Publié le 13 Septembre 2025

Monnaie ou argent : un choix de civilisation


 

Intro.

Depuis plusieurs décennies, l’économie mondiale repose sur une confusion fondamentale : celle qui mélange la monnaie, outil d’échange au service de la vie collective, et l’argent, instrument d’accumulation au service d’intérêts privés. Cette confusion n’est pas anodine : elle structure nos comportements, nos politiques publiques et jusqu’à nos imaginaires sociaux. On en vient à croire qu’il faut « de l’argent » pour travailler, alors que ce sont les hommes, leurs savoirs et leur énergie qui produisent réellement les richesses. Le capitalisme s’est nourri de cette illusion, transformant un outil de régulation sociale – la monnaie – en un fétiche, l’argent, qui domine nos existences et oriente nos choix collectifs. Mais aujourd’hui, face aux crises écologique, sociale et démocratique, cette croyance atteint ses limites. La question n’est plus seulement économique : elle engage notre avenir commun. Certes il y a une raison fondamentale à cela que nous examinerons plustard.

Depuis l’invention du plan comptable et la généralisation du capitalisme, l’humanité a glissé dans une confusion fondamentale : confondre monnaie et argent. La monnaie est un outil d’échange, un moyen de faciliter la circulation des biens et des services. L’argent, lui, est devenu un instrument de domination, de spéculation, et d’accumulation stérile.

L’illusion de la « charge » et la perversion du langage

Depuis 1977, avec Raymond Barre, les politiques n’ont cessé de marteler que la solidarité, la santé, l’éducation ou les retraites représentaient une « charge ». Ce glissement de vocabulaire n’est pas anodin : il traduit l’idée que l’humain lui-même, à travers son salaire et ses droits sociaux, serait un fardeau pour l’économie.
En réalité, derrière chaque « charge » se cache une richesse humaine : des médecins, des enseignants, des pompiers, des familles qui vivent, apprennent et transmettent. C’est donc l’argent – et non l’humain – qui constitue une véritable charge, car il réduit la vie à une simple ligne comptable négative.

Le travail : un moyen culturel, non une finalité en soi

L’histoire rappelle une évidence : nos ancêtres n’ont jamais manqué d’argent. Ils ont manqué de nourriture, d’eau, d’abris, d’énergie. Le travail est né comme un moyen culturel d’adaptation, pour produire ce qui était rare. Mais au lieu de rester un outil collectif, il a été transformé par le capitalisme en une obligation mesurée en argent.
Nous travaillons aujourd’hui non pas pour produire ce dont nous avons réellement besoin, mais pour obtenir de l’argent qui, ensuite, nous donne accès aux biens. C’est le paradoxe de « l’homme affamé sous l’arbre » : il attend qu’on lui donne de l’argent pour cueillir le fruit qui pend devant lui.

Argent et rareté : un cercle vicieux

L’argent introduit une logique absurde : il maintient artificiellement la rareté là où il pourrait y avoir abondance. L’eau existe, mais sans argent pour financer les réseaux, la sécheresse devient drame. La nourriture existe, mais sans solvabilité, elle ne circule pas. Les savoirs existent, mais sans investissement collectif, ils ne sont pas partagés.
Ainsi, l’argent ne sert pas à produire la vie : il organise le manque, pour que certains puissent tirer profit de ce que d’autres n’ont pas.

La monnaie comme instrument de liberté

La monnaie, en revanche, a un rôle légitime : elle permet de faire circuler les productions, de partager ce qui n’est pas divisible. Elle n’est pas un fardeau mais une clé. Elle n’a pas vocation à être thésaurisée, encore moins à être spéculée. Elle doit rester l’expression d’une énergie humaine transformée en biens et services.
Ce n’est donc pas la monnaie qu’il faut combattre, mais l’usage dévoyé qu’en fait le capitalisme en la convertissant en argent.

Replacer l’humain au centre de la valeur

Ce choix entre monnaie et argent n’est pas technique, il est civilisationnel. Si nous voulons éviter la spirale destructrice – chômage, inégalités, pollution, guerres – nous devons replacer la valeur non pas dans l’accumulation d’argent, mais dans l’investissement humain.
Cela suppose de redéfinir la richesse à partir de l’énergie humaine dépensée pour produire, apprendre et transmettre. Autrement dit, monétiser le travail réel de l’homme – non pas pour l’asservir, mais pour le libérer.

Conclusion

L’argent est devenu le fouet moderne, la carotte illusoire qui enferme les peuples dans la rareté artificielle. Pourtant, nous disposons déjà des savoirs, des technologies et des capacités de production nécessaires pour assurer l’abondance. La véritable richesse ne se mesure pas en flux financiers, mais en santé, en éducation, en solidarité, en temps libéré pour créer et apprendre. Redonner à la monnaie sa fonction originelle – faciliter l’échange – et sortir du culte de l’argent, c’est remettre l’humain au cœur de l’économie. Si nous échouons, le destin s’en chargera à notre place, comme il l’a toujours fait dans l’histoire des civilisations. Mais si nous réussissons, alors l’humanité pourra franchir une nouvelle étape : dépasser le capitalisme pour inventer une société où l’on ne travaille plus pour accumuler, mais pour vivre, transmettre et s’émanciper.

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 12 Septembre 2025

Le salarié : une charge intellectuelle, le capitalisme : une charge tout court


 

Depuis les années 1970, on répète que le salarié est une « charge » à réduire. Mais derrière cette notion comptable se cache une vision déshumanisante : considérer la santé, l’éducation, la sécurité sociale ou les retraites comme un coût. En réalité, ces « charges » sont la richesse même de notre société.


 

Depuis le ministère de Raymond Barre, en 1977, la solidarité a été battue en brèche. Il ne cessa de répéter qu’elle constituait une « charge » pour les employeurs. Depuis lors, cette notion a fait école, et pas un président n’a manqué de la reprendre.

Cette idée est issue du plan comptable élaboré par les maîtres du capitalisme, dans lequel le salarié – l’homme, l’humain – est classé comme une charge, au même titre qu’une clé à molette. Le comble est atteint lorsque des ouvriers eux-mêmes finissent par penser qu’il y aurait plus d’emplois s’il y avait moins de « charges ».

Or cette absurdité absolue, digne des plus grands mensonges, est devenue une évidence institutionnelle. On l’entend encore, reprise par les économistes de comptoir du RN ou par des commentateurs de chaînes d’information continue, comme si c’était une vérité indiscutable. Mais que désigne réellement cette « charge » ? Ce n’est rien d’autre que la vie même des hommes.

  • La « charge », c’est la santé des hommes.

  • La « charge », c’est leur instruction, leur sécurité, leur secours.

  • La « charge », ce sont les aides aux familles, aux handicapés, aux plus pauvres.

  • La « charge », ce sont les loisirs, les vacances, les fêtes, les jours fériés, les retraites.

  • La « charge », c’est le droit de se soigner, d’apprendre, de vieillir dignement.

Supprimer les charges reviendrait à supprimer les hôpitaux, les médecins, les enseignants, les pompiers, la police, les routes, l’administration, les services publics, les salaires eux-mêmes – bref, à supprimer les hommes. Car derrière chaque ligne comptable se cache une réalité humaine.

C’est pourquoi, à bien y regarder, les véritables charges ne sont pas les salariés, mais bien le capitalisme lui-même. Car il fait peser sur la société une contrainte idéologique : considérer que tout ce qui est humain, social, collectif, est un coût à réduire.

En réalité, ce que le capitalisme considère comme une « charge » est précisément ce qui constitue la vraie richesse : l’humain, sa santé, son savoir, sa créativité, sa solidarité. Réduire cela à une ligne négative dans un plan comptable, c’est non seulement déshumanisant, mais aussi économiquement absurde.

Car la valeur n’existe pas sans travail humain, sans intelligence, sans transmission des savoirs. Les machines, les capitaux, les technologies ne sont rien sans les femmes et les hommes qui les conçoivent, les entretiennent et les améliorent. L’avenir ne réside donc pas dans la réduction des « charges », mais dans leur élévation au rang d’investissement collectif.

C’est tout le sens de la proposition de rémunérer les hommes pour apprendre : faire de l’éducation permanente et de la formation tout au long de la vie non pas une dépense, mais la véritable source de croissance humaine et sociale. Là où le capitalisme ne voit qu’un coût, il faut voir la condition même de l’émancipation et du progrès.

La question n’est donc pas de savoir comment réduire la « charge salariale », mais comment redéfinir la richesse pour replacer l’humain – son savoir, sa dignité, son temps – au cœur de l’économie. Car si le salarié est une « charge intellectuelle », alors c’est précisément cette charge qui porte l’avenir du monde.

« Appeler l’humain une charge, c’est déjà nier sa valeur. »

Pour le redire, dans le plan comptable, le salarié est inscrit dans la colonne des charges, au même titre qu’une machine ou qu’un outil. Cette logique arithmétique, reprise et martelée depuis les années 1970, a fini par s’imposer dans le langage politique et médiatique. Mais si l’on change de regard, si l’on quitte l’œil froid de la calculette pour adopter l’œil humain, alors tout bascule : ces « charges » sont en réalité la santé, l’éducation, la sécurité sociale, les retraites, les congés payés, la solidarité intergénérationnelle, la protection contre la misère et l’exclusion. Bref, tout ce qui fait société.

