXI siècle.

Evolution de la lecture des journaux statistiques sur la presse écrite | Ministère de la Culture .

Dérive morbide d'une société de plus en plus inculte qui chasse les sorcières au XXI siècle.

PQN : presse quotidienne nationale, PQR :presse quotidienne régionale. PQG ; presse quotidienne gratuite.

Cette faiblesse éducative à fait le lit d’une transition sans précédent dans l’histoire des sociétés que nous pouvons rattacher dans le cadre, non de son existence, mais de sa quantification évolutive à l’effondrement du communisme. C’était une conséquence que nous ne pouvions pas mesurer avant de disposer d’un temps long. Graphiquement nous situons cela autour des années 1995 et ensuite nous ne pouvons que lire sa progression.


 
La difficulté croissante à comprendre un monde devenu extrêmement complexe a progressivement déplacé l’attention des citoyens vers des objets cognitifs plus accessibles, plus émotionnels et plus immédiatement compréhensibles, plus élémentaires.

De là découlent plusieurs phénomènes.

  • La presse people.

    La culture des célébrités.

    La personnalisation de la politique.

    Le marketing politique.

    Les influenceurs.

    La recherche du chef charismatique.

    Les récits simplifiés.

    Les polémiques permanentes.

    La spectacularisation de l’information.

    La concurrence émotionnelle entre médias.

    La politique transformée en divertissement.

    L’information transformée en marchandise d’attention.

Mais quelque chose qui me paraît central dans cette évolution, alors que la complexité découle de l’interdépendance des systèmes collectifs mondiaux, nos pays remplacent progressivement la compréhension des mécanismes par l’observation des personnages.

Autrefois : comment fonctionne l’économie ? Comment fonctionne l’État ? Comment fonctionne la monnaie ? Comment fonctionne l’entreprise ?

Aujourd’hui :

  • que pense untel ?

    Qui a gagné le débat ?

    Qui a fait le buzz ?

    Qui a commis une faute ?

    Qui est le responsable ?

L’attention se déplace du système vers l’acteur. Nous retombons dans l’erreur qu’a faite Adam Smith en croyant que seul l’intérêt individuel concourt à l’intérêt collectif. Nous vivons la conséquence de cette erreur primitive, réchauffement, pollution, armement nucléaire et sommes incapables de l’attribuer en une croyance dans le seul individualisme, plutôt qu’à la mise en commun des capacités individuelle.

C’est d’ailleurs ce qui explique selon moi le succès des figures : Trump ; Mélenchon ; Le Pen ; Macron ; Zemmour ; et avant eux Mitterrand ou Sarkozy.

Mitterrand en est l’exemple le plus flagrant.Après un travail laborieux à réunifier le socialisme, il en est devenu la représentation symbolique. Si bien que quand le PS au pouvoir a abandonné le socialisme pour la social-démocratie ( la gestion du capitalisme) les citoyens ont continué de penser que c’était le socialisme qui gouvernait parce que Mitterrand était toujours au pouvoir, ce fut idem pour l’élection de Hollande. La même dérive c’est produit avec Sarkozy qui courant après les voix du FN a fini par en garder certaines valeurs du FN qui l’on fait glisser vers la fascisation à laquelle sont partis concourt aujourd’hui. 

Les citoyens discutent davantage des personnes que des mécanismes.

J’ajouterais également : Économie de l’attention, plus l’information est abondante, plus l’attention devient rare.

Le système médiatique est alors incité à produire : de l’émotion ; du conflit ; de l’indignation ; de la peur ; de la célébrité. L’affaire du meurtre de la fillette en est un exemple

parce que ces contenus captent mieux l’attention que l’explication d’un mécanisme monétaire ou fiscal ou psychique.

Infantilisation politique, c’est probablement la plus grande régression depuis longtemps.

Non pas parce que les citoyens seraient moins intelligents.

Mais parce qu’ils sont replacés dans une position où : d’autres interprètent ; d’autres expliquent ; d’autres décident ; d’autres sélectionnent les informations importantes, et très peu d’entre eux participent.

La conséquence est une dépendance croissante aux récits.

Recherche du protecteur.

Et c’est ici que mon raisonnement se vérifie sur les graphiques récents : 

Complexité , l’incertitude, l’émotion, la personnalisation, la recherche d’un protecteur, l’acceptation du contrôle augmente, la compréhension relative baisse.

