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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 22:14

 

 

 

Avec les vœux du gouvernement et du président, nous assistons au énième show politique traditionnel de bons souhaits qui ne valent guère mieux que les promesses électorales, mais nous aimons cela et les médias en raffolent pour remplir leurs colonnes, comme des tempêtes et des chutes de neige. Les litanies annuelles de saisons.

Ainsi au programme gouvernemental, l’abaissement des charges contre un emploi. Voilà qui va nous changer de la réduction des charges pour favoriser l’investissement créateur d’emplois. En période d’austérité, même les phrases deviennent plus courtes.

Raymond Barre doit bien rigoler, lui qui a été l’initiateur du concept de la baisse des charges et de celui de vivre au-dessus de ses moyens à partir de 1977, c’est dire si c’est une nouveauté. Charge, c'est ce mot magique que l’on retrouve chez tous les illusionnistes qui brillent devant les spectateurs enfantins qui ignorent qu’il y a un truc, que c’est de la tromperie sur l’image. Mais cela aussi l’on aime, c’est merveilleux, fantastique et l’on sait qu’il faut beaucoup de travail pour y parvenir, tient comme les hommes politiques carriéristes qui nous servent des discours recuits, ressassés depuis des années, et qui remettent, adaptent au goût de l’actualité du jour leur numéro politique.

Il est vrai que de moins en moins de Français, suivant les élections, vont au spectacle politicien compte tenu des abstentions et votes blancs.  Pourtant, ces numéros d'illusionnistes sont les choux gras des médias qui s’ébaudissent devant leur talent à construire, déconstruire, commenter, souffler sur les braises, fouiller les poubelles des tours d’illusions de tous les acteurs magiciens du commentaire et de l’image politique.

 

Chacun connait des chansons ou comptines dont les paroles sont répétées en boucle à l’infini jusqu'à épuisement ou jusqu'à ce que d’autres s’en lassent et fassent taire le chanteur.

 

C’est ce que les citoyens devraient faire avec certains de leurs hommes politiques, dans le précédent article j’ai expliqué pourquoi nous n’y arrivions pas, mais cela n’empêche pas de comprendre que c’est ce que font nos gouvernants avec le discours sur l’emploi depuis 1977.

 

Ainsi la réduction des charges serait le remède miracle pour créer des emplois. À ceux qui croient en ce tour d’illusions économiques, je les laisse à leurs éblouissements immatures ou cupides suivant le cas, et je vais essayer de regarder ce qu’il y a derrière ce mot magique, Les Charges.

 

Ces charges ce sont les prélèvements obligatoires, qui se composent, des cotisations sociales basées sur les salaires, comportant un versement patronal et salarial, les impôts directs prélevés par l’état sur les résultats de l’entreprise, toutes les taxes des collectivités locales, les taxes foncières et la contribution économique territoriale, remplaçante de la taxe professionnelle, et des taxes diverses et spécifiques comme celles des mines ou sur les pylônes.

Je ne vais pas m’attarder sur l’impôt indirect qui fait de l’entreprise un collecteur, telle la TVA, les taxes douanières, le droit d’accise et certainement que je dois en oublier.

 

Mais le mot CHARGE nous le trouvons dans la comptabilité des entreprises  via le plan comptable classe 6.

Vous me pardonnerez ce copié collé, mais je ne vais pas réécrire tout ce que chacun peut trouver dans des cours de comptabilité.

Les charges d'exploitations normales et courantes sont enregistrées sous les comptes 60 " Achats ", 61/62 " Autres charges externes ", 63 " Impôts, taxes et versements assimilés ", 64 " Charges de personnel " et 65 " Autres charges de gestion courante "

Les charges rattachées à la gestion financière figurent sous le compte 66 " Charges financières "

Les charges relatives à des opérations exceptionnelles sont inscrites sous le compte 67 " Charges exceptionnelles "

Le compte 68 " Dotations aux amortissements et aux provisions " comporte des subdivisions distinguant les charges calculées d'exploitation, financières ou exceptionnelles. 

Le compte 69 " Participation des salariés - Impôts sur les bénéfices et assimilés " enregistrent les charges de la participation des salariés aux résultats et les impôts sur les bénéfices. 