Réduire les charges, ce n’est donc pas « alléger un fardeau », c’est affaiblir la cohésion sociale, rogner sur les droits fondamentaux et fragiliser le bien-être collectif. La véritable question n’est pas de savoir comment supprimer les charges, mais de comprendre qu’elles sont la traduction concrète de notre choix de vivre ensemble, d’organiser nos ressources pour protéger les individus et garantir une dignité commune. Le paradoxe est là : ce que l’on désigne comme une dépense improductive est en fait la base même de notre richesse humaine et citoyenne. Il nous reste à imaginer comment comptabiliser la richesse humaine pour sortir du capitalisme, cela commence par redéfinir la valeur du travail en monétisant l’énergie humaine dépensée pour l’exécuter, et sortir de son emprise pour le comprendre.

Redéfinir la valeur du travail, c’est reconnaître que la véritable richesse n’est pas le capital, mais l’énergie humaine dépensée pour vivre, apprendre et créer.


 

 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 12 Septembre 2025

Entre capitalisme triomphant et communisme défait : écrire une autre histoire

L’intelligence dévoyée et la montée du fascisme

La dérive d’une intelligence dévoyée se traduit aujourd’hui par la montée du Rassemblement national, qui propose un retour en arrière illusoire. Face à la mondialisation – évolution inévitable où les guerres économiques devraient céder la place à la coopération entre nations – nos sociétés restent prisonnières. Difficile en effet de bâtir un avenir commun avec des dirigeants capitalistes convaincus et d’autres, comme en Chine ou en Russie, qui se sont résignés à adopter ce modèle après l’échec du communisme. Cet échec n’a pas permis d’émanciper les populations pour qu’elles participent pleinement à l’évolution d’un monde où technologies, matières premières, produits finis, capitaux et hommes circulent désormais sans frontières.

De l’échec du communisme à l’impasse du capitalisme : inventer une nouvelle voie

L’histoire le montre : aucune civilisation n’évolue en ligne droite. Toutes ont connu un apogée en croyant leurs savoirs définitifs et leurs vérités inaliénables, jusqu’à rejeter toute pensée alternative comme « réactionnaire ». Notre société commet la même erreur. Elle utilise l’échec du communisme pour discréditer toute pensée socialisante – notamment l’idée d’une « solidarité égoïste » – et se condamne ainsi à répéter le cycle : apogée, puis autodestruction.

Depuis 1984, les gouvernements successifs ont choisi de gérer le capitalisme plutôt que de le transformer. Sous la domination de ce système et grâce à son emprise sur l’information, l’espérance des citoyens a été laminée. Pourtant, des forces politiques comme la LFI proposent d’écrire une autre histoire : une sortie à la fois du capitalisme prédateur et du communisme sclérosé, pour ouvrir un avenir réellement partagé.

La source de la désespérance

Nos sociétés malgré des savoirs et des richesses sans précédent dans l’histoire s’enferment depuis quarante ans dans une logique de rigueur et d’austérité, stérilisant toute innovation politique. Ce paradoxe révèle une vérité dérangeante : l’imbécilité n’est pas l’opposé de l’intelligence, mais l’une de ses déclinaisons, quand celle-ci se retourne contre elle-même. La répétition des mêmes recettes – « travailler plus », « réduire les charges », « attendre des riches qu’ils investissent » – illustre cette incapacité collective à se réformer. Ce blocage nourrit la peur, l’exclusion et la recherche d’autorité, ouvrant la voie à la fascisation de l’opinion. Sortir de ce cercle vicieux exige de dépasser la comptabilité capitaliste pour replacer l’humain et le savoir au cœur de nos choix.

Dans un monde où il n’y a jamais eu autant de richesses, de monnaie en circulation et de milliardaires, comment expliquer que nos sociétés traversent une crise permanente ? Ce paradoxe, à lui seul, illustre une réalité troublante : l’imbécilité est devenue un critère d’intelligence politique et économique.

Quarante ans d’austérité, une logique absurde

Depuis la démission de Jacques Chirac en 1976 et la nomination de Raymond Barre, la France vit au rythme de politiques de rigueur et d’austérité. À l’exception d’une brève relance sous Mitterrand, cela fait plus de trente-cinq ans que l’on promet aux citoyens que ces sacrifices permettront d’encourager l’investissement et de préserver l’emploi. Or, durant tout ce temps, les crises se sont succédé pour le peuple, tandis que les financiers et les grandes fortunes ont continué de s’enrichir.

Le discours reste inchangé : les riches investissent, donc créent des emplois. Mais la réalité, elle, dément chaque jour cette croyance. Les mêmes slogans ressurgissent à chaque élection, comme une rengaine hypnotique. Depuis des décennies, nous entendons qu’il faut « investir pour relancer » et « lutter contre le chômage par la compétitivité ». Il faut être bien naïf – ou aveugle – pour continuer à reconduire des responsables politiques qui reproduisent inlassablement les mêmes recettes, toutes démenties par l’expérience.

La réforme des retraites, symbole de l’imbécilité institutionnalisée

La récente réforme des retraites en est l’exemple le plus criant. L’argument avancé – « nous vivons plus longtemps, il faut donc travailler plus longtemps » – est une absurdité. L’histoire de l’humanité prouve exactement l’inverse : l’homme a toujours cherché à déléguer son travail à d’autres – esclaves, animaux, puis machines – afin de se libérer du labeur. C’est précisément cette recherche de soulagement qui a permis les progrès techniques et l’allongement de la vie.

La vraie question n’est pas de multiplier les années de travail, mais de repenser la source du revenu. Ce que nous cherchons, ce n’est pas un « emploi » en soi, mais une autonomie économique qui permette d’accéder aux biens et services produits collectivement. Dans une société où l’automatisation et la robotique remplacent une grande partie du travail humain, l’enjeu n’est pas de contraindre chacun à travailler davantage, mais de trouver des formes nouvelles de répartition des richesses.

Le plan comptable contre l’humanité

Le véritable adversaire des travailleurs n’est pas le patronat en tant que tel, mais le plan comptable. Dans les bilans des entreprises, les salariés apparaissent comme une « charge » à réduire, au même titre que la consommation de ciment dans un béton. La richesse qu’ils produisent est invisibilisée par un système de comptabilisation qui réduit l’humain à un coût, et non à une valeur.

Depuis quarante ans, gouvernements et élites formées dans nos grandes écoles ont refusé d’admettre que l’organisation capitaliste du travail est devenue inadaptée aux savoirs et aux technologies disponibles. En continuant à raisonner en termes de compétitivité et de réduction des coûts, ils restreignent volontairement le potentiel extraordinaire qu’offrent nos avancées scientifiques et techniques.

L’intelligence stérilisée par la pensée unique

Ce blocage n’est pas le fruit de l’incompétence. Les élites ne sont pas ignorantes : elles défendent un système qui leur assure pouvoir et privilèges. Mais ce faisant, elles stérilisent toute possibilité d’innovation sociétale. Depuis des décennies, le débat public est réduit à une pensée unique – austérité, compétitivité, rigueur – qui interdit toute créativité politique.

Ce manque d’imagination nourrit les peurs. Devant la complexité d’un monde globalisé, face à la circulation des hommes et des idées, beaucoup se replient sur des réflexes archaïques : exclusion, rejet de l’autre, nostalgie d’un passé fantasmé. Au lieu de remettre en cause l’organisation capitaliste qui les aliène, certains rejettent le libéralisme comme s’il était synonyme de liberté. Cette confusion nourrit un terrain propice à un danger bien plus grave : la fascisation des esprits.

Le glissement vers la fascisation

Contrairement aux caricatures, le fascisme n’est pas l’apanage d’individus « monstrueux ». Il peut séduire « monsieur tout-le-monde », dans toutes les classes sociales, surtout parmi les plus fragiles et les plus âgés. L’historien Robert Paxton a identifié ses ressorts :

  • la recherche d’un chef autoritaire,

  • le rejet du parlementarisme et de la démocratie représentative,

  • la désignation d’un ennemi intérieur (politiciens corrompus, étrangers, minorités),

  • le nationalisme et le repli sur soi,

  • la volonté de contrôle et de brutalité.

Une enquête du CEVIPOF (2013) a confirmé que l’opinion française glisse dans cette direction. 87 % des Français déclaraient attendre « un chef qui rétablisse l’autorité », avec des scores particulièrement élevés au FN/RN (97 %) et à l’UMP/LR (98 %). La méfiance envers la mondialisation et le libéralisme atteignait plus de 70 %. L’hostilité aux immigrés et à l’islam progressait de manière inquiétante. Ces tendances, loin de disparaître, se sont amplifiées depuis.