Cela permet de comprendre pourquoi une société peut simultanément : se méfier des partis ; se méfier des médias ; se méfier du Parlement ; tout en faisant davantage confiance : à la police ; à l’armée ; aux institutions de protection ; aux figures d’autorité.

Autrement dit : Lorsque la compréhension collective recule relativement face à la complexité du monde, la société tend moins à rechercher des explications qu’à rechercher des protecteurs.

Et je pense que cette phrase résume très bien la transition du passage de la« fracture intellectuelle » à celui vers la « fascisation ».

Dérive morbide d'une société de plus en plus inculte qui chasse les sorcières au XXI siècle.
Dérive morbide d'une société de plus en plus inculte qui chasse les sorcières au XXI siècle.

La chasse aux pédophiles comme celle aux sorcières entre 1580 et 1640.

 

Nous ne devons donc pas être surpris de la chasse aux sorcières à laquelle se livre une partie de la population au nom de la défense de l’enfance et des femmes. Annoncer cela suffit de se croire exonéré des comportements d’inquisiteurs et penser relayer une noble cause. Croire pouvoir inciter des personnes à commettre un délit, comme le font les chasseurs de pédophiles. En fait ils sont, complètement ignorant et inculte complet sur la question, sinon ils ne s’y livreraient pas.

 

Quand dans les années 80 se sont mises en place la défense de l’enfance et des femmes, les protagonistes canadiens n’imaginaient pas la dérive qu’il en résulterait , dont celle observée en France au travers de deux affaires symboliques, l’affaire B.Cantat et aujourd’hui P;Bruel. Dans ces deux cas, l’opinion de quelques personnes qui manifestent s’érige en justice populaire et dans un monde fasciste ils se livreraient au lynchage. 

L’inadmissible.

 

Ce qui en devient inadmissible est d’échos qu’en donnent la presse et les médias et le pouvoir politique. Eux savent ! Les médias tiennent là un sujet sensible qui fait bouillir les émotions, et ils le chauffent pour en retirer tous les audimats qu’ils peuvent. La difficulté de la prévention est montrée du doigt comme une faute et le gouvernement pour ne pas être jugés laxistes s,engagent à un traitement spécifique de la pédocriminalité et franchit l’étape de la désignation d’ennemie de l’intérieur comme le terrorisme. Et cela dans l’indifférence de tous les libres penseurs qui seraient accusés de complicité pédocriminelle.

Les professionnels de la santé qui se sont penchés sur ces violences et ont insisté pour qu’elles soient visibles et mesurables n’en appellent pas au lynchage, mais au traitement médical et psychique de ce que l’on nomme les pédocriminels.

Le pire en est que nous ne voulons pas savoir que la demande d’augmentation des peines chez certains pédophiles (heureusement peu nombreux) qui passent aux actes est une cause du meurtre de leurs victimes pour cacher leur forfait et éviter la punition. Hé oui rien de plus de ce que nous faisons tous dans bien des circonstances depuis l’enfance pour éviter la sanction familiale ou plus tard professionnelle.

Le danger présent, qu’alimentent les médias, et conforte un pouvoir inconséquent pour des raisons électorales à l’exemple de Sarkozy qui en a usé et abusé sans rien changer au fond si ce n’est d’accroître la haine, est, que comme chez les nazis la désignation d’ennemies de l’intérieur, qu’il faut éliminer, nous avons déjà les musulmans en replacement des juifs. Mais ils persécutaient d’autres groupes : les civils (non juifs) accusés de désobéissance, de résistance ou d’activités partisanes, les homosexuels, les bisexuels, ainsi que d’autres hommes accusés d’homosexualité en Allemagne,  les individus marginaux en Allemagne, qualifiés de manière péjorative d’« asociaux » ou de « criminels professionnels »  les Noirs en Allemagne, les opposants politiques et les dissidents en Allemagne, les personnes handicapées, les Polonais, les prisonniers de guerre soviétique, les Roms (Tsiganes) et autres personnes qualifiées de manière péjorative de « gitans », les Témoins de Jéhovah. Si nous trouvons une ressemblance avec certains de nos comportements, ce n’est pas le fruit du hasard.  

L’histoire ne se répète jamais exactement, mais le psychisme humain n’a pas changé.