Nous comprenons donc déjà qu’il serait très intéressant et informatif que le gouvernement précise quelles charges il entend compenser contre un emploi.

Mais d’ores et déjà l’on peut observer l’utilisation devenue courante du mot Charge en remplacement des prélèvements obligatoires qu’effectue l’état, les collectivités locales ou les caisses de sécurité sociale, c’est dire si le vocable propre à l’entreprise est devenu celui des citoyens, comme de certains hommes politiques. La mise en place de la nov langue entreprise sous Lionel Jospin a été efficace, ce fut l’époque ou chacun devint le technicien de quelque chose sous l’égide de grands communicants qui nous construisent encore tous ces numéros d’illusions lors des grands spectacles des comptines politiques.

 

S’il était un signe qui démontre l’évolution de la souveraineté de l’état vers l’organisation d’un groupement d’intérêts économiques, c’est bien l’abandon de la notion politique et sociale de prélèvements au bénéfice d’un terme essentiellement comptable propre aux entreprises, les Charges.

 

Cela se caractérise par l’approche que nous faisons de terme qualifiant nos besoins «sociaux ». Ainsi, depuis toutes ces années, les contributions à l’activité sociale, cotisations sociales ou impôts de toutes sortes (prélèvements obligatoires), sont qualifiées de charges, et perçues comme telles par de plus en plus de citoyens.

Ces derniers en viennent alors à réclamer leurs réductions, en pensant qu’en disposant de la plus grande part de leur revenu économique, ils éviteront le coût de l’organisation sociale, tout en pouvant en espérer les mêmes services. Pourtant nous  retrouverons ce coût dans le prix de chacun de nos produits, seulement il sera caché à notre regard, et pour le retrouver il faudrait se livrer à une analyse comptable, ce que nous ne ferons pas. Analyse que nous ne ferons pas par ignorance ou simplement parce que nous en avons ni le temps ni les moyens, tandis que lorsqu’on nous les prélève, là nous le voyons. Alors voulons-nous être des autruches ?

Culturellement, le mot impôt nous rappelle toujours qu’il pénalise les plus faibles, et que les plus riches y échappent, ce qui est certainement vrai dans l’appréciation du revenu (déclaration du revenu). Il nous renvoie à des images d’Épinal de notre histoire. L’impôt de Philippe le Bel, en passant par Colbert et bien d’autres, a forgé l’identité nationale et a toujours mécontenté l’opinion.

Les contributions - elles - revêtent ce caractère de participation à quelque chose dont nous ne serons pas nécessairement bénéficiaires.

Les cotisations – elles - sont mieux perçues, car en cotisant, nous nous ouvrons l’accès à un droit.

Les charges – elles - sont des horreurs ; c’est le fardeau, le poids, la douleur, la gêne. Il ne manque pas de qualificatifs qui rappellent la pénibilité de toute chose, dont nous essayons de nous séparer.

Toutefois, quand nous regardons de plus près ces prestations que nous qualifions de charges, nous nous rendons compte qu’elles sont la couverture financière de nos vicissitudes humaines, et celles de tous les besoins collectifs et individuels que nous exprimons.

 

Ainsi, tout ce qui représente les ressources obligatoires de l’État ou des collectivités territoriales, ou encore des organismes de protection sociale, légiférées et organisées par lui, se qualifient de plus en plus, de charges.

De fait, elles perdent leur caractère de régulation des inégalités (type, taux et tranches d’impositions), tandis que leurs corollaires, les dépenses à usage collectif, perdent leur caractère «redistributif ».

 

Si les charges (prélèvements sociaux) étaient supprimées, cela ne ferait pas disparaitre nos besoins, soit, nous nous en passerions et ferions une régression vers plus de misères ou ceux qui en auraient les moyens s’assureraient ailleurs dans des organismes privés à but lucratif.

 

Au bénéfice d’organismes privés à but lucratif qui paraissent concurrentiels, offrant l’illusion que nous ne payons que pour nous-mêmes. Pourtant, quand l’on remonte le circuit économique, l’on s’aperçoit que l’on paie tout de même pour les autres, sous toutes les formes, avec en plus les dividendes des actionnaires à financer.