L’intelligence contre elle-même

Ainsi, nous vivons dans une contradiction permanente. Nous disposons des savoirs, des technologies et des moyens matériels pour abolir la rareté et assurer à chacun une existence digne. Mais notre incapacité à dépasser une organisation capitaliste obsolète conduit à stériliser ces potentialités. L’intelligence humaine, au lieu d’inventer de nouveaux modèles, se retourne contre elle-même et fabrique sa propre imbécilité.

Ce mécanisme explique pourquoi, malgré l’abondance, nous restons prisonniers de crises à répétition. Ce n’est pas un hasard : l’imbécilité n’est pas un accident de parcours, mais une composante intégrée de nos logiques sociales et politiques. Tant que nous ne sortirons pas de ce cercle vicieux, l’histoire se répétera : des promesses d’austérité, des citoyens désabusés, et la tentation du fascisme comme ultime refuge, cela malgré les jacqueries des « Gilets jaunes » et celle de « Bloquont tout » qui n’ont pas de pensée politique.

 

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Publié le 12 Septembre 2025

L’ignorance, un moteur caché de l’intelligence, un moteur pour l’avenir humain
Le paradoxe de notre temps
L’ignorance, ce moteur oublié de l’intelligence.

Et si notre plus grande faiblesse était en réalité la clé de notre avenir ?

On la redoute, on la méprise, on l’associe à la bêtise. Pourtant, l’ignorance n’est pas une tare : c’est elle qui nourrit la curiosité, stimule la recherche et ouvre les portes de l’inconnu. Sans elle, pas de progrès, pas de science, pas d’innovation.

Dans un monde saturé d’informations, où l’on confond trop souvent certitude et vérité, réhabiliter l’ignorance revient à redonner du souffle à l’intelligence collective. Car ce n’est pas ce que nous savons déjà qui nous sauvera, mais ce que nous avons encore à découvrir.

L’ignorance, souvent décriée comme un défaut ou une faiblesse, est en réalité la matrice de toute connaissance. Sans elle, il n’y aurait ni curiosité, ni recherche, ni progrès. L’histoire humaine, des mythes fondateurs aux sciences modernes, n’est qu’un long cheminement à travers l’obscurité pour atteindre des éclats de lumière provisoires. Chaque vérité découverte ne fait que révéler l’immensité de ce que nous ignorons encore. C’est cette ignorance – à la fois limite et moteur – qui préserve notre liberté d’inventer d’autres mondes, d’autres manières de vivre ensemble, et d’imaginer un avenir au-delà des certitudes imposées par les idéologies dominantes.


 

Nous vivons une époque étrange : jamais l’humanité n’a disposé d’autant de savoirs, d’informations et de technologies, et pourtant nos sociétés semblent paralysées face aux défis qu’elles doivent affronter. Les crises écologiques s’aggravent, les fractures sociales s’élargissent, la défiance politique s’installe, et dans le même temps nous voyons se multiplier les discours simplistes, les certitudes dogmatiques et les vérités assénées comme définitives. Comment comprendre ce paradoxe ? Peut-être en reconnaissant que ce n’est pas tant l’absence de savoir qui nous perd, mais notre rapport à l’ignorance. Car l’ignorance, loin d’être un simple manque, peut devenir une chance, une ouverture vers le mouvement et l’innovation.

L’ignorance comme moteur de la curiosité

Depuis les origines, c’est l’ignorance qui a poussé l’être humain à chercher, explorer et inventer. Si nos ancêtres n’avaient pas ignoré la cause de l’orage ou de la germination d’une graine, ils n’auraient pas eu besoin de questionner, d’expérimenter, d’apprendre. Comme le rappelle Edgar Morin, l’humanité vit au cœur d’un immense « magasin de la méconnaissance », une réserve infinie de questions non encore explorées. C’est cette ignorance fertile qui nourrit la curiosité et l’esprit critique.
À l’inverse, lorsque nous nous croyons détenteurs de la vérité, nous cessons de chercher. Le danger ne vient donc pas de l’ignorance elle-même, mais de la certitude. L’histoire le montre avec éclat : pendant des siècles, nous avons été certains que le soleil tournait autour de la Terre. Cette « vérité » a résisté à l’observation jusqu’à ce que quelques audacieux osent plonger dans le doute.

Vérité, certitude et illusion collective

Nous confondons souvent vérité et certitude. La certitude rassure, elle nous donne l’impression de maîtriser le monde. Mais ce confort est dangereux : il fige la pensée et verrouille les possibles. Les vérités scientifiques, parce qu’elles sont réfutables et vérifiables, contiennent la possibilité d’être corrigées. Mais les vérités économiques ou sociales, elles, fonctionnent souvent comme des dogmes irréfutables. Qui peut démontrer scientifiquement que la « loi du marché » est une loi naturelle ? En réalité, elle n’est qu’une construction culturelle, une convention partagée, semblable à la valeur que les Aztèques attribuaient à la fève. Nous lui donnons du pouvoir parce que nous avons décidé de le faire.

L’ignorance, antidote au capitalisme dogmatique

C’est là que l’ignorance devient une chance : elle nous rappelle que nos systèmes économiques et politiques ne sont pas des vérités éternelles, mais des constructions provisoires. En nous enfermant dans l’idée que « le capitalisme est indépassable », nous nous condamnons à la résignation. En reconnaissant notre ignorance — tout ce que nous ne savons pas encore inventer, toutes les alternatives que nous n’avons pas encore explorées — nous rouvrons le champ des possibles. L’ignorance, en ce sens, est révolutionnaire : elle est la brèche par laquelle peut entrer l’imagination collective.

L’enseignement : de l’élite initiée à l’éducation permanente

Depuis Parménide et les initiés grecs, le savoir a été jalousement gardé par quelques-uns. L’invention de l’imprimerie a bouleversé cet ordre en diffusant massivement les idées et en nourrissant les Lumières. L’école de la République a ensuite permis d’étendre le savoir à tous, ouvrant la voie à l’émancipation sociale et politique. Mais aujourd’hui, nous retrouvons une fracture : d’un côté, une élite formée dans les grandes écoles et universités, capable de naviguer dans la complexité mondiale ; de l’autre, une majorité qui reste cantonnée à une connaissance fragmentaire et à des informations simplistes.
Pour transformer l’ignorance en chance, il faut repenser l’éducation. Non pas comme un moment figé de la jeunesse, mais comme un processus permanent, accessible à tous, tout au long de la vie. L’enjeu n’est pas seulement de transmettre des savoirs, mais d’apprendre à vivre avec l’incertitude, à questionner, à douter, à explorer.

L’ignorance et l’actualité : entre dérive et espoir

La crise de la connaissance n’est pas théorique, elle est visible chaque jour. Les débats publics réduits à des polémiques médiatiques, les réseaux sociaux saturés de fausses certitudes, la montée des discours extrêmes et de la défiance témoignent d’une incapacité à nourrir la réflexion collective. C’est le vide de savoir qui crée le terrain fertile des démagogues. Mais ce même vide peut devenir une chance si nous le remplissons par l’éducation, le débat critique et la diffusion des savoirs.
Face aux enjeux planétaires — réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, mutations technologiques — nous avons besoin d’une intelligence collective capable de se confronter à l’ignorance sans peur. Reconnaître ce que nous ne savons pas encore est le premier pas pour inventer des réponses inédites.

Cultiver une ignorance créatrice

L’ignorance n’est pas une faiblesse, elle est une ressource. Elle est ce qui nous pousse à chercher au-delà des certitudes établies, ce qui nous empêche de nous enfermer dans des vérités trompeuses. Mais pour qu’elle devienne une chance, il faut l’accompagner d’une éducation ambitieuse, ouverte à tous et continue. Dans un monde saturé de slogans et d’illusions, apprendre à douter, à questionner et à se confronter à l’inconnu est peut-être la plus grande tâche de notre temps.
Ce n’est pas un hasard si les sociétés les plus figées sont celles qui croient détenir la vérité absolue, et si les plus créatives sont celles qui osent reconnaître leur ignorance. Cultiver une ignorance consciente et créatrice, c’est peut-être la clé pour sortir des impasses du capitalisme, de la régression sociale et de la peur. C’est le pari d’une humanité adulte, capable de transformer son ignorance en avenir.

L’ignorance n’est pas un vide à combler, mais une promesse à tenir. Elle nous rappelle que toute certitude n’est qu’une étape, que chaque vérité n’est qu’un jalon sur le chemin de l’inconnu. La civilisation ne progresse pas parce qu’elle sait, mais parce qu’elle accepte de ne pas savoir et qu’elle ose chercher malgré tout.

Reconnaître la part d’ignorance en nous, loin d’être une faiblesse, est une invitation à l’humilité et à la créativité. C’est aussi une condition essentielle pour dépasser les certitudes économiques, politiques ou culturelles qui figent nos sociétés dans la peur ou la domination.

Ce n’est pas la somme de nos savoirs qui nous sauvera, mais la capacité d’habiter nos ignorances comme des ouvertures vers l’avenir. Là réside sans doute la véritable maturité de l’humanité : non pas croire qu’elle détient la vérité, mais savoir qu’il lui reste encore à apprendre.

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Publié le 11 Septembre 2025

L’imbécilisation organisée : quand les médias remplacent l’éducation.