 

De sorte que les mêmes mécanismes psychologiques et sociaux peuvent produire des formes nouvelles de confrontation lorsque les sociétés ne parviennent plus à résoudre leurs contradictions internes.
Prenons en comparaison la situation en 1930 : crise économique ; déclassement ; humiliation nationale ; effondrement d’espérances politiques ; recherche de responsables ; demande d’autorité ; polarisation ; réarmement.

Aujourd’hui nous observons : ralentissement économique structurel ; vieillissement ; endettement ; sentiment de déclassement ; défiance démocratique ; polarisation ; désignation de responsables ; compétition géopolitique ; réarmement mondial.

La ressemblance existe.

Mais les formes de conflit potentielles sont différentes : guerre économique ; guerre informationnelle ; guerre cyber ; guerres régionales par procuration ; fragmentation intérieure ; affrontements civils localisés ; pressions migratoires ; conflits autour des ressources.

Nous ne savons pas si les sociétés contemporaines produiront une troisième guerre mondiale au sens du XXᵉ siècle.
En revanche, nous pouvons observer que plusieurs des mécanismes qui ont précédé les grands affrontements du passé réapparaissent aujourd’hui sous des formes adaptées au monde contemporain, et la chasse au pédophile en fait partie, chez des citoyens de bonne foi, mais ignorants qu’eux-mêmes ont des troubles psychiques pour se comporter de la sorte.

Ce que nous ne voulons pas savoir

 

rapport morts violentes enfants - 2018-044 Rapport_Morts_violentes_enfants.pdf

Chaque année, environ 3,1 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent de faim dans le monde, soit un enfant toutes les 11 secondes, sans aucune compassion de notre part.

Contexte et causes

Les principales causes de la faim et de la malnutrition infantile incluent :

l’accès à la nourriture et aux soins www.unicef.fr. Pauvreté extrême, limitant l’accès à une alimentation suffisante et nutritive www.unicef.fr. Catastrophes naturelles et crises climatiques, qui détruisent les récoltes et les moyens de subsistance www.unicef.fr.

Fluctuations des prix alimentaires, qui aggravent l’insécurité alimentaire dans les régions vulnérables World Health Organization (WHO).

 

Dérive morbide d'une société de plus en plus inculte qui chasse les sorcières au XXI siècle.

D’autres approches de la pédocriminalité existent en dehors de la haine.

 

L’enjeu est donc de réussir à prévenir la première agression sexuelle. L’idée développée dans l’article du magazine slate.fr consiste en une déstigmatisation des pédophiles pour qu’en quelque sorte, ils n’aient plus envie de se cacher, qu’ils soient motivés à se confier et à se soigner.

Nous n’avons en effet pas le choix dans nos attirances sexuelles et les nier serait une erreur.

 

Une fois ces attirances admises et « acceptées » par la société (ce qui est loin d’être gagné), l’enjeu devient alors principalement de mettre en place du soin : pour les personnes sexuellement attirées par les mineurs, prévoir un espace de parole et trouver avec elles des alternatives pharmacologiques ou éducatives pour respecter les lois, tout en menant une vie heureuse et adaptée.

 

Une autre option que l’on pourrait craindre de voir se développer consisterait à modifier l’orientation sexuelle du pédophile, comme on a pu le faire pour les homosexuels il y a quelques décennies avec les méthodes dites aversives. Pour mémoire, il y a encore 20 ans, la psychiatrie considérait l’homosexualité comme un trouble mental. Pour « corriger » cette déviance, des méthodes aversives ont été expérimentées dans les années soixante pour convertir les personnes homosexuelles à l’hétérosexualité. Désormais illégales dans de nombreux pays, ces méthodes consistaient à associer des stimuli excitant pour le sujet à une expérience physique désagréable. Ceux d’aujourd’hui qui manifestent et dénoncent, voire chasse les pédocriminels auraient été du côté des correcteurs de déviance.

 

Alors que les affaires Bétharram et Le Scouarnec ont remis la lumière sur les violences sexuelles infligées aux enfants, l’organisation médicale s’intéresse aux agresseurs, du point de vue de la psychiatrie. Que peut-elle dire de leurs perversions ? Sait-elle soigner ? Prévenir la récidive ?

 

Plus de 50 % des Français présentent une paraphilie (les paraphilies sont des fantasmes ou des comportements sexuels fréquents et intenses portant sur des objets inanimés, des enfants ou des adultes non consentants) , sans trouble psychiatrique si elle ne cause aucun préjudice. La pédophilie, en revanche, est considérée comme déviante en raison des risques qu’elle fait peser sur les victimes et leurs familles. La prise en charge psychiatrique vise à prévenir le passage à l’acte et la récidive. Comment est posé un diagnostic ? Quels sont les traitements et soins prescrits ? 