 

Mais voilà, nous les adultes, nous sommes comme les enfants, nous aimons les contes merveilleux qui nous disent que nous serons rois ou reines pour nous cacher que nous ne sommes que des serfs, et nous sommes contents, pourvu que nous ne voyions pas de quelle manière nous réglons l’addition, même si elle est plus chère, et imaginons que nous serons par l'intermédiaire des produits financiers ces heureux actionnaires d'une transaction financière. Un tous gagnant qui renchérit le coût de la vie et crée des bulles financières.

Nous sommes presque dans un grand cabaret permanent

 

 

L’assurance automobile est un exemple flagrant de cette approche, entre le système privé et le système public.

En son temps le bonus et le malus, conçus pour responsabiliser les conducteurs, ont été fournisseurs de poubelles roulantes de la part de ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient couvrir les réparations d’un accident ; ensuite ce sont les impôts de tous qui ont dû les retirer du marché en finançant les frères et sœurs des Plans Jupettes. Ils ont instauré de fait l’inégalité devant le risque par l’argent, en personnalisant la cotisation.

Dans le même temps, les compagnies d’assurances se sont autorisées à refuser ou rompre, avec un client trop coûteux, tandis que l’État épurait et sécurisait le parc automobile tout en soutenant sa production. Elles ont imposé la gestion du risque dont les gains n'ont pas profité aux clients, mais aux placements financiers.

Essayez donc d’imaginer la même application, avec l’enseignement scolaire, et la sécurité sociale : c’est le système américain.

Or, la notion de charges fait recette dans l’opinion, car depuis lors c’est instauré dans notre esprit un ajustement de rapport commercial égoïste qui fait que, contraints aux prélèvements, nous en attendons en retour un service à hauteur de l’appréciation optimale de notre intérêt individuel.

À aujourd’hui s’il fallait reconstruire un régime de sécurité sociale à caractère solidaire il n’existerait pas, c’est dire si le risque de régression est présent et le gouvernement prend un risque énorme de laisser croire que c’est en suppriment les prélèvements que l’on peut trouver des emplois.

Les prélèvements obligatoires, qu’ils s’agissent des cotisations sociales, des impôts ou des taxes sont créateurs d’emplois. Je le répète et je l’écris en gras, les Prélèvements

Obligatoires sont CRÉATEURS D’EMPLOIS, dans le secteur privé comme public, car ils financent une consommation de biens et de services qui sont profitables aux entreprises.

Celles-ci récupèrent plus que ce qu’elles ont versé, sinon nous n’aurions jamais observé une augmentation des profits. Qu’il y ait des disparités des inégalités et un tour over de ceux qui disparaissent ou s’enrichissent ne signifie pas que les prélèvements sont d’un poids insupportable et cache le débat sur la capacité évolutive d’un pouvoir d’achat.

 

Le débat n’est pas de savoir s’ils doivent augmenter ou diminuer, mais quels services nous attendons confier à l’état (nous tous) ou à des particuliers.

 

Alors, il y en a assez de faire croire que les prélèvements sont insupportables aux entreprises, car elles les revendent à leurs clients qui ne sont que nous-mêmes.

Mais bien sûr tous les états n’ont pas le même niveau de vie, et il serait régressif que d’accepter d’aligner nos niveaux de vie sur celui de ceux qui vivent dans la pauvreté comme ont nous le propose.

La lutte à mener est dans l’émancipation sociale de ces états et non dans notre régression.

 

Si les services que nous attendons que nous les financions par les services publics ou privés ils grèveraient les revenus individuels de la même manière si ce n’est plus dans le privé ou il faut rémunérer des actionnaires

Nous ne trouverons pas de solutions pérennes à nos difficultés par cette voie, si ce n’est de financer nous même nos emplois, comme l’on déjà fait vainement les gouvernements précédents en affectant des fonds des recettes fiscales à l’investissement.

Jusqu'à quand allons-nous supporter d’entendre ses comptines.

 

L’entreprise n’a pas pour vocation de créer des emplois, c’est dur et j’essaierais d’expliquer cela dans un autre article.

 

Comptes de charges (Classe 6)

 

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Published by ddacoudre - dans critique
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