Nous pourrions dire aussi :

«  L’imbécilisation organisée : quand les médias vident nos cerveaux »

« Du débat politique au spectacle médiatique : la fabrique de citoyens passifs »

« Pourquoi nos cerveaux restent vides : médias, politique et abdication citoyenne »

« Le piège de l’imbécilité : quand l’information remplace la réflexion »

« Changer de politique ? Oui, mais d’abord changer d’information »


Depuis plus de trente ans, le débat politique s’est transformé en spectacle médiatique, où les petites phrases remplacent la réflexion et où l’émotion tient lieu d’analyse. Ce n’est pas l’intelligence qui manque aux citoyens, mais la nourriture intellectuelle pour la nourrir. À force de répétition et de divertissement, nos cerveaux se vident, et nous votons par élimination plus que par conviction. Tant que l’espace public sera dominé par des « chiens de garde » audiovisuels, nous continuerons de croire que changer de politique, c’est seulement changer de politiciens.

L’imbécilité n’est pas une absence d’intelligence. Elle est au contraire une déviation de l’intelligence humaine, produite et entretenue par des structures sociales qui la canalisent vers des débats stériles, des informations superficielles et des distractions qui saturent l’attention. Loin de nous rendre idiots, ce système nous empêche simplement de déployer la capacité critique et créative dont nous sommes naturellement dotés.

Depuis les années 1990, les médias de masse occupent la quasi-totalité de l’« intelligence disponible » des citoyens. Les grandes chaînes de télévision façonnent un espace public où l’information se réduit à des scandales éphémères, des joutes verbales sans profondeur et des récits émotionnels qui tiennent lieu d’analyse. Le citoyen consomme chaque soir vingt minutes d’images qui « lavent son cerveau », pendant que les blogs, ouvrages et ressources de réflexion sont consultés par une minorité. Cette disproportion a un effet direct : les cerveaux restent vides de comparaisons, vides de perspectives alternatives, vides de pensée politique.

Or, une démocratie sans intelligence partagée devient une démocratie d’abstention et de rejet. Loin de voter pour un projet collectif, beaucoup de citoyens se contentent de voter « contre » – contre Sarkozy hier, contre Hollande ensuite – sans jamais pouvoir dire ce qu’ils souhaitent construire. Le philosophe Antonio Gramsci l’avait déjà noté : quand les classes dominantes contrôlent l’hégémonie culturelle, elles façonnent les imaginaires au point que les dominés pensent avec les catégories de leurs oppresseurs.

L’histoire montre que les avancées sociales ne sont jamais venues des masses passives, mais de minorités éclairées, instruits et animées d’une conscience de classe. Ces pionniers savaient que l’adversaire n’était pas seulement le patron, mais un système économique et cognitif qui inscrit l’existence des travailleurs dans une comptabilité où leur vie est réduite à une « charge ». Ce paradoxe reste entier aujourd’hui : tout ce qui relève de la vie humaine, des services publics, de l’éducation, est présenté comme un coût à réduire, tandis que le capital accumulé est valorisé comme richesse.

Cette situation n’est pas due à une prétendue « bêtise » des citoyens. Elle est le résultat d’une stratégie séculaire : les puissants n’ont jamais eu intérêt à émanciper leurs populations. La scolarisation s’arrête souvent avant que les bases nécessaires à la compréhension de la complexité sociale et économique soient acquises, et l’information médiatique entretient volontairement la distraction. Platon, déjà, dénonçait les sophistes qui séduisaient les foules par de beaux discours vides, et non par la vérité. Aujourd’hui, les chaînes d’information continue jouent ce même rôle, en produisant une illusion de débat qui occupe l’espace sans nourrir la réflexion.

Ainsi, avant même de « changer les politiciens », il faudrait changer les conditions dans lesquelles les citoyens pensent et jugent. Autrement dit, rendre aux peuples leur intelligence confisquée. Cela passe par une réforme radicale de l’éducation et de l’information : prolonger l’accès au savoir, rémunérer l’apprentissage tout au long de la vie, et créer des médias réellement indépendants capables de nourrir l’esprit critique.

Sans cette transformation, nous continuerons à assister à des jacqueries sans avenir, à des votes de rejet ou d’élimination, à des débats politiques réduits à des querelles de cour de récréation. Comme le disait Kant : « Sapere aude ! Aie le courage de penser par toi-même ». Ce courage ne peut naître que si l’intelligence humaine est alimentée, et non appauvrie par un système qui préfère la servitude cognitive à l’émancipation collective.

Conclusion :
Changer les visages sans changer les règles du jeu médiatique, c’est condamner la politique à rejouer la même pièce. Tant que l’information sera un outil de diversion plutôt qu’un levier d’émancipation, l’intelligence collective restera sous-exploitée. La vraie réforme n’est pas seulement dans les urnes : elle commence par libérer la pensée des citoyens de l’imbécillité organisée. Pour cela il existe des sites, des recontres comme les agora du savoir, des instituts comme La Boétie et tant d’autres que seul une minorité fréquente tandis que les autres restent à manger la vie consumériste qui leur est proposé.


 


 

 

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Publié le 10 Septembre 2025

La révolte des invalides

En octobre 2013, j’écrivais : « L’imbécilité est-elle une partie intégrante de l’intelligence humaine ? » Douze ans plus tard, en 2025, la question reste d’actualité. Ce n’est pas le savoir-faire humain qui est en cause, mais l’incapacité collective à réformer une organisation capitaliste que 92 % des citoyens disent pourtant vouloir transformer. Paradoxe : ces mêmes citoyens restent capitalistes jusqu’au bout des ongles, et attendent des gouvernements qui défendent ce système qu’ils le réforment. C’est une illusion pavlovienne : choisir l’instinct immédiat, la proie certaine plutôt que l’ombre d’un avenir incertain.

Le véritable adversaire : le plan comptable

Les conquêtes sociales n’ont pas été offertes par le patronat par bonté d’âme, mais arrachées par des précurseurs instruits et organisés, souvent au prix du sang. Pourtant, l’ennemi structurel n’était pas tant le patron que le plan comptable. Dans ce système, l’existence du salarié est inscrite comme une « charge » à réduire, au même titre que l’on diminue la dose de ciment dans un béton. La logique de la comptabilité capitaliste, héritée du XIXᵉ siècle, a transformé la richesse du travail en coût à éliminer.

Philippe Pétain déclarait jadis que « l’État, c’est comme une entreprise », et plus récemment François Fillon osait parler de la « faillite de l’État ». Ces formules absurdes révèlent l’emprise de ce paradigme : une nation ne peut pas être comparée à une société anonyme, car sa « dette » n’est pas réductible à un bilan privé.

La peur de l’avenir comme frein psychique

Depuis toujours, les dominants invoquent la peur du chaos pour maintenir l’ordre existant. Karl Polanyi l’avait montré : la société de marché repose sur l’idée que toute alternative serait pire. Aujourd’hui encore, l’argument sert à bloquer toute transformation. Les élites économiques et politiques défendent leur privilège d’exploiter un outil d’enrichissement — le capital — en cultivant cette peur de l’inconnu.

Les révoltes sans débouché

Les Gilets jaunes hier, le mouvement Bloquons tout aujourd’hui, naissent de ce paradoxe. Ce ne sont pas des révolutions politiques organisées, mais des jacqueries modernes : des explosions de colère sans perspective structurée. Contrairement au syndicalisme révolutionnaire du XIXᵉ siècle, ces révoltes refusent de s’inscrire dans des partis ou des syndicats existants. Elles expriment un rejet, mais ne construisent pas d’alternative.

Certains syndicats, comme Force Ouvrière, restent ouverts à tous sans condition politique, mais les citoyens s’en détournent. Ils préfèrent la rue, les blocages, les coups d’éclat — au risque d’alimenter l’image d’une démocratie réduite aux échauffourées médiatisées.

La nécessité d’une conscience collective

Qualifier ce mouvement d’« invalidité cérébrale » n’est pas une insulte, mais un constat : celui d’une incapacité citoyenne à transformer la colère en projet. On refuse les partis, on méprise les syndicats, et l’on croit que des référendums suffiraient à gouverner une économie mondialisée. Ce rejet de la médiation politique condamne à tourner en rond.

La solution provisoire, faute de pouvoir refonder immédiatement l’économie, serait de reprendre la main sur la monnaie. Tant que l’émission monétaire restera contrôlée par la Banque centrale européenne, les États resteront pieds et poings liés. Bruxelles est devenue une Bastille moderne.

Conclusion

Les révoltes actuelles ne sont pas dépourvues de légitimité : elles disent la souffrance, la défiance, le refus de l’ordre établi. Mais sans débouché institutionnel, elles ne feront qu’alimenter la colère stérile et le terreau de l’extrême droite.
Comme en 1848, c’est l’organisation consciente, l’éducation politique et l’appropriation des institutions qui permettront de transformer la révolte en projet. Sinon, il ne restera que des jacqueries — bruyantes, spectaculaires, mais vouées à l’échec.

 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 9 Septembre 2025


 

Au revoir Bayrou et entrons dans l’humanisme socialisant.