La pédophilie, une maladie distincte de la pédocriminalité

Florence Thibault explique que la pédophilie doit bien être différenciée de la pédocriminalité, car c’est une maladie qui ne mène pas systématiquement à un passage à l’acte : "Parmi les gens qui ont des fantasmes pédophiles, qui l’expriment et qui en souffrent, on considère qu’un sur deux va passer à l’acte sur un enfant. Et à l’inverse, quand on nous adresse des patients qui ont commis un crime sexuel, il y en a à peu près 10% qui relèvent d’un trouble pédophilique." Il est difficile de mesurer la fréquence des troubles pédophiliques, car les évaluations se fondent sur des enfants victimes de violences sexuelles, mais pas forcément liées à des troubles pédophiliques, ou sur la récurrence de l’expression de fantasmes pédophiles : on estime qu’entre 5 et 20% d’hommes ont des fantasmes pédophiles, un peu moins chez les femmes, et 3 à 5% de la population répondent avoir eu un rapport sexuel avec un enfant.

La « chasse aux pédophiles » est une pratique controversée à travers laquelle des amateurs du maintien de l’ordre s’improvisent détectives, agents interpellateurs, voire juges et bourreaux, au nom de la protection de l’enfance. Ce nouveau « vigilantisme », renouvelé par un usage intensif des outils numériques, s’inscrit dans un rapport ambivalent à la loi et dessine la forme moderne prise par la justice expéditive, une justice sans appel.

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Rédigé par ddacoudre

Publié dans #Politique

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Publié le 13 Juin 2026

Nous trouverons ci-dessous tous les graphiques représentant l'évolution de la société française.

De grandes ligne ses détachent.

1/ la diminution de la culture du savoir pour se situer, critiquer, et définir ses choix. 

2/ une criminalité qui globalement n'évolue pas par rapport à l'augmentation de la population. La comparaison avec l'évolution dans le monde est identique, car le monde est devenu néolibéral depuis les années 1990.

3/ La société se divise en trois représentation : A/ le monde factuel, celui des données scientifiques vérifiables,le monde transmis, celui des informations que reçoivent les populations, l'ensemble des médias, les réseaux sociaux, les informations politiques et leur vécu quotidien. Un paradoxe en ressort, les citoyens ne font pas confiance en majorité aux médias, aux réseaux, aux partis politiques, mais ce sont d'eux qu'ils reçoivent les informations qui façonnent leurs opinions, et qui influencent leurs choix et leurs visions de la société.

4/ Le monde vécu, B / c'est celui qu'ils vivent réellement, même quand leurs ressentis ne correspondent pas à la réalité du monde factuel. C'est le monde de l'émotion que transmettent les médias. Avec cette transmission. les citoyens développent un monde suggestif qui tient compte de l'ignorance des parts de la culture politique ,économique qu'ils n'ont pas apprise, aux conséquences de leurs abandons des lieux où s'exerce la démocratie; Le paradoxe qui en ressort, est qu'ils se plaignent que la démocratie fonctionne mal. Or ce sont eux qui ne la font pas vivre en se retirant des lieux où elle s'exerce. La conséquence en est une demande d'un chef charismatique qui n'est pas compatible avec la prise de décisions par le peuple.

5/ le mode suggestif : C/ celui de leurs émotions qui circulent au travers des réaux sociaux du net des relations interpersonnelles. Elle leur sert à définir leurs choix sans avoir la conscience que leurs actions entretiennent le monde dont ils se plaignent. Nous en revenons à l'absence de culture critique. La conséquence en est qu'ils développent sans le savoir des représentations paradigmatiques du développement de valeurs fascisantes.

6/ L'évolution technologique et assumé par une professionnalisation de l'enseignement technique, mais leurs visions restent attaché à celles du XX siècle et ne suivent pas les transformations qu'imposent l'évolution technologique.

7/ En conclusion l'évolution qui s'observe depuis 1995 que j'ai nommé la formation d'une hélice ne peut pas s’inverser miraculeusement, sa direction indique, l’avènement du dégradation des valeurs démocratiques de la poursuite de l'intolérance, et certainement d'un clash qui a déjà commencé, d'un conflit entre états néolibéraux. 

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