Depuis le départ de Bayrou, les commentateurs politiques se perdent en conjectures sur le futur Premier ministre et recyclent la même rengaine médiatique. Or, face à ce blocage institutionnel, une démission présidentielle pourrait ouvrir une brèche — mais vers quoi ? Aucun projet d’avenir ne se dessine, hormis celui de la LFI, et l’on n’efface pas 3 750 ans de capitalisme d’un coup de baguette magique, surtout avec des citoyens profondément imprégnés de sa logique. Reste la question essentielle : existe-t-il des hommes capables d’agréger les événements présents pour tracer une voie, fût-elle incertaine, vers un humanisme socialisant ? Si le marasme actuel pouvait réveiller quelques penseurs, ce ne serait pas un luxe.

Le socialisme sera l’avenir du monde

Depuis Hammourabi, les formes de domination ont changé, mais la logique reste la même : le plus fort exploite le plus faible. Trois mille sept cent cinquante ans plus tard, le capitalisme poursuit cette adolescence prédatrice. L’avenir, s’il doit être humain, ne peut se trouver que dans un socialisme repensé, fondé sur la solidarité et l’éducation.

De Hammourabi à nos jours : une continuité troublante

En 1750 avant J.-C., les travailleurs sumériens sous Hammourabi vivaient sous un régime qui ressemble étrangement au nôtre. Les serviteurs et esclaves travaillaient pour des maîtres soumis à des règles sociales, comme nos patrons aujourd’hui. Il y avait de bons et de mauvais maîtres, des sanctions pour travail mal fait, et une charité religieuse qui tenait lieu de socialisme primitif.

Trois mille sept cent cinquante ans plus tard, rien n’a changé dans le fond : les salariés sont encore asservis à des maîtres qui disposent du droit de s’enrichir sur leur dos et de les congédier lorsqu’ils deviennent une charge.

Nous sommes instruits, mais toujours « cons », comme le chantait Brel. Instruits parce que nous explorons Mars ; cons parce que nous restons prisonniers du même schéma : le plus fort exploite le plus faible. La monnaie a remplacé le glaive, mais la logique de prédation demeure.

L’inachèvement de notre civilisation

Certes, nous ne pillons plus nos voisins par la guerre, mais par l’emprunt et les intérêts. C’est un progrès : mieux vaut payer que tuer. Mais la structure sociale reste inchangée. Ce qui nous distingue des Sumériens n’est pas l’intelligence, mais l’instruction.

Or l’instruction, au lieu de nous émanciper, a souvent conforté la soumission. Les salariés d’aujourd’hui réclament de travailler moins et d’être mieux payés, mais rarement pour une finalité sociale comme en 1968. L’aspiration a basculé dans l’égoïsme, non dans la transformation collective.

Le capitalisme, malgré sa puissance technique, n’a pas permis le saut qualitatif. Il reste enfermé dans une doctrine infantile : l’accumulation pour elle-même. Le socialisme, lui, garde intactes ses valeurs d’avenir — justice, égalité, solidarité — mais il doit être repensé pour devenir un socialisme de l’« âge adulte », débarrassé des archaïsmes du XIXe siècle.

La solidarité égoïste

J’appelle cette perspective une solidarité égoïste. Elle consiste à maîtriser notre égoïsme de nature en reconnaissant que chacun aura besoin, un jour, du soutien des autres. Dès lors, la mutualisation des risques devient une évidence.

Ce n’est ni la charité des religions, ni l’individualisme capitaliste. C’est une organisation collective assumée, où l’intérêt général nourrit l’intérêt individuel. Les coopératives (SCOP) en sont une esquisse : répartition équitable, disparition des classes, primauté du collectif. Mais il faut aller plus loin à l’échelle macro-économique.

Le blocage capitaliste

L’urgence écologique l’illustre : une centrale à charbon « propre », avec récupération et enfouissement des gaz, fut abandonnée parce que son énergie aurait coûté 70 % plus cher. L’intérêt général fut sacrifié au profit.

De même, la lutte contre le réchauffement avance au « goutte-à-goutte » pour ne pas heurter les marchés. Comme au temps de Galilée, nous préférons condamner la vérité plutôt que de remettre en cause la doctrine dominante.

Nous sommes prisonniers d’un credo : celui du capitalisme libéral. Chacun prie avec ce catéchisme économique sans même s’en rendre compte. Mais il n’y a pas de fatalité : l’histoire des civilisations prouve que les paradigmes changent.

Les défis du socialisme de demain

Un socialisme repensé doit relever trois défis majeurs :

  1. L’éducation permanente : faire des citoyens des acteurs éclairés, capables d’assumer volontairement les services collectifs et de financer de grands projets communs. Faute de quoi, l’État s’endette auprès des mêmes groupes qui nous exploitent déjà, et nous payons deux fois.

  2. La réforme monétaire : comprendre que la monnaie n’est pas un obstacle, mais un outil. La création monétaire doit financer les biens communs, non l’enrichissement d’une minorité.

  3. La fainéantise créatrice : réduire le temps de travail n’est pas un vice mais un moteur d’innovation. Les robots ne sont pas des ennemis : ils libèrent l’humanité d’une partie de sa sueur. Refuser cette évolution, c’est rester prisonnier de l’économie de pillage.

Conclusion : Franchir l’âge adulte

Un animal qui s’empare de la proie d’un autre ne vole pas : il cherche l’économie d’énergie. Le capitalisme n’est que la prolongation de cet instinct. Mais l’humanité dispose de la conscience et du savoir pour dépasser cette logique.

Le socialisme ne doit pas être vu comme un retour au passé, mais comme l’avenir : la seule voie pour entrer dans l’âge adulte de l’histoire. Il ne promet pas le paradis, mais une organisation où la solidarité égoïste devient le moteur d’une société plus juste, plus durable, plus humaine.


 

« Tant que nous resterons prisonniers du capitalisme, nous ne serons que des enfants armés jusqu’aux dents. Le socialisme est la seule chance de grandir avant de nous détruire. »

 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 8 Septembre 2025

« Ni l’Occident ni les BRICS ne peuvent résoudre le paradoxe capitaliste. La voie est ailleurs : placer l’apprentissage au cœur de notre avenir. »

Notre Premier ministre va sauter pour avoir cru que le problème du pays était la dette. Ses éventuels remplaçants, s’ils répètent le même conte fondateur de l’UE, ne feront guère mieux. Et si jamais c’était Lucie Castets, bien que soutenue par les Verts, elle n’est plus citée, au bénéfice d’Olivier Faure, qui ne semble pas vouloir travailler avec LFI. C’est regrettable : même si peu de choses changeraient sur le fond, revenir au plan serait une bonne chose. Mais faire « payer les riches » reviendrait surtout à augmenter les prix clients, car c’est d’eux que ces richesses sont extraites.

La solution possible est ailleurs, avant que des siècles d’évolution ne la réforment. Encore faudrait-il que les dirigeants du monde en prennent conscience — et je pense moins à l’Occident qu’au BRICS, qui faute de perspective future, pourraient être tentés d’établir la paix par la force. C’est vrai que les morts, eux, nous foutent la paix.

La solution momentanée n’est pas dans l’économie, mais dans l’existentialisme : cette philosophie, selon laquelle l’existence vécue de l’être humain dans le monde est la base de toute réflexion, doit être prise en considération avant son essence (l’inné), et laisse à chacun la liberté et la responsabilité de se choisir. Existentialisme chrétien chez Kierkegaard, existentialisme athée chez Sartre, de Beauvoir, Camus.

L’humanité, toujours dans son enfance

Entre l’Occident capitaliste et les BRICS, le monde semble condamné à une confrontation permanente. D’un côté, un système néolibéral arrivé à bout de souffle, qui ne survit que par l’endettement et la prédation. De l’autre, un bloc émergent qui conteste cette domination mais reproduit souvent les mêmes logiques. Ce face-à-face n’est pas seulement économique : il traduit un paradoxe profond, celui d’une humanité encore prisonnière de son enfance.

Bruno Bettelheim a montré que les contes de fées aident l’enfant à surmonter ses peurs et à grandir. L’humanité, depuis le néolithique, n’a pas fait autrement : pour apaiser ses angoisses, elle a inventé des récits collectifs — religieux, philosophiques, économiques. Ces récits, que nous appelons idéologies et que nous terminons volontiers en -isme, ont donné un sens au monde et justifié nos institutions.

Mais ils ont aussi enfermé l’humanité dans une dépendance infantile. Comme les prisonniers de la caverne de Platon, fascinés par les ombres, nous avons pris nos contes pour des réalités. Comme le rappelait Kant, sortir de la « minorité » suppose un effort : apprendre à penser par soi-même.

Capitalisme : l’adolescence prédatrice

Du silex au capital financier, une même logique s’est perpétuée : exploiter l’autre avec le moins d’effort possible. L’économie de pillage des cités-États a cédé la place à la colonisation, puis au commerce mondialisé et au capitalisme. Mais le principe reste identique : les plus forts s’approprient le travail des autres, tout en camouflant cette prédation derrière des contrats, des lois ou des marchés.

Le capitalisme moderne agit comme un adolescent : il veut tout, tout de suite, sans mesurer les conséquences. Il consomme ses ressources, accroît les inégalités et produit des armes capables de détruire la planète. Malgré nos prouesses technologiques, nous restons une civilisation infantile, obsédée par la consommation immédiate et incapable de donner un sens durable à la vie collective.

L’âge adulte qui nous attend

Saint Paul écrivait : « Quand j’étais enfant, je raisonnais comme un enfant… Quand je suis devenu homme, j’ai mis fin à ce qui était de l’enfant. » L’humanité doit accomplir ce même passage. Grandir, ce n’est pas abolir nos instincts, mais les dépasser. C’est reconnaître que la valeur ne réside pas dans l’accumulation du capital, mais dans la croissance du savoir et de la conscience.

Devenir adulte, ce serait fonder notre économie sur une valeur universelle et intelligible : l’énergie humaine réellement dépensée pour vivre et produire. Ce serait réduire le temps de travail grâce à la technologie, partager équitablement les innovations, et replacer l’apprentissage au centre de la vie.

Nietzsche voyait dans l’enfant la métaphore d’un nouvel avenir : celui qui ose créer. Mais nous n’avons pas encore accompli cette métamorphose. Nous restons bloqués dans une adolescence collective, fascinée par la puissance technologique, mais incapables de donner un sens à l’existence. Freud, dans Malaise dans la civilisation, l’avait déjà noté : nos pulsions archaïques resurgissent sans cesse, même sous le vernis de la culture.

Une voie pour sortir du conflit des bloc

Aujourd’hui, l’Occident et les BRICS s’affrontent dans une logique de domination qui n’est que la répétition de l’histoire. Chacun cherche à imposer son modèle économique, comme si l’humanité ne pouvait choisir qu’entre deux formes de prédation. Mais ce conflit ne sera jamais tranché, car il repose sur une erreur commune : croire que la valeur se réduit au profit et au pouvoir.

La véritable sortie du paradoxe capitaliste se trouve ailleurs. Elle passe par la reconnaissance de l’apprentissage comme activité centrale et par la rémunération de ce processus. Car apprendre, transmettre, créer collectivement du savoir, c’est la seule manière de donner un sens à l’existence humaine et de bâtir une civilisation adulte.

Conclusion

L’humanité est encore dans son adolescence : brillante par ses technologies, mais aveugle sur son avenir. Tant que nous resterons enfermés dans la logique infantile du profit, nous reproduirons les mêmes conflits : aujourd’hui entre l’Occident et les BRICS, demain sous d’autres formes.

Sortir de l’enfance, c’est franchir le pas vers une société de la connaissance. Une société qui rémunère l’apprentissage, qui libère le temps, qui transforme l’énergie humaine en valeur commune. Là seulement se trouve la possibilité d’un avenir partagé — au-delà des blocs, au-delà de la prédation, au-delà de la guerre.

Nous pourrions espérer que les dirigeants du BRIC fort de l’expérience de l’échec du communisme et du capitalisme mortifère pour l’espèce humaine avec son armement autodestructeur qu’il vivent aujourd’hui seraient capables de nourrir une réflexion existentielle sur le futur de l’humanité plutôt que de songer à seulement prendre la place de l’occident avant qu’eux-mêmes, dans le déroulement de l’évolution ne soit remplacée par le continent africain.

C’est seulement notre intelligence qui peut prendre la mesure de cela et non nos émotions. Les éléments de ce futur existent, il suffit de les assembler dans les siècles à venir, car c’est à cette mesure que se déroule l’évolution, loin de l’immédiateté infantile du capitalisme.

 

 

 

  1/   enfance, contes, mythes                                  2/   adolescence/ capitalisme                  3/    Âge adulte 

       religions philosophies, première économie             prédation, conflits, colonisation               savoir coopération

       logique de pillage et dépendance.                          consommation immédiate et armes          valeur = énergie humaine dépensée

                                                                                                                                                            Apprentissage au cœur de la société   

                                                                                     

 

                                                                                                    solution, rémunérer l'apprentissage

                                                                                                          sortir du paradoxe capitaliste

 

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Rédigé par ddacoudre

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Publié le 7 Septembre 2025

Le monstre du budget : une illusion dangereuse.


 

Chaque année, le débat budgétaire fait ressurgir la même image : celle de la dette, brandie comme une menace existentielle. « La dette, c’est comme le monstre du Loch Ness, c’est tous les ans qu’il réapparaît au moment de la discussion budgétaire, histoire de justifier des restrictions sociales, pour se conformer aux accords de l’UE. »

François Bayrou, haut-commissaire au Plan, en a fait le cœur de sa stratégie. Il propose une « année blanche » en 2026, c’est-à-dire le gel des dépenses publiques – prestations sociales, retraites, impôt sur le revenu – sans prendre en compte l’inflation. Dans la même logique, il envisage de « remettre au travail le pays tout entier » en supprimant deux jours fériés, « par exemple le lundi de Pâques et le 8 mai ».

Son plan met l’accent sur la compétitivité des entreprises : 900 millions d’euros de fonds propres supplémentaires, une taxe sur les petits colis pour limiter la concurrence jugée déloyale, et une réorientation des financements de France 2030 vers l’intelligence artificielle et le cyber. Le Premier ministre, lui, a annoncé 5,5 milliards d’euros d’économies sur la santé, via le doublement du plafond des franchises médicales et la suppression de certaines affections longue durée. La Cnam devra trouver 25 milliards d’ici 2030, en partie grâce à de nouvelles taxes sur les produits à risque et à un transfert de charges vers les complémentaires santé.

Le carcan de Maastricht

Ces annonces s’inscrivent dans la continuité des accords de Maastricht : un cadre néolibéral rigide, conçu pour financer l’activité sociétale non pas à travers la richesse produite collectivement, mais par le biais des capitaux investis. Résultat : l’économie privilégie toujours l’enrichissement des détenteurs de capitaux, au détriment du bien commun.

Or l’existence humaine ne se résume pas à des équations financières. Les politiques néolibérales prétendent qu’elles ont conduit au « développement hédoniste » dont profite une partie du monde. Mais cette prospérité est trompeuse. Elle ne tient aucun compte des conséquences environnementales irréversibles – comme le réchauffement climatique – ni du rôle de la collectivité humaine dans l’accumulation des savoirs au fil des siècles.

L’oubli de l’interdépendance

Jamais ces discours dominants ne reconnaissent la dette morale et historique envers les générations passées ni l’importance de l’interdépendance entre humains. Car, même si cette interdépendance a souvent pris la forme de pillages, de colonisations ou de barrières douanières, elle reste la condition fondamentale de l’évolution des sociétés.

Pourtant, nous continuons à nous comporter selon nos instincts les plus primitifs : la compétition, l’individualisme, la cupidité. Au lieu de concevoir nos relations comme un projet collectif où chacun contribue à l’émancipation et à l’épanouissement de tous, nous restons enfermés dans une logique d’exploitation mutuelle.

Un risque d’autodestruction

La question budgétaire n’est donc pas seulement un problème technique. Elle révèle une vision du monde où l’humanité refuse encore de dépasser ses instincts archaïques. Tant que nous resterons prisonniers de ce modèle – où l’on sacrifie le bien commun pour préserver les privilèges d’une minorité – nous courrons vers notre propre autodestruction.

Le paradoxe capitaliste : une dette sans fin, une société sans horizon

Lundi, François Bayrou quittera sans doute son poste. Ses opposants y verront une victoire politique, d’autres se réjouiront de la mobilisation syndicale et populaire du 10 septembre. Mais sans clairvoyance sur le paradoxe capitaliste qui nous enferme, nous n’aurons pas avancé d’un pas. Croire qu’un Rassemblement national fascisant, antisémite, homophobe, xénophobe et nationaliste pourrait incarner une alternative relève de l’illusion : ce parti ne fera que reproduire les mécanismes du capitalisme néolibéral qui exploitent déjà ses électeurs.

Une pauvreté intellectuelle organisée

L’existence même du RN traduit l’appauvrissement intellectuel du pays. Cet appauvrissement est d’abord la responsabilité des gouvernements passés, enfermés dans le carcan entrepreneurial de Maastricht et de Lisbonne, obsédés par le sécuritaire électoral, incapables d’expliquer que nous ne disposons ni du pétrole ni de l’uranium nécessaires à notre indépendance économique, et que nous avons détruit notre industrie par les délocalisations. Tout cela au nom d’une logique simple : réduire les charges pour accroître le capital.

Le capital n’a jamais eu vocation à créer des emplois. Il embauche uniquement pour en tirer une plus-value : revendre trois fois plus cher ce que les salariés produisent. Les inégalités de salaires font que certains acceptent cet échange, car ils bénéficient d’un confort matériel suffisant. Mais la majorité – sous-traitants, travailleurs précaires, employés aux temps partiels – en payent le prix.

Le paradoxe économique

Ce système repose sur deux dynamiques mortifères :

  1. La perte de pouvoir d’achat, qui réduit mécaniquement les chiffres d’affaires.

  2. La réduction des charges par les entreprises, qui appauvrit encore les salariés et donc les consommateurs qui font leur chiffre d’affaire.

Poussé à bout, ce mécanisme conduirait logiquement à la disparition de l’humain, ce qui est absurde, car la vie ne peut se réduire à une comptabilité économique. Déjà en 1994, exaspéré par ce raisonnement, je suggérais avec provocation : « Puisqu’il y a trop d’humains au regard des comptes de la nation, pourquoi ne pas rouvrir les fours crématoires ? » La brutalité de cette image avait glacé l’auditoire. Mais elle disait le fond du problème : notre incapacité à affronter la contradiction centrale du capitalisme.

Depuis 1848, les luttes sociales ont cherché à corriger ce paradoxe par la redistribution. Elles ont obtenu des avancées, mais jamais résolu la contradiction fondamentale.

Une logique biologique et technologique

Pour comprendre, il faut revenir aux fondements biologiques : toute vie est faite de prédation, c’est-à-dire de recherche d’une plus-value avec un minimum d’énergie. L’humain ne fait pas exception, mais il a ouvert une voie particulière : réduire le temps de travail grâce à la technologie. De la domestication animale à l’imprimerie, puis aux outils numériques, chaque étape a permis de remplacer le travail humain, révélant ses limites biologiques.

Le problème est que cette recherche d’efficacité détruit des emplois plus vite qu’elle n’en crée. Si nous devions produire nos biens sans technologies, nous mourrions de faim. Mais avec la technologie, une minorité travaille pour tous, tandis que la majorité reste dépendante d’un capital qui se nourrit de croissance et d’endettement.

Une société engluée

Aujourd’hui, 50,5 millions de Français sont en âge de travailler, mais seuls 30 millions le font effectivement. Vouloir rallonger le temps de travail par des heures supplémentaires ou supprimer des jours fériés est une absurdité, qui contredit la dynamique historique de réduction du temps de travail liée au progrès technologique.

Ce système, entretenu par un discours médiatique permanent, prive les citoyens d’une analyse globale. D’où leur crédulité à croire que voter pour le RN serait une solution. Mais ce parti, comme les autres, reste prisonnier du même conte néolibéral : « Fils, tu dois travailler pour gagner de l’argent ». Réduction simpliste d’une réalité beaucoup plus complexe.

La dette, faux problème, vraie arme

On répète que la dette est un désastre. Mais les 3 400 milliards de dette publique ont financé des emplois, en France et ailleurs. Ils représentent surtout le manque chronique de financement des besoins sociaux depuis les années 1970. Pendant que le gouvernement cherche 44 milliards d’économies, il ignore les véritables besoins collectifs, faute de création monétaire adaptée.

On s’alarme aussi que 47 % de la dette soit détenue par des non-résidents, comme si cela menaçait notre souveraineté. Mais la réalité est ailleurs : notre économie dépend déjà massivement des entreprises étrangères installées en France. En France le montant du PIB en 2024 : 3,162 trillions USD, et le RNB en 2024 : 2180 milliards USB. Le PIB est le produit intérieur brut toutes entreprises confondues, le RNB le revenu national brut, ex-PNB, est le produit des seules activités d’entreprises françaises, nous sommes loin des petits 44 milliard qui nous ferait perdre notre souveraineté.

La vraie question

Nous faisons partie des pays riches. Il est inconcevable que ceux qui ont produit les capitaux d’une minorité soient sommés de travailler encore plus, et que ceux qui ont travaillé toute leur vie ne touchent pas une retraite digne.

La jacquerie du 10 septembre n’aura servi à rien si elle se limite à réclamer du pouvoir d’achat sans interroger les causes profondes de sa baisse. Comme hier les paysans réclamaient du pain sans remettre en cause le système qui les affamait. Tant que nous ne sortirons pas de ce cercle vicieux, le capital continuera à engranger le triple de ce qu’il consent.


 

 

 

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Rédigé par ddacoudre

Publié dans #Politique

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Publié le 31 Août 2025

Le rôle de la justice est‑il de punir ?
Introduction

À l’heure où nos sociétés se sont judiciarisées, policiarisées et victimisées, l’appel à la justice semble s’imposer comme une solution incontournable. Pourtant, ce recours masque souvent un retour aux réflexes archaïques, fondés sur des réponses émotionnelles aux informations reçues de notre environnement. Ces réponses ont conduit les humains à développer des structures référentielles pour réguler les conflits interpersonnels au fil de l’histoire séculaire des sociétés humaines. La notion de justice traduit alors moins un idéal moral universel que les aspirations humaines à la régulation des désirs de vengeance et de réparation. À ce jour, toutes les tentatives religieuses ou philosophiques ont échoué à cultiver chez l’humain une maîtrise intérieure de ses émotions tout en respectant sa nature profonde. C’est une tension constante : sortir de l’ombre de la caverne sans se brûler aux feux de la connaissance. Un long et périlleux voyage intérieur, visant une sagesse où l’égoïsme naturel se transforme en épanouissement collectif, permettant à l’espèce humaine de survivre à sa propre tendance à l’autodestruction. Ainsi Toutes les voies ont échoué à dompter l’âme sans trahir sa nature. Sortir de l’ombre sans brûler à la lumière : tel est le voyage intérieur où l’égoïsme s’élève en sagesse, et où l’homme se sauve de lui-même par le socialisme se substituant à l’exploitation de l’Homme par l’Homme.

Résumé

La justice n’est pas une essence intemporelle mais une construction historique et politique née avec l’organisation sociale des hommes. La vie humaine, initialement régie par la loi naturelle – se nourrir, survivre, se reproduire –, a progressivement intégré des règles pour réguler la rareté et les conflits. La sédentarisation et la concentration des populations ont nécessité des normes communes, donnant naissance à la justice et à la punition.

Les premières civilisations villageoises ont vu émerger des groupes dominants s’appropriant le travail des autres, instaurant l’« économie de pillage ». Les temples, religions et codes écrits, tels celui d’Hammourabi, ont légitimé cette régulation, donnant à la justice une aura transcendante. Pourtant, son origine n’est pas divine : elle répond à des nécessités sociales et économiques.

Les sanctions, d’abord instruments de pouvoir, sont devenues des punitions justifiées par l’ordre moral. Voler, tuer ou se venger sont interdits non par morale intrinsèque mais pour préserver la survie collective. La justice humaine a souvent été confondue avec la loi divine ou naturelle, alors qu’elle demeure une réponse sociale aux tensions de rareté.

La punition, au cœur de ce dispositif, répond moins à l’équité qu’au pouvoir et à l’émotion collective : souffrance contre souffrance, par monnaie ou emprisonnement. Elle traduit l’incapacité à concevoir d’autres formes de régulation. La socialisation dès l’enfance inculque la croyance en des normes « naturelles », rendant incompréhensible la diversité des pratiques humaines. L’anthropologie montre pourtant que les coutumes diffèrent : ce qui est interdit ici peut être admis ailleurs. La justice n’est universelle que dans un principe minimal d’équité ressenti dès l’enfance.

Dans nos sociétés modernes, la justice reste prisonnière d’un cadre politique et économique inégalitaire. La punition y apparaît comme archaïque : elle cible des manquements qui pourraient être évités par une autonomie économique réelle. Sans force de l’ordre, la rareté pousse au pillage, révélant non la perversité humaine mais l’insuffisance des conditions de vie. La justice n’est donc pas naturelle : elle organise la rareté et maintien l’ordre social. La punition, loin d’être morale, est un aveu d’échec de régulation.


Partie 1 : Histoire et construction de la justice

La justice n’est pas innée ni intemporelle ; elle est née de la nécessité de vivre ensemble sur un espace limité. La Terre impose au vivant une interdépendance constante. Chaque individu influence les autres, et nul ne vit isolé. L’humain se distingue par sa cognition, qui lui permet d’adapter, transmettre et fonder des règles collectives.

À l’origine, la vie humaine se réglait sur la loi naturelle : manger, se protéger, se reproduire. Les premiers groupes ont affronté la rareté par chasse, cueillette et agriculture. La sédentarisation a rendu nécessaires des règles communes pour répartir les ressources et prévenir les conflits, donnant naissance à la justice.

La justice primitive était un ensemble de pratiques : coutumes orales, sanctions collectives (bannissement, réparation, châtiment). Elle se confondait avec la survie : protéger le groupe était prioritaire. Avec l’accumulation de richesses, un groupe domina l’autre : l’« économie de pillage ». La justice devint instrument de pouvoir.

Les religions ont renforcé ce pouvoir en plaçant les lois sous l’autorité divine, légitimant les règles humaines. Le code d’Hammourabi, les tables de la Loi biblique ou les règles des cités antiques sanctionnaient au nom des dieux. Derrière cette sacralisation se cachait une nécessité pratique : organiser la coexistence et assurer la reproduction sociale.


Partie 2 : Morale, émotions et normes sociales

Les sociétés ont développé des récits et contes fondateurs fixant les normes. La morale varie selon l’histoire et l’environnement : tuer pour se marier, mariage frère-sœur, épouser un mort pour hériter… La morale est relative, dépendante des coutumes et intérêts collectifs.

Elle a toutefois servi de socle à la justice : conventions, codes et règlements définissant la « bonne conduite ». Mais derrière cette universalité apparente se cache une fonction de domestication : apprendre dès l’enfance à se soumettre aux normes. L’homme n’est libre que quelques années, avant d’être socialisé à la règle. Au XVIIIᵉ siècle, l’âge de raison était fixé à sept ans. La norme impose une mesure commune, mais n’est pas synonyme de justice.

L’émotion amplifie ce décalage. Chaque transgression suscite indignation et punition. Mais l’émotion est subjective : l’empathie projette l’expérience personnelle, jamais celle de l’autre. La justice, prétendument neutre, justifie la punition, qui inflige une souffrance supplémentaire. Une approche humaniste chercherait d’autres régulations que la douleur : conciliation, réparation, prévention.


Partie 3 : La peur, le pouvoir et le rôle politique de la punition

Historique et contemporaine, la punition répond à la peur : protéger et contenir les angoisses collectives. Les pratiques du passé — torture, bûcher, roue — paraissent aujourd’hui inhumaines, mais la prison reste une peine corporelle et psychologique. La psychanalyse montre que ces pratiques sont gouvernées par la peur ; l’essentiel est de l’ajuster à notre époque, en tenant compte des inégalités structurelles.

Les élites politiques et économiques savent que les crimes et inégalités sont prévisibles : ce sont les conséquences d’un choix politique, notamment celui du néolibéralisme. La morale punitive est un outil de domestication pour maintenir l’ordre et légitimer la souffrance. La connaissance et la raison devraient supplanter la peur, et la justice chercher à prévenir plutôt qu’à punir.


Partie 4 : Justice, liberté et fraternité

La liberté réelle est compromise par la socialisation et l’économie inégalitaire. L’égalité proclamée est une façade : la compétition favorise ceux qui détiennent pouvoir et ressources. La fraternité, en revanche, reste un horizon atteignable : reconnaître la valeur de chaque être humain et garantir à chacun les moyens de vivre dignement selon sa contribution.

Les dominants utilisent la morale, la justice et la punition pour préserver leur statut. Les paroles destructrices, la désinformation et la haine amplifiées par les réseaux sociaux illustrent cette manipulation. Juger « en conscience » semble noble mais repose sur des préjugés et expériences personnelles, non sur une vérité universelle. Seules des règles objectives permettent d’établir des décisions équitables. Mais fixer une peine reste émotionnel, arbitraire et injuste.


Partie 5 : Holisme et responsabilité collective

Les masses délèguent à l’autorité le soin de trancher leurs différends. La réparation devrait concerner la collectivité, car c’est elle qui crée les conditions d’injustice et de conflit. Punir un individu isolé masque la responsabilité collective. La culture de l’individualisme et de la réussite personnelle a imposé le modèle néolibéral, où punir un tiers pour l’exemple devient la norme. Cette conception révèle l’incapacité de l’humain à gérer un monde inégalitaire. Sans force de l’ordre, beaucoup céderaient à la tentation : le problème est structurel, non moral.

La justice ne vise pas le juste : elle régule la rareté, maintient l’ordre et préserve les privilèges des dominants. Morale et justice sont façonnées par le pouvoir, les traditions et les mythes. La punition, loin d’être universelle ou équitable, impose une souffrance selon des normes socialement construites, jamais absolues.


Partie 6 : La justice moderne et ses limites

La justice contemporaine, héritière des codes anciens, est structurée par des institutions et des lois positives. Elle prétend être impartiale, mais reste profondément influencée par des facteurs politiques, économiques et sociaux. La prison, principale mesure punitive, symbolise encore l’autorité et la peur : enfermer revient à retirer à l’individu sa liberté, sa dignité et son existence sociale. La punition devient spectacle : un avertissement collectif, plus qu’une réparation du tort.

Les systèmes judiciaires modernes reflètent souvent une logique de contrôle plutôt que de justice véritable. Les crimes sont jugés non seulement pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils pourraient inciter chez d’autres : punir pour dissuader, punir pour maintenir l’ordre. Cette approche confond prévention et vengeance, et ignore les causes profondes des transgressions, qui sont le plus souvent sociales et économiques.

Partie 7 : Punition et inégalités structurelles

L’ordre néolibéral produit des inégalités structurelles : certains n’ont pas d’autre choix que de transgresser pour survivre. La punition devient alors un outil de contrôle des populations vulnérables, légitimée par la morale et l’opinion publique. L’exemple de la récidive en milieu carcéral illustre cette logique : la prison ne transforme pas, elle reproduit la marginalisation. La justice se limite à sanctionner les symptômes, jamais les causes.

Dans ce contexte, la punition apparaît comme archaïque et inefficace. L’autonomie économique individuelle, si elle était garantie, permettrait de réduire les conflits et les transgressions. La véritable justice devrait viser à prévenir la rareté et les inégalités, plutôt qu’à infliger la souffrance. La société gagnerait à investir dans l’éducation, la solidarité et l’accès équitable aux ressources.

Partie 8 : La subjectivité de l’émotion et de la morale

Nos réactions face à la transgression sont guidées par l’émotion et le jugement subjectif. L’indignation, la peur ou la colère collective influencent les sanctions ; elles ne correspondent pas à un principe universel de justice. Chacun interprète la faute selon son expérience et ses valeurs. L’empathie est limitée : nous ne percevons jamais pleinement la souffrance d’autrui. Ainsi, la justice punitive se base sur des perceptions partielles, jamais sur une évaluation objective.

Partie 9 : L’illusion de la neutralité judiciaire

La prétendue neutralité de la justice masque une réalité : les lois sont façonnées par ceux qui détiennent le pouvoir. La loi devient un instrument de régulation au service des dominants, justifiant leur position et légitimant la soumission des autres. Les mécanismes judiciaires semblent objectifs, mais reproduisent les hiérarchies et les inégalités sociales. La sanction individuelle dissimule la responsabilité collective et structurelle des injustices.

Partie 10 : Vers une justice conciliante et réparatrice

Une approche moderne et humaniste de la justice nécessite de dépasser la punition. Il s’agit de privilégier la réparation, la conciliation et la prévention. La victime et l’auteur de la transgression devraient être soutenus par la collectivité, dans un cadre qui reconnaît les déterminismes sociaux et économiques. La justice devient alors un outil de restauration et d’équilibre, et non un instrument de peur.

Les pratiques restauratives, la médiation et l’éducation civique sont des moyens efficaces de gérer les conflits. Elles encouragent la responsabilité collective, limitent la récidive et favorisent l’autonomie économique et sociale. Ces méthodes s’inspirent de la compréhension des causes profondes des transgressions et de la volonté de construire un environnement plus équitable.

Partie 11 : Les défis contemporains

La mondialisation, les réseaux sociaux et les flux économiques accélèrent la diffusion des conflits et des injustices. La rapidité des informations et la multiplication des interactions augmentent les risques de jugements hâtifs et de ressentiment collectif. La justice moderne doit intégrer ces nouveaux paramètres : éducation, transparence, participation citoyenne et accès équitable aux ressources.

L’exigence de fraternité et d’équité est plus pressante que jamais. Les instruments traditionnels — prison, sanctions monétaires, châtiments — sont insuffisants face aux transformations sociales et aux défis contemporains. La justice doit s’adapter, évoluer, et devenir un mécanisme de régulation participative et inclusive.

Partie 12 : Conclusion

La justice n’est pas un absolu naturel ; elle est une construction historique, sociale et politique. Elle est née pour réguler la rareté, stabiliser les sociétés et protéger les groupes humains. La punition, centrale dans ce dispositif, n’a jamais été un outil de réparation objective : elle est le reflet de la peur, du pouvoir et des émotions collectives.

Progresser vers une société juste implique de dépasser la logique punitive. La justice doit devenir un instrument de prévention, de conciliation et de réparation. La fraternité, la reconnaissance de la valeur de chaque individu et l’accès à l’autonomie économique sont les fondements d’une véritable justice moderne. La société a les moyens de réduire la transgression, de réparer les torts et de limiter la souffrance, à condition de substituer la peur et le contrôle par la compréhension et la responsabilité collective.


Bibliographie

  1. Foucault, M. (1975). Surveiller et punir. Gallimard.

  2. King, L. W. (1915). The Code of Hammurabi. Chicago: University of Chicago Press.

  3. Pineau, É. (2004). Psychologie de la punition et du jugement moral. Presses Universitaires de France.

  4. Pinker, S. (2011). The Better Angels of Our Nature. Viking.

  5. Attali, J. (1981). Lignes d’horizon. Fayard.

  6. Diamond, J. (1997). Guns, Germs, and Steel. W. W. Norton & Company.

  7. Boétie, É. (1576). Discours de la servitude volontaire. Éditions Gallimard, 1997.

  8. Boehm, C. (1999). Hierarchy in the Forest. Harvard University Press.

  9. Kant, I. (1797). Métaphysique des mœurs. PUF.

 

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Rédigé par ddacoudre

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